Arbrealettres

Poésie

Posts Tagged ‘tanguer’

Doux Scepticisme du Coeur (Emily Dickinson)

Posted by arbrealettres sur 16 décembre 2018



Doux Scepticisme du Coeur –
Qui sait – et ne sait pas –
Et tangue ainsi qu’une Flotille
De Parfums qu’assaille la neige –
Qui appelle et diffère le Vrai
De crainte que la Certitude fige
Comparée aux douleurs exquises
De la passion qui frémit de Peur –

(Emily Dickinson)

Illustration

Posted in méditations, poésie | Tagué: , , , , , , , , , , , , , | Leave a Comment »

Entrée dans une étoile (Morten Nielsen)

Posted by arbrealettres sur 4 décembre 2018




    
Entrée dans une étoile —

La nuit est claire, mais des nuages passent
sous la lune
Des fleurs ensommeillées tanguent au vent
sur des pelouses pentues.

À présent les lilas sont fanés,
mais les roses saignent
aussi douloureuses, aussi douces que la rencontre
dérobée de deux êtres…

La nuit prend tout au sérieux.
Elle tinte
vide au loin.
— — Nous entrons main dans la main
dans une étoile.

***

Ind i en Stjerne —

Natten er lys, men med drivende Skyer
under Maanen.
Sovende Blomster driver for Vinden
paa Plaenernes Skraanen.

Syrenen er afblomstret nu,
men Roserne bloder
saa ondt og saa sodt som to Menneskers
stjaalne Moder.. .

Natten tar aile Ting ruer
Der er klingende
tomt i det fjerne.
— — Vi gaar med hinanden i Haanden
ind i en Stjerne.

(Morten Nielsen)

 

Recueil: Guerriers sans armes Krigere uden vaaben
Traduction: Pierre Grouix
Editions: Grèges

Posted in poésie | Tagué: , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , | Leave a Comment »

TU PASSES (Maurice Henry)

Posted by arbrealettres sur 18 novembre 2018




    
TU PASSES

Tu passes derrière la vie traînant sans effort l’invisible tapis de diamants
fine sur tes aiguilles tu t’avances
et la rue tangue et bascule et disparaît dans le fracas des volets de fer
dans le parfum de l’enfance à la recherche des étoiles perdues
dans le flux des visages rendus à la nuit

Tes yeux sont des lièvres à l’heure de la rosée
tes mains sont de sable d’été

Je tombe dans ton souffle je nage dans tes murmures
mais tu passes comme une torche

(Maurice Henry)

 

Recueil: Les poètes du Grand Jeu
Traduction:
Editions: Gallimard

Posted in poésie | Tagué: , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , | Leave a Comment »

Accroupis sur la nuit d’août (Vénus Khoury-Ghata)

Posted by arbrealettres sur 8 octobre 2018




    
Accroupis sur la nuit d’août
les gens des terres creuses applaudissent à chaque chute d’étoile
l’univers disent-ils n’en a pas pour longtemps
les oiseaux qui assuraient l’équilibre entre le haut et le bas ont vieilli
l’horizon tangue à la moindre chute de feuille

un oiseau descendant d’une lignée prestigieuse suit les méandres
de sa plume sur ta page
comment choisir entre deux mots alors qu’il hésite à atterrir
la page est terre inhospitalière et la plume qui écrit fusil de chasseur.

(Vénus Khoury-Ghata)

Découvert ici: http://laboucheaoreilles.wordpress.com/

Recueil: Gens de l’eau
Traduction:
Editions: Mercure de France

Posted in poésie | Tagué: , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , | Leave a Comment »

SUR DES CHRYSANTHEMES (Charles Vildrac)

Posted by arbrealettres sur 2 août 2018



 

chrysantheme-jaune-flottant-dans-l-39-eau

SUR DES CHRYSANTHEMES

Des chrysanthèmes,
Secouant leurs oripeaux,
Hagards de vent et saoulés d’eau,
Tanguent, roulent de la tête.

Cheveux éplorés, — et si mouillés ! —
La vieille s’en va, la tête nue,
Par les chemins gris et par les rues,
Gros mouchoir en boule à son poing crispé…

Drame… deuil… douleur… La vieille est folle ;
Et ses cheveux blancs s’emmêlent, s’envolent,
Ét ses cheveux blancs se plaquent, se collent,
Quelques-uns verdis, d’autres rouillés.

*

Des chrysanthèmes,
Lassés de vent, bavant l’eau,
Dodelinent de la tête.

L’étique roulotte est embourbée…
Diaphane de faim, grise de crasse,
En vieilles savates, une finasse
S’attèle à la roue, et sa tignasse
Jaune égoutte au long de son grand nez…

De très nobles chrysanthèmes,
Profanés de vent et d’eau,
Sont prostrés par leur défaite…

Les grands oiseaux blancs en gris exil,
Plantés sur leur patte, corail frêle,
La tête en sommeil au fond de l’aile,
Rêvent à des Gange ou à des Nil…

Mais ce parc ! ce parc alentour grelotte ;
Oh le fond boueux des flaques d’eau
Où piteux, si long ! trempe et clapotte
Le plumage déchu de ces oiseaux…

*

Oh cueillez et recueillez
Le chrysanthème au coeur noyé !

Quoi, elle est tombée à la mare !
Ah dans quel état, ses longs rubans !
Voici qu’elle en sort en claquant les dents :
Ét son chapeau ! Et son écharpe !

— C’est qu’elle a voulu aller en barque
Malgré les claques de la bourrasque :
Elle a glissé sur la banquette.

(Charles Vildrac)

 

 

Posted in poésie | Tagué: , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , | Leave a Comment »

Plateau d’oeufs (Patrick Williamson)

Posted by arbrealettres sur 23 juillet 2018




    
Plateau d’oeufs

Sur la table un grand plateau d’aras
tachetés de brun, coquilles endormies
qui tanguent comme des yachts
en régate poussés sur la mer.

Fragilité ; nous cassons si facilement,
enlevés au lit de l’amitié,
chaque coquille ronde sans visage
cherchant sa direction, incapable de bouger.

Plénitude et silence ; j’aimerais mettre
leur concentration collective
dans une photo, l’agrandir,
puis les étaler comme des galets
sur une plage et les aligner vers la mer.

***

Tray of eggs

On the table a tray of eggs
with mottled tans, rolling drunk
asleep in their shells, like racing
yachts blown across the sea.

Fragility; we crack so easily,
plucked from the bed of companionship
each rounded shell – faceless,
looking for direction, unable to move.

Full and silent: I would like to take
their massed concentration
in a photograph then, enlarging it,
lay them out like cobblestones
on a beach, and line them up to the sea.

(Patrick Williamson)

 

Recueil: Trois rivières
Traduction: Max Alhau
Editions: L’Harmattan

Posted in poésie | Tagué: , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , | Leave a Comment »

Café de la marine (Paul Louis Rossi)

Posted by arbrealettres sur 5 mai 2018



 

Café de la marine

Mon poids de peines
Sur ton chaland belle marinière
Il n’irait pas jusqu’à la mer

Si tu m’aperçois sur la rive
A tanguer comme une barque entre deux vins
Honore mon passage d’un sourire

Ou si tu veux tends tes bras blancs
Quand tu me verras m’en allant
Pâle avec mes lèvres d’eau

Comment fais-tu pour remonter ainsi
Le cours des fleuves
Moi qui vais toujours à la dérive

Et pourquoi faut-il que j’aie moi
Point matelot ni à voile ni à vapeur
Une péniche dans le coeur

Mon poids de peines sur ton chaland
Belle marinière
Il n’irait pas jusqu’à la mer

(Paul Louis Rossi)

Illustration

 

Posted in poésie | Tagué: , , , , , , , , , , , , , , , , , , , | 1 Comment »

Le grand bonheur, le bonheur doux (Attila Jozsef)

Posted by arbrealettres sur 23 mars 2018



Le grand bonheur, le bonheur doux,
pesant deux quintaux, je l’ai vu.
Sur l’herbe austère de la cour
tanguait son sourire crépu.
Dans la flaque tiède étendu
il grogna vers moi, et le jour
caressait, hésitant, ses rudes
soies blondes – je le vois toujours.

(Attila Jozsef)


Illustration

Posted in poésie | Tagué: , , , , , , , , , , , , , , , | 2 Comments »

Jusqu’à la dernière minute de la Terre (Lucien Becker)

Posted by arbrealettres sur 19 août 2017



Illustration: David Caspar Friedrich
    
Jusqu’à la dernière minute de la Terre
il y aura un homme lié à sa vie par les veines du sang
et ses tempes minces comme du papier tangueront
avec le bruit que fait la goutte d’eau sur l’évier.

La lumière luira au fond de ses yeux
comme au fond des verres que le couchant renverse
pour se survivre un instant dans le monde,
la lumière luira sans autre soutien
que la grisaille d’un visage qui avance avec la nuit.

Avec toute la beauté du monde enfouie dans un seul regard,
il fermera la bouche sur la dernière grappe de ciel,
il tendra les mains vers des murs qu’il verra reculer
et son coeur ne sera plus qu’une taupe prise au piège.

La mort ne demandera pas leurs noms
à ceux qui tomberont, las de tourner sur place :
chaque cadavre s’enfoncera lentement dans le sol
avec autour de lui une foule toujours plus haute de vivants.

Comme entre deux portes,
l’homme aura traversé son existence
avec comme seule joie celle que procure
la fraîcheur de l’air sur les lèvres.

(Lucien Becker)

 

Recueil: Rien que l’amour
Editions: La Table Ronde

Posted in poésie | Tagué: , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , | Leave a Comment »

Elle avait des seins (Lucien Becker)

Posted by arbrealettres sur 16 août 2017



Illustration: Ora Tamir  
    
Elle avait des seins durs comme une cuirasse
dans le plein été d’une étreinte d’homme.

Lisse autour de son sexe
elle fermait les bras sur celui
qui l’emportait un instant au-delà de sa chair,
au-delà de toutes les forêts qui montaient d’elle
d’une seule poussée de reins.

La buée qui recouvrait son corps
comme celle qui est sur les fruits qu’on n’a pas touchés
l’empêchait de luire comme une vitre bien faite.

On cherchait l’amande de sa chair
comme on cherche une source dans les bois
quand la chaleur fait tanguer le monde.

A longues gorgées, sans se reprendre,
l’homme buvait les seins de la femme.
C’était un enchantement de rosée
et les mains, les bras, les jambes
faisaient un doux et lent travail de bielle.

Quand elle fermait les yeux
elle avait tout le ciel derrière les paupières
quand elle fermait les cuisses
un arbre s’enracinait entre elles.
Ses cheveux se liaient à la terre
rendue soudain à la liberté de ses herbes.

Elle était longue comme la lumière
qui se jette du haut d’un nuage.
Elle était belle parce qu’elle avait des yeux,
elle était vivante parce qu’elle avait une bouche,
elle était femme parce qu’un homme poussait en elle comme une plante.

Avec une tête qui ne tenait plus que par la carotide,
avec une tête qui se penchait sur un gouffre,
elle déroulait sa peau et celle de l’homme
pour en faire une seule épaisseur qui se tordait
comme un drap tout frais de lessive.

(Lucien Becker)

 

Recueil: Rien que l’amour
Editions: La Table Ronde

Posted in poésie | Tagué: , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , | Leave a Comment »

 
%d blogueurs aiment cette page :