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Poésie

Posts Tagged ‘tarir’

L’or des bouleaux (Albert Strickler)

Posted by arbrealettres sur 4 décembre 2020



L’or des bouleaux
Ruisselle irréversiblement
Dans la lumière de novembre

Le vent qui a tari sa source
Frémit hors des feuilles
Avec un bruit très subtil
De petit bois qui allume le ciel

Ta buée sur la vitre
Forme une grande empreinte digitale
Pour le dieu innommable

(Albert Strickler)


Illustration: Gustav klimt

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ELLE EST MORTE… (Anonyme)

Posted by arbrealettres sur 30 novembre 2020



Illustration: Oleg Zhivetin
    
ELLE EST MORTE…

À cette source elle a bu.
Elle est morte – et la source n’a pas tari.
À ce miel elle a goûté.
Elle est morte – et le miel est resté aussi doux.
Sur ce rosier elle s’est penchée.
Elle est morte – et le rosier fleurit toujours.
Mais mon cœur, elle l’avait pris entre ses mains.
Elle est morte – et mon cœur repose dans sa tombe.

(Anonyme)

 

Recueil: Ghazels – Poemes persans
Traduction: Marguerite Ferté
Editions: http://www.ebooksgratuits.com

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Poème (Joyce Mansour)

Posted by arbrealettres sur 5 octobre 2020



Joyce Mansour
    
Poème

Ne jamais dire son rêve
À celui qui ne vous aime pas
L’oreille hostile est tarie
La bouche amère calomnie
La haine vomit le sable du sablier
Plus vite toujours plus vite
La nuit trahie avorte
Une passion au présent déjà passée
Et la peur ne fait qu’augmenter
La rage du caïman
La taille du cancer
Enfouissez vos rêves dans les poches sous vos yeux
Ils seront à l’abri de l’envie
Ils seront à l’abri de l’adage
Qui veut que l’Africain babille
Et que tous les vieux soient sages

(Joyce Mansour)

 

Recueil: 120 nuances d’Afrique
Traduction:
Editions: Bruno Doucey

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L’aurore s’allume (Victor Hugo)

Posted by arbrealettres sur 22 juin 2020



 

Illustration: William Turner
    
L’aurore s’allume

I
L’aurore s’allume ;
L’ombre épaisse fuit ;
Le rêve et la brume
Vont où va la nuit ;
Paupières et roses
S’ouvrent demi-closes ;
Du réveil des choses
On entend le bruit.

Tout chante et murmure,
Tout parle à la fois,
Fumée et verdure,
Les nids et les toits ;
Le vent parle aux chênes,
L’eau parle aux fontaines ;
Toutes les haleines
Deviennent des voix !

Tout reprend son âme,
L’enfant son hochet,
Le foyer sa flamme,
Le luth son archet ;
Folie ou démence,
Dans le monde immense,
Chacun. recommence
Ce qu’il ébauchait.

Qu’on pense ou qu’on aime,
Sans cesse agité,
Vers un but suprême,
Tout vole emporté ;
L’esquif cherche un môle,
L’abeille un vieux saule,
La boussole un pôle,
Moi la vérité !

II

Vérité profonde !
Granit éprouvé
Qu’au fond de toute onde
Mon ancre a trouvé !
De ce monde sombre,
Où passent dans l’ombre
Des songes sans nombre,
Plafond et pavé !

Vérité, beau fleuve
Que rien ne tarit !
Source où tout s’abreuve,
Tige où tout fleurit !
Lampe que Dieu pose
Près de toute cause !
Clarté que la chose
Envoie à l’esprit !

Arbre à rude écorce,
Chêne au vaste front,
Que selon sa force
L’homme ploie ou rompt,
D’où l’ombre s’épanche ;
Où chacun se penche,
L’un sur une branche,
L’autre sur le tronc !

Mont d’où tout ruisselle !
Gouffre où tout s’en va !
Sublime étincelle
Que fait Jéhova !
Rayon qu’on blasphème !
Oeil calme et suprême
Qu’au front de Dieu même
L’homme un jour creva !

III

Ô Terre ! ô merveilles
Dont l’éclat joyeux
Emplit nos oreilles,
Eblouit nos yeux !
Bords où meurt la vague,
Bois qu’un souffle élague,
De l’horizon vague
Plis mystérieux !

Azur dont se voile
L’eau du gouffre amer,
Quand, laissant ma voile
Fuir au gré de l’air,
Penché sur la lame,
J’écoute avec l’âme
Cet épithalame
Que chante la mer !

Azur non moins tendre
Du ciel qui sourit
Quand, tâchant d’entendre
Je cherche, ô nature,
Ce que dit l’esprit,
La parole obscure
Que le vent murmure,
Que l’étoile écrit !

Création pure !
Etre universel !
Océan, ceinture
De tout sous le ciel !
Astres que fait naître
Le souffle du maître,
Fleurs où Dieu peut-être
Cueille quelque miel !

Ô champs ! ô feuillages !
Monde fraternel !
Clocher des villages
Humble et solennel !
Mont qui portes l’aire !
Aube fraîche et claire,
Sourire éphémère
De l’astre éternel !

N’êtes-vous qu’un livre,
Sans fin ni milieu,
Où chacun pour vivre
Cherche à lire un peu !
Phrase si profonde
Qu’en vain on la sonde !
L’oeil y voit un monde,
L’âme y trouve un Dieu !

Beau livre qu’achèvent
Les coeurs ingénus ;
Où les penseurs rêvent
Des sens inconnus ;
Où ceux que Dieu charge
D’un front vaste et large
Ecrivent en marge :
Nous sommes venus !

Saint livre où la voile
Qui flotte en tous lieux,
Saint livre où l’étoile
Qui rayonne aux yeux,
Ne trace, ô mystère !
Qu’un nom solitaire,
Qu’un nom sur la terre,
Qu’un nom dans les cieux !

Livre salutaire
Où le cour s’emplit !
Où tout sage austère
Travaille et pâlit !
Dont le sens rebelle
Parfois se révèle !
Pythagore épèle
Et Moïse lit !

(Victor Hugo)

 

Recueil: Les rayons et les ombres
Traduction:
Editions: Bayard Jeunesse

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L’avenir (Guillaume Apollinaire)

Posted by arbrealettres sur 27 novembre 2019



    

L’avenir

Soulevons la paille
Regardons la neige
Écrivons des lettres
Attendons des ordres

Fumons la pipe
En songeant à l’amour
Les deux tours sont là
Regardons la rose

La fontaine n’a pas tari
Pas plus que l’or de la paille ne s’est terni
Regardons l’abeille
Et ne songeons pas à l’avenir

Regardons nos mains
Qui sont la neige
La rose et l’abeille
Ainsi que l’avenir

(Guillaume Apollinaire)

 

Recueil: Bris de vers Les émeutiers du XXè siècle
Traduction:
Editions: Bruno Doucey

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Tari (Jean Grosjean)

Posted by arbrealettres sur 27 juillet 2019




Illustration: ArbreaPhotos
    
Tari

Nos bons et mauvais jours ont disparu
comme un torrent tari. Quelques vacances,
coquelicots tremblants le long des rails
et le désert des jours. Mais il est dit :
Je serai avec toi dans ta détresse.

(Jean Grosjean)

 

Recueil: Arpèges et paraboles
Traduction:
Editions: Gallimard

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Réveil (Paul-Jean Toulet)

Posted by arbrealettres sur 19 juin 2019




    
Réveil

Si tu savais encor te lever de bonne heure,
On irait jusqu’au bois, où, dans cette eau qui pleure
Poursuivant la rainette, un jour, dans le cresson
Tremblante, tes pieds nus ont leur nacre baignée.
Déjà le rossignol a tari sa chanson;
L’aube a mis sa rosée aux toiles d’araignée,
Et l’arme du chasseur, avec un faible son,
Perce la brume, au loin, de soleil imprégnée.

(Paul-Jean Toulet)

 

Recueil: Les contrerimes
Traduction:
Editions: Gallimard

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Fragile est la terre (Reiner Kunze)

Posted by arbrealettres sur 17 juin 2019



Fragile est la terre au-dessus des sources: aucun
arbre ne doit être abattu, aucune racine
arrachée

les sources pourraient
tarir

Combien d’arbres ont été
abattus, combien
arrachés
en nous

(Reiner Kunze)

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Cette averse (Paul-Jean Toulet)

Posted by arbrealettres sur 16 juin 2019



Illustration: Leonid Afremov
    
Cette averse, Badoure, où ma langueur balance
A t’émouvoir, s’éloigne ainsi qu’un messager,
Écoutes-en tarir le battement léger
Dans nos coeurs, et l’amour s’enchanter de silence.

(Paul-Jean Toulet)

 

Recueil: Les contrerimes
Traduction:
Editions: Gallimard

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L’instant rivalise avec l’attente (Laurine Rousselet)

Posted by arbrealettres sur 10 février 2019




    
l’instant rivalise avec l’attente
l’halètement de la lumière
par son air absent obsède
l’amour ne tarit pas de brûlures
la fouille au corps est
la trahison du vivant

(Laurine Rousselet)

 

Recueil: Journal de l’attente
Traduction:
Editions: Isabelle Sauvage

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