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Poésie

Posts Tagged ‘tendre’

Une fois plus tard je parlerai de quelque chose de beau (Agota Kristof)

Posted by arbrealettres sur 18 janvier 2018



Illustration: Agota Kristof
    
Une fois plus tard je parlerai
de quelque chose de beau
de douces choses tendres
avec une imperceptible tristesse
un soir quand le ciel se remplira de beauté
quand les maisons se feront grises
et tout sera brouillard

Là sous la pluie
parmi les maisons monochromes
je parlerai de l’empire
des feuilles d’automne
car il sera octobre

Derrière le brouillard
vous vous taisez
le col relevé
les mains frileuses dans les poches
sans lumière comme l’ombre

Et la pluie glisse sur nos têtes nues
sous nos cols
douce tendre pluie
tombe sur les maisons sur les arbres
et le ciel devient toujours plus beau

Et la beauté descendra sur vous
avec une imperceptible tristesse
et vous comprendrez que dorénavant
ce sera toujours l’automne

(Agota Kristof)

Découvert ici: https://desmotsetdesnotes.wordpress.com/

Recueil: Clous : Poèmes hongrois et français
Traduction: Maria Maïlat
Editions: Zoé

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En terre étrangère (Georges-Emmanuel Clancier)

Posted by arbrealettres sur 17 janvier 2018



    

En terre étrangère ici même
Quand verrai-je mon seul pays?
Je n’ai jamais d’aucun problème
Attrapé l’ombre ni la clef.
Voici que s’avance la fin
Avant qu’on n’achève de naître.
Que disent vos paroles secrètes?
Vos oeuvres tendent quel piège?
Mélancolie gracieux nom de l’exil.

(Georges-Emmanuel Clancier)

 

Recueil: Le Poème Hanté
Traduction:
Editions: Gallimard

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REQUIESCAT (Oscar Wilde)

Posted by arbrealettres sur 14 janvier 2018



REQUIESCAT

Va doucement, elle est là
Sous la neige qui gîte,
Et peut entendre, parle bas,
Pousser les marguerites.

Ses clairs cheveux d’or
Ternis de rouille,
Elle si jeune et belle encor,
Que la poussière souille.

Blanche comme neige et comme lys pure
Elle ne savait même pas
Qu’elle était femme tant lui furent
Douces les années qu’elle passa.

Planche de bois, dalle de pierre,
Corset d’un trou,
Ma douleur est solitaire,
Elle dort dessous.

Silence, silence, elle ne peut entendre
Le son des lyres ou des sonnets,
C’est avec elle sur ma vie que je vais tendre
Ce voile de terre abandonné.

***

REQUIESCAT

Tread lightly, she is near
Under the snow,
Speak gently, size can hear
The daisies grow.

All her bright golden hair
Tarnished with rust,
She that was young and fair
Fallen to dust.

Lily-like, white as snow,
She hardly knew
She was a woman, so
Sweetly she grew.

Coffin-board, heavy stone,
Lie on her breast,
I vex my heart alone,
She is at rest.

Peace, peace, she cannot hear
Lyre or sonnet,
All my life’s buried here,
Heap earth upon it.

(Oscar Wilde)

 

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Cache-cache (Henri Heine)

Posted by arbrealettres sur 13 janvier 2018



Nous avions l’un pour l’autre un tendre sentiment,
Et nous avons vécu en parfait accord.
Nous avons souvent joué « au mari et à la femme »,
Sans jamais nous chamailler et nous battre.
Nous avons ri et plaisanté ensemble,
Nous avons échangé caresses et tendres baisers.
A la fin, nous nous sommes amusés, comme les enfants,
A jouer à cache-cache dans les bois et dans les champs;
Et nous avons si bien su nous cacher
Que nous ne nous sommes jamais retrouvés.

(Henri Heine)


Illustration

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SILENCE (Robert Sabatier)

Posted by arbrealettres sur 5 janvier 2018



Ettore Aldo Del Vigo _n

SILENCE

Bouche ô blessure ouverte sur ma voix,
Caverne où passe une tribu sauvage.
Un mot par siècle y retient l’avenir
Lorsque les dieux retrouvent leur chemin.

Telle une image aux yeux se dérobant,
Un sombre appel se sépare de nous
Et nous mordons la terre à pleines dents.
Ayez pitié des fauves que nous sommes.

Il suffirait de grâce persistante,
D’un regard tendre et d’un rien de parole
Pour adorer le monde comme une île,
Être le sable où se posent ses pas.

(Robert Sabatier)

Illustration: Ettore Aldo Del Vigo

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Peut-être déjà (Emilien Chesnot)

Posted by arbrealettres sur 3 janvier 2018




    
peut-être déjà
les mots pèsent
plus au loin que dedans

des milliers de regards
font monde et partout

la tendre couleur
sur la peau des yeux

(Emilien Chesnot)

 

Recueil: Faiblesse d’un seul
Traduction:
Editions: Centrifuges

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Dans mon pays (René Char)

Posted by arbrealettres sur 2 janvier 2018



Dans mon pays, les tendres preuves du printemps
et les oiseaux mal habillés
sont préférés aux buts lointains.

(René Char)

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Vous tendez une allumette (René Char)

Posted by arbrealettres sur 29 décembre 2017




    
Vous tendez une allumette à votre lampe
et ce qui s’allume n’éclaire pas.
C’est loin, très loin de vous,
que le cercle illumine.

(René Char)

 

Recueil: Feuillets d’Hypnos
Traduction:
Editions: Gallimard

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Être le familier (René Char)

Posted by arbrealettres sur 29 décembre 2017




    
Être le familier de ce qui ne se produira pas,
dans une religion, une insensée solitude,
mais dans cette suite d’impasses sans nourriture
où tend à se perdre le visage aimé.

(René Char)

 

Recueil: Feuillets d’Hypnos
Traduction:
Editions: Gallimard

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COEUR (Alain Borne)

Posted by arbrealettres sur 24 décembre 2017




    
COEUR

Mon coeur, mon coeur, disent-ils, mon coeur
ainsi qu’on parle d’un malade qui se meurt
dans la chambre fermée sur des mots de délire
beaux peut-être ou fous en leur langue d’énigme

Ainsi qu’on parle d’un étranger
aux accès de douceur ou de rage
qui jette l’aventure au creux de la vie sage
comme une poignée d’or sur la table rustique
où des gens à couteaux s’égorgent pour un liard.

Chacun parle de ce lieu secret où sont des ronces
chacun montre la place où la bête s’affole
la bête aveugle et tendre que transperce le sang
la bête prise au piège tâtonnant sa prison.

Mon coeur, disent-ils, mon coeur, mon coeur
il frappe au flanc comme une pluie que rien ne console
comme un passant lassé de lieues frappe à la porte
de la maison de nuit qu’éclaire un bal

Et personne jamais n’ouvre la lumière
au visiteur inquiet de bonheur
et chacun tisse sur son coeur
le rite appris des gestes vers la boue et le pain.

(Alain Borne)

 

Recueil: Oeuvres poétiques complètes
Traduction:
Editions: Curandera

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