Arbrealettres

Poésie

Posts Tagged ‘terrasse’

La jupe (Michel Butor)

Posted by arbrealettres sur 29 novembre 2019




    
La jupe

Rivalisant avec les fleurs
sur les trottoirs et les jetées
virevoltant avec les valses
sur les terrasses des soirées

(Michel Butor)

 

Recueil: Collation précédé de HORS-D’OEUVRE scandés par les SOUVENIRS ILLUSOIRES D’UN JAPON TRES ANCIEN
Traduction:
Editions: Seghers

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Mes châteaux démolis (Paul-Alexis Robic)

Posted by arbrealettres sur 12 novembre 2019



Mes châteaux démolis
Des douves aux terrasses,
Mes jardins envahis
Par les ronces voraces,
Mes forêts abattues,
Il n’en reste plus trace,
Mes vaisseaux disparus
Et la mer est si vaste,
Mon printemps, mon été
(Mon automne ?) vécus,
Mes amis en allés
Comme ils étaient venus,
Tant d’amours défleuries,
De cendre sur le coeur,
Tu me restes, Seigneur,
Et commence la vie !

(Paul-Alexis Robic)

Illustration: ArbreaPhotos

 

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MON FILS, AIME ET COUPE-TOI LA LANGUE (Maurice Chappaz)

Posted by arbrealettres sur 25 octobre 2019



Hu Jun Di   0

MON FILS, AIME ET COUPE-TOI LA LANGUE

Mon désir d’elle
la fait ressembler à une carafe d’eau glacée
qui circule en plein midi
à la terrasse d’un café.

Mon désir d’elle la pose sur la table
telle une cathédrale claire et fragile,
le litre et le verre.

Mais mes lèvres balbutient de soif
et cette transparence est pour mon esprit
une nuit au milieu du jour.

*

Le soleil est fou de la fraîcheur des carafes.
Elles s’environnent d’une écorce de buée.
Ainsi ta pudeur,
ainsi mon regard.

(Maurice Chappaz)

Illustration: Hu Jun Di

 

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AVANT-DERNIER MOT (Jules Laforgue)

Posted by arbrealettres sur 12 octobre 2019



AVANT-DERNIER MOT

L’Espace ?
— Mon Coeur
Y meurt
Sans traces …

En vérité, du haut des terrasses,
Tout est bien sans coeur.

La Femme ?
— J’en sors,
La mort
Dans l’âme …

En vérité, mieux ensemble on pâme
Moins on est d’accord.

Le Rêve ?
— C’est bon
Quand on
L’achève …

En vérité, la Vie est bien brève,
Le Rêve bien long.

Que faire
Alors
Du corps
Qu’on gère ?

En vérité, ô mes ans, que faire
De ce riche corps ?
Ceci,
Cela,
Par-ci
Par-là …

En vérité, en vérité, voilà.
Et pour le reste, que Tout m’ait en sa merci.

(Jules Laforgue)

 

 

 

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Faim (Thomas Vinau)

Posted by arbrealettres sur 25 septembre 2019



Illustration
    
Faim

Chercher par la fenêtre
et puis fouiller sur les trottoirs
dans les poubelles
dans les coins d’ombre
sur les toits les balcons
dans l’égout
Fouiller les noeuds
des platanes torturés
les fossés les ruelles
le terrain de foot
le parking
l’école
les terrasses de bistrot
le poissonnier
le cambouis du matin
Mettre ses yeux dedans
leur mettre quelque chose
sous la dent

(Thomas Vinau)

 

Recueil: Juste après la pluie
Traduction:
Editions: Alma

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Litanies des premiers quartiers de la lune (Jules Laforgue)

Posted by arbrealettres sur 24 août 2019



 

Litanies des premiers quartiers de la lune

Lune bénie
Des insomnies,

Blanc médaillon
Des Endymions,

Astre fossile
Que tout exile,

Jaloux tombeau
De Salammbô,

Embarcadère
Des grands Mystères,

Madone et miss
Diane-Artémis,

Sainte Vigie
De nos orgies

Jettatura
Des baccarats,

Dame très-lasse
De nos terrasses,

Philtre attisant
Les vers luisants,

Rosace et dôme
Des derniers psaumes,

Bel œil-de-chat
De nos rachats,

Sois l’Ambulance
De nos croyances !

Sois l’édredon
Du Grand-Pardon !

(Jules Laforgue)

 

 

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Je n’ai pas vraiment peur de disparaître (Jacques Darras)

Posted by arbrealettres sur 27 juillet 2019




[…]
Je n’ai pas vraiment peur de disparaître.
Je voudrais seulement comme tout le monde savoir dans quelle direction je vais ensuite.
Si ce sera dedans.
Si ce sera dehors.
Est-ce que la mort est dedans ou dehors ?
Là est la question.
Là est ma question.
J’aime finalement bien habiter quelque part.
Je ne suis pas difficile en matière d’habitation.
Je veux bien habiter pour toujours à l’hôtel.
La seule chose que je n’aime pas ce sont les camps de vacances
Les villages de toile.
Dans une pâture normande ou au bord de la Méditerranée.
Je préfère une Place Publique de gens habillés, en manches de chemise, assis à une terrasse, buvant de
la bière ou du Moselle frais, suçant à petites cuillerées un sorbet cassis ou groseilles à maquereaux.
J’ai la vision d’une foule italienne idéale, femmes impeccablement blanches et brunes, lunettes de soleil
noires, tailleurs à fines rayures.
[…]
(Jacques Darras)

Illustration: Benoit Colsenet

 

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Nulle reine (Tahar Bekri)

Posted by arbrealettres sur 13 avril 2019


monet

Nulle reine
mais la terrasse hospitalière
de ta joue
violente comme une pêche à l’aube
reçoit le soleil d’orange

(Tahar Bekri)

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PÉTUNIA BLANC (Mina Loy)

Posted by arbrealettres sur 6 avril 2019



Illustration
    
PÉTUNIA BLANC

Une étoile de nuage
sur le toit
une trompette
mélodieuse et mauve
une fleur ondulante
exhale l’aurore
de son cœur
en couloir d’abeille.

Un pétunia lumineux
au rythme de la faible pulsion
du jour torride
éclaire souplement
la peinture blanche
de la terrasse,

le grand jet de grès
précipité
des villes.

(Mina Loy)

 

Recueil: Il n’est ni vie ni mort, poésie complète
Traduction: Olivier Apert
Editions: Nous

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À VÊPRES (Marie Noël)

Posted by arbrealettres sur 24 septembre 2018



    

À VÊPRES
Seigneur, il nous est bon d’être ici.
(Math. 17-4.)

Le jour s’apaise. Allons cheminer, ô mon âme,
Exilés dans l’oubli de ce monde, tout seuls,
Sur la terrasse haute où quelque vieille femme
Cueille des fleurs aux branches calmes des tilleuls.

Vois, l’éclat du soleil se tait, le ciel s’efface
Et la plaine à mes pieds semble un étang qui dort.
Pourquoi n’ayant rien fait, mon âme, es-tu si lasse,
Toi qui ne dormiras pas même dans la mort ?

Quelle plaie avais-tu d’où la fièvre s’élance ?
L’arôme du feuillage et des calices clos
De son sommeil épars embaume le silence…
Est-ce le rossignol qui trouble ton repos ?

Dans cet enchantement câlin où s’évapore
La résolution des précises vertus,
Qu’avons-nous égaré, que cherchons-nous encore ?
Quel perfide regret nous a tant abattus ?

Une attente sans but en moi se désespère,
J’ai le mal d’un pays d’où le vent doit souffler.
Où donc est mon pays, la maison de mon père
Et le chemin secret où je veux m’en aller ?

Quelle haleine a flotté qui m’entraîne avec elle
Dans un espoir immense où me voilà perdu ?
Quel amour tout à coup m’environne, m’appelle ?…
Rien ne bouge… ô mon coeur, qu’ai-je donc entendu ?

La paix des alentours est auguste et profonde.
Vois, du bois pâle et bleu de douceur arrosé,
La caresse de Dieu qui s’étend sur le monde ;
Toi-même as clos tes yeux sous l’aile d’un baiser.

Un invisible pas entr’ouvre l’herbe sombre
Et le souffle des champs qui tremblent le soutient…
C’est mon Seigneur, les bras tout grands ouverts dans l’ombre !
Il vient et je défaille à son passage… Il vient…

Seigneur, éloignez-vous, de peur que je ne meure.
Eloignez-vous !… Où fuir ?… Ah ! faites ! Prenez-moi !
Tenez-moi contre vous et laissez que je pleure
Est-ce de joie, est-ce de peine, est-ce d’effroi ?

Il m’a pris dans ses mains et j’ai posé la tête
Sur le coeur du Berger ainsi qu’un agneau las.
Et j’y suis bien, sa folle et plaintive conquête,
J’y suis bien et, s’il veut, je ne bougerai pas.

Demeurons. Il fait bon, Seigneur, sur la montagne.
— Sommes-nous au sommet exalté du Thabor ? —
Demeurons, la nuit monte et lentement nous gagne,
Le soir fuyant s’égare… Ah ! demeurons encor…

Les corolles des champs ont renversé leur vase,
Un baume répandu coule des liserons
Et le ciel infini se noie en notre extase…
Il fait bon, il fait doux, ô Maître, demeurons.

(Marie Noël)

 

Recueil: Les Chansons et les Heures / Le Rosaire des joies
Traduction:
Editions: Gallimard

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