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Posts Tagged ‘tendre’

Le premier amour (Marceline Desbordes-Valmore)

Posted by arbrealettres sur 28 mai 2017



Brenda Burke -

 

Le premier amour

Vous souvient-il de cette jeune amie,
Au regard tendre, au maintien sage et doux ?
À peine, hélas ! Au printemps de sa vie,
Son coeur sentit qu’il était fait pour vous.

Point de serment, point de vaine promesse :
Si jeune encore, on ne les connaît pas ;
Son âme pure aimait avec ivresse
Et se livrait sans honte et sans combats.

Elle a perdu son idole chérie :
Bonheur si doux a duré moins qu’un jour !
Elle n’est plus au printemps de sa vie,
Elle est encore à son premier amour.

(Marceline Desbordes-Valmore)

Illustration: Brenda Burke

 

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Lever sa vie (Simone Weil)

Posted by arbrealettres sur 28 mai 2017



Simone Weil

Lever sa vie.
Mieux tendre de toutes ses forces vers un bonheur,
qui de tout ce que nous sommes nous serait une vision inépuisable.
Ne mourir que lorsqu’on serait à jamais le bonheur et la gloire de la vie que l’on a vécue.
On n’est soi que dans son coeur,on n’aime que ce qui nous fait de lui un asile.
On n’est heureux que par la façon que l’on a d’être l’être de soi-même

(Simone Weil)

 

 

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LA-BAS (Charles Le Goffic)

Posted by arbrealettres sur 24 mai 2017


 


 

Bretagne

LA-BAS

Les Bretonnes au coeur tendre
Pleurent au bord de la mer;
Les Bretons au coeur amer
Sont trop loin pour les entendre.

Mais vienne Pâque ou Noël,
Les Bretons et les Bretonnes
Se retrouvent près des tonnes
D’eau-de-vie et d’hydromel.

La tristesse de la race
S’éteint alors dans leurs yeux;
Ainsi les plus tristes lieux
Ont leur sourire et leur grâce.

Mais ce n’est pas la gaîté
Aérienne et sans voiles
Qui chante et danse aux étoiles
Dans les belles nuits d’été.

C’est une gaîté farouche,
Un rire plein de frissons,
Ferment des âpres boissons
Qui leur ont brûlé la bouche.

Plaignez-les de vivre encor;
Ce sont des enfants barbares.
Ah! les dieux furent avares
Pour les derniers nés d’Armor!

(Charles Le Goffic)

Illustration

 

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Les mots me dictent (Rose Ausländer)

Posted by arbrealettres sur 24 mai 2017



Illustration
    
Les mots me dictent: écris-nous.
Ils veulent être liés l’un à l’autre, ils veulent s’allier.

Un mot avec un mot avec un mot.
Une phalange de mots, les uns contre les autres pour moi.

Ils veulent tous être couchés sur le papier, c’est le lieu du combat.
Je suis souvent sceptique et je ne veux me soumettre à leur dictature,
je les jette au vent, mais ils sont plus forts que lui et reviennent vers moi,
me secouent et me torturent jusqu’à ce que je cède.

Les mots ne sont pas des choses dociles avec lesquelles on peut faire ce que l’on veut.
Ils sont durs, même ceux qui sont tendres. Nous nous regardons, nous nous aimons.
Mes arbres, mes étoiles, mes frères…

(Rose Ausländer)

 

Recueil: Je compte les étoiles de mes mots
Traduction: Edmond Verroul
Editions: Héros-Limite

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J’ai peur (Marie-Claire Bancquart)

Posted by arbrealettres sur 22 mai 2017




    
J’ai peur
Oui, souvent
j’ai peur

alors je tends la main vers le ténu

(Marie-Claire Bancquart)

 

Recueil: Terre Energumène
Editions: Le Castor Astral

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Ah ! tu viens d’enivrer mon âme (Ecouchard Lebrun)

Posted by arbrealettres sur 21 mai 2017



Ah ! tu viens d’enivrer mon âme
D’un baiser si délicieux
Que j’ai cru respirer la flamme
Dont Vénus embrase les dieux.

Ce n’est point un baiser ; non, c’est l’Amour lui-même.
Il passe dans mon coeur, et mon coeur embrasé,
Tout à coup palpitant, saisi d’un trouble extrême,
A reconnu le dieu vainement déguisé.

Il se trouble, il palpite encore,
Il se plaît à consumer ;
Il désire, il craint, il adore,
Et tout conspire à l’enflammer.

Aux accents de ta voix mon âme est éperdue ;
Mes regards inquiets brillent d’humides feux ;
Je rougis, je pâlis ; un voile est sur ma vue ;
Tous mes sens sont en proie au délire amoureux.

Même quand ma bouche est muette,
Fanni, mon coeur parle à ton coeur
Et le doux nom de son vainqueur
Est le seul nom qu’il me répète.

Absent de tes regards, dans l’ombre et le sommeil,
Je te vois, je te suis, j’embrasse ton image ;
De mes songes brûlants, Fanni, reçois l’hommage ;
Fanni, reçois encor l’hommage du réveil.

O baiser ! divine caresse !
Source flatteuse de tourment !
O Fanni ! partage l’ivresse
Du baiser qui m’a fait amant !

Te désirer, te voir, parler et t’entendre,
T’aimer ! … que sais-je encore ? Il est un autre voeu !
Donne un second baiser plus secret et plus tendre ;
J’étais plus qu’un mortel ; je serai plus qu’un dieu.

(Ecouchard Lebrun)

 

 

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Comme boutons frais (Herman Gorter)

Posted by arbrealettres sur 19 mai 2017



 

    
Comme boutons frais
votre présence,
comme boutons de rose
le rouge délicat de vos joues, votre gaîté,
comme d’éclatantes gouttes
d’argent, de provocation,
vos yeux quand vous les écartez de moi,
que le délicieux corps mince se courbe
en arrière, de côté, comme un roseau,
afin de m’attirer vers vous,
votre tendre sourire veut me dire:
tu ne viens pas

(Herman Gorter)

 

Recueil: Poètes néerlandais de la modernité
Traduction: Henri Deluy
Editions: Le Temps des Cerises

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Viens (Jan Hendrik Leopold)

Posted by arbrealettres sur 19 mai 2017



Illustration: George Clair Tooker
    

« Viens, moi une fois, une fois mort,
chuchoter un mot, un mot tendre;
mes yeux blêmes alors lèverai
sans le moindre étonnement.

Sans le moindre étonnement —
en notre amour la mort sera
un simple sommeil, sommeil serein,
une attente de toi, une attente. »

(Jan Hendrik Leopold)

 

Recueil: Poètes néerlandais de la modernité
Traduction: Daniel Cunin et Kiki Coumans
Editions: Le Temps des Cerises

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L’endormie (Jean-Baptiste Besnard)

Posted by arbrealettres sur 16 mai 2017



L’endormie

L’endormie vierge
sous la lueur d’un cierge
dans une chambre
parfumée d’encens
dont le corps d’ambre
est le désir de mes sens

Jaloux de ses rêves
je voudrais les lui prendre
et priser à leurs sèves
leurs effluves les plus tendres

(Jean-Baptiste Besnard)

son site ici: Jean-Baptiste Besnard

Illustration: Arthur Braginsky

 

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Le mot de Cambronne (Jean Villard–Gilles)

Posted by arbrealettres sur 13 mai 2017




    
Le mot de Cambronne

On nous dit qu’il est de Cambronne.
C’est bien possible, mais voilà
Très sincèrement je m’étonne
Que notre humanité bougonne
Ait pu s’en passer jusque-là.

Souvenez-vous des temps d’Homère !
Homère d’alors, quel mordant
T’eût donné ce mot légendaire
Si tu avais, grand visionnaire,
Pu te le mettre sous la dent !

Que serait donc notre existence
Si nous devions nous en passer ?
N’est-il pas bon français de France,
Riche en couleurs, riche en nuances ?
Essayez de le remplacer,

Par exemple, sortant de table,
Quand, ayant abusé, hélas,
Par trop de nectars délectables,
Dans une obscurité du diable,
Vous tombez sur un bec de gaz !

Vous le lâchez, ça vous soulage,
Vous ne sentez plus la douleur.
Ah ! Messieurs, le bel avantage,
Quel secours, quel appui ! J’enrage
Quand je vois d’austères censeurs

Aux visages de funérailles
Vouloir nous ôter ce trésor,
Ce cri – jailli sous la mitraille –
Du fond des humaines entrailles
D’un héros marchant à la mort !

Il peut tout dire : ardent, lyrique,
Tendre ou sec, placide, enragé,
Plébéien, aristocratique,
Il est à nous, il est unique,
Ils ne l’ont pas à l’étranger !

Je le vois, rocher solitaire,
Car de tous les mots que l’on sait
Il est presque seul, sur la terre,
À ne pas avoir, ô mystère,
De rime dans les mots français.

Si, une seule, le mot : perde…
Là devant, je me sens perdu,
Car il faut une rime à perdre,
Maintenant, et je n’ai que…
Pardon…ce fut sous-entendu !

Pourtant cet illustre vocable,
Je voudrais que, par un décret,
Il fût, en ces temps misérables,
Dont la cruauté nous accable,
Mis en quelque sorte au secret,

Afin qu’au fond de ce silence,
Tendant lentement ses ressorts,
Accumulant force et puissance,
Se chargeant d’âpre violence,
Au nom des vivants et des morts,

Il puisse, un jour, jaillir, sublime,
Du cœur des peuples outragés,
Tendres moutons, pauvres victimes,
Rejetant dans les noires abîmes,
D’un seul coup, leurs mauvais bergers !

Cri vengeur, cri pur, cri superbe,
De l’éternelle humanité,
Que nous leur jetterons en gerbe,
Quand, enfin, nous leur dirons : MERDE !
En saluant la Liberté !

(Jean Villard–Gilles)

 

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