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Poésie

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Il avait ressuscité l’homme (Guy Lévis Mano)

Posted by arbrealettres sur 3 mai 2019



 

Otto Dix

Il avait ressuscité l’homme. Il marchait à sa droite.
La parole de l’homme était trop haute et trop basse, avec de larges paliers de silence.
Alors il marcha à sa gauche. Et vit que la joue gauche de l’homme était couleur de terre.
Il se dit : il était temps. Encore un peu et la terre eût plaqué sur tout le corps sa teinte.
Il ne faut pas laisser le temps à la terre. Cet homme va toujours traîner un peu de mort sur lui…

(Guy Lévis Mano)

Illustration: Otto Dix

 

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Coloris (Esther Granek)

Posted by arbrealettres sur 20 septembre 2018



 

rousse

Coloris

En teintes folles, en demi-tons,
dans la lumière qui resplendit,
tes cheveux sont couleur de miel
et tes yeux sont couleur de ciel
tes lèvres sont couleur de vie
et sur ta peau d’un blond roussi
le soleil a fait un semis
de mille jolies taches de son.

(Esther Granek)

Illustration: Samuel Silva

 

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Ses yeux dépassent en éclat (Robert Burns)

Posted by arbrealettres sur 1 août 2018



Illustration: Rolf Armstrong
    
Ses yeux dépassent en éclat les lueurs rayonnantes

Qui dorent l’ondée passagère ,
Qui étincellent sur les ruisseaux de cristal,

Et réjouissent chaque fleur rafraîchie.

Ses lèvres sont plus brillantes que les cerises,

Elles ont reçu une teinte plus riche;
Elles charment notre vue émerveillée

Et donnent la tentation d’y poser les nôtres :
Son sourire est comme le soir paisible

Quand les couples ailés font l’amour,
Et que les petits agneaux, folâtres et sauvages,

S’ébattent en bandes joueuses.

(Robert Burns)

 

 

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Dans les temps immobiles (Herman Gorter)

Posted by arbrealettres sur 3 mai 2018




    

Dans les temps immobiles, il y a longtemps,
elle est née, fleur dans le silence d’automne,
pâle dans la triste lumière blême, —
les nuages pleuvent autour d’elle.

Pâle entourée de pénombre,
les yeux clairs, cheveux blonds défaits,
les mains blanches, retenant les larmes,
pauvre jeune fille assoiffée de lumière.

Pose, saison nouvelle de l’instant,
sur ses chaudes teintes de fleur, ton rouge sang.

(Herman Gorter)

 

Recueil: Ce que tu es
Traduction: Saskia Deluy et Henri Deluy
Editions: Al Dante

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Un homme parle (Gottfried Benn)

Posted by arbrealettres sur 24 avril 2018



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Un homme parle

Un homme parle :
Ici-bas n’est pas de consolation. Vois,
la campagne s’éveille aussi de ses fièvres.
A peine quelques dahlias étincellent encore.
Elle est là, dévastée
comme après un combat équestre.
J’entends en mon sang retentir un départ.
Oh, toi, mes yeux s’enivrent déjà
de la teinte bleutée des collines lointaines,
Déjà je sens un frôlement sur mes tempes

(Gottfried Benn)

 Illustration

 

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LÉDA (Rubén Darío)

Posted by arbrealettres sur 25 février 2018



Illustration: Mariano Fortuny Madrazo
    
LÉDA

Le cygne paraît de neige dans la nuit,
et son bec est d’ambre quand l’aube reluit ;
le crépuscule suave qui bientôt se perd
rosit les ailes candides de sa lumière.

Et puis, sur les ondes du lac azuré,
après que l’aurore perdit sa teinte vermeille,
les ailes tendues et le col recourbé,
le cygne est d’argent, baigné de soleil.

Tel est-il, quand il lustre ses plumes de soie,
olympique oiseau que l’amour a meurtri,
et dans les flots sonores, viole Léda,
un bec recherchant les lèvres cramoisies.

La belle soupire, dévêtue et vaincue,
et pendant que ses plaintes s’envolent au vent,
des vertes profondeurs d’un feuillage dru
étincellent les yeux troubles de Pan.

(Rubén Darío)

 

Recueil: Chants de vie et d’espérance
Traduction: Lionel Igersheim
Editions: Sillage

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CHANSON DES PEINTRES (Charles Cros)

Posted by arbrealettres sur 14 février 2018



Illustration: Patrice Murciano
    
CHANSON DES PEINTRES

Laques aux teintes de groseilles
Avec vous on fait des merveilles,
On fait des lèvres sans pareilles.

Ocres jaunes, rouges et bruns
Vous avez comme les parfums
Et les tons des pays défunts.

Toi, blanc de céruse moderne
Sur la toile tu luis, lanterne
Chassant la nuit et l’ennui terne.

Outremers, Cobalts, Vermillons,
Cadmium qui vaux des millions,
De vous nous nous émerveillons.

Et l’on met tout ça sur des toiles
Et l’on peint des femmes sans voiles
Et le soleil et les étoiles.

Et l’on gagne très peu d’argent,
L’acheteur en ce temps changeant
N’étant pas très intelligent.

Qu’importe! on vit de la rosée,
En te surprenant irisée,
Belle nature, bien posée.

(Charles Cros)

 

Recueil: Le Collier de griffes
Traduction:
Editions: Gallimard

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Les feux de l’existence (Aya Cheddadi)

Posted by arbrealettres sur 16 janvier 2018



 

    

Les feux de l’existence balises sur la route
Y a-t-il un policier pour me dire
mes droits et les règles que j’ai enfreintes
Vais-je rester assise là sur l’asphalte à attendre une explication
Il n’y a pas d’adultes
Tout le monde fait semblant de savoir
ou bute sur les articles du code comme la mouche sur la vitre
Le centre est mou
L’asphalte devient un chewing-gum coulant
à l’éclatante teinte rose chimique

(Aya Cheddadi)

 

Recueil: Tunis marine
Traduction:
Editions: Gallimard

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Quand la forme de mon corps s’est brisée (Aya Cheddadi)

Posted by arbrealettres sur 16 janvier 2018




    
Quand la forme de mon corps
s’est brisée en éclats
et que le ciel et les nuages
m’ont traversé le tronc
femme-nuage dont les jambes inutiles
couraient derrière ma raison perdue
j’ai soupesé le pour et le contre
et promulgué un édit
dont moi seule connais les paraphes
Ainsi une planète nucléarisée
ne perd ni sa gravité teintée de jaune d’oeuf
ni son magnétisme
et mes satellites continuent de tourner
ne pouvant échapper à mes lois

(Aya Cheddadi)

 

Recueil: Tunis marine
Traduction:
Editions: Gallimard

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Au moulin (Aya Cheddadi)

Posted by arbrealettres sur 16 janvier 2018



    
Au moulin d’encre on y apporte
les draps noirs de l’illusion
Les reflets indigo s’en vont
avec les frappes du torrent
et le gris ciselé des nuages

Au moulin d’eau on y apporte
les draps blancs de la famine
Les reflets jaunâtres s’en vont
et la solitude la bile
avec les croûtes d’argile

Au moulin d’or on y apporte
les draps verts de la magie
Les reflets de mousse s’en vont
drôles de barbes assagies
postiches sur des troncs d’arbre

Au moulin du rêve au moulin du son aigu
au moulin du raclement de gorge
on y apporte les draps incolores du sens
mais rien ne part rien ne s’accroche
ton sur ton ni foi ni teinte

(Aya Cheddadi)

 

Recueil: Tunis marine
Traduction:
Editions: Gallimard

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