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Poésie

Posts Tagged ‘tendu’

L’humanité véritable (Denis Vasse)

Posted by arbrealettres sur 31 mars 2018




Illustration: ArbreaPhotos
    

L’humanité véritable réside dans la dimension d’un désir tendu
vers un réel impossible à comprendre ou à se représenter.

Au coeur de son corps, comme au-delà de l’espace sidéral,
l’homme cherche le visage de ce qui lui donne corps.

(Denis Vasse)

 

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CARREFOUR (Federico Garcia Lorca)

Posted by arbrealettres sur 4 mars 2018



Illustration

    

CARREFOUR

Vent de l’Est;
un réverbère
et le poignard
dans le coeur.
La rue vibre
comme une corde
tendue,
elle vibre
comme une mouche énorme.
De toutes parts
je vois le poignard
dans le coeur.

(Federico Garcia Lorca)

 

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LÉDA (Rubén Darío)

Posted by arbrealettres sur 25 février 2018



Illustration: Mariano Fortuny Madrazo
    
LÉDA

Le cygne paraît de neige dans la nuit,
et son bec est d’ambre quand l’aube reluit ;
le crépuscule suave qui bientôt se perd
rosit les ailes candides de sa lumière.

Et puis, sur les ondes du lac azuré,
après que l’aurore perdit sa teinte vermeille,
les ailes tendues et le col recourbé,
le cygne est d’argent, baigné de soleil.

Tel est-il, quand il lustre ses plumes de soie,
olympique oiseau que l’amour a meurtri,
et dans les flots sonores, viole Léda,
un bec recherchant les lèvres cramoisies.

La belle soupire, dévêtue et vaincue,
et pendant que ses plaintes s’envolent au vent,
des vertes profondeurs d’un feuillage dru
étincellent les yeux troubles de Pan.

(Rubén Darío)

 

Recueil: Chants de vie et d’espérance
Traduction: Lionel Igersheim
Editions: Sillage

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En un geste de pitié (Robert Creeley)

Posted by arbrealettres sur 5 février 2018




    
En un geste de pitié

En un geste de pitié tes mains
sont doucement offertes, à bout de bras
tendues, parce qu’elles seraient tendres.

Parce que je ne le suis pas ma voix
est dure, et mes mains aussi. Parce que
je n’ai rien à t’offrir, et j’ai tort.

C’est cela, avoir tort. Être perdu
et triste, triste de cette perte
du bonheur par quelqu’un qui le possédait.

(Robert Creeley)

 

 

Recueil: Le sortilège
Traduction: Stéphane Bouquet
Editions: Nous

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Aucune raison de changer de trottoir (Agota Kristof)

Posted by arbrealettres sur 4 février 2018




Illustration: ArbreaPhotos
    
Aucune raison de changer de trottoir

Dans le crépuscule perdant son équilibre
un oiseau libre s’envole de travers
sur la terre il n’y a que des semailles
silence indicible
et insupportable
attente

Hier tout était plus beau
la musique dans les arbres
le vent dans mes cheveux
et dans tes mains tendues
le soleil

Maintenant il neige sur mes paupières
mon corps
est lourd comme le rocher
mais aucune raison de changer de trottoir
et aucune raison de
s’en aller dans les montagnes

***

Nincs miért jàrdàt cserélni

Az egyensúlyàt vesztett alkonyatban
ferdén felrepül egy szabad madàr
a földön csak vetés van
kimondhatatlan csönd
és elviselhetetlen
vàrakozàs

Tegnap szebb volt minden az ének
a fàk lombjaiban
hajamban a szél
kinyújtott kezedben
a nap

Most szemhéjaimra hull a hó
testem
súlyos akàr a szikla
és nincs miért jàrdàt cserélni
és nincs miért
kimenni a hegyekre

(Agota Kristof)

Découvert ici: https://schabrieres.wordpress.com/

 

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Qu’est-ce que ta bouche pour moi? (Edward Estlin Cummings)

Posted by arbrealettres sur 1 février 2018



Illustration: Freydoon Rassouli  
    
Qu’est-ce que ta bouche pour moi?
Un calice d’encens douloureux,
Un buisson de feuilles ardentes,
Un haut navire enthousiaste,
Un frisson de sublimes flèches.

Qu’est-ce que tes seins pour moi?
Une fleur de prière nouvelle,
Un poème de lumière solide,
Un puits d’oiseaux frais,
Un arc tendu qui tremble.

Qu’est-ce que ton corps pour moi?
Un théâtre de pur silence,
Un char de vitesse rouge;
Et oh,les pieds imprécis
Des désirs aux mains blanches!

***

What is thy mouth to me?
A cup of sorrowful incense,
A tree of keen leaves,
An eager high ship,
A quiver of superb arrows.

What is thy breast to me?
A flower of new prayer,
A poem of firm light,
A well of cool birds,
A drawn bow trembling.

What is thy body to me?
A theatre of perfect silence,
A chariot of red speed;
And O,the dim feet
Of white-maned desires!

(Edward Estlin Cummings)

 

Recueil: Erotiques
Traduction: Jacques Demarcq
Editions: Seghers

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Visage des rues (Alain Borne)

Posted by arbrealettres sur 22 décembre 2017



Illustration
    
Visage des rues,
tant de soleil,
et l’odeur de la poussière
sur les fleurs vendues fanées.

Un grand tocsin
sème d’hirondelles
le myosotis du ciel.

Le sang cherche encore le sang
parmi la neige trouée d’yeux,
et le silence pèse les coeurs.

Aventure, ma surprise,
douce jupe poursuivie
et fendue pour la capture.

On rêve jusque dans la chambre
où le printemps éteint le lit
de ses membres enfin nus.

C’est toujours le même sang,
La même robe de peau franche,
tendue sur le même osier.

Les mêmes gestes alentour,
la même joie évanouie,
le même illisible retour.

(Alain Borne)

 

Recueil: Oeuvres poétiques complètes
Traduction:
Editions: Curandera

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Nus (Jean-Noël Guéno)

Posted by arbrealettres sur 18 décembre 2017



 Nathalie Pelacchi    Pins_enlaces

Nus

spectres tendus
sur le bleu

deux pins mêlés
couple enlacé
supplicié aux tempêtes.

Poings dressés.

Défi à la vie.

En eux
toujours
la brûlure de la sève.

(Jean-Noël Guéno)

Illustration: Nathalie Pelacchi

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FAÏNA (Alexandre Blok)

Posted by arbrealettres sur 12 décembre 2017



Illustration: Jean Jacques Henner
    
FAÏNA

J’étais confus, j’étais joyeux.
Et ta soie sombre me hantait,
Lorsque ton lourd rideau enfin
S’ouvrit — le théâtre se tut.

D’un feu vivant nous sépara
Le cercle de la rampe clair,
Et la musique a enflammé
Ton visage transfiguré.

De nouveau les chandelles brillent,
Et l’âme est seule, l’âme est aveugle…
Et tes épaules scintillantes,
Et la foule, enivrée de toi…

Tu es l’étoile fuyant le monde,
Au-dessus de la plaine — au loin…
Et la lyre d’argent tressaille
Et frémit dans tes mains tendues…

(Alexandre Blok)

 

Recueil: Le Monde terrible
Traduction:Pierre Léon
Editions: Gallimard

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Il est des instants (Alexandre Blok)

Posted by arbrealettres sur 12 décembre 2017



Illustration: Rafal Olbinski
    
Il est des instants où s’apaise
Le funeste orage de la vie.
C’est quelqu’un qui vous touche l’épaule,
Ou qui pose un regard radieux…

Et alors le quotidien s’effondre
Dans un sombre gouffre sans fond…
Et lentement, au-dessus du gouffre,
L’arc-en-ciel du silence se lève…

Et la mélodie naissante et sourde,
Dans le silence qui retient son souffle,
Frôle les cordes, engourdies par la vie,
De l’âme tendue comme une harpe.

(Alexandre Blok)

 

Recueil: Le Monde terrible
Traduction:Pierre Léon
Editions: Gallimard

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