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Poésie

Posts Tagged ‘tardif’

ÉCHO TARDIF (George Bacovia)

Posted by arbrealettres sur 1 avril 2019



ÉCHO TARDIF

Tard dans la nuit, tympanons en liesse…
Au fond du louche borgne cabaret,
Des femmes beuglaient leur factice ivresse
Dans les relents du tabac violet.

Les journaux parlaient d’événements graves,
De temps agités ou bien de regrets.
Ombres suspectes dans le cabaret…
Les journaux parlaient d’événements graves.

Tard dans la nuit, tympanons en liesse…
Au fond du louche borgne cabaret,
Des femmes beuglaient leur factice ivresse
Dans les relents du tabac violet.

(George Bacovia)

 Illustration: Kees van Dongen

 

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LYDIE (Leconte de Lisle)

Posted by arbrealettres sur 27 janvier 2019



Carlos Schwabe x-Woman-with-Lyre-xx-Private-collection [800x600]

LYDIE

La jeunesse nous quitte, et les Grâces aussi.
Les désirs amoureux s’envolent avec elles,
Et le sommeil facile. A quoi bon le souci
Des Espérances éternelles ?

L’aile du vieux Saturne emporte nos beaux jours,
Et la fleur inclinée au vent du soir se fane
Viens â l’ombre des pins ou sous l’épais platane
Goûter les tardives amours.

Ceignons nos cheveux blancs de couronnes de roses ;
Buvons, il en est temps encore, hâtons-nous !
Ta liqueur, d Bacchus, des tristesses moroses
Est le remède le plus doux.

Enfant, trempe les vins dans la source prochaine,
Et fais venir Lydie aux rires enjoués,
Avec sa blanche lyre et ses cheveux noués
A la mode Laconienne

(Leconte de Lisle)

Illustration: Carlos Schwabe 

 

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Dame à son miroir (Rainer Maria Rilke)

Posted by arbrealettres sur 24 novembre 2018



Illustration: Paul Delvaux
    
Dame à son miroir

Comme on fait fondre en la boisson du soir
des épices, elle dissout ses gentes las
dans la fluide transparence du miroir;
et elle y met tout son sourire.

puis elle attend que le liquide monte;
versant alors sa chevelure
dans le miroir, et faisant ressortir
de la robe du soir son épaule adorable,

elle boit, calme, son image. Elle boit
ce qu’un amant boirait dans le vertige,
goûtant, pleine de défiance; et ne fait signe

à la soubrette que lorsqu’au fond
de son miroir elle découvre des lumières,
des armoires et le trouble d’une heure tardive.

(Rainer Maria Rilke)

 

Recueil: Oeuvres 2 Poésie
Traduction: Jacques Legrand, Lorand Gaspar, Philippe Jaccottet, Armel Guerne, Maurice Betz
Editions: Seuil

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Présage (Béatrice Douvre)

Posted by arbrealettres sur 22 avril 2018



Illustration: Alexandre de Riquer
    
Présage

L’oiseau hier
Noir venu
D’au-delà des maisons des villes

Sa voix folle de sève et de rayons l’attarde
Tu sers sa confidence de branche en branche nue

Tu l’appelles tardif il n’est que la lumière
Tu l’appelles l’enfant, il va de feuille en feuille

Il s’affole, sa voix illimitée peut-être
Décide l’horizon de n’être qu’une parole.

(Béatrice Douvre)

 

Recueil: Oeuvre poétique
Traduction:
Editions: Voix d’Encre

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Franchissement (Béatrice Douvre)

Posted by arbrealettres sur 21 avril 2018



Illustration: Emil Nolde
    
Franchissement

Nous sommes revenus, tardifs
Inventés
Nous semblait que respiraient mieux les astres
Inquiets, jusqu’à l’acier des verdures
Le ciel
S’épaississait ce soir à notre épaule

Passage de neige, âge des chemins courts
Nous sommes revenus, tardifs
Hâtant l’ombrage
La nuit s’était levée sur les quais de sel

Dans le vert immobile des sèves
Des pensées
Au fond des grilles
Où nous passions légers comme des ailes.

(Béatrice Douvre)

 

Recueil: Oeuvre poétique
Traduction:
Editions: Voix d’Encre

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LE POTIER (Philippe Delaveau)

Posted by arbrealettres sur 3 mars 2018



Illustration: Bella Gingell
    
LE POTIER

Le soleil nous aura creusés longuement
Comme une lampe sur le tour.
Les doigts du temps agile
Ont façonné nos cœurs aux pentes lisses.

Sous l’eau des nuits et le regard patient,
Quand sonne l’heure des volets,
Dans les pièces tardives, l’ombre s’endort,
Autour de la solitude des lampes.

L’huile a gardé le jour qui baisse,
Une clarté sur les dernières branches.
La précaution de la main nocturne,
Autour du tremblement d’un jour
Secret, plus secret que le jour.

(Philippe Delaveau)

 

Recueil: Le Veilleur amoureux précédé d’Eucharis
Traduction:
Editions: Gallimard

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Dans un pré (Aya Cheddadi)

Posted by arbrealettres sur 15 janvier 2018




    
Dans un pré à Hammam Lif
un âne parlait à un chardon

Les automobilistes pensifs
n’y prêtaient pas attention

Un coquelicot tardif
brillait au bord d’un sillon

Un engoulevent plaintif
appelait son oisillon

Dans un pré à Hammam Lif
sur la route du Cap Bon

(Aya Cheddadi)

 

Recueil: Tunis marine
Traduction:
Editions: Gallimard

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L’invisible (Robert Sabatier)

Posted by arbrealettres sur 15 septembre 2017




    
L’invisible

Où fut la truite il reste un éclair blanc,
Où fut l’oiseau le paraphe dans l’air.

Cette fleur morte a laissé son parfum,
Ce tournesol éteint sa graine d’ambre.

Le rossignol a déposé la nuit
Sur le lilas des gouttes de musique.

Pour les roseaux, l’avenir est caresse
Et le passé rit dans chaque platane.

Il reste un goût de soleil sous les ailes
Des guêpes d’or à leur dernier voyage.

Dans ce jardin superbe tout est trace
Et l’on entend ce qui ne parle plus.

L’éternité, c’est un caillou dans l’onde
Agrandissant les cercles d’infini.

Moi le passant je réserve mes gestes
Où mon silence a même son écho.

Où fut mon ombre une autre passera
Qui sera moi le temps de me connaître.

Je lui dédie un reste de mystère
Pour qu’il le cueille ainsi qu’un fruit tardif.

Que le jour s’ouvre à ces coeurs désertés
Pour que la nuit soit l’étreinte furtive.

(Robert Sabatier)

 

Recueil: Oeuvres poétiques complètes
Editions: Albin Michel

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Dernier voeu (Théophile Gautier)

Posted by arbrealettres sur 8 juin 2017



Dernier voeu

Voilà longtemps que je vous aime
– L’aveu remonte à dix-huit ans ! –
Vous êtes rose, je suis blême;
J’ai les hivers, vous les printemps.
Des lilas blancs de cimetière
Près de mes tempes ont fleuri;
J’aurai bientôt la touffe entière
Pour ombrager mon front flétri.
Mon soleil pâli qui décline
Va disparaître à l’horizon,
Et sur la funèbre colline
Je vois ma dernière maison.
Oh ! que de votre lèvre il tombe
Sur ma lèvre un tardif baiser,
Pour que je puisse dans ma tombe,
Le cœur tranquille, reposer !

(Théophile Gautier)

Illustration: Edmond François Aman-Jean

 

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Cela (Gaspard Hons)

Posted by arbrealettres sur 23 septembre 2016



Cela, l’écho d’une vérité privée,
l’apparence d’un poème,
d’une lumière brûlant ses propres traces.
Cela, une pensée en gestation,
un caillou ramassé sur la plage,
une graminée poussant entre les interstices de tel mur païen,
le regard de tel berger,
la larme d’un saint…

Je n’ai d’autre but qu’une soif tardive.

(Gaspard Hons)

Découvert ici: http://revuedepoesie.blog.lemonde.fr/

 

 

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