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Poésie

Posts Tagged ‘tarir’

L’instant rivalise avec l’attente (Laurine Rousselet)

Posted by arbrealettres sur 10 février 2019




    
l’instant rivalise avec l’attente
l’halètement de la lumière
par son air absent obsède
l’amour ne tarit pas de brûlures
la fouille au corps est
la trahison du vivant

(Laurine Rousselet)

 

Recueil: Journal de l’attente
Traduction:
Editions: Isabelle Sauvage

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Aux jours de fête (Alexandre Pouchkine)

Posted by arbrealettres sur 28 novembre 2018



Illustration
    
Aux jours de fête, à mes heures d’ennui,
je portais la main à ma lyre
et célébrais avec délices
les vains loisirs, la folie ou l’amour.

Même alors, malgré moi, je laissais
se tarir l’impure musique
lorsque ta voix majestueuse
me frappait soudain de stupeur.

Je me surprenais à pleurer
et, pour ma conscience blessée,
ta parole avait le parfum
et la douceur d’une huile pure.

Aujourd’hui, maître spirituel,
tu me tends encore ta main
et ta puissance, aimante et humble,
sait calmer mes rêves sauvages.

(Alexandre Pouchkine)

 

Recueil: Poésies
Traduction: Louis Martinez
Editions: Gallimard

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LE MOUVEMENT (Andrée Chedid)

Posted by arbrealettres sur 6 novembre 2018



 

Jeanie Tomanek  . _500

LE MOUVEMENT

Forge le contraire de ce monde
Où l’âme perd rumeurs
Où le temps nous tarit

L’homme périt de son propre venin
Mais s’élève dans la lueur qu’il esquisse

Enfante-toi
Enjambe-toi

Dénoue le mouvement
Attise cette parole
qui ne se détourne pas des hommes
mais s’ébauche vers eux.

(Andrée Chedid)

Illustration: Jeanie Tomanek

 

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CHRYSOLITHE (Jacques Lacarrière)

Posted by arbrealettres sur 8 septembre 2018



CHRYSOLITHE

Le soleil s’est couché. Vert automne des laves.
Sèves et rêves mêlés du temps qui refleurit.
Déposés sur le glauque des ères. Herpe figée
des mers en feu qui ont tari.

(Jacques Lacarrière)


Illustration

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AMERTUME MÉLANCOLIQUE (Attila József)

Posted by arbrealettres sur 11 juin 2018



    

AMERTUME MÉLANCOLIQUE

L’amertume mélancolique
De mon coeur près de se briser
T’adresse une supplique,
Tе demande un baiser.
A toi, morte muette.

A toi, qui dors depuis longtemps
Et qui de lui plus rien n’entends.
Bienheureuse et discrète
Loin de moi, tu fleuris.

Descendant du haut paradis,
Si tu voulais, morte muette,
Illuminer mon coeur..
Je ne verserais plus un pleur.

Puisse ta foi fervente et pure
Des ronces m’extirper,
De la terrestre pourriture.
Viens donc, que j’y puisse échapper !

Je t’attends. Follement j’espère.
Aie pitié. Viens sécher sur terre
Mes pleurs qui ne veulent tarir.
Viens, mon Amour, les abolir.

L’amertume mélancolique
De mon coeur près de se briser
T’adresse une supplique,
Tе demande un baiser,
A toi, muette morte.

Tu n’entends plus parler de lui.
Que le diable t’emporte !
Je ne veux plus de toi, mon bel espoir a fui
Et plus rien en moi ne palpite,
Car tu ne m’aimes plus, maudite !

(Attila József)

 

Recueil: Aimez-moi – L’oeuvre poétique
Traduction: Georges Kassaï
Editions: Phébus

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Tari (Jean Grosjean)

Posted by arbrealettres sur 14 mai 2018




Illustration: ArbreaPhotos
    
Tari

Nos bons et mauvais jours ont disparu
comme un torrent tari. Quelques vacances,
coquelicots tremblants le long des rails
et le désert des jours. Mais il est dit :
Je serai avec toi dans ta détresse.

(Jean Grosjean)

 

Recueil: Arpèges et paraboles
Traduction:
Editions: Gallimard

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La mère (Charles Dobzynski)

Posted by arbrealettres sur 15 décembre 2017



triste

La mère

Je t’ai appris tout ce que j’avais.
Tu as pris ma vie et tu n’as rien compris.
Je t’ai nourri. Tu m’as tarie.
Je t’ai guéri. Tu m’as meurtrie.
Je t’ai habillé. Tu m’as dépouillée.
Je t’ai nettoyé. Tu m’as noyée.
Je t’ai lové. Tu m’as volée.
Je t’ai adulé. Tu m’as annulée.
Je t’ai déployé, tu m’as repliée.
Je t’ai blanchi. Tu m’as noircie.
J’ai été ton refuge, toi mon refus.
Je t’ai inventé et vanté Tu m’as évidée, évitée.
Je t’ai changé et tu t’en es vengé.

Je ne cesse de te chanter,
toi qui me désenchantes.

(Charles Dobzynski)

 

 

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LE LINOT DANS LE VAL ROCHEUX (Emily Brontë)

Posted by arbrealettres sur 7 décembre 2017




Illustration

    
LE LINOT DANS LE VAL ROCHEUX

Le linot dans le val rocheux,
L’alouette des landes dans l’air,
L’abeille parmi les bruyères
Qui cachent ma belle maîtresse :

Où gît son sein broute le cerf
Et nourrit l’oiseau sa couvée;
Ceux-là même à qui son amour
Souriait, l’ont abandonnée!

Tout d’abord, quand la noire tombe
Sur sa dépouille se ferma,
Ils crurent que jamais leurs coeurs
Ne reverraient lueur de joie,

Que toujours le flot de la peine
Baignerait les ans à venir;
Leur angoisse amère, où est-elle?
Leurs pleurs déchirants, où sont-ils?

Qu’ils courent donc après l’Honneur
Ou le fantôme du Plaisir,
L’habitante de chez les morts,
Non moins changée, est impassible.

Si leurs yeux veillaient dans les larmes
Jusqu’à tarir leur source vive,
Son sommeil si calme, en retour,
N’exhalerait pas un soupir.

Passe, vent d’ouest, sur ce tertre;
Murmurez, ruisseaux printaniers,
Et les rêves de ma maîtresse
Seront doux : vous y suffirez.

***

THE LINNET IN THE ROCKY DELLS

The linnet in the rocky dells,
The moor-lark in the air,
The bee among the heather-bells
That hide my lady fair:

The wild deer browse above her breast;
The wild birds raise their brood;
And they, her smiles of love caressed,
Have left her solitude!

I ween, that when the grave’s dark wall
Did first her form retain,
They thought their hearts could ne’er recall
The light of joy again.

They thought the tide of grief would flow
Unchecked through future years,
But where is all their anguish now,
And where are all their tears?

Well, let them fight for Honour’s breath,
Or Pleasure’s shade pursue-
The Dweller in the land of Death
Is changed and careless too.

And if their eyes should watch and weep
Till sorrow’s source were dry,
She would not, in her tranquil sleep,
Return a single sigh.

Blow, west wind, by the lonely mound,
And murmur, summer streams,
There is no need of other sound
To soothe my Lady’s dreams.

(Emily Brontë)

 

Recueil: Poèmes
Traduction: Pierre Leyris
Editions: Gallimard

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OPALE (Jacques Lacarrière)

Posted by arbrealettres sur 29 octobre 2017



OPALE

Embruns d’anges. Chatoiements d’ailes.
Cortèges irisés en l’arche des silices.
Et cette Élévation harassée de lumière.
Qui dit l’exsangue histoire où tarit ton sang clair.

(Jacques Lacarrière)


Illustration

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La chanson de la rose (Marie Dauguet)

Posted by arbrealettres sur 15 octobre 2017



Illustration
    
La chanson de la rose

Je cueillerai la rose,
La rose et le lilas,
La ousta ga ousta!

Je cueillerai la rose aux jardins de ma belle
Dessous les arbres bleus où boivent les gazelles;
Où des faons vont broutant, aux chansons des piverts,
L’ombre des gazons verts.

Hélas! dans cette tour ma belle est endormie;
Pour y cueillir la rose, au baiser de ma mie,
Oiseau bleu, bel oiseau, il faut monter bien haut,
Porte-moi sur ton dos.

O belle, dormez-vous comme en un reliquaire,
Votre anneau d’or au doigt, au fond d’un englivière?
Alors que me conduise un beau poisson nageant
Vers votre lit d’argent.

La rose et le lilas aux jardins de mon rêve
Ne refleuriront plus, car les amours sont brêves;
Le mistral a tari le fleuve, en mon coeur mort,
La tour s’est effondrée avec ses créneaux d’or!

Où donc cueillir la rose,
La rose et le lilas,
La ousta ga ousta!

(Marie Dauguet)

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