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Poésie

Posts Tagged ‘termite’

Un jour viendra sans doute (Achille Chavée)

Posted by arbrealettres sur 17 avril 2016



Un jour viendra sans doute où nous serons
en communication
avec le monde des insectes
avec les termites muets
avec les aveugles fourmis

Qu’est-ce que parler humain veut dire
au fond du gouffre de la pensée !

Et je me vois très bien
buvant un bock
avec un insecte asexué
à la table effrayante de l’éternité

Insecte
je bois à ta santé
à nos bonnes santés interminables

(Achille Chavée)

Découvert ici: https://schabrieres.wordpress.com/

 

 

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In Memoriam J.J. RABEARIVELO poète malgache (Jacques Rabemananjara)

Posted by arbrealettres sur 2 janvier 2016




in Memoriam Jean-Joseph Rabearivelo
poète malgache

I

Je suis venu revoir les lieux où tu t’endors.
Je n’ai pu retenir mes sanglots et mes larmes.
Le souvenir n’est-il, à l’ombre de la mort,
Qu’un éclair sans éclat dans une nuit sans charmes ?

O mon ami, voici ce qui reste de toi :
Un peu de terre rouge où des chiendents sauvages
Suivent nonchalamment le -destin- de leur loi.
La mort et la ruine emmêlent leurs ravages.

La Solitude, soeur fidèle des tombeaux,
Garde dans son manteau ton rêve et ton mystère.
Une pierre, immobile, un couple de corbeaux,
Sont-ils les seuls veilleurs aux portes de la terre ?

II

J’ai beau crier ton nom aux vallons d’alentour :
Nul écho ne répond aux syllabes sonores.
Le buisson est muet. L’espace reste sourd.
Tout est calme et serein comme une claire aurore.

Ton Emyrne, O Poète, a trahi les serments.
Au pied du mausolée où ton âme médite,
Expirent quelquefois de lointains aboiements
Semblables aux sanglots de quelques voix maudites.

Mais partout le silence et partout l’abandon.
Le sommeil éternel triomphe de tes songes.
J’ai réveillé parmi la ronce et le chardon
Un arrière-refrain du Chant qui te prolonge.

III

La nature sourit et revêt sans remords
La splendeur d’un azur qui n’a point de limites.
Le ciel que nous peuplions de voeux pour notre sort
Range notre destin aux grandeurs des termites.

Ah ! que chanter encore et que dire de plus
Qui ne marque l’éclat et l’emprise du sable.
L’homme est un pèlerin au seuil d’un tumulus ;
Que sert de se parer de lauriers périssables !

Mais je vois refleurir sur les flancs des remparts
Les roses et les lis dont quelques mains pieuses
Ont jadis apprêté l’heure de ton départ.
Je vois croître en beauté les collines heureuses.

IV

Les cimes dont tes vers ont fixé les langueurs
N’ont pas, pour te pleurer, changé leur attitude.
Sur la face des rocs, des choses, dans les odeurs
S’inscrit en feux dorés la noire ingratitude.

L’Oubli, comme un vautour qui de gloire se tord,
Impérialement plane et bâtit son aire
Sur le tertre désert qu’un sombre figuier tors
Couvre d’une tristesse immense et millénaire.

Seul, l’arbre des hauts-lieux, dont tu prisais l’orgueil
Oppose au grand azur qui s’emplit de lumières
L’auguste frondaison de ses rameaux en deuil
Et semble un renouveau de tes forces premières.

V

Peut-être sa racine errant dans les limons
Trempe sa sève antique au sang de ta jeunesse.
Faut-il, O mon ami, que le gardien des monts
D’un siècle à l’autre ainsi de nos souffles renaisse ?

Est-ce là pour la vie un terme glorieux ?
Oh ! dis-moi, toi qui sais les énigmes des choses
Quel mirage a séduit ton esprit curieux
Pour t’enivrer d’espoir en les Métamorphoses ?

Par quels rayons nouveaux tes yeux sont-ils dorés ?
La barque dont ta main a brisé l’armature,
Ah ! quelles cargaisons de bonheurs ignorés
T’a-t-elle su promettre au port de l’Aventure ?

VI

Je ne viens pas troubler ton rêve évanoui.
Mais l’éclair d’un regard et le pli d’une rose
N’auraient-ils pu suffire à ton coeur ébloui
Pour chanter sur la route un hymne moins morose !

Laisse, Ami, laisse-moi devant ton frais tombeau,
Parmi l’oubli des odeurs, la vanité des choses,
Ecouter la Sagesse en ce désert enclose
Et conjurer la mort dans l’attente du Beau.

Qu’est-ce la vie en somme et que dois-je en attendre,
Puisque tout doit périr et fumier devenir !
O Poète, les yeux fermés sur l’avenir,
Je n’ai pas à presser l’heure qui doit descendre,

Et je reste les bras croisés et le coeur tendre…

(Jacques Rabemananjara)

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Fanfan, la termite (Andrée Chedid)

Posted by arbrealettres sur 26 mars 2015


termite

«J’ai une vie intérieure! »
Dit Fanfan, le Termite.
« Il faut qu’on se le dise:
J’ai une vie intérieure!»
Son logis aux orties,
Son épouse en ermite,
Ses enfants en fouillis,
Au diable, le labeur!
Ruisselant d’oripeaux,
Fleurant la marguerite,
Voilà Fanfan le Termite
Qui taquine l’Ailleurs!

(Andrée Chedid)

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