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Poésie

Posts Tagged ‘(Teresa Rita Lopes)’

Tristesse pourquoi pas (Teresa Rita Lopes)

Posted by arbrealettres sur 26 juin 2019



Tristesse pourquoi pas
mais non
tristesse vitre sale crachant sa vilenie
sur tous les paysages
non tristesse
dent pourrie interdisant tout sourire
non tristesse tache de gras sur
la soie naturelle de cette mer
de cet air
Tristesse ah pourquoi pas
avance sur
moi mais joue de la harpe
couvre-moi de deuil
sans courber mes épaules
sois une auréole
de lumière noire sur ma tête

***

Tristeza ah porque nâo

Tristeza ah porque nâo
mas nâo
tristeza vidro sujo a cuspir sua vileza
sobre todas as paisagens
nâo tristeza
dente podre a proibir qualquer sorriso
nâo tristeza nôdoa de gordura sobre
a seda natural deste mar
deste ar
Tristeza ah porque nâo
avança sobre
mim mas toca harpa
cobre-me de luto
sem vergar meus ombras
sê uma auréola
de negra luz sobre a minha cabeça

(Teresa Rita Lopes)


Illustration retirée sur demande de l’artiste

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Le nom (Teresa Rita Lopes)

Posted by arbrealettres sur 14 mars 2019



Le nom

Je vous aime vous et votre nom séparément
personnes séparées
Je vous aime vous et votre nom pour
des raisons différentes
Je ferme les yeux et je suis avec votre
nom Je les ouvre et je vous trouve
Je ferme les yeux et
je suis avec vous je les ouvre et je trouve votre nom

Ah c’est
une longue histoire dont je ne puis raconter qu’un petit bout
Il était une fois votre nom et une route
Votre nom était tout seul sur la route Il savait que j’allais
passer par là et il m’attendait
C’est arrivé comme ça Je suis passée
Vraiment par hasard Nous nous sommes dit bonjour
Et sommes restés côte à côte Nous n’avons pas dit pour toujours
comme les amants d’autrefois mais nous avons écrit au fond de
la mer ou dans le repaire de l’arbre qui nous abrita jusqu’à
l’aube quelque chose d’autre
qui voulait dire la même
chose

Nous sommes partis nous perdant de vue Mais
inespérément un jour votre nom vient de nouveau
à ma rencontre Il me monte de nouveau aux lèvres

je savoure de nouveau toutes ses syllabes ses consonnes et
ses voyelles une à une je reconnais leurs sons
leurs contours
dans ma gorge dans ma peau dans mon sang
Puis
nous sommes partis chacun de notre côté sans plus nous voir
jusqu’au jour où de nouveau
à un autre virage du temps
votre nom
Là toujours vivants
les arêtes
le stylet des semi-voyelles
Et par-dessus le pic de la plus
escarpée de la plus seule
la petite goutte de sang jamais
coagulé avec laquelle au-delà de la mort tu m’assistes
adolescent tu me souris
et quelque peu impatient
tu m’attends
Toi
le véritable détenteur
du nom

***

O nome

Gosto de si e do seu nome separadamente
pessoas separadas
Gosto de si e do seu nome por
razôes diferentes
Fecho os olhos e estou corn o seu
nome Abro-os e encontro-o a si
Fecho os olhos e
estou consigo abro-os e encontro o seu nome

Ah é
uma historia comprida de que so posso contar um
bocadinho
Era uma vez o seu nome e uma estrada
O seu nome estava sozinho na estrada Sabia que eu
ia passar por ele e esperava-me
Assim foi passei
Tâo por acaso Dissemos bom dia um ao outro
E ficâmos lado a lado Nâo dissemos para sempre como
os amantes de antigamente mas escrevemos no fundo
do mar ou na toca da ârvore que nos deu abrigo até de
madrugada qualquer coisa outra
que queria dizer
a mesma coisa

Partimos e perdemo-nos de vista Mas
inesperadamente um dia o seu nome vem de novo
ao meu encontro Sobe-me de novo aos lâbios

Saboreio-lhe de novo todas as sîlabas as consoantes e
as vogais uma por uma reconheço-lhes o som
os contornos
na garganta na pele no sangue
Depois
fomos à vida cada um à sua e deixàmos de nos ver
Até que um dia de novo
a outra esquina do tempo
o seu nome
Là estâo elas sempre vivas
as arestas
o estilete das semi-vogais
E por cima do pico da mais
ingreme da mais sô
a gotinha de sangue nunca
coagulada corn que para além da morte me assistes
adolescente me sorris
e um tanto impaciente
me esperas
Tu
o verdadeiro detentor
do nome

(Teresa Rita Lopes)

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Qui-perd-gagne (Teresa Rita Lopes)

Posted by arbrealettres sur 17 janvier 2019



qui-perd-gagne

J’ai perdu
la conque
j’ai gagné
la plage

j’ai perdu
la cruche
j’ai gagné
la source

J’ai perdu
la source
j’ai gagné
la cime

j’ai perdu
le galet
j’ai gagné
le fleuve

J’ai perdu
le fleuve
j’ai gagné
la terre

j’ai perdu
la tête
j’ai gagné
le nord

J’ai perdu
le nord
j’ai gagné
le sud

j’ai perdu
le sud
j’ai gagné
le soleil

J’ai perdu
le soleil
j’ai gagné
la pluie

j’ai perdu
la terre
j’ai gagné
la lune

J’ai perdu
la lune
j’ai gagné
le ciel

j’ai perdu
la pierre
j’ai gagné
la rue

J’ai perdu
la rue
j’ai gagné
la clé

j’ai perdu
la clé
j’ai gagné
la maison

J’ai perdu
la maison
j’ai gagné
l’âme

j’ai perdu
l’oeuf
j’ai gagné
l’oiseau

J’ai perdu
l’oiseau
j’ai gagné
l’envol

j’ai perdu
les plumes
j’ai gagné
l’air

J’ai perdu
l’air
j’ai gagné
l’eau

j’ai perdu
la trace
j’ai gagné
la face

J’ai perdu
la face
j’ai gagné
le feu

j’ai perdu
la nuit
j’ai gagné
la lune

J’ ai perdu
la lune
j’ai gagné
le ciel

j’ai perdu
pied
j’ai gagné
la mer

***

perder-ganhar

Perdi
o bûzio
ganhei
a praia

perdi
o pùcaro
ganhei
a fonte

Perdi
a fonte
ganhei
o monte

perdi
o seixo
ganhei
o rio

Perdi
o rio
ganhei
a terra

perdi
o tino
ganhei
o norte

Perdi
o norte
ganhei
o sul

perdi
o sul
ganhei
o sol

Perdi
o sol
ganhei
a chuva

perdi
a terra
ganhei
a lua

Perdi
a lua
ganhei
o céu

perdi
a pedra
ganhei
a rua

Perdi
a rua
ganhei
a chave

perdi
a chave
ganhei
a casa

Perdi
a casa
ganhei
a alma

perdi
o ovo
ganhei
a ave

Perdi
a ave
ganhei
o voo

perdi
as penas
ganhei
o ar

Perdi
o ar
ganhei
a âgua

perdi
o rasto
ganhei
o rosto

Perdi
o rosto
ganhei
o gosto

perdi
a noite
ganhei
o luar

Perdi
o luar
ganhei
o céu

perdi
o pé
ganhei
o mar

(Teresa Rita Lopes)

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Métaphores de la métamorphose (Teresa Rita Lopes)

Posted by arbrealettres sur 9 juillet 2018



Métaphores de la métamorphose

I

Becqueter
l’oeuf

déchirer
le voile

naître
à nouveau

de son libre
vol

II

Sortir
du ventre
de la nuit

d’un jet
déboucher
sur le jour

pauvre
giron

tablier
de deuil

Et malgré tout
aimer

téter
goulûment
la vie

***

Metâforas da metamorfose
I

Bicar
o ovo

romper
o véu

nascer
de novo

de seu livre
voo

II

Sair
da barriga
da noite

de jacto
desembocar
no dia

regaço
pobre

avental
de luto

E apesar de tudo
amar

mamar
corn gula
a vida

(Teresa Rita Lopes)


Illustration: Vladimir Kush

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Finalement j’ai toujours erré (Teresa Rita Lopes)

Posted by arbrealettres sur 24 juin 2018



Finalement j’ai toujours erré de terre en terre
de maison en maison
de moi en moi
fidèle au même ciel
où je vais dessinant une constellation
pour qu’elle projette
et réunisse les folles étincelles de mon feu vagabond

***

Afinal sempre andei de terra
em terra
de casa em casa
de mim em mim
fiel ao mesmo céu
em que vou desenhando uma constelaçao qualquer
que projecte
e reùnas as soltas faùlhas do meu vagabundo fogo.

(Teresa Rita Lopes)


Illustration

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Chercher un lieu (Teresa Rita Lopes)

Posted by arbrealettres sur 29 avril 2018



Chercher
un lieu
pour libérer
de la chaleur
pour exister
y être
avoir du poids

Sentir
souffrir
la plaie
brûlante
la liberté
la solitude
du cordon ombilical
coupé

***

Procurar
um sîtio
para libertar
calor
para existir
estar
ter peso

Sentir
doer
arder
a ferida
a liberdade
a solidâo
do cordâo umbilical
cortado

(Teresa Rita Lopes)


Illustration retirée sur demande de l’artiste

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Secret celui-là (Teresa Rita Lopes)

Posted by arbrealettres sur 5 mars 2018



Secret celui-là

Secret celui-là qui m’habite comme un galet
perdu dans les vagues
qui revient au coin d’une rue
dans un train inattendu dans un vers subit
ans les yeux d’une bête d’un enfant
dans une odeur
dans une saveur tout juste arrivés de loin
celui-là le disparu
qui est resté mon compagnon cette voile de brume
à qui j’ai ouvert grand mon coeur
celui des rencontres complices dans
les greniers de l’enfance
seulement pour celui-là la porte est
ouverte entrebâillée toujours.
Je serai dans le jardin
dans la cuisine au grenier
au soleil à la pluie
nue habillée
en train d’écrire ou de dormir de manger du pain et du fromage
des raisins de boire du café.
Lui seul peut entrer à n’importe quelle
heure
s’asseoir sur la chaise basse ou par terre
et seules mes mains sourient savent se rendent compte
comme des aveugles elles touchent ses cheveux sa peau et
en un ravissement serein le reconnaissent.

***

Esse secreto esse

Esse secreto esse que me habita como um seixo
perdido nas ondas
que regressa ao voltar dura esquina
num comboio inesperado num verso sùbito
nos olhos de um bicho de um menino
num cheiro num sabor
recém-chegados de longe
esse o desaparecido
que ficou meu companheiro essa vela de bruma
a que rasguei o peito
o dos encontros cùmplices na
varanda da infância
apenas para esse a porta esta
aberta mal encostada sempre.
Estarei no quintal
na cozinha na varanda
ao sol â chuva
nua vestida
escrevendo ou dormindo comendo pâo com queijo
uvas bebendo café.
Sô ele pode entrar a qualquer
hora
sentar-se na cadeira baixa ou no châo
e sô as minhas mâos sorriem sabem dâo por isso
como cegas lhe tocam os cabelos a pele e
em sereno alvoroço o reconhecem.

(Teresa Rita Lopes)


Illustration

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Plus jamais maintenant (Teresa Rita Lopes)

Posted by arbrealettres sur 28 octobre 2017



Plus jamais maintenant

Pas maintenant
plus jamais maintenant

L’heure est passée

Maintenant j’ai fermé toutes les portes
et jeté les clés à la mer
Maintenant j’ai réservé mon billet pour partir à l’aube
Maintenant je suis en chemin

Il fut un temps
où tous les chemins de mon corps
auraient eu le nom que tu leur aurais donné
Pas maintenant
Tu les as rendus au néant
au non-sens de choses
juste là

L’heure est passée

équilibre s’est refait du vide
des aubes sans rien
L’équilibre s’est refait
sans toi

Il était une fois
un printemps tout entier
suspendu
à tes gestes

Maintenant il est trop tard
Les arbres ont de nouveau abrité
les pousses
dans leur écorce dure
et ils ont su qu’ils ne pouvaient compter
que sur leurs bras ligneux et
nus

Pas maintenant
j’ai renoncé à toi
je t’ai expulsé de l’acier des miroirs

Tu m’as rendu le profil net et dur
des choses
la pure découpe du silence

***

Agora nunca mais

Agora nâo
agora nunca mais

Passou a hora

Agora jà fechei as portas todas
e atirei as chaves ao mar
Agora marquei bilhete para partir de madrugada
Agora jâ you a caminho

Houve um tempo
em que todos os caminhos do meu corpo
teriam tido os nomes que lhes desses
Agora nâo
Devolveste-os ao nada
ao sem sentido de coisas
existindo

Passou a hora

O equilibrio refez-se do vazio
das madrugadas sem nada
O equilibrio refez-se
sem ti

Houve um tempo
em que uma primavera inteira
esteve suspensa
dos teus gestos

Agora é tarde
As ârvores reabrigaram
os rebentos
na casca dura
e souberam que so podiam contar
com seus lenhosos braços
nus

Agora nâo
desisti de ti
expulsei-te do aço dos espelhos

Devolveste-me o nitido e duro perfil
das coisas
o puro recorte do silêncio

(Teresa Rita Lopes)


Illustration retirée sur demande de l’artiste

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Pourquoi mes yeux ont-ils donc tant besoin de voir la mer au loin ? (Teresa Rita Lopes)

Posted by arbrealettres sur 25 juin 2017



Pourquoi mes yeux ont-ils donc tant besoin
de voir la mer au loin ?
Ou rien que l’eau
d’un fleuve
pour y sentir leur racine
Peut-être est-ce d’avoir tant désiré le bleu
de l’eau là-bas
que mes yeux sont clairs
et de tant aimer la mer
que mes peines
sont devenues intrépides et salées
et qu’elles ont
le vol à pic des mouettes
et le cri acide
des oiseaux marins

***

Porque sera que meus olhos tanto necessitam
de ver mar ao longe?
Ou pelo menos a agua
de um rio
para aî cheirar sua raiz
Se calhar foi por tanto apetecer o azul
da agua ao longe
que meus olhos sâo claros
e por tanto amar o mar
que meus desgostos
se tornaram destemidos e salgados
e têm
o voo a pique das gaivotas
e o grito acido
dos passaros marinhos

(Teresa Rita Lopes)


Illustration

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Retour (Teresa Rita Lopes)

Posted by arbrealettres sur 26 novembre 2015



Retour

Avec un cabas
de syllabes
entre les dents

avec un projet
ancien
qui déborde
du couvercle

avec un noyau
vieux
d’où point
un feuillage

avec un envol
depuis des siècles
retenu
sous les aisselles

je débarque

Sauront-ils mes pas
mes oiseaux
mes chevaux

si longtemps
clandestins
dans des tiroirs
dans des poches

respirer
l’air
libre?

***

Regresso

Com um cabaz
de silabas
nos dentes

com um projecto
antigo
a transbordar
da tampa

com um caroço
velho
a querer deitar
folhagem

com um voo
hà séculos
retido
nos sovacos

desembarco

Saberâo meus passos
meus pâssaros
meus cavalos

clandestinos
ha tempo
em bolsos
e gavetas

respirar
o ar
livre?

(Teresa Rita Lopes)


Illustration

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