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Poésie

Posts Tagged ‘téléphone’

La girafe (Gilbert Delahaye)

Posted by arbrealettres sur 30 décembre 2018



La girafe inventa le télégraphe,
l’antenne et la télévision
pour mieux savoir ce qui se passe
aux quatre coins de l’horizon.
Pour mieux entendre, pour mieux voir
sans périscope ni radar,
sans miradors, sans Tour Eiffel,
dans le sillage du soleil,
arriver le premier avion.

Oui, mais, oui, mais, comment fait-on
quand on est tout petit garçon
pour lui dire un mot à l’oreille?

(Gilbert Delahaye)


Illustration

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Premier vrai mal (Patrizia Cavalli)

Posted by arbrealettres sur 30 novembre 2018



 

mal

Premier vrai mal

La perfection du premier vrai mal
ne connaît congés ni repos.
Lâche et maudite elle se présente
si je lis un livre si je regarde à la fenêtre,
si je rencontre des amis si je réponds au téléphone
et surtout elle profite
du silence des jours de fête.

(Patrizia Cavalli)

 

 

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Gaston (Georges Perec)

Posted by arbrealettres sur 2 novembre 2018




    
Je me souviens de Gaston y’a le telefon qui son.

(Georges Perec)

 

Recueil: Je me souviens
Traduction:
Editions: Hachette

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MAISONS SUÉDOISES SOLITAIRES (Tomas Tranströmer)

Posted by arbrealettres sur 16 août 2018



MAISONS SUÉDOISES SOLITAIRES

Un désordre d’arbres noirs
et les rayons fumants de la lune.
Là où la chaumière a coulé
et semble être sans vie.

Jusqu’au murmure de la rosée matinale
quand un vieillard ouvre
– d’une main qui tremble –
la fenêtre pour lâcher un grand duc.

Et dans une autre aire du vent
la construction nouvelle fume
avec un papillon de draps lavés
qui volette à l’angle

au milieu d’une forêt moribonde
où la décomposition lit
dans ses lunettes de sève
le compte-rendu des coléoptères.

Été aux pluies de blé mûr
ou un seul nuage d’orage
Des voix affolées, des visages
volent dans les fils du téléphone
avec des ailes rapides mutilées
par-dessus les milles des marécages.
au-dessus d’un chien qui aboie.
Le grain rue dans la terre.

La maison sur une île du fleuve
qui couve ses premières pierres.
Une fumée constante – on brûle
les documents secrets de la forêt.

La pluie retourne dans le ciel.
La lumière serpente dans le fleuve.
Les maisons du précipice surveillent
les boeufs blancs de la cascade.

Automne avec une ligue d’étourneaux
qui tiennent l’aube en échec.
Les hommes ont la démarche raide
au théâtre de l’abat-jour.

Faites-leur toucher sans crainte
les ailes camouflées
et l’énergie de Dieu
enroulée dans l’obscurité.

(Tomas Tranströmer)

 

 

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Ardoise magique (François de Cornière)

Posted by arbrealettres sur 23 février 2018


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comme un coup de téléphone
qu’on n’attendait plus vraiment
même si l’on y croyait encore
et qui arrive
on s’aperçoit que jamais
les choses ne s’effacent complètement
et qu’il suffit d’un rien
– une enveloppe conservée
d’une lettre déchirée
ou le nom d’un café
sur un carnet de chèques –
pour qu’on reprenne la route
et qu’on fasse à l’envers
le voyage perdu
qui ne mène qu’à soi
avec par endroits l’envie
de tout gommer
de tout reprendre
comme les ardoises magiques
laissent toujours par transparence
le dessin précédent
et puis un jour
se cassent

(François de Cornière)

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MIDI (François de Cornière)

Posted by arbrealettres sur 23 février 2018



Illustration
    
MIDI

plage bleue de midi
quand les enfants
s’amusent à vivre

petites silhouettes
à la pêche au trésor
le long des vagues
qui doucement
viennent mourir

à l’heure où
dans une maison fermée
un téléphone désespérément
sonne

(François de Cornière)

 

Recueil: Ces moments-là
Traduction:
Editions: Le Castor Astral

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PRESENTE (René Guy Cadou)

Posted by arbrealettres sur 23 janvier 2018



Illustration: Ivan Rabuzin
    
PRESENTE

Loin
Sous les bâches du ciel
Avec le dernier train
Les villages sans téléphone
Et pour celui qui se souvient
Les fumées courtes de l’automne

Je suis là
Où tu sais
Dans les combes dorées
Et dans l’anonymat terrible des gibiers
Confondu
Ne sachant si la main est un signe
Ou si l’homme est pareil aux chiens aventuriers

C’est encor le moment de t’appeler
D’attendre
Un visage parmi les feuillages de cendre
Clairière, tu ne peux toujours te refuser

Je te soulève en moi
Je t’enveloppe d’arbres
Je te donne le nom de pays étrangers
Tu passes dans mes doigts
Tu mesures ma bouche
Tu m’appartiens déjà
Comme un nouvel été.

(René Guy Cadou)

 

Recueil: Poésie la vie entière
Traduction:
Editions: Seghers

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Le téléphone raccroché (Oriko Nishikawa)

Posted by arbrealettres sur 17 octobre 2017



Le téléphone raccroché,
la première conversation de l’an
est déjà du passé

(Oriko Nishikawa)

 

 

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Je ne peux répondre qu’en ma présence (Christian Bobin)

Posted by arbrealettres sur 6 octobre 2017


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Encore des lettres aujourd’hui
toutes sortes de phrases
mêlées aux vôtres
parfois je réponds et parfois non
C’est comme le téléphone
il sonne je le regarde sonner
Il y a des jours
où je ne suis pas dans mon nom
pas dans mon sang pas dans mes yeux
des jours des semaines des mois
Je laisse les lettres parler le téléphone hurler
C’est une affaire de bon sens
Je ne peux répondre qu’en ma présence
Seulement voilà que faire
quand je n’y suis pas
quand la main de l’ange
est sur ma bouche

(Christian Bobin)

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Encore des lettres aujourd’hui (Christian Bobin)

Posted by arbrealettres sur 30 juillet 2017



Illustration: Coral Silverman
    
Encore des lettres aujourd’hui
toutes sortes de phrases
mêlées aux vôtres
Parfois je réponds et parfois non
C’est comme le téléphone
il sonne je le regarde sonner
Il y a des jours
où je ne suis pas dans mon nom
pas dans mon sang pas dans mes yeux
des jours des semaines des mois
Je laisse
les lettres parler le téléphone hurler
C’est une affaire de bon sens
Je ne peux répondre qu’en ma présence
Seulement voilà que faire
quand je n’y suis pas
quand la main de l’ange
est sur ma bouche

(Christian Bobin)

 

Recueil: La Vie Passante
Editions: Fata Morgana

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