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Poésie

Posts Tagged ‘tapisserie’

La tapisserie intérieure (Hans Lodeizen)

Posted by arbrealettres sur 18 mai 2017



    

La tapisserie intérieure

quand j’habitais chez les fourmis
en Suisse
on m’a dit un jour que la sagesse
était comme l’eau de la montagne,
gazouillant du haut du ciel
mais je n’ai pas écouté

plus tard j’ai attendu
devant le trou du rocher
mais les heures n’ont pas
fondu le cristal bleu

enfin une longue pluie
a recouvert
mes pas.

(Hans Lodeizen)

 

Recueil: Poètes néerlandais de la modernité
Traduction: Saskia Deluy
Editions: Le Temps des Cerises

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Je n’avais pas encore ouvert les yeux (Pierre Albert-Birot)

Posted by arbrealettres sur 5 mai 2017



    

Je n’avais pas encore ouvert les yeux
que des bouffées de joie m’arrivaient par l’oreille
et dès que je les ai ouverts
la chambre
avec sa lumière et l’armoire ouverte
est entrée dans ma tête

un conte d’autrefois s’y promenait
sur un transatlantique courant le pacifique
un vieux poète de ma jeunesse y faisait des vers usagés
avec un vieux foulard autour du cou

il y avait aussi un grand fauteuil à oreillettes
et la danse qu’un danseur dansa
et les roses de la tapisserie avec le parfum de la rose
je vois très bien l’entrée mais non pas la sortie

ma tête est une tirelire
où je mets tous les jours du soleil

(Pierre Albert-Birot)

 

Recueil: Poèmes à l’autre moi précédé de La Joie des sept couleurs et suivi de Ma morte et de La Panthère noire
Editions: Gallimard

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C’est ainsi, soir après soir (Guy Goffette)

Posted by arbrealettres sur 11 février 2017



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C’est ainsi, soir après soir,
que nous sommes devenus mortels,

accusant la fatigue, le froid
et la distance des corps soudain

rendus à la pesanteur, comme si
la pomme en sa rondeur tenue

dans nos mains pâles, leur échappant,
avait éparpillé sur la terre

les restes en nous de l’ancien paradis.
C’est ainsi, nuit après nuit,

que nous sommes devenus seuls
comme les miroirs des chambres d’enfants

dans la maison expropriée : ouverts
sur la tapisserie des anges qui se décolorent,

et sans autre perspective désormais
que la démolition, pierre à pierre,

de ce qui fut aussi notre ciel
de lit, l’histoire sans fin

recommencée de l’amour ô flasque
otage du temps et de l’ennui

***

This is how, evening after evening,
we became mortal

blaming fatigue, cold,
and the distance of bodies suddenly

exhausted into heaviness, as if
the apple in its roundness held

in our pale hands, escaping them
had scattered on the earth

what was left in us of the old paradise.
This is how, night after night

we’ve become alone
like the mirrors in children’s bedrooms

in a foreclosed house: open
on the fading angel wallpaper

and henceforth with no other future
but demolition, stone by stone

of what was also the canopy
above our bed, the story endlessly

repeated of love O flaccid
hostage of time and boredom

(Guy Goffette)

Découvert ici: https://schabrieres.wordpress.com/

 

 

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SONNET MOYEN-AGE (Jean Richepin)

Posted by arbrealettres sur 1 février 2017



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SONNET MOYEN-AGE

Dans le décor de la tapisserie ancienne
La châtelaine est roide et son corsage est long.
Un grand voile de lin pend jusqu’à son talon,
Du bout de son bonnet pointu de magicienne.

Aux accords d’un rebec la belle musicienne
Chante son chevalier, le fier preux au poil blond
Qui combat sans merci le Sarrasin félon.
Elle garde sa foi comme il garde la sienne.

Il reviendra quand il aura bien mérité
De cueillir le lis blanc de sa virginité.
Peut-être il restera dix ans, vingt ans loin d’elle.

Et s’il ne revient pas, s’il périt aux. lieux saints,
Elle mourra dans son serment, chaste et fidèle,
Et nul n’aura fondu la neige de ses seins.

(Jean Richepin)

 Illustration: Rogier Van der Weyden 

 

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Si J’avais les jours à compter (Valérie Rouzeau)

Posted by arbrealettres sur 31 décembre 2016



Si J’avais les jours à compter je marquerais soir après
soir mes petites croix de récompense
Je tiendrais des mois des saisons mon calendrier de
forçat mon agenda de Pénélope
Ca me ferait ni chaud ni froid juillet janvier en
solitaire je traverserais les années
Si grand d’amour était en vue ou à revenir quel beau jour
je l’appellerais mon cher Ulysse et puis je choisirais
la danse plutôt que la tapisserie
Je bouserais les mauvais génies en faisant jazzer mon seul coeur
Je mettrais le chagrin en boîte avec un jeu de mots facile
Je trangerais l’éternité pour en découdre avec les nuits
tchatchatchatcherais jusqu’au matin dans une autre
histoire aussi vrai si j’avais de quoi de l’espoir

(Valérie Rouzeau)

Illustration: Gilbert Garcin

 

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Le livre nous attend pour PARLER (Georges Jean)

Posted by arbrealettres sur 3 décembre 2016



La musique du soleil tisse une tapisserie
d’oiseaux
Parcours des forêts
Plaisirs
Dans nos bagages des signes

Les murs végétaux se sont ouverts
Etincelles des étangs
Hautes lices des rivières
Un enfant lance une pierre

De l’aube tombent des couteaux de cristal
sur les nuques lourdes
Le feu de la nuit crépite encore

Ailleurs les hommes tendent des bras ligneux
à travers les déserts

Des femmes aveugles accouchent au bord des chemins

Nous
nous finirons par entrer dans les couloirs de cendres où

Le livre nous attend

pour PARLER.

(Georges Jean)

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Là, où il n’y a pas de route Qui peut se perdre? (Heather Dohollau)

Posted by arbrealettres sur 1 octobre 2016


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Monsieur et Madame Wong
Habitaient la tapisserie
Dans le calme du nombre
Le salon fut un lac
Entouré de roseaux d’or
Où perçaient les pagodes
Si le réel fut peu sûr
L’imaginaire était sauf
Là, où il n’y a pas de route
Qui peut se perdre?

(Heather Dohollau)

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La Russie (Sylvain Tesson)

Posted by arbrealettres sur 1 août 2015


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La Russie dispose de douze fuseaux
pour tisser la tapisserie de son immensité.

(Sylvain Tesson)

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