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Posts Tagged ‘tango’

Amour Noir (Marie-Anne Bruch)

Posted by arbrealettres sur 21 juillet 2018




Amour Noir

Je te préfère au bonheur
comme je préfère
le rouge au rose
les impasses aux ruelles
et le tango à la farandole.

Je te préfère à l’espoir
comme je préfère
l’éclair à l’arc-en-ciel,
le pavot à la marguerite,
et le bâton à la carotte.

Je te préfère à la raison
comme je préfère
l’adolescence à l’enfance,
Tantale à Sisyphe,
et le désespoir à la résignation.

Je te préfère à la vie
comme je préfère
le noir au gris,
la douleur à l’errance,
et les vacheries aux singeries.

(Marie-Anne Bruch)

son site laboucheaoreilles ici

Illustration: Alexandre Cabanel

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Paméla (Robert Desnos)

Posted by arbrealettres sur 20 février 2018



 

Illustration: Yann Rivron
    
Paméla
Tango chanté

1
À Séville,
Belle ville,
Plus tranquille
Qu’à Bell’ ville
L’ beau Dédé fait travailler sa belle.
Aux «Señors» amoureux qui l’appellent
Elle vend
Pour de l’argent
Son beau corps ardent;
Plus félin’ qu’une Espagnole
Ell’ les affole,
Si bien qu’un jour,
Pâmé d’amour,
Don Pedro creva comme un tambour!

Refrain
Paméla, poupée d’amour
Née dans nos faubourgs,
Tu es le plus beau bijou
De l’Andalou,
Et tes soeurs
Dans leurs ardeurs
Les plus grisantes
A leurs possesseurs
Paraissent languissantes;

2
Paméla, tes yeux vainqueurs
Percent tous les coeurs
Paméla, ton corps pervers
Est comme un enfer!
Paméla, poupée d’amour
Née dans nos faubourgs,
Tu es le plus beau bijou
De l’Andalou
Un Alcade
De Grenade
En balade,
Par bravade,
Voulut voir la fameuse hétaïre
Se vantant qu’ell’ ne pourrait l’ séduire,
Mais devant
Ce corps troublant
Il tomba dément,
Et depuis ce jour fatal
D’vint radical
Si bien qu’un jour,
Grisé d’amour,
Il creva Alphons’ comme un tambour!

(Robert Desnos)

 

Recueil: Les Voix intérieures
Traduction:
Editions: L’Arganier

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Je ne suis pas de celles… (Robert Desnos)

Posted by arbrealettres sur 18 février 2018



Illustration: Jose Sabogal    
    
Je ne suis pas de celles…
Tango

1
Je ne suis pas de celles
Qu’on rencontre la nuit à la lueur des flambeaux
Avec de lourds colliers pour les rendre plus belles
Leurs yeux noirs de corbeaux
Éclairés d’étincelles
Sur les doigts des diamants qui brillent dans le noir
Je dors toute la nuit je ne suis pas comme elles
Qui se lèvent le soir.

2
Moi je me lève à l’aube et je cours par les champs
À travers les pampas baignées par la lumière
J’appelle avec mes chants
Charmée par le soleil et les fleurs printanières
Le grand meneur de boeufs qui m’aime sans rivale
Et qui siffle en guettant mon rire et mon passage
Dressé sur son cheval
Tandis que son troupeau emplit les pâturages.

(Robert Desnos)

 

Recueil: Les Voix intérieures
Traduction:
Editions: L’Arganier

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Europe, tard (Dan Pagis)

Posted by arbrealettres sur 1 août 2017




    
Europe, tard

Dans le ciel flottent des violons
Et un chapeau de paille. Excusez-moi, avez-vous l’année?
Trente-neuf années et demie, à peu près, il est encore très tôt,
Vous pouvez fermer la radio,
Permettez-moi de vous présenter le vent de mer, le vent vif de la jetée,
Espiègle en diable,
Qui fait tourbillonner des robes-cloches, tapote
Sur des journaux inquiets : tango ! tango !
Et le jardin de la ville joue sa musique,
Je vous baise la main, Madame,
Votre main délicate comme
Un gant de peau blanc,
Tout s’arrangera
En rêve,
Ne vous inquiétez pas, Madame,
Ici une telle chose n’arrivera jamais,
Vous verrez que jamais
Ici

(Dan Pagis)

 

Recueil: Anthologie de la poésie en hébreu moderne
Traduction: E. Moses
Editions: Gallimard

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Tango (Damien Saez)

Posted by arbrealettres sur 31 janvier 2017



 

Tango

Mes larmes coulent à la plaine
Tant leur amour est grand
Certains disent que parfois
Les larmes coulent du sang

C’est le mien, mon amour
Et c’est pour toi qu’il coule
Qu’il coulera toujours
Dans mes yeux des torrents

Parfois, tu verras lune
Eclairer les baisers
De celui que tu aimes
Que tu croiras aimer

Il sera dans tes bras
Et moi, je serai là
Comme un loup blessé
Qui ne peut plus se battre
Mais se bat encore

Car l’amour, c’est la mort
Et t’aimer, c’est saigner
Saigner de tout son corps
Oui, l’amour c’est la mort
Oui, l’amour c’est la mort
Et toi, ça te fait rire
De voir qu’il n’en est qu’un
Qui pourra s’en sortir

Mon sang dans la rivière
Dis, sais-tu où va-t-il ?
Il se perdra sans doute
Dans de tristes estuaires

Dans ma triste complainte
J’imagine soudain
Que tu passes par là
Que tu me prends la main

Pour danser sous la lune
En souvenir du temps
Où nous étions enfants
Où nous étions nous-mêmes

Mais il n’y a que moi
Que moi et mes sanglots
Et la lune est la seule
A danser le tango

Car l’amour, c’est la mort
Et t’aimer, c’est saigner
Saigner de tout son corps
Oui, l’amour c’est la mort
Et toi, ça te fait rire
Comme un empereur triste
Qui voyant son empire
Se dit qu’il n’a plus rien
Plus rien à conquérir

Tu sais, j’ai fait le deuil
De nous deux et de toi
Mais si nous deux c’est mort
Alors c’est mort pour moi

Dans ma main, ce couteau
Cette entaille au poignet
Ressemble à ton sourire
Qui me dit qu’il faut partir

Je ne sens plus mon être
Et la douleur s’en va
Adieu, mon assassine
Adieu, pauvre de moi

Je danse avec l’amour
Je danse avec la mort
Et je crie à la nuit
S’il te plaît, reviens-moi

Et je danse mon amour
Et je chante à la mort
Cette chanson d’amour
Cette chanson pour toi

Cette chanson pour toi

(Damien Saez)

Illustration: Maria Amaral

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DÈS LE PREMIER MOT (Michel Dallaire)

Posted by arbrealettres sur 31 janvier 2017



 

DÈS LE PREMIER MOT

dès le premier mot
tu es là

belle
un bouquet
d’étincelles
obéissant à la chair
du poème nu
sans artifice
ouverte aux pulsions
qu’anime un air au grand galop

dès le premier
vers
tu es là
imaginant le feu
la passion
des êtres qui te font signe
un bond vertigineux
dans le plus parfait des vides
sans élastique

dans un tango de sonorités
dans un rodéo de métaphores
ton poème devient un jardin
du désir
toujours rebelle

(Michel Dallaire)

Illustration: Theodore Chassériau

 

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AMOUR NOIR (Marie-Anne Bruch)

Posted by arbrealettres sur 5 janvier 2017



 

AMOUR NOIR

Je te préfère au bonheur
comme je préfère
le rouge au rose
les impasses aux ruelles
et le tango à la farandole.

Je te préfère à l’espoir
comme je préfère
l’éclair à l’arc-en-ciel
le pavot à la marguerite
et le bâton à la carotte.

Je te préfère à la raison
comme je préfère
l’adolescence à l’enfance
Tantale à Sisyphe
et le désespoir à la résignation.

Je te préfère à la vie
comme je préfère
le noir au gris
la douleur à l’errance
et les vacheries aux singeries.

(Marie-Anne Bruch)

Découvert ici: Lucarne Poétique

Illustration: Andor Novák

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