Arbrealettres

Poésie

Posts Tagged ‘terrain’

A quel rivage veux-tu atteindre, ô mon coeur ? (Kabîr)

Posted by arbrealettres sur 23 mai 2017



    
A quel rivage veux-tu atteindre, ô mon coeur ?
Il n’y a aucun voyageur devant toi.
Il n’y a pas de route.
Où est l’action, où est le repos sur ce rivage ?

Il n’y a pas d’eau : aucun bateau, aucun marin ne sont en vue.
Il n’y a pas même de corde pour hâler le bateau, ni d’homme pour la tirer.
Ni terre, ni ciel, ni temps; rien n’y existe : ni fleuve, ni rive.

Il n’y a là, ni corps, ni esprit
et où pourrais-tu y apaiser la soif de ton âme ?
Tu ne trouverais rien dans ce néant.

Sois fort et rentre en toi-même.
Là tu seras sur un terrain solide.
Considère ceci, ô mon coeur !
Ne va pas ailleurs.

Kabîr dit : « Rejette toute imagination et
affermis-toi dans ce que tu es. »

(Kabîr)

 

 

Posted in méditations, poésie | Tagué: , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , | Leave a Comment »

La dispute (Stanley Kunitz)

Posted by arbrealettres sur 14 mars 2017



La dispute

Les mots que j’ai dits en colère
pèsent moins qu’une graine de persil,
mais une route passe par eux
qui mène à ma tombe,
ce terrain acheté et payé
sur une colline saupoudrée de sel à Truro
où les pins de Virginie
surplombent la baie.
À mi-chemin je suis assez mort,
éloigné de ma propre nature
et de ma féroce emprise sur la vie.
Si je pouvais pleurer, je pleurerais,
mais je suis trop vieux pour être
l’enfant de quelqu’un.
Liebchen,
avec qui me disputerais-je
sinon dans le sifflement de l’amour,
cette flamme âpre et irrégulière.

***

The Quarrel

The word I spoke in anger
weighs less than a parsley seed,
but a road runs through it
that leads to my grave,
that bought-and-paid-for lot
on a salt-sprayed hill in Truro
where the scrub pines
overlook the bay.
Half-way I’m dead enough,
strayed from my own nature
and my fierce hold on life.
If I could cry, I’d cry,
but I’m too old to be
anybody’s child.
Liebchen,
with whom should I quarrel
except in the hiss of love,
that harsh, irregular flame?

(Stanley Kunitz)

Découvert ici: https://schabrieres.wordpress.com/

 

Posted in poésie | Tagué: , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , | Leave a Comment »

Les mauvais jours (Jean Orizet)

Posted by arbrealettres sur 16 septembre 2016



Les mauvais jours

Que mon bonheur porte ton nom,
Que tes yeux rongent mon espace,
Que je sois ton terrain conquis.

Ainsi deviendrons-nous
Cette rose unique
A jamais sauvée
Du long dessèchement.

Ainsi pourrons-nous vivre
Sans faiblir au cœur
Des foules grimaçantes
Et soutenir la lumière crue
Des mauvais jours.

(Jean Orizet)

Illustration: Andrei Protsouk

 

Posted in poésie | Tagué: , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , | Leave a Comment »

« JE » SONT TOUS LES AUTRES (René Laporte)

Posted by arbrealettres sur 13 août 2016



« JE » SONT TOUS LES AUTRES

Je suis là, mais ma pensée est ailleurs. J’attends
Devant cette porte cadenassée, mais c’est un autre qui se tient là à ma place.
Loin, très loin, les chalands amarrés, les navires prêts à partir,
Et cette armoire quelque part où le linge a une odeur de coings et d’automne.

Il fait bon, oui, il fait bon rester ainsi aux fenêtres
Et voir le jour qui monte comme une plante neuve de la terre.
Il y a les oiseaux qui essaient le vol comme une forme plus pure.
Et cette course joyeuse de l’homme qui s’avance vers son destin.

O, ne me demandez pas :
A quoi bon tout cela ?
Il y a encore des terrains vastes, il y a encore des maisons à bâtir,
Et des hommes qui n’ont jamais mangé à leur faim
Et la vie et le soleil qu’on soupçonne parmi eux.

Ce sont des paroles simples à la portée de tout le monde,
Pas même la peine de les chercher dans un dictionnaire :
Le droit au repos ; le droit au travail. se promener
Dans un beau parc lumineux. ouvrir une terrasse au grand air, un poème.

Faut-il briser le cœur de l’homme comme la surface
D’une rivière glacée pour trouver une onde claire ?
Je dis cela ou autre chose. J’attends
Devant cette porte, mais c’est un autre qui attend à ma place.

(René Laporte)

Illustration: Mustapha Merchaoui

 

Posted in méditations, poésie | Tagué: , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , | Leave a Comment »

Récupérer des figures du rêve (Roberto Juarroz)

Posted by arbrealettres sur 27 avril 2016



Récupérer des figures du rêve
Comme on gagne du terrain sur la mer
et fonder sur cette plage minimale
le tremblement d’un petit poème.

Puis rendre le rêve au rêve
et fermer le circuit,
car le rêve ne peut pas rester longtemps
hors du rêve.

Ainsi, presque sans l’avoir cherché,
il restera parmi les mots du poème
un peu du parfum du fond.

*

Recuperar figuras del suenõ
como quien gana terreno al mar
y fundar en esa minima playa
el temblor de un pequeño poema.

Devolver luego el sueño al sueño
y cerrar el circuito,
porque el sueño no puede estar mucho
afuera del sueño.

Asi, casi sin haberlo buscado,
quedará entre las palabras del poema
un poco del perfume del fondo.

(Roberto Juarroz)

Découvert ici: https://schabrieres.wordpress.com/

 

 

Posted in méditations, poésie | Tagué: , , , , , , , , , , , , , , | Leave a Comment »

Les vaches (Lucie Delarue-Mardrus)

Posted by arbrealettres sur 27 février 2016



Les vaches

Quand je traverse le terrain,
Les vaches des fermes modèles,
Pourquoi donc me regardent-elles ?
Pourtant je ne suis pas un train !

(Lucie Delarue-Mardrus)

Illustration: Michel De Ruyck

 

Posted in humour, poésie | Tagué: , , , , , , , | Leave a Comment »

L’espace tombe sans fin, se détend immense (Gérard Pfister)

Posted by arbrealettres sur 20 janvier 2016




Puis le terrain
meuble cédant
sous le pas des instants
le lent éboulement, un trou
soudain s’évase
au centre du corps, l’espace
tombe sans fin, se détend
immense là où n’était
que toi

(Gérard Pfister)

 

 

Posted in méditations | Tagué: , , , , , , , , , , , , , , | Leave a Comment »

Plus que tout m’envoûtaient ces territoires (André Hardellet)

Posted by arbrealettres sur 11 novembre 2015



 

OLYMPUS DIGITAL CAMERA

Plus que tout m’envoûtaient ces territoires
que le terme de zones désignait avec une prudente imprécision :
sur ces terrains au plus haut point vagues, quelque chose était resté indéterminé,
hésitant entre l’usine, les petits pavillons et les jardinets.
Sur ces espaces prenait naissance une certaine forme d’attente
qui peut devenir celle précédant toute création poétique…

(André Hardellet)

Illustration: ArbreaPhotos
 

 

Posted in poésie | Tagué: , , , , , , , , , , , , , , , , , , | Leave a Comment »

Si pouvait se fendre le mur (Roland Brachetto)

Posted by arbrealettres sur 10 octobre 2015



Si pouvait se fendre le mur
là où la nuit se continue

dans les terrains vagues de l’impossible
ton regard se mouillant d’une fraîcheur de mer
nous verrions enfin l’impur nous épier
L’envers de vivre aussi nous ramène à nous-mêmes

par d’autres chemins que ceux du souffrir
à travers d’autres arbres que les bras du quotidien
Vertical un parfum de feuillage futur
part de la souche morte vers celui
des sommeils que nous avons en commun
avec les murs de la mémoire

(Roland Brachetto)

 

 

Posted in poésie | Tagué: , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , | Leave a Comment »

 
%d blogueurs aiment cette page :