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Nos désirs sont d’amour la dévorante braise (Théodore Agrippa d’Aubigné)

Posted by arbrealettres sur 24 juillet 2018



 

Alexander Nedzvetskaya (15)

Nos désirs sont d’amour la dévorante braise,
Sa boutique nos corps, ses flammes nos douleurs,
Ses tenailles nos yeux, et la trempe nos pleurs,
Nos soupirs ses soufflets, et nos sens sa fournaise.

De courroux, ses marteaux, il tourmente notre aise
Et sur la dureté, il rabat nos malheurs,
Elle lui sert d’enclume et d’étoffe nos coeurs
Qu’au feu trop violent, de nos pleurs il apaise,

Afin que l’apaisant et mouillant peu à peu
Il brûle d’avantage et rengrège son feu.
Mais l’abondance d’eau peut amortir la flamme.

Je tromperai l’enfant, car pensant m’embraser,
Tant de pleurs sortiront sur le feu qui m’enflamme
Qu’il noiera sa fournaise au lieu de l’arroser.

(Théodore Agrippa d’Aubigné)

Illustration: Alexander Nedzvetskaya

 

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Désertez ! (René Char)

Posted by arbrealettres sur 1 janvier 2018



Fruit qui jaillissez du couteau,
Beauté dont saveur est l’écho,
Aurore à gueule de tenailles,
Amants qu’on veut désassembler,
Femme qui portez tablier,
Ongle qui grattez la muraille,
Désertez ! désertez !

(René Char)


Illustration

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Plus de tenailles (Henri Michaux)

Posted by arbrealettres sur 1 juillet 2017



Illustration
    
Plus de tenailles
Plus d’ombres noires
Plus de craintes
Il n’y en a plus trace
Il n’y a plus à en avoir
Où était peine, est ouate
Où était éparpillement, est soudure
Où était infection, est sang nouveau
Où étaient les verrous est l’océan ouvert
L’océan porteur et la plénitude de toi
Intacte, comme un oeuf d’ivoire.

J’ai lavé le visage de ton avenir.

(Henri Michaux)

 

Recueil: Face aux verrous
Editions: Gallimard

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L’HIVER DE LA FERMIÈRE (Thomas Hardy)

Posted by arbrealettres sur 29 août 2016



 

L’HIVER DE LA FERMIÈRE

I
S’il n’y avait de saisons que l’été,
Que les feuilles jamais ne tombent,
Avec le voeu de ne plus voir de ma fenêtre
Passer des mendiants affamés,
Et que les miséreux morts dans les vents de glace
Puissent se retrouver ici ;
Alors, celui qui était l’intime de mes yeux
Réchaufferait mon coeur ruiné !

II
Frêle, brave au labour à toute heure
Dans les tenailles du vent,
Il fut bridé par les froidures.
Maintenant le soc est rouillé.
Si, barbare, l’hiver congèle
Le souffle des tendres choses
Et de ce que j’aime il s’empare,
Ce que je déteste il m’apporte.

***

THE FARM-WOMAN’S WINTER

I
If seasons all were summers,
And leaves would never fall,
And hopping casement-comers
Were foodless not at all,
And fragile folk might be here
That white winds bid depart ;
Then one I used to see here
Would warm my wasted heart !

II
One frail, who, bravely tilling
Long hours in gripping gusts,
Was mastered by their chilling,
Andnow his ploughshare rusts.
So savage winter catches
The breath of limber things,
A ndwhat I love he snatches,
And what I love not, brings.

(Thomas Hardy)

Illustration: ArbreaPhotos

 

 

 

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