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Posts Tagged ‘terni’

Annie (Charles Leconte de Lisle)

Posted by arbrealettres sur 24 janvier 2019



 

Cecile Veilhan _400

Annie

La lune n’était point ternie,
Le ciel était tout étoilé ;
Et moi, j’allai trouver Annie
Dans les sillons d’orge et de blé.
Oh ! les sillons d’orge et de blé !

Le coeur de ma chère maîtresse
Etait étrangement troublé.
Je baisai le bout de sa tresse,
Dans les sillons d’orge et de blé !
Oh ! les sillons d’orge et de blé !

Que sa chevelure était fine !
Qu’un baiser est vite envolé !
Je la pressai sur ma poitrine,
Dans les sillons d’orge et de blé.
Oh ! les sillons d’orge et de blé !

Notre ivresse était infinie,
Et nul de nous n’avait parlé…
Oh ! la douce nuit, chère Annie,
Dans les sillons d’orge et de blé !
Oh ! les sillons d’orge et de blé !

(Charles Leconte de Lisle)

Illustration: Cecile Veilhan

 

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Choses qui font battre le coeur (Sei Shōnagon)

Posted by arbrealettres sur 6 septembre 2018



 

Oisillon-moineau-friquet

Choses qui font battre le coeur

Des moineaux qui nourrissent leurs petits.
Se coucher seule dans une chambre délicieusement parfumée d’encens
S’apercevoir que son miroir de Chine est un peu terni.
Une nuit où l’on attend quelqu’un.
Tout à coup, on est surpris par le bruit de l’averse que le vent jette contre la maison.

(Sei Shōnagon)

Découvert chez Lara ici

Illustration

 

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L’AMOUR EN FUITE (Patricia Ruiz-Gamboa)

Posted by arbrealettres sur 23 juillet 2018




    
L’AMOUR EN FUITE

La lampe éteinte de nos jours,
A de sombres contours
Et des visages d’Amour
Qui sanglotent toujours.

Peu à peu, sans bruit,
Tout doucement,
Les rires d’été se sont enfuis,
Il ne reste que le vent.

Le soleil de nos nuits,
Terni à force d’étoiles,
Implore sa survie,
Veut déchirer le voile.
Mais la lampe s’est éteinte,

Et au déclin du soir,
Se dénouent les étreintes,
Aux couleurs de notre espoir.

(Patricia Ruiz-Gamboa)

 

Recueil: Concerto pour une plume
Traduction:
Editions: ARCAM

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Rire (Maurice Carême)

Posted by arbrealettres sur 30 avril 2018



 

Rire

Rien à dire?
Si pardi!

Qu’il faut rire,
Rire ici,
Rire au chien,
Au hibou,
Rire à rien,
Rire à tout,
Aux nuages,
Aux vieux houx,
Rire en sage,
Rire en fou.

Rien à faire
Une terre
De lumière.

Rire aux cieux,
Qu’ils soient bleus
Ou ternis
Par la pluie.

Rire enfin
Quand la fin
N’est pas loin.

Rire encor
Quand la mort
Prend son cor
Et nous suit.

Rire à Dieu,
Qui fait, lui,
Ce qu’il veut.

(Maurice Carême)

Illustration: Julia Pappas

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Je ne regrette rien J’avance (Paul Eluard)

Posted by arbrealettres sur 13 décembre 2017


funambule

 

L’aube grise les yeux ternis
La faim calmée par une aumône
La plaie pansée par l’ennemi
La plaie léchée par un ami
La maison habitée même par le désastre
Les routes mêmes défoncées
Les mains si douces abîmées
Les lèvres roses déflorées
Une chasse sans gibier
Une corde sans pendu
Une femme sans enfants
Les murs de ma cécité
Tout autour de ma vision
Une voix sans contredit
Une intime surdité
Un passé hypothétique
Un avenir assuré
Un amour non éternel

Je ne regrette rien
J’avance

(Paul Eluard)

 

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Entre les fleurs un arrosoir (Georges Bonnet)

Posted by arbrealettres sur 18 février 2017



arrosoir

Entre les fleurs un arrosoir
debout sur les graviers

Son fer blanc terni
cabossé sur le flanc droit

L’odeur des lilas

Rien d’autre

(Georges Bonnet)

 Illustration

 

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Aimons toujours ! Aimons encore! (Victor Hugo)

Posted by arbrealettres sur 15 février 2017



Aimons toujours ! Aimons encore !
Quand l’amour s’en va, l’espoir fuit.
L’amour, c’est le cri de l’aurore,
L’amour c’est l’hymne de la nuit.

Ce que le flot dit aux rivages,
Ce que le vent dit aux vieux monts,
Ce que l’astre dit aux nuages,
C’est le mot ineffable : Aimons !

L’amour fait songer, vivre et croire.
Il a pour réchauffer le coeur,
Un rayon de plus que la gloire,
Et ce rayon c’est le bonheur !

Aime ! qu’on les loue ou les blâme,
Toujours les grand coeurs aimeront :
Joins cette jeunesse de l’âme
A la jeunesse de ton front !

Aime, afin de charmer tes heures !
Afin qu’on voie en tes beaux yeux
Des voluptés intérieures
Le sourire mystérieux !

Aimons-nous toujours davantage !
Unissons-nous mieux chaque jour.
Les arbres croissent en feuillage ;
Que notre âme croisse en amour !

Soyons le miroir et l’image !
Soyons la fleur et le parfum !
Les amants, qui, seuls sous l’ombrage,
Se sentent deux et ne sont qu’un !

Les poètes cherchent les belles.
La femme, ange aux chastes faveurs,
Aime à rafraîchir sous ses ailes
Ces grand fronts brûlants et réveurs.

Venez à nous, beautés touchantes !
Viens à moi, toi, mon bien, ma loi !
Ange ! viens à moi quand tu chantes,
Et, quand tu pleures, viens à moi !

Nous seuls comprenons vos extases.
Car notre esprit n’est point moqueur ;
Car les poètes sont les vases
Où les femmes versent leur coeurs.

Moi qui ne cherche dans ce monde
Que la seule réalité,
Moi qui laisse fuir comme l’onde
Tout ce qui n’est que vanité,

Je préfère aux biens dont s’enivre
L’orgueil du soldat ou du roi,
L’ombre que tu fais sur mon livre
Quand ton front se penche sur moi.

Toute ambition allumée
Dans notre esprit, brasier subtil,
Tombe en cendre ou vole en fumée,
Et l’on se dit :  » Qu’en reste-t-il ?  »

Tout plaisir, fleur à peine éclose
Dans notre avril sombre et terni,
S’effeuille et meurt, lis, myrte ou rose,
Et l’on se dit :  » C’est donc fini !  »

L’amour seul reste. O noble femme
Si tu veux dans ce vil séjour,
Garder ta foi, garder ton âme,
Garder ton Dieu, garde l’amour !

Conserve en ton coeur, sans rien craindre,
Dusses-tu pleurer et souffrir,
La flamme qui ne peut s’éteindre
Et la fleur qui ne peut mourir !

(Victor Hugo)

Illustration: Sophie Vulliard

Découvert ici: https://eleonoreb.wordpress.com/

 

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Ce qui était grand (Czeslaw Milosz)

Posted by arbrealettres sur 29 décembre 2016




Ce qui était si grand est devenu petit.
Les royaumes comme l’étain se sont ternis.

Ce qui m’écrasait ne m’écrase plus.
Les terres du ciel étincellent dans leur cours.

Au bord du fleuve, allongé dans l’herbe,
Enfant d’autrefois, je lance des bateaux d’écorce.

(Czeslaw Milosz)

Illustration

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Durée (Carlos Drummond de Andrade)

Posted by arbrealettres sur 6 décembre 2016



Durée

Le temps était-il bon? Le temps
n’était pas. Il est, pour toujours.
Le lierre de l’ère d’antan
infatigablement suinte.

C’est arrivé voilà mille ans?
Ça continue à arriver.
Dans les bouts de chiffons les plus
ternis, je me lis et relis.

Tout est-il mort, dans la distance
qui va de quelqu’un à lui-même?
Tout est en vie, mais sans l’angoisse
d’aimer et d’être prisonnier.

Car tout à la fin se libère
des fers qui dans l’air sont forgés.
L’âme sourit, déjà bien proche
de la racine même de l’être.

(Carlos Drummond de Andrade)

Illustration: Salvador Dali

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Bonheur rêvé (Albert Lozeau)

Posted by arbrealettres sur 27 novembre 2016



Bonheur rêvé

J’aurai pour vous aimer des tendresses nouvelles,
Des sourires plus doux des lèvres et des yeux
Que vous enfermerez dans votre cœur joyeux,
Comme de blancs oiseaux qu’on prive de leurs ailes.

Et vous aurez pour moi des grâces maternelles,
Des baisers délicats, des mots délicieux,
Des consolations apprises dans les cieux,
Avant votre venue en nos plaines mortelles.

Nous irons l’un et l’autre en l’azur infini
D’un rêve intérieur que n’aura pas terni
La réalité sombre au malheur condamnée.

Vous me direz : Mon frère, et je dirai : Ma sœur,
En savourant l’oubli du mal et la douceur
D’être l’âme qui va par la vôtre menée.

(Albert Lozeau)

 

 

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