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Poésie

Posts Tagged ‘tendre’

Doux est le regard de la jeune fille (Johann Wolfgang Von Goethe)

Posted by arbrealettres sur 25 avril 2018



Illustration
    
Doux est le regard de la jeune fille qui te fait signe,
Doux le regard du buveur au moment où il va boire,
Et le salut du seigneur qui pourrait commander,
Et le rayon du soleil d’automne qui nous réchauffe.
Mais plus doux que tout cela garde
Toujours présent à tes yeux, comment, vers un modeste don,
S’allonge si gentiment une main indigente,
Recevant avec une gracieuse reconnaissance ce que tu lui tends.
Quel regard ! Quel salut ! Quel désir éloquent !
Regarde-le bien, et tu donneras toujours.

(Johann Wolfgang Von Goethe)

 

Recueil: Goethe Le Divan
Traduction: Henri Lichtenberger
Editions: Gallimard
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L’OISEAU CRUEL… (Paul Valéry)

Posted by arbrealettres sur 25 avril 2018



 

Vidya Gastaldon   oiseau

L’OISEAU CRUEL…

L’oiseau cruel toute la nuit me tint
Au point aigu du délice d’entendre
Sa voix qu’adresse une fureur si tendre
Au ciel brûlant d’astres jusqu’au matin.

Tu perces l’âme et fixes le destin
De tel regard qui ne peut se reprendre;
Tout ce qui fut tu le changes en cendre,
O voix trop haute, extase de l’instinct…

L’aube dans l’ombre ébauche le visage
D’un jour très beau qui déjà ne m’est rien :
Un jour de plus n’est qu’un vain paysage,

Qu’est-ce qu’un jour sans le visage tien?
Non!… Vers la nuit mon âme retournée
Refuse l’aube et la jeune journée.

(Paul Valéry)

Illustration: Vidya Gastaldon 

 

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POSTE RESTANTE (Guy Béart)

Posted by arbrealettres sur 24 avril 2018



poste restante  -19

POSTE RESTANTE

On s’écrivait de tendres choses
Des mots pervers mais innocents
Et rouges comme notre sang
De les redire ici je n’ose

J’ai tenté de brûler ces pages
Rien à faire et je les relis
Tes arrondis les yeux remplis
De ces courbes à ton image

On s’écrivait poste restante
Au rendez-vous des apprentis
Au rendez-vous des sans-logis
Que sont les amours débutantes

Quand tu me griffais de ta plume
Je restais tout pâle interdit
Sous ta griffe encore aujourd’hui
Ma fièvre ancienne se rallume

Depuis lors sous d’autres couleurs
J’ai battu je me suis fait battre
Ta guerre seule est opiniâtre
Tu m’avais fait battre le coeur

Un jour ma lettre me revint
Tu n’allais plus jusqu’à la poste
Tu avais déserté le poste
Et mes lettres partaient en vain

Et revenaient me prendre ailleurs
Ici là je changeais d’adresse
Et m’atteignaient dans ma détresse
Tous ces retours à l’envoyeur

Que monte une flamme nouvelle
Sur cette cendre désormais
Si tu vois combien je t’aimais
Entre tes lignes se révèle

Ce qu’hier je n’ai pas su lire
Il faut du temps pour faire un coeur
N’as-tu pas détruit par rancoeur
Ce qu’hier je n’ai pas su dire

On s’écrivait poste restante
Au rendez-vous des apprentis
Au rendez-vous des sans-logis
Que sont les amours débutantes

(Guy Béart)

 

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Tendre de cœur (Anne Goyen)

Posted by arbrealettres sur 23 avril 2018



    

A la mémoire de Henri Bosco.

Tendre de cœur
Pour chanter

Pieds qui creusent
Le silence

Bras qui brassent
Les houles du feuillage

Humble et fort
Parmi ses frères

De haut en bas
Vivant sa juste place

Ami du soleil
Qui ne s’y brûle

Ami de l’eau
Qui ne s’y noie

Dur de racine
Pour durer

Flambant de fleurs
Ployant de fruits

De l’aurore à la nuit
De la lune au soleil

Cime sans morgue
En oraison.

(Anne Goyen)

 

Recueil: Arbres, soyez
Traduction:
Editions: Ad Solem

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SONIA (Georg Trakl)

Posted by arbrealettres sur 23 avril 2018



 

SONIA

Soir qui revient aux vieux jardins;
Vie de Sonia, bleu du silence.
Les vols lointains des migrateurs;
Arbre nu, automne et silence.

Tournesol tendrement penché
Sur Sonia et sa blanche vie.
Plaie sanglante, jamais montrée,
Éveille en les chambres la vie

Où résonne le bleu des cloches;
Pas de Sonia, tendre silence.
Bête qui meurt salue et passe,
Arbre nu, automne et silence.

Soleil de jours anciens rayonne
Sur Sonia et ses blancs sourcils,
Neige qui humecte ses joues,
Et le fourré de ses sourcils.

(Georg Trakl)

Illustration: Sonia Verdu

 

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Rappelez-vous (Philippe Jaccottet)

Posted by arbrealettres sur 21 avril 2018



Rappelez-vous :
s’il peut être une foudre lente
et tendre à en mourir,
irradiant le corps,
c’est cela dont mourir vous privera.

(Philippe Jaccottet)

Illustration: Koji Wakamatsu

 

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ANNIVERSAIRE (Tsoui-Rou)

Posted by arbrealettres sur 17 avril 2018



 

fleur de pêcher [1280x768]

ANNIVERSAIRE

L’an dernier, aujourd’hui même, m’apparurent dans le cadre de cette porte,
Un délicieux visage de femme et les fleurs du pêcher.

Dans un rayon de soleil,
ils se renvoyaient leurs tendres reflets
et confondaient leur charme rose.

Où donc est-il, à présent, l’adorable visage ?

Seules les fleurs du pêcher sont là,
et rient au vent printanier.

(Tsoui-Rou)

 

 

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La fleur qui fait le printemps (Théophile Gautier)

Posted by arbrealettres sur 7 avril 2018



Illustration: Jean-Louis Dupuy
    
La fleur qui fait le printemps

Les marronniers de la terrasse
Vont bientôt fleurir, à Saint-Jean,
La villa d’où la vue embrasse
Tant de monts bleus coiffés d’argent.

La feuille, hier encor pliée
Dans son étroit corset d’hiver,
Met sur la branche déliée
Les premières touches de vert.

Mais en vain le soleil excite
La sève des rameaux trop lents ;
La fleur retardataire hésite
A faire voir ses thyrses blancs.

Pourtant le pêcher est tout rose,
Comme un désir de la pudeur,
Et le pommier, que l’aube arrose,
S’épanouit dans sa candeur.

La véronique s’aventure
Près des boutons d’or dans les prés,
Les caresses de la nature
Hâtent les germes rassurés.

Il me faut retourner encore
Au cercle d’enfer où je vis ;
Marronniers, pressez-vous d’éclore
Et d’éblouir mes yeux ravis.

Vous pouvez sortir pour la fête
Vos girandoles sans péril,
Un ciel bleu luit sur votre faîte
Et déjà mai talonne avril.

Par pitié, donnez cette joie
Au poëte dans ses douleurs,
Qu’avant de s’en aller, il voie
Vos feux d’artifice de fleurs.

Grands marronniers de la terrasse,
Si fiers de vos splendeurs d’été,
Montrez-vous à moi dans la grâce
Qui précède votre beauté.

Je connais vos riches livrées,
Quand octobre, ouvrant son essor,
Vous met des tuniques pourprées,
Vous pose des couronnes d’or.

je vous ai vus, blanches ramées,
Pareils aux dessins que le froid
Aux vitres d’argent étamées
Trace, la nuit, avec son doigt.

Je sais tous vos aspects superbes,
Arbres géants, vieux marronniers,
Mais j’ignore vos fraîches gerbes
Et vos arômes printaniers.

Adieu, je pars lassé d’attendre ;
Gardez vos bouquets éclatants !
Une autre fleur suave et tendre,
Seule à mes yeux fait le printemps.

Que mai remporte sa corbeille !
Il me suffit de cette fleur ;
Toujours pour l’âme et pour l’abeille
Elle a du miel pur dans le coeur.

Par le ciel d’azur ou de brume
Par la chaude ou froide saison,
Elle sourit, charme et parfume,
Violette de la maison !

(Théophile Gautier)

 

Recueil: Émaux et Camées
Traduction:
Editions: Gallimard

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La rose-thé (Théophile Gautier)

Posted by arbrealettres sur 7 avril 2018




    
La rose-thé

La plus délicate des roses
Est, à coup sûr, la rose-thé.
Son bouton aux feuilles mi-closes
De carmin à peine est teinté.

On dirait une rose blanche
Qu’aurait fait rougir de pudeur,
En la lutinant sur la branche,
Un papillon trop plein d’ardeur.

Son tissu rose et diaphane
De la chair a le velouté ;
Auprès, tout incarnat se fane
Ou prend de la vulgarité.

Comme un teint aristocratique
Noircit les fronts bruns de soleil,
De ses soeurs elle rend rustique
Le coloris chaud et vermeil.

Mais, si votre main qui s’en joue,
A quelque bal, pour son parfum,
La rapproche de votre joue,
Son frais éclat devient commun.

Il n’est pas de rose assez tendre
Sur la palette du printemps,
Madame, pour oser prétendre
Lutter contre vos dix-sept ans.

La peau vaut mieux que le pétale,
Et le sang pur d’un noble coeur
Qui sur la jeunesse s’étale,
De tous les roses est vainqueur !

(Théophile Gautier)

 

Recueil: Émaux et Camées
Traduction:
Editions: Gallimard

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J’ai cru (Claude Esteban)

Posted by arbrealettres sur 5 avril 2018



Illustration: Gao Xingjian
    
J’ai cru qu’on m’appelait
par mon nom

qu’on me tendait une main, mais
c’était moi, marchant
avec moi

nulle part au monde.

(Claude Esteban)

 

Recueil: La mort à distance
Traduction:
Editions: Gallimard

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