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Poésie

Posts Tagged ‘tente’

Soleil, soleil ! (Paul Valéry)

Posted by arbrealettres sur 6 mai 2018



Soleil, soleil !… Faute éclatante !
Toi qui masques la mort, Soleil,
Sous l’azur et l’or d’une tente
Où les fleurs tiennent leur conseil ;
Par d’impénétrables délices,
Toi, le plus fier de mes complices,
Et de mes pièges le plus haut,
Tu gardes le cœur de connaître
Que l’univers n’est qu’un défaut
Dans la pureté du Non-être !

(Paul Valéry)

 

 

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Son ombre tomba sur la terre (Pär Lagerkvist)

Posted by arbrealettres sur 29 avril 2018



Son ombre tomba sur la terre.
Passait-il dehors dans la clarté des étoiles?
Devant notre campement en route
vers autre chose que nous?
Son ombre tomba sur nos tentes
et nous fûmes réveillés dans la nuit
comme par une forte lueur.
Son ombre n’est pas lui,
mais la lumière se fit dans les tentes.
Cette nuit-là nous restâmes sans dormir.

***

Hans skugga föll över jorden.
Gick han förbi ute i stjärnljuset?
Förbi vår boplats på väg till någonting annat än vi?
Hans skugga föll över våra tält
och vi vaknade i natten som av ett starkt sken.

Hans skugga är inte han,
men det blev ljust i tälten.

Den natten kunde vi inte sova mer.

(Pär Lagerkvist)

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Un peintre (Béatrice Douvre)

Posted by arbrealettres sur 18 avril 2018




    
Un peintre

Un grand départ d’oiseaux pousse le ciel très haut
Tous les nuages délivrent ton aurore,
Une aurore quand ton corps est nu et reposé
Quand l’âge des lueurs t’abandonne

Mouvement encore ardent de ton enfance
Élevant des tentes grises dans le vent
Ô loi parfaite et vive de ton sang
Et la circulation secrète de tes sueurs

Tu pars pour un repos immense des images
Et tu désires déjà les feuilles
Celles seulement fragiles et jaunes des patries
Quand pour toi j’en recueille en mon fragile sein

Et tu désires encore que l’apparence soit
Toutes les vitres dévoilées
Entrouvre alors cette fenêtre sourde

Pour un ciel un grand ciel sans nuage d’oiseaux.

(Béatrice Douvre)

 

Recueil: Oeuvre poétique
Traduction:
Editions: Voix d’Encre

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ESPÈCE D’ART POÉTIQUE (Maurice Fombeure)

Posted by arbrealettres sur 10 avril 2018




    
ESPÈCE D’ART POÉTIQUE

Goutte du crapaud sanglote
Des étoiles plein les toits.
Comme lui, donne ta note
Sans jamais forcer la voix,

Et sauve une ombre, une rose,
La caresse d’un tambour,
Les plaines noyées de songe,
Les danses du temps jadis,

La lourde paix des villages
Écartelés de chaleur,
Les yeux des chats sur la neige,
Les flambées des Chandeleurs.

Tout ce qui fait le coeur sourd
Quand on marche vers les tentes
Navré d’une pluie battante
Dans les pays des labours.

(Maurice Fombeure)

 

Recueil: A dos d’oiseau
Traduction:
Editions: Gallimard

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Nuit sur la lande (Gustave Kahn)

Posted by arbrealettres sur 8 mars 2018



Nuit sur la lande

Toi qui m’as désappris la douleur
sirène qui chante à la rade la meilleure
je tresserai pour toi les âmes de mon âme.

Fleur de l’ardent épithalame
temple oisif aspirais du seuil de mes tentes
je te bercerai des légendes de l’attente.

Au portique de ta beauté
je suis venu chargé des toisons d’aurore
brodées loin des yeux, de toutes les flores.

J’en ferai les tapis pour ta sérénité
et si l’heure chagrine attristait votre front
je le caresserai des aubes de ma passion.

(Gustave Kahn)

 

 

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Le 30 Février (Pierre Coran)

Posted by arbrealettres sur 1 mars 2018



La nuit plie la tente.
Une poule chante.
Un coq a pondu.

L’horloge est en cendres.
L’école est à vendre.
L’auto a fondu.

Au calendrier:
Le 30 Février

(Pierre Coran)

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Je crois que la beauté du monde est partout (Etty Hillesum)

Posted by arbrealettres sur 5 février 2018


 



    
De l’autre côté de cette tente, le soleil nous offre soir après soir le spectacle d’un coucher inédit.
Ce camp perdu dans la lande de Drenthe abrite des paysages variés.
Je crois que la beauté du monde est partout,
même là où les manuels de géographie nous décrivent la terre comme aride, infertile et sans accidents.
Il est vrai que la plupart des livres ne valent rien, il nous faudra les réécrire.

(Etty Hillesum)

 

 

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Inexpugnable sous sa tente de cyprès (René Char)

Posted by arbrealettres sur 31 décembre 2017



Inexpugnable sous sa tente de cyprès,
le poète, pour se convaincre et se guider,
ne doit pas craindre de se servir de toutes les clefs accourues dans sa main.
Cependant il ne doit pas confondre une animation de frontières
avec un horizon révolutionnaire.

(René Char)

Illustration: Isabelle Plante

 

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Passé ou futur ? (Mario Luzi)

Posted by arbrealettres sur 13 septembre 2017



Illustration: Salvador Dali
    
Passé ou futur ? —
le désir connaît
son unique nature, sa
double source
dont l’une plus que l’autre
creusée dans le roc
de la séparation
et triste…
et toi maintenant rempli
d’un manque irrémédiable
vaincu par lui
tu délires : si tu pouvais
dans l’abject labyrinthe
retrouver
le chemin de notre maison —
mais quelle maison était la nôtre ?
ce n’était pas la demeure promise,
c’était comme les autres
une tente instable
plantée dans le désert
pendant l’exode
mais avec beaucoup d’amour
Ce ne peut être là,
beaucoup de larmes.
mon fils, le lieu
de la nouvelle rencontre,
ce n’est pas là
que le désir consomme
sa propre mort —
mort du désir par suprême exaucement,
et tu le sais depuis longtemps.
Et tu connais le « lieu ». C’est vrai,
tu ne le nommes pas, pourtant tu ne l’oublies pas.
Tu ne l’oublies pas.

***

Passato o futuro ? —
conosce il desiderio
la sua unica natura, la sua
doppia fonte,
ma una più dell’altra
incavata nella roccia
della separazione
e triste…
e tu ora ripieno
di una incolmabile mancanza
da essa vinto
farnetichi : potessi
nel turpe labirinto
ritrovare
la strada di casa nostra —
Non plu’) essere quello,
figlio, il luogo
ma che casa era la nostra ?
non era la promessa abitazione,
era come le altre
una tenda poco ferma
piantata nel deserto
durante l’esodo
se non che con moho aurore
con molte lacrime.
del nuovo incontro,
non è li.
che consuma il desiderio
la propria morte —
morte del desiderio per supremo esaudimento,
e lo sai da tempo.
E conosci il « dove ». È vero,
non lo nomini, pero non lo dimentichi.
Non lo dimentichi.

(Mario Luzi)

 

Recueil: Dans l’oeuvre du monde
Traduction: Philippe Renard, Bernard Simeone
Editions: Editions Unes

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Cantique (Ummî Sinan)

Posted by arbrealettres sur 7 septembre 2017




    
Cantique

Chemin faisant, je vins à une ville
J’ai vu le palais, il n’est que roses
Du sultan le trône et la couronne
Les murs et le verger, roses ne sont que roses

On achetait des roses, on vendait des roses
A la main des balances de roses
On pesait la rose avec la rose,
Le marché, le bazar, roses ne sont que roses

La terre n’est que roses, roses les pierres
Roses le sec, roses l’humide
Dans son jardin privé
Le cyprès, le platane, roses ne sont que roses

Le moulin de roses tourne
C’est là qu’on moud la rose
Coule son eau, tourne sa roue
Sa digue, sa source, roses ne sont que roses

La rose pourpre avec la rose rouge
Ont fleuri de pair dans un jardin
Epine contre épine elles se regardent
Leurs épines, leurs fleurs, roses ne sont que roses

Une tente de roses est dressée
A l’intérieur le pain béni est prêt.
Le prophète Elie est le portier
Son pain, son vin, roses ne sont que roses

Ummî Sinan ! viens expliquer
La plainte de la rose et du rossignol :
Du rossignol toujours seul
Soupirs et lamentations, roses ne sont que roses…

(Ummî Sinan)

 

Recueil: La montagne d’en face (Poèmes de derviches anatoliens)
Traduction: Guizine Dino, Michèle Aquien, Pierre Chuvin
Editions: Fata Morgana

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