Arbrealettres

Poésie

Posts Tagged ‘(Teresa Rita Lopes)’

Plus jamais maintenant (Teresa Rita Lopes)

Posted by arbrealettres sur 28 octobre 2017



Plus jamais maintenant

Pas maintenant
plus jamais maintenant

L’heure est passée

Maintenant j’ai fermé toutes les portes
et jeté les clés à la mer
Maintenant j’ai réservé mon billet pour partir à l’aube
Maintenant je suis en chemin

Il fut un temps
où tous les chemins de mon corps
auraient eu le nom que tu leur aurais donné
Pas maintenant
Tu les as rendus au néant
au non-sens de choses
juste là

L’heure est passée

équilibre s’est refait du vide
des aubes sans rien
L’équilibre s’est refait
sans toi

Il était une fois
un printemps tout entier
suspendu
à tes gestes

Maintenant il est trop tard
Les arbres ont de nouveau abrité
les pousses
dans leur écorce dure
et ils ont su qu’ils ne pouvaient compter
que sur leurs bras ligneux et
nus

Pas maintenant
j’ai renoncé à toi
je t’ai expulsé de l’acier des miroirs

Tu m’as rendu le profil net et dur
des choses
la pure découpe du silence

***

Agora nunca mais

Agora nâo
agora nunca mais

Passou a hora

Agora jà fechei as portas todas
e atirei as chaves ao mar
Agora marquei bilhete para partir de madrugada
Agora jâ you a caminho

Houve um tempo
em que todos os caminhos do meu corpo
teriam tido os nomes que lhes desses
Agora nâo
Devolveste-os ao nada
ao sem sentido de coisas
existindo

Passou a hora

O equilibrio refez-se do vazio
das madrugadas sem nada
O equilibrio refez-se
sem ti

Houve um tempo
em que uma primavera inteira
esteve suspensa
dos teus gestos

Agora é tarde
As ârvores reabrigaram
os rebentos
na casca dura
e souberam que so podiam contar
com seus lenhosos braços
nus

Agora nâo
desisti de ti
expulsei-te do aço dos espelhos

Devolveste-me o nitido e duro perfil
das coisas
o puro recorte do silêncio

(Teresa Rita Lopes)


Illustration retirée sur demande de l’artiste

Posted in poésie | Tagué: , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , | Leave a Comment »

Pourquoi mes yeux ont-ils donc tant besoin de voir la mer au loin ? (Teresa Rita Lopes)

Posted by arbrealettres sur 25 juin 2017



Pourquoi mes yeux ont-ils donc tant besoin
de voir la mer au loin ?
Ou rien que l’eau
d’un fleuve
pour y sentir leur racine
Peut-être est-ce d’avoir tant désiré le bleu
de l’eau là-bas
que mes yeux sont clairs
et de tant aimer la mer
que mes peines
sont devenues intrépides et salées
et qu’elles ont
le vol à pic des mouettes
et le cri acide
des oiseaux marins

***

Porque sera que meus olhos tanto necessitam
de ver mar ao longe?
Ou pelo menos a agua
de um rio
para aî cheirar sua raiz
Se calhar foi por tanto apetecer o azul
da agua ao longe
que meus olhos sâo claros
e por tanto amar o mar
que meus desgostos
se tornaram destemidos e salgados
e têm
o voo a pique das gaivotas
e o grito acido
dos passaros marinhos

(Teresa Rita Lopes)


Illustration

Posted in poésie | Tagué: , , , , , , , , , , , , , , , , , | 1 Comment »

Retour (Teresa Rita Lopes)

Posted by arbrealettres sur 26 novembre 2015



Retour

Avec un cabas
de syllabes
entre les dents

avec un projet
ancien
qui déborde
du couvercle

avec un noyau
vieux
d’où point
un feuillage

avec un envol
depuis des siècles
retenu
sous les aisselles

je débarque

Sauront-ils mes pas
mes oiseaux
mes chevaux

si longtemps
clandestins
dans des tiroirs
dans des poches

respirer
l’air
libre?

***

Regresso

Com um cabaz
de silabas
nos dentes

com um projecto
antigo
a transbordar
da tampa

com um caroço
velho
a querer deitar
folhagem

com um voo
hà séculos
retido
nos sovacos

desembarco

Saberâo meus passos
meus pâssaros
meus cavalos

clandestinos
ha tempo
em bolsos
e gavetas

respirar
o ar
livre?

(Teresa Rita Lopes)


Illustration

Posted in poésie | Tagué: , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , | Leave a Comment »

Oiseau de poche (Teresa Rita Lopes)

Posted by arbrealettres sur 25 novembre 2015



Oiseau de poche

L’oiseau
au fond
de ma poche

ah celui-là
personne
ne pourra me le voler

Le cheval
clandestin
au grenier

sera toujours

à m’attendre

Une mer que je connais
une vague
une dune

ne cesseront jamais
d’être
pour moi

Une pierre que j’ai eue
un geste que j’ai gravé
sur un mur

je sais bien
qu’ils seront toujours
en ma faveur

Un toit
un grenier
une certaine colline
bleue

je sais bien
qu’ils seront toujours
à ma disposition

Un goût
Un émoi sur mes lèvres
et dans mon sang

je sais que
les yeux fermés
ils me reconnaissent

On vit pour si peu
de si peu l’on meurt
avec si peu l’on espère

***

Pâssaro na algibeira

O pâssaro
no fundo
da algibeira

ah esse
ninguém
mo poderâ roubar

O cavalo
clandestino
no sôtâo

hâ-de estar sempre

à minha espera

Um mar que eu sei
uma onda
uma duna

nunca deixarâo
de ser
por mim

Uma pedra que tive
urn gesto que gravei
num muro

bem sei
que serâo sempre
a meu favor

Um telhado
um sobrado
um certo cerro
azul

bem sei
que estarâo sempre
ao meu dispor

Um gosto
Um susto no lâbios
e no sangue

sei que
de olhos fechados
me conhecem

Por tao pouco se vive
de tao pouco se morre
corn tao pouco se espera

(Teresa Rita Lopes)


Illustration

Posted in poésie | Tagué: , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , | Leave a Comment »

Les jours ajournés (Teresa Rita Lopes)

Posted by arbrealettres sur 24 novembre 2015



Les jours ajournés

Un jour
un jour nous lâcherons tous les chevaux
du grenier
leurs crinières au vent inonderont
le temps

Un jour
les gestes se détacheront
de notre corps
chercheront en pleine lumière
leur forme nette
leur contour exact
leur envie de s’envoler

Un jour l’amour sera
Un jour l’amour sera
plonger les mains dans l’eau limpide
boire

Un jour notre corps
sera réel
Un jour il y aura des plages
et notre corps saura par coeur
la courbe de l’horizon

Un jour il y aura des monts et des montagnes
et des versants et des cimes et des racines et des pierres
et nous apprendrons à nos pieds à nos enfants
la façon de monter
libres

Un jour nous arracherons de nous ces gestes qui nous font mal
ces gestes avortés ou que nous n’avons pu faire

Un jour nous ferons un feu de gestes
et de mots
vieux
un grand feu
qui réchauffe
qui flambe
et nous sauterons comme jadis
au temps où l’on fêtait la Saint-Jean

Un jour
un jour ce ne sera plus le jour ajourné
passer la main exténuée
sur le dos maigre du cheval clandestin
un jour sera tout de suite aujourd’hui
Un jour sera

Un jour le courage sera une petite
pierre
Toucher d’une main sûre
la cible

Un jour

Le jour
c’est urgent

Un jour nous serons morts

***

Os dias adiados

Um dia
um dia soltaremos todos os cavalos
do sôtâo
suas crinas soltas inundarâo
o tempo

Um dia
os gestos hâo-de soltar-se
do corpo
buscar em plena luz
sua forma nitida
seu contorno exacto
sua vontade de voar

Um dia sera o amor
Um dia o amor sera
mergulhar as mâos na agua limpida
beber

Um dia nosso corpo
sera verdade

Um dia havera praias
e o corpo sabera de cor a curva
do horizonte

Um dia havera montes e montanhas
e vertentes e cumes e raîzes e pedras
e ensinaremos a nossos pés a nossos filhos
o jeito de subir
à solta

Um dia arrancaremos de nos os gestos que nos doem
que abortamos ou nào chegamos a fazer

Um dia faremos uma fogueira de gestos
e palavras
velhas
uma fogueira grande
que aqueça
que faça fogo
e havemos de salta-la como dantes
quando festejavamos o S. João

Um dia
um dia nâo sera mais o adiado dia
passar a mâo exausta
pelo dorso magro do cavalo clandestino
um dia sera logo sera Hoje
Um dia sera

Um dia a coragem sera uma pequena
pedra
Ferir com mao certeira
o alvo

Um dia

O Dia
urgentemente

Um dia seremos mortos

(Teresa Rita Lopes)


Illustration

Posted in poésie | Tagué: , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , | Leave a Comment »

 
%d blogueurs aiment cette page :