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Poésie

Posts Tagged ‘tas’

SONS EN S (Jean Tardieu)

Posted by arbrealettres sur 11 avril 2019


 

 

SONS EN S

La Saveur
la Sévérité
le Souffle

Le Séjour
le Secret
la Suie

Je rejette le Soleil le
Supplice le Serpent le
Sarcophage Socrate Samson
Sisyphe et caetera en
tas dans un coin de
la page.

(Jean Tardieu)

 

Recueil: L’accent grave et l’accent aigu
Traduction:
Editions: Gallimard

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Le tien le mien (Henri Thomas)

Posted by arbrealettres sur 27 mars 2019




    
Le tien le mien ne sont plus rien
qu’un tas confus dans les ténèbres,
l’hier se mêle au lendemain,
la vie est le rêve d’un rêve

(Henri Thomas)

 

Recueil: Le monde absent
Traduction:
Editions: Gallimard

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Deux tas gris (Jean-Paul Vaillant)

Posted by arbrealettres sur 19 février 2019



Deux tas gris hurlent sur le tertre vert.
Nos chevaux hennissent. Nous passons impassibles.
Les deux tas ne nous ont pas vus.

(Jean-Paul Vaillant)

Illustration: Otto Dix

 

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Toujours, encore, demain (Guy Goffette)

Posted by arbrealettres sur 29 avril 2018



Illustration: Alex Nabaum
    
Toujours, encore, demain, ces mots de peu,
de rien, jetés en passant, nous débordent.
Ils amassent dans les marges de nos vies
un sable lisse et sans

vertige, auquel nul ne prête attention
jusqu’à ce que le coeur soudain batte
de l’aile et commence à compter ses pas,
parce que tout est dit,

tout, il n’y a plus qu’à tirer la porte.
Mais elle résiste soudain et grince comme
la mémoire devant une montagne d’oublis :
ce tas de sable, ce

silence qui prend toute la place et qui crie.

(Guy Goffette)

 

Recueil: Tombeau du Capricorne
Traduction:
Editions: Gallimard

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VISION BÉATIFIQUE (Negro Spirituals)

Posted by arbrealettres sur 10 avril 2018



Illustration: Hans Memling
    
VISION BEATIFIQUE

Ya pas longtemps,
Ya pas longtemps,
Ya pas longtemps,
J’entendis les anges qui chantaient.

Dedans ma chambre,
Dedans ma chambre,
Dedans ma chambre,
J’entendis les anges qui chantaient.

M’ suis mis à g’noux,
M’ suis mis à g’noux,
M’ suis mis à g’noux,
En entendant les anges chanter.

Ici, pas d’ mort,
Ici, pas d’ mort,
Ici, pas d’ mort,
C’était ça qu’ les anges me chantaient.

Ici, pas d’ larmes,
Ici, pas d’ larmes,
Ici, pas d’ larmes,
C’était ça qu’ les anges me chantaient.

Ma chambre brillait,
Ma chambre brillait,
Ma chambre brillait,
pendant tout l’ temps qu’ les anges chantaient.

A droite, à gauche,
A droite, à gauche,
A droite, à gauche,
Yavait des tas d’anges qui chantaient.

En haut, en bas,
En haut, en bas,
En haut, en bas,
Yavait des tas d’anges qui chantaient.

(Negro Spirituals)

 

Recueil: Fleuve profond, sombre rivière
Traduction: Marguerite Yourcenar
Editions: Gallimard

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La pomme rouge (Maurice Carême)

Posted by arbrealettres sur 27 mars 2018




La pomme rouge

Assis contre un gros tas de bois,
Je savoure une pomme rouge;
Tout autour de moi, je ne vois
Que de menues fourmis qui bougent.

Le bonheur, serait-ce cela?
Calmement, j’écoute mon coeur
Battre, encor plus léger que moi,
Au milieu des menthes en fleur.

Je regarde le ciel ranger,
A coups de brise, ses nuées.
Le soleil cire ses souliers.

Moi, je mange ma pomme rouge,
Bougeant comme le monde bouge,
Ingénument, sans y penser.

(Maurice Carême)

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Tant de livres chez le libraire (Jean-Pierre Chambon)

Posted by arbrealettres sur 2 mars 2018




    
Tant de livres chez le libraire
j’essaie de garder vive
jusqu’à ce que j’aie rejoint ma table de travail
la brûlure de quelques mots
lus au hasard
dans l’entrebâillement d’une page

(Jean-Pierre Chambon)

 

Recueil: Tout-venant
Traduction:
Editions: Héros-Limite

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LE CLOU QUE J’ENFONCE (François de Cornière)

Posted by arbrealettres sur 25 février 2018



Illustration: Jane Palmer 
    
LE CLOU QUE J’ENFONCE

Ce ne sont pas de grands poèmes
mes petits vers.
Tout au plus des impressions
que j’ai du fond de moi
laissées venir sur du papier
— et quand je le pouvais.

Aujourd’hui
je scie des planches
(vous êtes dans la petite chambre)
je rafistole des chaises
(et je vous entends rire)
je débroussaille je fais des tas
(le mistral fait tout voler).

Je note cela sur un coin de la table
et quand le marteau tape
toute la montagne résonne
sur le clou que j’enfonce
au coeur de cette matinée bleue.

(François de Cornière)

 

Recueil: Ces moments-là
Traduction:
Editions: Le Castor Astral

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LE SABLE DANS LA MAIN (François de Cornière)

Posted by arbrealettres sur 23 février 2018




    
LE SABLE DANS LA MAIN

On le sentira toujours couler
le sable dans la main :
poing fermé
mince filet
petit tas.

Ce geste machinal
où file avec le sable
quoi d’autre d’exactement
il est toujours le même.

Sauf qu’aujourd’hui j’y pense
laissant couler du sable
de mon poing sur le sable
le plus lentement possible
avant d’ouvrir les doigts.

(François de Cornière)

 

Recueil: Ces moments-là
Traduction:
Editions: Le Castor Astral

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Chanson de Charlemagne (Robert Desnos)

Posted by arbrealettres sur 20 février 2018



Illustration: Rafal Olbinski
    
Chanson de Charlemagne
Blues

1
Quand un homme et une femme
Se rencontrent
Ils ont l’impression de commencer un jeu…
Si par hasard ils s’aiment,
C’est un jeu grave…
Si par-dessus l’ marché
Ils sont jeunes
C’est beaucoup plus grave encore
Car avec l’amour viennent des tas d’ennuis
Des tas d’ennuis…

2
Quand un homme et une femme
Se rencontrent
Ce n’est qu’un jeu charmant qui ravit l’âme
Mais s’ils s’aim’nt et le montrent
Gare à la peine!
Si les deux amoureux
Sont très jeunes
De l’amour naîtra le drame
Car s’il rend heureux l’amour sait fair’ pleurer
Sait fair’ pleurer.

Autre version :
1
Il est bien dangereux
De faire plaisir aux femmes.
On s’esquinte le tempérament
On fait des folies, des folies
Et l’on tape à côté…
De cette façon, on obtient
Un résultat diamétralement opposé
À celui que l’on espérait.

2
Ah! quel sale métier
Que faire plaisir aux femmes.
On en a mal au coeur’ mal aux pieds.
On a la cervelle estropiée
Et l’on s’est bien trompé.
On veut bien faire, on a gaffé
Car on est maladroit toujours dans ce métier.
On s’est trompé et bien trompé!

(Robert Desnos)

 

Recueil: Les Voix intérieures
Traduction:
Editions: L’Arganier

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