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Posts Tagged ‘tapis’

Dedans ces prés herbus et spacieux (Vincent Voiture)

Posted by arbrealettres sur 9 juillet 2019



Albert Pinkham Ryder  -Gay_Head

Dedans ces prés herbus et spacieux,
Où mille fleurs semblent sourire aux Cieux,
Je viens blessé d’une atteinte mortelle
Pour soulager le mal qui me martèle,
Et divertir mon esprit par mes yeux.

Mais contre moi mon coeur séditieux
Me donne plus de pensers soucieux
Que l’on ne voit de brins d’herbe nouvelle
Dedans ces prés.

De ces tapis le pourpre précieux,
De ces ruisseaux le bruit délicieux,
De ces vallons la grâce naturelle,
Blesse mes sens, me gêne et me bourelle,
Ne voyant pas ce que j’aime le mieux
Dedans ces prés.

(Vincent Voiture)

Illustration: Albert Pinkham Ryder

 

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Des tapis de brocart, des paravents de soie (Liu Yong)

Posted by arbrealettres sur 9 juillet 2019



Des tapis de brocart, des paravents de soie,
Une longue et sinueuse galerie.
La nuit est paisible et j’ai du temps libre pour lui rendre visite.
La nouvelle lune se lève sur les degrés de jade et les rampes sculptées.
Une porte vermillon s’entrebâille, on échange des regards.

Le brasero qui fume a bientôt réchauffé la courtine.
Arbre et rameaux de jade
Souplement s’entrelacent.
La force du vin aidant, le désir se déchaîne
Et l’édredon d’amour ondule en vagues rouges.

(Liu Yong)


Illustration: Koryusai

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Toute une vie pour naître (Marc Alyn)

Posted by arbrealettres sur 4 mai 2019



Euan MacLeod  [1280x768]

Toute une vie pour naître

Il m’a fallu bien des années,
Bien des étés, bien des printemps,
Pour être enfin tout à fait né,
Pour naître enfant au bout du temps.

Ma vie jusqu’ici n’a été
Qu’une marche dans le courant
D’un ruisseau roulant sous mes pieds
Un dur tapis de cailloux blancs.

Penché sur l’onde, je guettais
L’aile, le ciel aux frissons lents;
Au fond de moi je n’écoutais
Que l’air de l’eau qui crée le chant.

Il m’a fallu bien des années,
Des jours sur le miroir filant,
Pour voir au piège du reflet
Me regarder mes yeux d’enfant.

(Marc Alyn)

Illustration: Euan MacLeod

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Tapis de mousse (Albert de Neuville)

Posted by arbrealettres sur 19 février 2019



Tapis de mousse

Sur un tapis de mousse, à l’ombre,
Je disais: Vivre est doux,
Lorsque j’y découvris des insectes sans nombre
S’entre-déchirant comme nous.

***

L’ennemi

Sur sa couche funéraire
Pour toujours endormi,
Je regarde mon ennemi
Et je reconnais un frère.

(Albert de Neuville)

 

 

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HIVER BLANC (Jacqueline Commard)

Posted by arbrealettres sur 23 décembre 2018



HIVER BLANC

La margelle du puits déroule son tapis
De laine de nuage à la blancheur d’albâtre
Un moineau égaré, dans un coin se tapit
Tandis qu’une fumée, mollement, sort de l’âtre.

Les toits éclaboussés de larmes hivernales
Pleurent de tout leur soûl les chagrins de la nuit
Et festonnent les tuiles de perles de cristal.
Accrochées ça et là dans les ombres qui fuient.

La rivière est miroir … les chemins sont d’hermine !
Les arbres de noël ont envahi les prés !
Les pommiers dépouillés qui faisaient triste mine
Se sont enjolivés de robes sans apprêt.

En ce joli matin d’hiver éblouissant
Où le jour et la nuit se font « guerre en dentelle »
Des flocons de duvet animent en dansant
Ce merveilleux tableau digne d’une aquarelle !

Et ce petit village, éternel inconnu
Devient soudainement une œuvre de Grand Maître !
Miracle des saisons … Décor tombé des nues …
Fasciner un instant ! Doucement disparaître …

(Jacqueline Commard)

 Illustration: Hendrick Avercamp

 

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Avec leur tapis (Patrizia Cavalli)

Posted by arbrealettres sur 30 novembre 2018



 

Jean-Leon Gerome  the-carpet-merchant-of-cairo

Les Marocains avec leur tapis
on dirait des saints et pourtant
ce sont des marchands.

(Patrizia Cavalli)

Illustration: Jean-Leon Gerôme

 

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TU PASSES (Maurice Henry)

Posted by arbrealettres sur 18 novembre 2018




    
TU PASSES

Tu passes derrière la vie traînant sans effort l’invisible tapis de diamants
fine sur tes aiguilles tu t’avances
et la rue tangue et bascule et disparaît dans le fracas des volets de fer
dans le parfum de l’enfance à la recherche des étoiles perdues
dans le flux des visages rendus à la nuit

Tes yeux sont des lièvres à l’heure de la rosée
tes mains sont de sable d’été

Je tombe dans ton souffle je nage dans tes murmures
mais tu passes comme une torche

(Maurice Henry)

 

Recueil: Les poètes du Grand Jeu
Traduction:
Editions: Gallimard

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MERCI BEAUCOUP (Pablo Neruda)

Posted by arbrealettres sur 23 septembre 2018



MERCI BEAUCOUP

Il faut tant marcher par le monde
pour constater certaines choses,
certaines lois de soleil bleu,
le bruit central de la douleur,
l’exactitude printanière.

J’atermoie par trop les problèmes :
je rejoins tard l’amphithéâtre
où l’on attend de voir paraître
la digne soupe des centaures!
Les vainqueurs sont là, rutilants,
et l’automne s’y multiplie.

Je vis, mais pourquoi? exilé
de la merveille des oranges.

J’ai compris petit à petit
qu’en ces journées si étouffantes
j’épuise ma vie à m’asseoir,
j’use le jour sur les tapis.

Puisqu’on m’a refusé l’entrée
dans la maison des empressés,
de ceux qui sont venus à temps,
je veux savoir ce qu’il en fut
quand on a refermé les portes.

Quand on a refermé les portes
et que le monde a disparu
dans un murmure de chapeaux
qui répétaient comme la mer
un éblouissant mouvement.

Connaissant mes motifs d’absence
qu’on me pardonne ma conduite.

(Pablo Neruda)


Illustration: René Magritte

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Nevermore (Paul Verlaine)

Posted by arbrealettres sur 11 septembre 2018



 

Rockwell Kent n4

Nevermore

Allons, mon pauvre coeur, allons, mon vieux complice,
Redresse et peins à neuf tous tes arcs triomphaux;
Brûle un encens ranci sur tes autels d’or faux;
Sème de fleurs les bords béants du précipice;
Allons, mon pauvre coeur, allons, mon vieux complice !

Pousse à Dieu ton cantique, à chantre rajeuni;
Entonne, orgue enroué, des Te Deum splendides;
Vieillard prématuré, mets du fard sur tes rides;
Couvre-toi de tapis mordorés, mur jauni;
Pousse à Dieu ton cantique, à chantre rajeuni.

Sonnez, grelots; sonnez, clochettes; sonnez, cloches!
Car mon rêve impossible a pris corps et je l’ai
Entre mes bras pressé : le Bonheur, cet ailé
Voyageur qui de l’Homme évite les approches,
– Sonnez, grelots; sonnez, clochettes; sonnez, cloches!

Le Bonheur a marché côte à côte avec moi;
Mais la FATALITE ne connaît point de trêve:
Le ver est dans le fruit, le réveil dans le rêve,
Et le remords est dans l’amour : telle est la loi.
– Le Bonheur a marché côte à côte avec moi

(Paul Verlaine)

Illustration: Rockwell Kent

 

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Ce n’était plus le même qui revenait le soir (Pierre Morhange)

Posted by arbrealettres sur 9 septembre 2018



Je croyais les avoir perdus,
Hagard, ne pouvant plus courir,
Entendant, dernière alarme,
La cloche de mon moi dans le manteau de ma poitrine.

Et soudain je les vis
Dans la paix et heureux,
Le soleil était une casserole de cuivre,
Les arbres des buffets
Et l’herbe un doux tapis
Où des brindilles
Finissaient un ménage familier.

Alors l’angoisse, grave draperie
Descendit au-dessous
De mon théâtre affreux.
Peut-être je disparus
Ce n’était plus le même
Qui revenait le soir
Avec eux
Et pour eux.

(Pierre Morhange)


Illustration: Caspar David Friedrich

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