Arbrealettres

Poésie

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Les mots ont un visage (António Ramos Rosa)

Posted by arbrealettres sur 20 juin 2021




    
Les mots ont un visage : ou de silence ou de sang.
Le cheval qui nous domine est tout juste une ombre.
Sans syllabes d’eau, il avance jusqu’à l’automne. Un
arbre étend ses branches. Les nuages demeurent.

Le cheval est une hypothèse, une
passion constante.
Dans le réseau de ses veines court un
sang temporel,
un arbre se déplace avec l’allégresse des feuilles.
Arbre et cheval deviennent un seul être réel.

Caressant l’arbre je sens la force tenace
de la tête du cheval, l’éternité du métal,
l’explosion de l’être. Et moi, feuille légère

dans l’ombre de cet être animal végétal, je
cherche la raison parfaite, l’humilité statique, la
force verticale d’être qui je suis, et l’air.

(António Ramos Rosa)

 

Recueil: Le cycle du cheval
Traduction: du portugais par Michel Chandeigne
Editions: Gallimard

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L’opération poétique (Roberto Juarroz)

Posted by arbrealettres sur 3 juillet 2018



Illustration: Christian Lamirand
    
L’opération poétique consiste en une inversion
et une conversion du flux temporel ;
le poème n’arrête pas le temps :
il le contredit et le transfigure.

(Roberto Juarroz)

 

Recueil: Martine Broda pour Roberto Juarroz
Traduction: Martine Broda
Editions: José Corti

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Profondes les racines des mots (Chantal Dupuy-Dunier)

Posted by arbrealettres sur 22 mars 2018




    
Profondes
les racines des mots
traversant les strates géologiques et temporelles
buvant au cratère des lacs anciens,
s’agrippent aux viscères de la terre,
prélèvent toute mémoire sur leur passage,
augmentent, gonflent,
donnent naissance à d’autres formes.

(Chantal Dupuy-Dunier)

 

Recueil: Mille grues de papier
Traduction:
Editions: Flammarion

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Eh quoi! Peut-être aussi c’était mon naturel (Jean Moréas)

Posted by arbrealettres sur 11 décembre 2015



Jusepe de Ribera -apollon-ecorchant-marsyas-1637 [800x600]

Eh quoi! Peut-être aussi c’était mon naturel

Eh quoi! Peut-être aussi c’était mon naturel:
Je fus doux, étant dur, et rieur, étant sombre;
Je voulus faire un dieu de tout ce temporel,
Et je traîne après moi des fantômes sans nombre.

L’homme mortel succombe et le sort est vainqueur.
Apollon, dieu cruel, ennemi de ta race,
Si tu m’as fait saigner tout le sang de mon coeur,
Ce que tu châtiais, c’était ta propre audace.

(Jean Moréas)

Illustration: Jusepe de Ribera

 

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