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Poésie

Posts Tagged ‘tenture’

Elle et la mer (Jean-Baptiste Besnard)

Posted by arbrealettres sur 14 mars 2018



Elle et la mer

Une mare de soleil
Qui oublie sa source
Répand sa lumière
Sur ses cheveux roux
Qui jouent avec le vent
Les noisettes de ses yeux
Fendent les secrets les mieux cachés
La mer s’annonce par le bruit salé
De ses vagues dans la brume
Elle secoue sa crinière au-dessus de ses yeux de mer
Dans une lueur blonde
Qui leur fait ce regard de velours
En harmonie avec son sourire vagabond

Son regard crépite comme un feu de bois
Et pénètre la matière
Dans une clarté qui se déchire
Sur l’écho superficiel
D’un soleil vertical
Immobilité de la mer
Derrière les tentures
Et les murs se revêtent d’affiches de voyages.

(Jean-Baptiste Besnard)


Illustration: Guillaume Seignac

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LA SOLITUDE (René Guy Cadou)

Posted by arbrealettres sur 10 décembre 2017




Illustration: ArbreaPhotos
    
LA SOLITUDE

Avec une feuille tombée
Avec le trop-plein d’un seau

Avec cette lampe aux œufs d’or
Sur la desserte de la neige
Quand il a bien fait froid dehors

Avec une route où s’avance
Un cheval qui n’est pas d’ici
Avec l’enfant glacé tout seul
Dans un autocar de rêve

Avec des villes consumées
Dans le désert de ma mémoire
Un ciel d’épines et de craie
Où le soleil ne vient plus boire

Avec l’idiot désemparé
Devant ses mains qui le prolongent
Et dont le cœur comme une oronge
Suscite un désir de forêt

Avec toi qui me dissimules
Sous les tentures de ta chair
Je recommence le monde.

(René Guy Cadou)

 

Recueil: Comme un oiseau dans la tête
Traduction:
Editions: Points

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Quel est cet être (Mathieu Bénézet)

Posted by arbrealettres sur 4 août 2017



Illustration: Hokusaï
    
quel est cet être qui s’est logé dans la transparente coquille de ta voix
quel est cet être qui creuse le sable de ton regard
quel est cet être qui balbutie dans tes doigts
quel est cet être qui suinte aux commissures de tes lèvres
quel est cet être qui tète à la mamelle de ton baiser
quel est cet être réfugié dans les arabesques de tes cheveux dans les tentures de ton corps

(Mathieu Bénézet)

 

Recueil: … Et nous apprîmes
Editions: Flammarion

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MER (Rafael Alberti)

Posted by arbrealettres sur 25 avril 2017



MER

Chaque nuit, je te vois
tenture qui s’accroche
au tournesol du rêve.

Sur celle-ci des voiles
qui semblent des mouchoirs
s’agitent pour me dire
adieu, à moi qui dors.

(Rafael Alberti)

Illustration: Patrice Rivoallan

 

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Femme fenêtre (Werner Lambersy)

Posted by arbrealettres sur 18 septembre 2016



Femme fenêtre
aux rideaux chevelure
femme tenture
femme teinture du temps

Les grands troncs calcinés de l’oubli
gardent au coeur
les hiéroglyphes du lit

Femme levure
femme levain
femme au linge de lune
dans la dentelle des marées
Les dauphins souples du plaisir
en filigrane sous ta peau

Ce soir
chaque arbre est une église
dans un encens nouveau

Langue lente
au germoir du regard
cette fois un rien aurait suffi
pour que le vent traduise

(Werner Lambersy)

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L’HORREUR (Georg Trakl)

Posted by arbrealettres sur 30 août 2016




L’HORREUR

Je me vis traverser des pièces oubliées
– Les astres, fous, dansaient sur un fond bleu
Et dans les champs hurlaient les chiens,
Et le foehn ravageait sauvagement les cimes.

Et puis soudain : silence ! La sourde ardeur des fièvres
Fait éclore des fleurs vénéneuses à mes lèvres,
Des branches s’égoutte, comme d’une blessure,
La rosée, pâle éclat, et goutte, goutte comme du sang.

Du désert illusoire d’un miroir émerge
Lentement, comme se dirigeant dans le flou,
Une face d’horreur et de ténébre : Caïn !

Tout bas froufroute une tenture de velours,
Par la fenêtre la lune semble fixer le vide
Et puis me voici seul avec mon assassin.

***

DAS GRAUEN

Ich sah mich durch verlass’ne Zimmer gehn.
— Die Sterne tanzten irr auf blauem Grunde.
Und auf den Feldem heulten laut die Hunde,
Und in den Wipfeln wühlte wild der Föhn.

Doch plötzlich : Stille ! Dumpfe Fieberglut
Läßt giftige Blumen blühn aus meinem Munde,
Aus dem Geäst fä…llt wie aus einer Wunde
Blaß schimmernd Tau, und fä…llt, und äf…llt wie Blut.

Aus eines Spiegels trügerischer Leere
Hebt langsam sich, und wie ins Ungefä…hre
Aus Graun und Finsternis ein Antlitz : Kain !

Sehr leise rauscht die samtene Portiere,
Durchs Fenster schaut der Mond gleichwie ins Leere,
Da bin mit meinem Mörder ich allein.

(Georg Trakl)

 

 

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Regrets (André Frédérique)

Posted by arbrealettres sur 15 janvier 2016


 

L’ouverture de Cora
Le signe de Léda
La denture de Mina
La tenture d’Alida
La cavité d’Elsa
Les replis de Frida
Le col de Virginia
Les secrets de Zina
Tout ça craquera tout ça craquera.

(André Frédérique)

 

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Requiem (José Ángel Valente)

Posted by arbrealettres sur 10 décembre 2015




Requiem

UNE À UNE tombaient
les fausses tentures de la mémoire
jusqu’à la mesure
neuf du Lacrymosa.
Ensuite,
personne sur les gradins vides
où tu applaudissais seul
l’infini défilé
de tant d’ombres lumineuses.

***

Requiem

CAÍAN uno a uno los telones
falsos de la memoria
hasta llegar a la medida
nueve del Lacrymosa.
Después
no había nadie en las gradas vacías
y tú aplaudías solo
el desfile infinito
de tantas sombras luminosas.

(José Ángel Valente)

Illustration: Christian Weppe

 

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