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Poésie

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Jour pluvieux d’automne (Michel Beau)

Posted by arbrealettres sur 1 juin 2020



Illustration
    
Jour pluvieux d’automne

Une feuille rousse
que le grand vent pousse
dans le ciel gris-bleu,
l’arbre nu qui tremble
et dans le bois semble
un homme frileux,

une gouttelette
comme une fléchette
qui tape au carreau,
une fleur jaunie
qui traîne sans vie
dans la flaque d’eau,

sur toutes les choses
des notes moroses,
des pleurs, des frissons,
des pas qui résonnent :
c’est déjà l’automne
qui marche en sifflant sa triste chanson.

(Michel Beau)

 

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TROIS COUTURIÈRES (Itzhak-Leibush Peretz)

Posted by arbrealettres sur 17 novembre 2019



Illustration: Frank Holl
    
TROIS COUTURIÈRES

Les yeux rouges, les lèvres bleues,
Les joues vidées de leur sang,
La sueur à leur front blême,
Brûlante et courte l’haleine,
Trois filles sont là cousant et cousant!

Neige la toile et l’aiguille étincelle :
Je couds et je couds, pense l’une d’elles,
Et je couds le jour et je couds la nuit
Sans coudre pour moi robe d’épousailles
À quoi sert coudre sans répit ?

Je ne dors pas et je mange si peu,
J’irai voir Balnès le Miraculeux
Qui pour moi peut-être agirait enfin,
Qu’au moins soit un veuf, un juif déjà vieux
Avec sa douzaine d’enfants…

La deuxième se dit: je couds et je reprise
Mais je me couds seulement tresses grises,
La tête me brûle et mes tempes battent
Tape la machine à chaque contact,
Tac, tac, tac, tac, tac, tac, tac, tac !

Chaque clin d’oeil je le comprends,
Sans mariage, sans alliance
Ce ne serait que jeux et danse,
L’amour – toute l’année durant!
Mais après cela, mais après ?

Crachant du sang la troisième pense :
Je me couds aveugle et me couds souffrante,
À chaque piqûre est mon coeur meurtri
Et lui – cette semaine il se marie !
Je ne lui souhaite aucun mal !

Il oubliera ce qui fut autrefois !
Et la communauté un linceul m’offrira,
Un tout petit morceau de terre
Où tranquillement je reposerai
Je dormirai, je dormirai.

(Itzhak-Leibush Peretz)

 

Recueil: Anthologie de la poésie yiddish Le miroir d’un peuple
Traduction:
Editions: Gallimard

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L’herbe a écrit sur mon dos (Thomas Vinau)

Posted by arbrealettres sur 25 septembre 2019




    
L’herbe a écrit sur mon dos

Le soleil tapait
sérieusement
j’ai enlevé mon tee-shirt
mes chaussures
mes chaussettes
et j’ai posé sur ma tête
ce chapeau ridicule
de coupeur de coton

l’herbe sentait bon l’herbe
des fourmis couraient
sur les dalles chaudes
j’ai attrapé un livre
et je me suis couché
sur la pelouse

un bourdon s’est envolé
du coeur éclatant
d’une fleur de pissenlit
près de mon oreille
rien
de
moins

(Thomas Vinau)

 

Recueil: Juste après la pluie
Traduction:
Editions: Alma

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LE VIVANT PROLONGÉ (Jean Tardieu)

Posted by arbrealettres sur 17 avril 2019




    
LE VIVANT PROLONGÉ
(Avec naturel.
Familièrement, comme ça)

Le mort qui est en moi
s’impatiente

Il tape dans sa caisse
à bras raccourcis
il voudrait qu’on le montre
une dernière fois.

Quant au vivant
ça va pas mal merci

pour le moment.

(Jean Tardieu)

 

Recueil: L’accent grave et l’accent aigu
Traduction:
Editions: Gallimard

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LE VIVANT PROLONGÉ (Jean Tardieu)

Posted by arbrealettres sur 8 novembre 2018



    

LE VIVANT PROLONGÉ

(Avec naturel
Familièrement, comme ça)
Le mort qui est en moi
s’impatiente

Il tape dans sa caisse
à bras raccourcis
Il voudrait qu’on le montre
une dernière fois.

Quant au vivant
ça va pas mal merci

pour le moment.

(Jean Tardieu)

 

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LE BOURDON (Benoît Pastisson)

Posted by arbrealettres sur 13 juin 2018



LE BOURDON

Ce poème
Je l’écris pour le vendre.
Certes, il n’est pas terrible,
Mais j’utiliserai tous les moyens possibles :
Je taperai du poing,
Je couperai la parole,
J’adapterai mon image,
Je montrerai ma culotte,
Je travaillerai mon sourire,
Je soudoierai les journalistes,
Je collaborerai avec les ennemis,
Je coucherai avec tous les obstacles,
Je ferai des crasses à mes meilleurs amis,
Je développerai les subtilités de l’hypocrisie.
Car pour réussir, il faut développer des talents de
c
l
o
c
h
e

(Benoît Pastisson)

 

 

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ANGE VIGILANT (Tanikawa Shuntarô)

Posted by arbrealettres sur 7 mai 2018



 

Paul Klee  ange_vigilant

ANGE VIGILANT

Je croyais qu’il suffisait d’un sourire pour se faire entendre
même quand on se tait

Le jour où j’ai su que c’était impossible
j’ai tapé
tapé comme un sourd

Dans l’ignorance du bien et du mal

Sous mes pieds des fleurs de pissenlit
mais qu’y avait-il au-dessus de ma tête ?

Je piétinais tout ce qui est au sol
et j’adorais tout ce qui est au ciel

Dans l’ignorance du bien et du mal

L’ange ? Il n’a fait que regarder ailleurs

(Tanikawa Shuntarô)

Découvert ici chez laboucheaoreilles

Illustration: Paul Klee

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Pas besoin qu’on le renseigne (Jean Grosjean)

Posted by arbrealettres sur 29 avril 2018



    

Pas besoin qu’on le renseigne

Les oiseaux d’avril les plus gais
me réveillaient pour les entendre.
Maintenant qu’est venu l’été
je ferme en plein jour mes volets.

Et je guette à travers les fentes
le temps qui passe.
Il doit savoir que je l’épie
et que je sais qu’il sait ma vie.

Sans un regard pour ma fenêtre
le temps avec son pas qui tape
a l’air de ne pas me connaître
mais je vois trop qu’il rit sous cape.

(Jean Grosjean)

 

Recueil: Les parvis
Traduction:
Editions: Gallimard

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LE CLOU QUE J’ENFONCE (François de Cornière)

Posted by arbrealettres sur 25 février 2018



Illustration: Jane Palmer 
    
LE CLOU QUE J’ENFONCE

Ce ne sont pas de grands poèmes
mes petits vers.
Tout au plus des impressions
que j’ai du fond de moi
laissées venir sur du papier
— et quand je le pouvais.

Aujourd’hui
je scie des planches
(vous êtes dans la petite chambre)
je rafistole des chaises
(et je vous entends rire)
je débroussaille je fais des tas
(le mistral fait tout voler).

Je note cela sur un coin de la table
et quand le marteau tape
toute la montagne résonne
sur le clou que j’enfonce
au coeur de cette matinée bleue.

(François de Cornière)

 

Recueil: Ces moments-là
Traduction:
Editions: Le Castor Astral

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Chanson de Charlemagne (Robert Desnos)

Posted by arbrealettres sur 20 février 2018



Illustration: Rafal Olbinski
    
Chanson de Charlemagne
Blues

1
Quand un homme et une femme
Se rencontrent
Ils ont l’impression de commencer un jeu…
Si par hasard ils s’aiment,
C’est un jeu grave…
Si par-dessus l’ marché
Ils sont jeunes
C’est beaucoup plus grave encore
Car avec l’amour viennent des tas d’ennuis
Des tas d’ennuis…

2
Quand un homme et une femme
Se rencontrent
Ce n’est qu’un jeu charmant qui ravit l’âme
Mais s’ils s’aim’nt et le montrent
Gare à la peine!
Si les deux amoureux
Sont très jeunes
De l’amour naîtra le drame
Car s’il rend heureux l’amour sait fair’ pleurer
Sait fair’ pleurer.

Autre version :
1
Il est bien dangereux
De faire plaisir aux femmes.
On s’esquinte le tempérament
On fait des folies, des folies
Et l’on tape à côté…
De cette façon, on obtient
Un résultat diamétralement opposé
À celui que l’on espérait.

2
Ah! quel sale métier
Que faire plaisir aux femmes.
On en a mal au coeur’ mal aux pieds.
On a la cervelle estropiée
Et l’on s’est bien trompé.
On veut bien faire, on a gaffé
Car on est maladroit toujours dans ce métier.
On s’est trompé et bien trompé!

(Robert Desnos)

 

Recueil: Les Voix intérieures
Traduction:
Editions: L’Arganier

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