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Poésie

Posts Tagged ‘tempête’

Les sirènes (Christophe Maé)

Posted by arbrealettres sur 11 octobre 2021



Illustration: Frederic Leighton
    
Les sirènes

Tel un Jack Sparrow, je remonte mes manches
J’assure pas, j’assure plus, sans mon verre sur la planche
Tel un Jack de trop, du dimanche au dimanche
J’assume pas, non j’assume plus, je ne suis plus étanche

C’est pas la mer à boire tu sais, juste un peu d’eau salée
Solo, et soûlé, sur mon îlot isolé
J’ai des idées noires tu sais, une mouche dans un verre de lait
Même si je perds la mémoire, je bois pour oublier

Et j’entends les sirènes
Résonner au loin
Elles vont, elles viennent
Chercher les marins
Et j’entends les sirènes
Dans la tempête au loin
Avec la vie que je mène
Elles viendront pour moi demain

Tel un Jack Sparrow, je remonte les marches
Je les servais les mecs comme moi tu sais, dans ma chemise blanche
À trinquer un peu trop, perroquet sur la planche
Mon rein a coulé comme un radeau qui prend l’eau, et qui flanche

C’est pas la mer à boire tu sais, juste un peu d’eau salée
Sous l’eau, et soûlé, sur mon îlot isolé
J’ai des idées noires tu sais, une mouche dans un verre de lait
Même si je perds la mémoire, je bois pour oublier

Et j’entends les sirènes
Résonner au loin
Elles vont, elles viennent
Chercher les marins
Et j’entends les sirènes
Dans la tempête au loin
Avec la vie que je mène
Elles viendront pour moi demain

J’entends les sirènes
J’ai plongé profond
Ma tristesse est comme la mer
Elle n’a pas de fond

Tel un Jack Sparrow, je rabaisse mes manches

(Christophe Maé) (Paul Ecole)

 

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Les Rois Mages (André Frénaud)

Posted by arbrealettres sur 9 octobre 2021



Leopold Kupelwieser _1796- rois mages_jpeg

Les Rois Mages

Avancerons-nous aussi vite que l’étoile
La randonnée n’a-t-elle pas assez duré
Réussirons-nous enfin à l’égarer
cette lueur au milieu de la lune et des bêtes
qui ne s’impatiente pas

La neige avait tissé les pays du retour
avec ses fleurs fondues où se perd la mémoire
De nouveaux compagnons se mêlaient à la troupe
qui sortaient des arbres comme les bûcherons
Le Juif errant peinait, aux blessures bafouées
Des fourrures couvraient le roi noir malade à mourir
Le pasteur de la faim est avec nous
Ses yeux bleus éclairent son manteau d’épluchures
et le troupeau rageur des enfants prisonniers

Nous allions voir la joie nous l’avons cru
la joie du monde née dans une maison par ici
C’était au commencement … Maintenant on ne parle pas
Nous allions délivrer un tombeau radieux
marqué d’une croix par les torches dans la forêt

Le pays n’est pas sűr les châteaux se glissent derrière nous
Pas de feu dans l’âtre des relais Les frontières
remuent à l’aube par les coups défendus
Nos paumes qui ont brisé les tempêtes de sable
sont trouées par la charançon et j’ai peur de la nuit

Ceux qui nous attendaient dans le vent de la route
se sont lassés le chœur se tourne contre nous
Par les banlieues fermées à l’aube les pays sans amour
nous avançons mêlés à tous et séparés
Sous les lourdes paupières de l’espérance
La peur haletait comme une haridelle

Nous arriverons trop tard le massacre est commencé
les innocents sont couchés dans l’herbe
Et chaque jour, nous remuons des flaques dans les contrées
Et la rumeur se creuse des morts non secourus
qui avaient espéré en notre diligence

Tout l’encens a pourri dans les boîtes en ivoire
et l’or a caillé nos cœurs comme du lait
La jeune fille s’est donnée aux soldats
que nous gardions dans l’arche pour le rayonnement
pour le sourire de sa face

Nous sommes perdus On nous a fait de faux rapports
C’est depuis le début du voyage
Il n’y avait pas de route il n’y a pas de lumière
Seul un épi d’or surgi du songe
que le poids de nos chutes n’a pas su gonfler
Et nous poursuivons en murmurant contre nous
tous le trois brouillés autant qu’un seul
peut l’être avec lui-même
Et le monde rêve à travers notre marche
dans l’herbe des bas-lieux
et ils espèrent
quand nous nous sommes trompés de chemin

Egarés dans les moires du temps – les durs méandres
qu’anime le sourire de l’Enfant –
chevaliers à la poursuite de la fuyante naissance
du futur qui nous guide comme un toucheur de bœufs
je maudis l’aventure je voudrais retourner
vers la maison et le platane
pour boire l’eau de mon puits que ne trouble pas la lune
et m’accomplir sur mes terrasses toujours égales
dans la fraîcheur immobile de mon ombre…

Mais je ne puis guérir d’un appel insensé.

(André Frénaud)

Illustration: Leopold Kupelwieser

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Mon aimée, mon coeur (Rabindranath Tagore)

Posted by arbrealettres sur 1 juillet 2021



Illustration: Henri Eisenberg
    
Mon aimée, mon coeur, nuit et jour,
brûle de te rencontrer comme on rencontre la mort dévorante.
Que je sois balayé par toi comme par une tempête.

Prends tout ce que j’ai;
détruis mon sommeil et ravis mes rêves.
Dérobe-moi ma vie.

Par cette dévastation,
par ce dépouillement total de mon âme,
devenons un seul être de beauté…

Hélas! mon désir est vain.
Où est l’espoir de communion complète
sinon en toi, mon Dieu?

(Rabindranath Tagore)

 

Recueil: Le jardinier d’amour La jeune Lune
Traduction: Mme Sturge Moore
Editions: Gallimard

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L’ombre d’une vague (António Ramos Rosa)

Posted by arbrealettres sur 21 juin 2021




    

L’ombre d’une vague charrie encore une autre ombre.
À la vague d’une ombre succède une autre vague.
À mon cheval perdu je dois ouvrir le chemin d’un
autre cheval plus fort et partout présent.

Le bleu-vert sombre d’une colline ou d’un nuage
(la tempête a arraché tes vêtements). Nus nous
sommes maintenant l’eau verte d’une poitrine et le
pain blanc de la maison sur les dunes.

Sous le soleil nous sommes des animaux fauves, rouges,
qui se nourrissent des éléments à l’ombre du cheval,
sous la clarté du vide, dans la charpente des navires.

Le jour. Les seins. L’eau. L’ombre. La lumière. La fièvre.
Une roue s’emballe du poignet jusqu’à l’arbre
dans un ciel grand ouvert au plaisir de la soif.

(António Ramos Rosa)

 

Recueil: Le cycle du cheval
Traduction: du portugais par Michel Chandeigne
Editions: Gallimard

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J’AIME TA LETTRE (Léopold Sédar Senghor)

Posted by arbrealettres sur 4 juin 2021




    
J’AIME TA LETTRE

J’aime ta lettre, plus douce que l’après-midi du Samedi
Et les vacances, ta parole de songe bleu.

La fragrance des mangues me monte à la nuque
Et comme un vin de palme un soir d’orage, l’arôme féminin des goyaves.

Les tempêtes suscitent les humeurs, le palais blanc s’ébranle dans ses assises de basalte
L’on est long à dormir, allongé sous la lampe sous la violette du Cap.
La saison s’est annoncée sur les toits aux vents violents du Sud-Ouest
Tendue de tornades, pétrie de passions.

Les roses altières les lauriers-roses délacent leurs derniers parfums
Signares à la fin du bal
Les fleurs se fanent délicates des bauhinias tigrées
Quand les tamariniers aux senteurs de citron allument leurs étoiles d’or.
Du ravin monte, assaillant mes narines, l’odeur des serpents noirs
Qui intronise l’hivernage.

Dans le parc les paons pavoisent, en la saison des amours.
Rutilent dessus les pelouses, pourpres princiers, les flamboyants
Aux coeurs splendides, et les grands canas d’écarlate et d’or.
M’assaillent toutes les odeurs de l’humidité primor-diale, et les pourritures opimes.
Ce sont noces de la chair et du sang — si seulement noces de l’âme, quand dans mes bras
Tu serais, mangue mûre et goyave ouverte, souffle inspirant ah ! haleine fraîche fervente…

J’aime ta lettre bleue, plus douce que l’hysope
Et sa tendresse, qui me dit que tu es m’amie.

(Léopold Sédar Senghor)

 

Recueil: Anthologie Poésie africaine six poètes d Afrique francophone
Traduction:
Editions: Points

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L’oreiller d’un enfant (Marceline Desbordes-Valmore)

Posted by arbrealettres sur 30 mai 2021



 

Aron Wiesenfeld   Immigrant

L’oreiller d’un enfant

Cher petit oreiller, doux et chaud sous ma tête,
Plein de plume choisie, et blanc, et fait pour moi !
Quand on a peur du vent, des loups, de la tempête,
Cher petit oreiller, que je dors bien sur toi !

Beaucoup, beaucoup d’enfants, pauvres et nus, sans mère,
Sans maison, n’ont jamais d’oreiller pour dormir ;
Ils ont toujours sommeil, ô destinée amère !
Maman ! douce maman ! cela me fait gémir …

(Marceline Desbordes-Valmore)

Illustration: Aron Wiesenfeld

 

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TOUTES CES ANNÉES OÙ JE M’ABSENTAIS (Nikiforos Vrettakos)

Posted by arbrealettres sur 30 mai 2021



 

    

TOUTES CES ANNÉES OÙ JE M’ABSENTAIS

Toutes ces années où je m’absentais, c’est pour toi que je voyageais.
En quête de cette rose qu’aucun autre
ne pourrait t’offrir. Nul ne saura jamais
quels monts, quels déserts, quels océans j’ai traversés,
quelles averses m’ont sillonné le front,
quelles tempêtes m’ont tourmenté. J’ai versé mon cœur
dans un saint calice et cette belle rose
en est sortie, pure
comme une aurore de Pâques. Mets-la à ta ceinture,
sur ton cœur ou dans tes cheveux. Elle t’ira à merveille
comme au monde chaque matin le soleil.

(Nikiforos Vrettakos)

 

Recueil: Mon soleil
Traduction: Traduit du grec par Ioannis Dimitriadis
Editions: ainigma.net

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Je mis un bonnet rouge (Hubert Juin)

Posted by arbrealettres sur 26 mai 2021



 

vieux dictionnaires

Je mis un bonnet rouge au vieux dictionnaire.
Plus de mots sénateurs, plus de mots roturiers !
Je fis une tempête au fond de l’encrier.
J’ai dit aux mots : Soyez République ! Soyez
La fourmilière immense et travaillez ! Croyez.
Aimez, Vivez ! — J’ai mis tout en branle
[…]

(Hubert Juin)

 

 

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CE QUI EST ARRIVÉ, EST ARRIVÉ (Anna Keiko)

Posted by arbrealettres sur 22 mai 2021



    

Recueil: Ithaca 681 Poem in French, Dutch, Spanish, English, Italian, German, Portuguese, Sicilian, Romanian, Polish, Greek, Chinese, Arab, Hindi, Japanese, Farsi, Bulgarian, Icelandic, Russian, Filipino, Hebrew, Tamil, Kurdish, Bangla, Irish, Serbian, Macedonian, Armenian, Indonesian, Malay, Catalan

Poem of the week Ithaca 681 “WHAT’S DONE IS DONE” Anna Keiko, Chine

from “Loneliness in the Blood”

– All translations are made in collaboration with Germain Droogenbroodt –

CE QUI EST ARRIVÉ, EST ARRIVÉ

Ce qui est arrivé, est arrivé.
L’imprévisible s’est produit : le coronavirus.
C’est une tempête qui peut durer longtemps,
qui arrache fleurs et bourgeons des branches.
Partout règne l’angoisse,
la mort est proche, pour tout le monde.
C’est un printemps de rêves brisés …
de nuages sombres, de tristesse, de larmes.
L’appel a touché le ciel.
Des personnes orgueilleuses tombent
dans le puits noir qu’ils ont eux-mêmes creusé

Traduction Germain Droogenbroodt – Elisabeth Gerlache

(Anna Keiko)

***

WAT GEBEURD IS, IS GEBEURD

Wat gebeurd is, is gebeurd.
Het onvoorspelbare is geschied: het coronavirus.
Het is een storm die lang kan duren,
die bloei en bloesems van de takken breekt.
Overal heerst angst,
de dood is dichtbij, voor iedereen.
Het is een lente van gebroken dromen─
donkere wolken, droefheid, tranen.
De klok heeft de hemel geraakt.
Hoogmoedige mensen vallen
in de zwarte put die ze zelf hebben gegraven.

Vertaling Germain Droogenbroodt

***

LO HECHO, HECHO ESTÁ

Lo hecho, hecho está.
Lo imprevisible ocurrió: el coronavirus,
una tormenta que podría alargarse,
destruyendo ramas y flores que brotan.
El miedo está en todas partes,
la muerte, cerca de cualquiera.
Un manantial de sueños rotos,
nubes oscuras, tristeza, lágrimas.
La campana golpeó el cielo
mientras los humanos iban cayendo altivos
en el agujero negro que cavaron.

Traducción Germain Droogenbroodt – Rafael Carcelén

***

WHAT’S DONE IS DONE

What’s done is done.
The unpredictable occurred: The coronavirus.
It’s a storm that could last quite long,
breaking the bloom of branches and blossoms.
Fear is everywhere,
Death is close to everyone.
It’s a spring of broken dreams—
dark clouds, sadness, tears.
The bell has struck the sky.
Haughty humans are falling
in the black hole they have dug.

Translation Germain Droogenbroodt – Stanley Barkan

***

CIÒ CHE È FATTO È FATTO

Ciò che è fatto è fatto.
L’imprevisto è accaduto: il coronavirus.
È una tempesta che può durare a lungo,
troncando rami fioriti e germogli.
La paura è ovunque,
la morte si fa vicino.
È una primavera di sogni spezzati—
nuvole scure, tristezza, lacrime.
La campana ha colpito il cielo.
L’umanità arrogante sta precipitando
nel buco nero che essa stessa ha scavato.

Traduzione di Germain Droogenbroodt – Stanley Barkan – Luca Benassi

***

WAS GESCHEHEN IST, IST GESCHEHEN

Was geschehen ist, ist geschehen.
Das Unvorhersagbare ist geschehen: das Coronavirus,
ein Sturm, der lange andauern könnte,
der die sprießenden Äste und die Blumen zerstört.
Die Angst ist überall,
der Tod ist jedem nah.
Es ist einen Frühling der zerbrochenen Träume,
dunkle Wolken, Traurigkeit, Tränen.
Die Glocke schlug dem Himmel,
hochmütige Menschen fallen
in das schwarze Loch, das sie selbst gegraben haben.

Übersetzung Germain Droogenbroodt

***

O QUE ESTÁ FEITO, FEITO ESTÁ

O que está feito, feito está.
O imprevisível aconteceu: o coronavírus,
uma tempestade que poderia aumentar,
destruindo ramos e flores que brotam.
O medo está em todos os lugares,
a morte, próxima de qualquer um.
Uma fonte de sonhos desfeitos,
nuvens escuras, tristezas e lágrimas.
O sino bate no céu
enquanto os humanos iam caindo altivos
no buraco escuro que escavaram.

Tradução ao português: José Eduardo Degrazia

***

LU FATTU È FATTU

Lu fattu è fattu.
Lu mprevedibbili avvinni. Lu Virus Covid.
È na timpesta ca po’ durari assai tempu,
rumpennu lu ciuriri di li rammi e di li ciuri
Lu scantu è in ogni banna,
la morti è attagghiu a tutti.
È na primavera di sonnura rrutti—
Nevuli niuri, tristizza, lacrimi.
La campana ntunau ntall’aria.
L’orgugghiusi essiri umani cadunu
nta la fossa niura ca scavànu iddi.

Traduzioni in sicilianu di Gaetano Cipolla

***

CE-A FOST, A FOST

Ce-a fost, a fost.
Neprevăzutul Coronavirus,
furtună care poate va dura,
distrugând mugurii și florile.
Frica domnește,
moartea pândește la tot pasul.
Visuri spulberate, în astă primăvară,
norii întunecați varsă lacrimi amare.
Cloptul bate în cer,
Jalnica omenire cade
în groapa neagră pe care și-a săpat-o.

Traducere: Gabriela Căluțiu-Sonnenberg

***

CO SIĘ STAŁO, TO SIĘ NIE ODSTANIE

Co się stało, to się nie odstanie.
Wydarzyło się nieprzewidywalne: koronawirus.
To burza, która może potrwać bardzo długo,
przerywając kwitnienie drzew i kwiatów.
Strach jest wszędzie.
Śmierć blisko każdego.
To wiosna rozbitych marzeń —
czarne chmury, smutek, łzy.
Dzwon uderzył wprost w niebo.
Butni ludzie wpadają
w czarną dziurę, którą sami wykopali.

Przekład na polski: Mirosław Grudzień – Małgorzata Żurecka

***

ΟΤΙ ΗΤΑΝ ΝΑ ΣΥΜΒΕΙ ΣΥΝΕΒΗ

Ότι μέλλονταν να συμβεί, συνέβη.
Το ανεπανάληπτο: ο κορονοϊός.
Θύελλα που θα κρατήσει καιρό
και θα ρημάξει κλαδιά κι ανθούς.
Ο φόβος απλώνεται παντού
Ο Θάνατος σιμά στον κάθε ένα
άνοιξη ανεκπλήρωτων ονείρων
μαύρα σύννεφα, σιωπή, λύπη, και δάκρια.
Καμπάνα που χτυπά στον ουρανό:
Πέφτουν οι θνητοί στη
μαύρη τρύπα που έσκαψαν μόνοι τους.

Μετάφραση Μανώλη Αλυγιζάκ
Translation into Greek by Manolis Aligizakis

***

木已成舟

不可预示的 »冠状病毒 »
它们正在摧毁长芽的树枝 花朵
而风暴
可能存在更长时间

恐惧无处不在
死亡逼近每一个生命

这个梦想破碎的春天
乌云流干眼泪 ,悲哀的
钟声,撞击天庭
可怜的人类
陷入没有设防的盲区

Anna 惠子

***

ما حدث قد حدث.

ووقع ما لم يكن بالحسبان،
إذ تفشى فيروس كورونا.

هذه العاصفة التي قد تدوم طويلا،
فتأتي على أوج الأغصان
وعلى الأزهار.
انتشر الخوف في كل مكان.
وصار الموت على مقربة من الجميع، إنه ربيع الأحلام المحطمة،

فتلبدت السماء بغيوم داكنة،
وعمّ الأسى، وجرت الدموع
وقرعت الأجراس أبواب السماء.
لقد هوى المتغطرسون.
في الهوة السوداء التي اقترفتها آياديهم.
آنا كيكو ، الصين

ترجمته عن الإنجليزية سارة سليم
Translation into Arab by Sarah Slim

***

जो हो गया सो हो गया

जो हो गया सो हो गया।
अप्रत्याशित घटना हुई: कोरोनोवायरस।
यह एक तूफान है जो काफी लंबे समय तक चल सकता है,

शाखाओं का फटना और खिलना।
डर हर जगह है,
मृत्यु सभी के करीब है।
यह टूटे सपनों का झरना है-
काले बादल, उदासी, आँसू।
आकाश में घंटी बज चुकी है।
शरारती इंसान गिर रहे हैं
ब्लैक होल में उन्होंने खोदा है।
अन्ना कीको, चीन l

Translation into Hindi by Jyotirmaya Thakur

***

起きてしまった

起きてしまった
思いもよらないことが発生した
コロナウィルスだ
長い間続くかもしれない嵐だ
枝を折り、花を散らす
恐怖が充満して
死が誰のもとにもある
それは壊れた夢の春
暗黒の雲、悲しみ、涙
鐘は空を打ち
傲慢な人間は
自らが掘った黒い穴の中に
落ちていく

Translation into Japanese by Manabu Kitawaki

***

آنچه اتفاق افتاد گذشته است

غیر قابل پیش‌بینی اتفاق افتاد: ویروس کرونا
طوفانی که می‌توانست زمان زیادی به درازا بکشد،
شاخه‌های تر و شکوفه‌ها را بشکند،
ترس همه جا را فراگرفته،
مرگ به همه نزدیک است.
بهار رویاهای درهم‌شکسته
ابرهای تیره، اندوه، اشک.
رعد آسمان را لرزانده.
انسان‌های متکبر فرو افتاده‌اند
در سیاه‌چالی که خود کنده بودند.
آنا کیکو، چین

ترجمه: سپیده زمانی
Translation into Farsi by Sepideh Zamani

***

СТОРЕНОТО Е СТОРЕНО

Стореното е сторено.
Неочакваното се случи: коронавирусът.
Това е буря, която би могла да трае дълго,
да пречупи цвета по листа и клони.
Страхът е навсякъде,
Смъртта е близо до всеки.
Това е пролет на пречупените мечти –
тъмни облаци, скръб, сълзи.
Камбана е ударила небето.
Надменни хора падат

в черния трап, който сами са изкопали.

ПРЕВОД ОТ АНГЛИЙСКИ: ИВАН ХРИСТОВ
Translation into Bulgarian by Ivan Hristov

***

BÚIÐ OG GERT

Búið og gert.
Það kom sem enginn gat séð fyrir: Kórónavírusinn.
Þessi stormur gæti staðið lengi,
stöðvað blómgun greina og blómstur.
Óttinn er alls staðar,
Dauðinn er öllum nærri.
Þetta er vor brostinna drauma —
dökk ský, depurð, tár.
Klukkan slær himininn.
Stoltir menn og konur falla
í svarta holu sem þau grófu.

Translation into Icelandic by Þór Stefánsson

***

ЧТО СЛУЧИЛОСЬ, ТО СЛУЧИЛОСЬ

Что случилось, то случилось.
Внезапно вдруг: коронавирус.
И эта буря может длиться долго,
она сломает ветки и убьет цветы.
Повсюду страх царит,
смерть подбирается, она для всех.
Идет весна разбившихся мечтаний ─
печали, темных туч и горьких слез.
Часы пробили до небес.
Заносчивые люди упадут
в те ямы темные, что сами себе роют.

Перевод Гермайна Дрогенбродта
Перевод на русский язык Дарьи Мишуевой
Translation into Russian by Daria Mishueva

***

ANG NANGYARI AY NANGYARI NA

Ang nangyari ay nangyari na.
Nagyari ang hindi inaasahan. Ang coronavirus.
Isa itong bagyo na maaring magtatagal pa,
binabali nito ang mga sanga at mga bulaklak.
Naghahari ang takot sa lahat ng dako
Malapit ang kamatayan sa lahat.
Isa itong sibol ng mga wasak na pangarap-
madilim na ulap, kalungkutan, mga luha.
Humampas ang kampana sa langit.
Nangahulog ang palalong tao
sa madilim na butas na sila ang humukay.

Isinalin sa Wikang Filipino- Eden Soriano Trinidad
Translation into Filipino by Eden Soriano Trinidad

***

מה שנעשה – נעשה

מָ ה שֶׁ נַּעֲשָ ה – נַּעֲשָ ה.
קָ רָ ה הַּ בִּ לְ תִּ י-צָ פּוי: נְגִּיף הַּ ּקוֹרוֹנָה.
זוֹ סְ עָ רָ ה שֶׁ יְ כוֹלָה הָ יְתָ ה לְ הִּ מָ שֵׁ ְך דֵׁ י הַּ רְ בֵׁה זְמַּ ן
שוֹבֶׁ רֶׁ ת אֶׁ ת לִּ בְ לּוב הָ עֲנָפִּ ים וְ הַּ פְ רִּ יחוֹת.
הַּ פַּחַּ ד נִּמְ צָ א בְ כָל מָ קוֹם,
הַּ מָ וֶׁת קָ רוֹב לְ כָל אֶׁ חָ ד.
זֶׁהּו ָאבִּ יב שֶׁ ל חֲלוֹמוֹת שְ בּורִּ ים –
עֲנָנִּים כֵׁהִּ ים, עֶׁ צֶׁ ב, דְ מָ עוֹת.
הַּ פַּעֲמוֹן פָגַּע בַּ שָ מַּ יִּם .
בְ נֵׁי אֱנוֹש מִּ תְ נַּשְ אִּ ים נוֹפְ לִּ ים
בַּ חוֹ ר הַּ שָ חוֹר אוֹתוֹ כָרּו.

Translation into Hebrew by Dorit Weisman

***

நடந்தது நடந்து விட்டது
எதிர்பார்க்க முடியாதது நடந்துவிட்டது. கொரொனா
பல நாட்களுக்கு நிலைத்திருக்கக் ஊடிய புயல்
மரக்கிளைகளையும் மலர்களையும் உடைத்தெரிந்து.
எங்கும் ஓர் அச்சம்
மரணம் அனைவரின் அருகிலும்
அது ஒரு உடைந்த கனவுகளின் நீரூற்று
கருத்த மேகம், வேதனை, கண்ணீர்,
விண்ணில் மணிஅடித்துவிட்டது
திமிர் கொண்ட மனிதர்கள் சாய்கின்றனர்
தாமே தோண்டிய கருங் குழிகளில்!

ஆக்கம் தமிழில்

Translation into Tamil by Dr. Subbaraman

***

যা ঘটেছে তা ঘটেছে

যা ঘটেছে তা ঘটেছে ।
অপ্রত্যাশিত ঘটলো: করোনাভাইরাস ।
এ যে এক ঘূর্ণিঝড় যা দীর্ঘস্থায়ী হতে পারে,
গাছগুলির শাখা ও প্রস্ফুটিত ফুলগুলিকে ভেঙ্গে ফেলে ।
ভয় সর্বত্র,
মৃত্যু সবার খুব কাছে ।
এ যে জীবনের ভাঙ্গা স্বপ্নগুলোর বসন্তকাল –
অন্ধকার মেঘোমালা, বিষন্নতা, অশ্রুজল ।
আকাশে বেজেছে ঘন্টা ।
উদ্ধত মানুষেরা পড়েছে
নিজেদের খোঁড়া কাল গর্তে ।

Translation into Bangla by Shagufta Tabassum Tahmina

***

NÍL NEART AIR ANOIS

Níl neart air anois.
Tharla an rud dothuartha: An choróinvíreas.
Seans gur stoirm sheasta a bheidh ann,
A loiteann géaga, bláthanna is bachlóga araon.
Imní go forleathan,
An bás ar an tairseach,
Dóchas an Earraigh scriosta—
scamaill, brón, deora.
Creill ghéar na gclog go hard sa spéir.
Na Lúicifireanna ag titim
Isteach sna huaigheanna nuathochailte.

Aistrithe go Gaeilge ag Rua Breathnach
Translation into Irish by Rua Breathnach

***

ŠTA JE TU JE

Učinjeno je šta je učinjeno.
Nepredviđeno je tu. Korona virus
je oluja koja može da potraje još dugo,
lomeći behar sa grana.
Strah vlada svuda.
Smrt je blizu svakom.
Ovo je proleće neispunjenih snova-
tamnih oblaka, tuge, suza.
Zvone zvona na nebu.
Oholi ljudi padaju
u tamnu rupu koju su iskopali

Sa englesko prevela S.Piksiades
Translation into Serbian by S.Piksiades

***
ШТО Е СТОРЕНО Е СТОРЕНО

Што е сторено е сторено.
Се случи непредвидливото: Коронавирусот.
Бура е што може трае прилично долго,
уништувајќи го цутот на гранките и цветовите.
Стравот е насекаде,
Смртта е близу.
Ова е пролет на скршени соништа—
темни облаци, тага, солзи.
Ѕвоното удри по небото.
Вообразените луѓе паѓаат
во црната дупка којашто самите си ја ископале.

Превод од англиски на македонски: Даниела Андоновска-Трајковска
Translation from English into Macedonian: Daniela Andonovska-Trajkovska

***

Ինչ եղավ՝ եղավ

Ինչ եղավ՝ եղավ:
Պատահեց անկանխատեսելին՝ կորոնավիրուսը:
Սա փոթորիկ է, որ կարող է ձգվել երկար՝
խաթարելով ճյուղերի ու ծաղիկների ծաղկումը:
Վախն ամենուր է,
Մահը՝ մերձ ամենքին,
Կոտրված երազների գարուն է՝
մութ ամպեր, վիշտ, արցունքներ,
Զանգերը երկինքն են խփում,
Գոռոզ մարդիկ ըննկնում են այն փոսը,
որն իրենք են փորել:

Անգլերենից թարգմանեց Արմենուհի Սիսյանը
Translation into Armenian by Armenuhi Sisyan

***

APA YANG DILAKUKAN SUDAH SELESAI

Apa yang dilakukan sudah selesai
Cukup lama berlangsung badai
Hal tidak terduga berlaku: Virus Corona.
memecah mekar cabang dan bunga.
Ketakutan dimana mana,
Kematian dekat dengan siapa saja.
Memusnahkan mimpi di musim semi –
awan gelap, kesedihan, air mata.
Lonceng kematian bergema di angkasa.
Manusia angkuh jatuh
Di lubang hitam yang mereka gali.

Translation into Indonesian by Lily Siti Multatuliana

***

APA YANG BERLAKU TELAHLAH BERLAKU

Apa yang berlaku telahlah berlaku.
Telah berlaku yang tidak dijangka: Coronavirus
Ribut yang boleh melanda agak lama
merosakkan mekar pucuk dan kuntum.
Ketakutan berada di mana-mana,
Ajal menghampiri setiap insan.
Musim bunga bagi mimpi kecewa —
awan hitam, kesedihan, air mata.
Loceng telah berdenting ke awan
Manusia angkuh sedang gugur
dalam lubang hitam yang mereka gali.

Translation into Malay by Dr. Irwan Abu Bakar

***

EL QUE ESTÀ FET, JA ESTÀ FET

El que està fet, ja està fet.
El imprevisible va passar: el coronavirus,
una tempesta que podrà allargar-se,
destruint branques i flors que brollen.
La por és a tot arreu,
la mort, prop de qualsevol.
Una deu de somnis trencats,
núvols foscos, tristesa, llàgrimes.
La campana va colpejar el cel
mentre els humans anaven caient altius
en el forat negre que van cavar.

Traducció Natalia Fernández Díaz-Cabal
Translation into Catalan by Natalia Fernández Díaz-Cabal

(Anna Keiko)

Recueil: ITHACA 681
Editions: POINT
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Laurence printanière (Patrice de La Tour du Pin)

Posted by arbrealettres sur 2 avril 2021



Laurence printanière

Voici que montent les aubes, d’une blancheur
Eclatante, au-dessus d’un fouillis d’anémones
Lumineuses, dans la matinale fraîcheur…

Pour entrer dans la danse légère d’avril,
Vos yeux ont pris la douceur des clairs de lune,
Et leur lumière brille et joue entre les cils.

Il vaut mieux ne jamais parler de moi, Laurence,
Si vous me permettez, et si divinement,
De goûter avec vous cette aube de printemps.
Je chanterai d’abord votre seule présence,
Puisque nos souvenirs, si merveilleux soient-ils,
Pâlissent à côté de cette aube d’avril;
Il vaut mieux négliger les joies antérieures
Pour jouir pleinement des dons qui sont offerts,
La lumière frôlant votre sein découvert,
Toute l’idéale tempête de six heures…

Voici venir la grande extase des réveils,
Et vous marchez parmi les fleurs printanières,
Heureuse et cueillant des monceaux de primevères
Pour les jeter à pleines mains dans le soleil.

Ne tremblez pas; je veux effleurer vos cheveux,
Les sentir et ne plus les sentir qu’en pensée,
Et puis les ressentir encore à la nausée,
Et puis garder le long des jours tout leur parfum…

Ne tremblez pas : il faut fermer les yeux d’abord,
Il faut vous jeter doucement dans l’herbe haute,
Il faut que je délivre vos cheveux, que j’ôte
L’agrafe qui maintient ce voile sur ce corps,
Offrant à la lumière cette peau si pure,
Cette gorge crépitant d’or et de luxure
Et que caressent les tiges comme des mains,
Ces seins qui sont gonflés de soleil et de sève,
Ces jambes lisses et blanches qui se soulèvent
Pour contenir le flot de volupté qui vient

Hors de l’âcre profusion de la terre
Qui monte soudain comme un raz de marée

Vers l’orgie dionysiaque de la chair
Et le désir bouleversant des mâles
Craquant jusqu’à l’épuisement de l’être,
Pour assouvir tout ce qui brûle et qui déborde,
Cette tempête lumineuse de printemps
Qui déferle sur les aubes de six heures…

(Patrice de La Tour du Pin)


Illustration: John William Godward

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