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Posts Tagged ‘température’

Un cœur au frigo (Francis Combes)

Posted by arbrealettres sur 6 août 2018



 

Un cœur au frigo

Tu as déposé ton cœur
dans le compartiment congélateur
de ton frigo
pour le mettre à l’abri
des variations de la température,
des bactéries,
des maladies, des aventures
et des malheurs.
Ainsi, tu pourras le ressortir
et il sera comme neuf
le jour où, enfin
tu en auras besoin.
Prends garde
cependant
à ne pas dépasser
la date
de péremption.

(Francis Combes)


Illustration

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Je suis rêveuse et fragile … (Robert Desnos)

Posted by arbrealettres sur 21 juillet 2018




    
Je suis rêveuse et fragile …

1
En effeuillant au soleil couchant
Une fleur des champs
La blanche marguerite
J’imagine un pompier pas méchant
Ou d’un soldat dans sa guérite
Nous irions dans un beau jardin
Comme un prince avec sa princesse
Et de minuit jusqu’au matin
Nous serions tout miel et caresse.

Refrain

Je suis rêveuse et fragile
La brutalité
Me blesse et me tourne la bile
La douceur c’est ma qualité
J’aime les fleurs et les mots tendres
Et les songes bleus
Parfois je sens mon cœur se fendre
En guettant un amoureux.

2
Je suis pareille aux sveltes iris
Pareille au grand lys
Pareille aux fraises mûres
Mon coeur est doux d’esprit délicat
Je suis une faible nature
L’amour trouble mon estomac
Mais quand je rêve aux aventures
Ma chair frémit, j’en suis gaga
Faut prendre ma température.

3
Hélas hélas j’ai ce soir cent ans
Un rêve épatant
Me semble aujourd’hui fade
Je veux quelqu’un vivant pour coucher
Je voudrais le marquis de Sade
Ou bien un gros garçon boucher
Et qu’il me mette en marmelade
Qui m’étreigne et fasse loucher
Et que je ne sois plus en rade.

(Robert Desnos)

 

Recueil: Les Voix intérieures
Traduction:
Editions: L’Arganier

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Cactus (J.J. Grandville)

Posted by arbrealettres sur 5 mars 2017



Cactus

Toute mon histoire sur la terre se résume dans ces seuls mots:
J’ai eu froid.
Il m’est impossible de vivre dans ces régions
où il tombe de la neige, où il gèle,
où l’on est sans cesse assailli par la pluie, les vents et les giboulées.

Si j’étais restée sous les tropiques,
je n’aurais pas trop le droit de me plaindre;
mais j’ai fait la sottise de suivre un botaniste en Europe,
et je suis perdues de rhumatismes.

On a beau vivre dans une serre,
on est toujours victime de quelque traître vent coulis.
Et puis cette chaleur factice me donnait la migraine
ou des pesanteurs de tête insupportables.

Mon sang, d’un rouge si vif, ne circulait plus;
mon front alourdi retombait sur ma poitrine;
et il me semblait, dans l’espèce d’hallucination où j’étais,
qu’une main invisible m’avait transformée en portière,
et que je serrais amoureusement un poêle dans mes bras,
ainsi que maintes fois je l’avais vu faire
l’hiver dans la loge de notre hôtel.

Comme je regrettais la douce et tiède température
des pays où nous sommes nées, nous autres fleurs!
comme je m’ennuyais sur les cheminées,
sur les consoles de marbre où je servais d’ornement!

(J.J. Grandville)

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C’est la fièvre de la jeunesse (Georges Bernanos)

Posted by arbrealettres sur 27 février 2017



 

C’est la fièvre de la jeunesse
qui maintient le reste du monde
à la température normale.
Quand la jeunesse se refroidit,
le reste du monde claque des dents.

*

L’espérance est un risque à courir.

(Georges Bernanos)

Illustration: Annagol

 

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Il préfère à ces valises funèbres le sac à main des femmes (Jean-Michel Maulpoix)

Posted by arbrealettres sur 23 décembre 2016



Il préfère à ces valises funèbres le sac à main des femmes,
où il y a des mouchoirs blancs parfumés,
des tubes de rouge à lèvres,
de la poudre rose, une palette de bleus,
un portefeuille avec des photos d’enfants
qui se baignent au bord de la mer,
un petit miroir et des lettres chiffonnées.
Il voudrait se glisser dans cette féerie
et se laisser aller au roulis de leurs hanches.
Curieux de leur parfum et de leurs amours,
il voudrait prendre la température exacte de leur cœur.

(Jean-Michel Maulpoix)

Découvert ici: https://litteratureportesouvertes.wordpress.com/

 

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