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Posts Tagged ‘tente’

LA BLESSURE (Anonyme)

Posted by arbrealettres sur 3 décembre 2020



Illustration: Oleg Zhivetin
    
LA BLESSURE

Ce n’est pas le Kandjar qui l’a faite :
Mes ennemis étaient sous leurs tentes.
Ce n’est pas une vengeance échue :
Ceux que j’ai offensés sont morts de ma propre main.
Ce n’est pas le hasard aveugle :
Le hasard quand il croise ma route devient clairvoyant.
Si ma vie se répand et me quitte
C’est que ses yeux m’ont blessé à mort
Et qu’Elle en aime un autre.

(Anonyme)

 

Recueil: Ghazels – Poemes persans
Traduction: Marguerite Ferté
Editions: http://www.ebooksgratuits.com

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D’APRÈS « LA NAISSANCE DE VÉNUS », CHANSON (William Carlos Williams)

Posted by arbrealettres sur 16 novembre 2020




Illustration: Clémentine-Hélène Dufau
    
D’APRÈS « LA NAISSANCE DE VÉNUS », CHANSON

Viens et joue avec nous!
Vois, comme des femmes nous avons des seins!
Depuis tes tentes au bord des flots
Viens jouer avec nous: c’est défendu!

Viens et joue avec nous
Regarde! nues, les jambes droites dans l’eau!
Nous nous tenons près de nos bateaux,
Alors nageant vers le lointain
Viens à nous: c’est défendu!

Viens et joue avec nous!
Vois, nous sommes grands comme des femmes!
Nos regards sont aigus:
Nos cheveux sont brillants;
Nos voix parlent franchement ;
Nous nous révélons dans le vert de la mer!
Viens jouer avec nous:
C’est défendu!

***

FROM « THE BIRTH OF VENUS », SONG

Come with us and play!
See, we have breasts as women!
From your tents by the sea
Corne play with us: it is forbidden!

Come with us and play!
Lo, bare, straight legs in the water!
By our boats we stay,
Then swimming away
Come to us: it is forbidden!

Come with us and play!
See, we are tall as women!
Our eyes are keen:
Our hair is bright:
Our voices speak outright:
We revel in the sea’s green!
Come play:
It is forbidden!

(William Carlos Williams)

 

Recueil: Les Humeurs
Traduction: Philippe Blanchon
Editions: La Nerthe

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Au fils du nomade (Hawad)

Posted by arbrealettres sur 15 novembre 2020



    

Au fils du nomade

Chausse tes sandales
et foule le sable
qu’aucun esclave n’a piétiné

Éveille ton âme
et goûte les sources
qu’aucun papillon n’a frôlées

Déploie tes pensées
vers les voies lactées
dont aucun fou n’a osé rêver

Respire le parfum des fleurs
qu’aucune abeille n’a courtisées

Écarte-toi des écoles et des dogmes
Les mystères du silence
que le vent démêle dans tes oreilles
te suffisent

Éloigne-toi des marchés et des hommes
et imagine la foire des étoiles
où Orion tend son épée
où sourient les Pléiades
autour des flammes de la Lune
où pas un Phénicien n’a laissé ses traces

Plante ta tente dans les horizons
où aucune autruche n’a songé à cacher ses oeufs

Si tu veux te retrouver libre
comme un faucon qui plane dans les cieux
l’existence et le néant suspendus
à ses ailes
la vie la mort

(Hawad)

Caravane de la soif, traduit de la tamajadht des Touaregs par l’auteur et Hélène Claudot-Hawad, Édisud, 1985.

Recueil: 120 nuances d’Afrique
Traduction:
Editions: Bruno Doucey

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RETOUR AUX SOURCES (Guy Bellay)

Posted by arbrealettres sur 4 janvier 2020



RETOUR AUX SOURCES

Face au soleil couchant, je me lève devant la tente,
un repas de tomates dans le ventre.
Je ne suis pas un dieu. Je me couche quand je veux.
Ma femme réchauffe un bol de lait dans son corps étendu sous la lune.
Elle n’est pas une déesse. Elle peut rester cachée.
C’est peut-être notre tour de maintenir la souveraineté sur le monde,
près d’une pyramide de toile, comme on veille un agonisant.
Si nul ne vient nous relever, nous partirons avant d’oublier le chemin.
Nous nous remplissons seulement de silence comme un accumulateur d’eau de pluie.

(Guy Bellay)

Illustration: ArbreaPhotos

 

 

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IN MEMORIAM (Giuseppe Ungaretti)

Posted by arbrealettres sur 1 octobre 2019



Illustration
    
IN MEMORIAM

Son nom c’était
Mohammed Scheab

Descendait
des émirs nomades
s’est suicidé
parce qu’avait
plus de Patrie

Aimait la France
changea de nom

Il fut Marcel
mais pas Français
savait plus vivre
sous la tente des siens
où l’on écoute
la cantilène du Coran
en buvant du café

Et ne savait
pas délivrer
la chanson
de son abandon
Je l’ai suivi
avec la patronne de l’hôtel
où nous vivions
à Paris
au numéro 5 de la Rue des Carmes
une ruelle en pente les murs fanés

Il repose
au cimetière d’Ivry
un faubourg qui semble
éternellement
dans une journée
où s’en va la foire

Et peut-être suis-je seul
à savoir encore
qu’il a vécu

***

In memoria

Si chiamava
Moammed Sceab

Discendente
di emiri di nomadi
suicida
perché non aveva più
Patria

Amò la Francia
e mutò nome

Fu Marcel
ma non era Francese
e non sapeva più
vivere
nella tenda dei suoi
dove si ascolta la cantilena
del Corano
gustando un caffè

E non sapeva
sciogliere
il canto
del suo abbandono

L’ho accompagnato
insieme alla padrona dell’albergo
dove abitavamo
a Parigi
dal numero 5 della rue des Carmes
appassito vicolo in discesa

Riposa
nel camposanto d’Ivry
sobborgo che pare
sempre
in una giornata
di una
decomposta fiera

E forse io solo
so ancora
che visse

(Giuseppe Ungaretti)

 

Recueil: Vie d’un homme Poésie 1914-1970
Traduction:
Editions: Gallimard

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LA PAIX RÈGNE DANS L’ÉTRAVE BOUILLONNANTE (Tomas Tranströmer)

Posted by arbrealettres sur 16 janvier 2019



LA PAIX RÈGNE DANS L’ÉTRAVE BOUILLONNANTE

Un matin d’hiver, je sentis combien cette terre
avance en roulant. Un souffle d’air
venu des tréfonds crépitait
aux murs de la maison.

Baignée par le mouvement : la tente du silence.
Et le gouvernail secret d’une nuée d’oiseaux migrateurs.
Le trémolo des instruments
cachés montait

de l’ombre de l’hiver. Comme lorsque nous voici
sous le grand tilleul de l’été, avec le vrombissement
de dizaines de milliers
d’ailes d’insectes au-dessus de nous.

(Tomas Tranströmer)

Illustration

 

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A un nuage (Maurice Betz)

Posted by arbrealettres sur 11 novembre 2018



A un nuage qui bougeait au fond d’une mare
J’ai crié: Qui va là ?
Il était loin déjà.

***

Septentrion plein d’éclairs roses,
Pourpre répons de l’est,
Quel des deux, ce matin, est l’aurore ?

***

Grise et jaune plaine pommelée,
Toison pelée
Où les camions sont des mites.

***

On riait bien. (Tu te rappelles?) On causait. (V’lan l’entends-tu?)
Ah! Reboirons-nous jamais de ce petit vin
Dans la chambrée blanche et chaude, un soir de pluie ?

***

Nuit sereine, ciel sans nuages.
Je rengaine ma baïonnette
Et monte ma garde, lune au clair.

***

Un trou d’obus
Dans son eau
A gardé tout le ciel.

***

Montmartre, tes lumières, tes femmes
Aux jambes tièdes et douces…
Depuis hier la pluie crépite sur ma tente.

***

Fin de faction. L’aube éteint les dernières étoiles.
Assis, mon mousqueton sur les genoux,
Je sifflote à la gloire du soleil.

(Maurice Betz)

 

 

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Du vent (Balbino)

Posted by arbrealettres sur 24 juillet 2018



 

pieds-sdf

Du vent

Le vent souffle
avec lui
les cerfs-volants
arrachés
à des mains fragiles.
Un volet grince
au loin
la plainte
du crocodile.
J’ai sa peau
autour
de mon
coeur.
Allez gueule !
souffle !
deviens tempête
si tu l’oses
ou
confusion
profonde.
Tu vois,
déjà
tu te calmes
et laisses mûrir
les fruits
sur les arbres.
Fais voler les caravanes,
salope !
arrache la tente
au-dessus des grilles
d’air chaud
où j’ai laissé
crever
mes souvenirs
sans
domicile.

(Balbino)

 

 

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La lune entrait (Anonyme)(maître Meng)

Posted by arbrealettres sur 21 juillet 2018



Illustration
    
La lune entrait
dans ma tente, le soir,
les coupes
vibraient dans le silence.

(Anonyme)(maître Meng)

 

Recueil: Le livre des vingt et un poèmes
Traduction:
Editions: William Blake

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Et la neige tomba sur Hermon (Hilda Doolittle)

Posted by arbrealettres sur 17 juin 2018



neige désert [800x600]

La floraison du bâton

[36]
Et la neige tomba sur Hermon,
le lieu de la Transfiguration,

et la neige tomba sur Hébron
où, au printemps dernier, poussait les anémones,

dont l’écarlate et le rose et le rouge et le bleu,
Il compara aux robes d’un Roi,

mais Salomon même, dit-Il,
n’était pas si bien vêtu que l’un d’eux ;

et la neige tomba sur les amandiers
et les muriers furent couvert d’un dôme

comme une hutte de forestier ou de berger
sur les pentes du mont Liban,

et la neige tomba
en silence… en silence.

[37]
Tandis que la neige tombait sur Hébron,
le désert fleurit comme il l’avait toujours fait ;

en une nuit, un million de millions de petites plantes
jaillirent du sable,

et sur chaque million de millions de petits brins d’herbe
apparut une toute petite fleur,

elles étaient si petites, on pouvait à peine
les visualiser séparément,

ainsi finit-on par dire,
la neige tombe sur le désert ;

cela était déjà arrivé,
cela arriverait encore.

[38]
Et Kaspar fut peiné comme toujours,
quand un seul jumeau de ses nombreuses chèvres se perdit —

un si petit chevreau, de si peu d’importance,
il était si riche, d’innombrables troupeaux, bétail et moutons —

et il laissa les chèvres montagnardes à long poil
rentrer au pâturage plus tôt que de coutume,

car elles s’irritaient dans leurs enclos, reniflaient l’air
et l’herbe fleurie ; et lui même resta éveillé toute la nuit

près de la plus jeune de ses chamelles blanches mettant bas avec peine,
et choya son chamelon — pareil à une grosse chouette blanche —

sous son manteau et l’emporta dans sa tente
à l’abri et au chaud ; ce fut ainsi que se répandit la légende

que Kaspar
était Abraham.

***

And the snow fell on Hermon,
the place of the Transfiguration,

and the snow fell on Hebron
where, last spring, the anemones grew,

whose scarlet and rose and red and blue,
He compared to a King’s robes,

but even Solomon, He said,
was not arrayed like one of these;

and the snow fell on the almond-trees
and the mulberries were domed over

like a forester’s hut or a shepherd’s hut
on the slopes of Lebanon,

and the snow fell
silently … silently .. .

And as the snow fell on Hebron,
the desert blossomed as it had always done;

over-night, a million-million tiny plants
broke from the sand,

and a million-million little grass-stalks
each put out a tiny flower,

they were so small, you could hardly
visualize them separately,

so it came to be said,
snow falls on the desert;

it had happened before,
it would happen again.

And Kaspar grieved as always,
when a single twin of one of his many goats was lost—

such a tiny kid, not worth thinking about,
he was such a rich man, with numberless herds, cattle and sheep—

and he let the long-haired mountain-goats
return to the pasture earlier than usual,

for they chafed in their pens, sniffing the air
and the flowering-grass; and he himself watched all night

by his youngest white camel whose bearing was difficult,
and cherished the foal—it looked like a large white owl—

under his cloak and brought it to his tent
for shelter and warmth; that is how the legend got about

that Kaspar
was Abraham.

(Hilda Doolittle)

 

 

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