Arbrealettres

Poésie

Posts Tagged ‘tatouage’

Chant de l’Âme (Zéno Bianu)

Posted by arbrealettres sur 22 novembre 2018



Chant de l’Âme

transparent et dévasté
il ouvre
le fond des mondes

ouvre
les étoiles
aimantées
aux gravats du coeur

il marche
vers l’intérieur de soi
par foulées
d’incantations

marche
vers les tables de l’abandon

où il faut
revenir
fièvre en haleine
aux récits du ciel sombre

où il faut
obstinément
revenir
en poignées d’infini

recueillant
des passages ciel-terre
des sommeils
renversés

obstinément

rendre grâce
aux livres d’épreuves
aux caps d’engouffrement
tatouage de ruines
et poudre de vie

il montre
ce qui fleurit sans fin
dans l’ombre
bleue

à l’affût de lui-même
à l’affût du très vif

la pulpe
d’arc-en-ciel
sépulture de rosée
sur la montagne des vivants

(Zéno Bianu)


Illustration

Posted in poésie | Tagué: , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , | 1 Comment »

De vous, par vous (Emmanuelle Le Cam)

Posted by arbrealettres sur 10 juillet 2018



Illustration: Auguste Rodin
    
De vous, par vous,
voie royale
vers les mots.

Permanent souvenir.

Tatouage.

(Emmanuelle Le Cam)

 

Recueil: Unique demeure
Traduction:
Editions: Le dé bleu

Posted in poésie | Tagué: , , , , , , , | Leave a Comment »

Je crois en toi (René Guy Cadou)

Posted by arbrealettres sur 9 décembre 2017




    
Je crois en toi
Visage parmi les pierres veinées de soie
Le plus seul avec son courage
Le plus près de la terre
Sous sa taie de soleil
Tu glisses avec les algues de douceur
Entre les rameaux blancs les mains
L’humus découvert des saisons
Tu portes sur le front le tatouage des tempêtes
Les stigmates du fleuve
Derrière toi il y a tout un passé qui s’ouvre
Une enfance incertaine
Le meilleur de toi-même que tu croyais perdu.

(René Guy Cadou)

 

Recueil: Comme un oiseau dans la tête
Traduction:
Editions: Points

Posted in poésie | Tagué: , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , | Leave a Comment »

PRISON (Tomas Tranströmer)

Posted by arbrealettres sur 20 avril 2016



PRISON

Ils jouent au football
soudaine confusion – la balle
a fait le mur.

*

Ils font souvent du bruit
pour effrayer le temps jusqu’à
ce qu’il trotte plus vite.

*

Des vies mal épelées –
la beauté subsiste sous forme
de tatouages.

*

Quand on reprit le fugitif
il avait les poches pleines
de chanterelles.

*

Le fracas des ateliers
et les pas lourds du mirador
déroutaient la forêt.

*

Le portail s’ouvre en glissant
nous voici dans la cour du pénitencier
dans une nouvelle saison.

Les lampes du mur s’allument –
le pilote du vol de nuit voit une tache
de lumière irréelle.

*

Nuit – un semi-remorque
passe tout près, les détenus
rêvent en tremblant.

*

Le garçon boit du lait
et s’endort tranquille dans sa cellule
une mère de pierre.

(Tomas Tranströmer)

Illustration

 

Posted in poésie | Tagué: , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , | 1 Comment »

Ah ! comment devenir un bassin de silence (Georges Rodenbach)

Posted by arbrealettres sur 22 janvier 2016


 

Ah ! comment devenir un bassin de silence
Et comment devenir, par quel renoncement,
Un aquarium nu, vidé de son tourment :
Verre où les poissons noirs ont cessé leurs passages,
Ame sans passions, cristal sans tatouages;
Aquarium du coeur redevenu nouveau
N’ayant plus que la claire innocence de l’Eau!

(Georges Rodenbach)

Illustration: Niko Guido

 

Posted in méditations | Tagué: , , , , , , , , , , , , , , , , | Leave a Comment »

La bouteille à la rivière (Robert Desnos)

Posted by arbrealettres sur 26 novembre 2015



Morceaux-de-verre-sur-les-murs

La bouteille à la rivière

Derrière un mur hérissé de tessons de bouteilles,
Deviner la promeneuse est un jeu facile pour les passants.
Mais deviner qui but toutes ces bouteilles
Avant de les briser en multiples tessons,
Mais deviner qui but toutes ces bouteilles, est un jeu plus difficile.

Deviner la promeneuse est un jeu facile pour le passant.
Une ombrelle déforme son ombre, en fait une fleur,
Un bouton de sa robe tombe et se perd dans l’herbe,
Un arbre abandonné entre tous les arbres
Compte les tatouages qui vivent sur son tronc.

Mais deviner qui but toutes ces bouteilles,
Marinier feuillu, que tu jettes au fil des rivières et des canaux
Avec ce mot «je vous aime» et que le courant porte,
A travers les barques des pêcheurs et le péril des barrages et des écluses,
Devant les villas charmantes au pied des coteaux?

Avant de les briser en multiples tessons,
La rivière y vient mirer ses poissons,
Y noue ses plantes homicides,
Et les sirènes d’eau douce, entre toutes traîtresses,
Les font sonner d’un coup de queue.

Mais deviner qui but toutes ces bouteilles est un jeu plus difficile…
Vos bouches, mariniers endormis sur les péniches
Et qui parfois roulez lentement et coulez à pic dans l’eau douce,
A fond de trou de perches et d’anguilles,
Là où les bouteilles à la rivière ne descendent pas.

(Robert Desnos)

Posted in poésie | Tagué: , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , | Leave a Comment »

Mon tombeau mon joli tombeau (Robert Desnos)

Posted by arbrealettres sur 20 novembre 2015



tombeau Desnos [1280x768]

Mon tombeau mon joli tombeau,
il sera peint au ripolin
avec des agrès de bateau
et des tatouages de marin.

Sur mon tombeau un phonographe
chantera soir et matin
la complainte du guerrier cafre
navré d’un coup d’oeil libertin.

Sur mon tombeau un phonographe
récitera cette épitaphe

LIBERTÉ ÉGALITÉ FRATERNITÉ

(Robert Desnos)

Posted in poésie | Tagué: , , , , , , , , , , , , , , | Leave a Comment »

Le vide (Jacques Dupin)

Posted by arbrealettres sur 28 août 2015



spirit_flight
le vide ravale fleurs et tatouages
posant sur mes yeux éteints

l’odeur de la neige

(Jacques Dupin)

Posted in poésie | Tagué: , , , , , , , | 5 Comments »

FISSURES (Michel Leiris)

Posted by arbrealettres sur 27 mai 2015



FISSURES

Foulées creusant le sable,
empreintes digitales,
cœurs gravés dans la peau des arbres,
filets de graffiti sur les murs d’un cachot,
rides et cicatrices
en quoi une vie se résume,
encoches de bâton,
nœuds au mouchoir,
tatouages,
à la teneur d’archives ou de pedigree,
signes de quelque chose qui s’est passé
ou allait se passer,

même à jamais perdues
ces traces
persistent peut-être à peser
de toute leur minceur
sur l’inanité du rien.

(Michel Leiris)

Découvert ici: http://laboucheaoreilles.wordpress.com/

Illustration: ArbreaPhotos  

 

Posted in poésie | Tagué: , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , | Leave a Comment »

À quels travaux forcés Hitler est-il condamné en enfer ? (Pablo Neruda)

Posted by arbrealettres sur 17 avril 2015



À quels travaux forcés Hitler
est-il condamné en enfer ?

Peint-il des murs ou des cadavres ?
Flaire-t-il le gaz de ses morts ?

Le nourrit-on avec les cendres
de tant d’enfants carbonisés ?

Ou le fait-on, depuis sa mort,
boire du sang à l’entonnoir ?

Ou martèle-t-on dans sa bouche
les dents arrachées pour leur or ?

Ou le couche-t-on pour dormir
sur ses pointes de barbelés ?

Ou, pour les lampes de l’enfer,
couvre-t-on sa peau de tatouages ?

Ou est-il mordu sans pitié
par les dogues noirs du grand feu ?

Ou doit-il sans fin, jour et nuit,
marcher avec ses prisonniers ?

Ou doit-il mourir sans mourir
éternellement sous le gaz ?

(Pablo Neruda)

Illustration: George Grosz

Posted in poésie | Tagué: , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , | 2 Comments »

 
%d blogueurs aiment cette page :