Arbrealettres

Poésie

Posts Tagged ‘terre’

Pesanteur et tendresse (Ossip Mandelstam)

Posted by arbrealettres sur 14 août 2018



 

Illustration
    
Pesanteur et tendresse, vos signes sont les mêmes, ô sœurs.
La rose pesante est sucée par guêpes et abeilles.
L’homme agonise. Du sable reflue la chaleur,
Et sur de noirs brancards on emporte l’ancien soleil.

Ah, lourds rayons de miel et tendres rets!
Plus légère est la pierre que ton nom sur mes lèvres.
Il me reste au monde qu’un souci désormais,
Un souci d’or : épuiser le fardeau du temps, sa fièvre.

L’air est trouble, je le bois comme une eau qui s’obscurcit.
On laboure le temps, et même la rose fut terre.
Dans un lent tourbillon les lourdes, tendres roses ainsi,
Les roses pesanteur et tendresse doublement se tressèrent.

***

(Ossip Mandelstam)

 

Recueil: Les poésies d’amour
Traduction: Henri Abril
Editions: Circé
Publicités

Posted in poésie | Tagué: , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , | Leave a Comment »

CHOSE PAUVRE (Georges Themelis)

Posted by arbrealettres sur 14 août 2018



 

Salvador Dali __ solitude-anthropomorphe

CHOSE PAUVRE

Si je n’avais ce prétexte
Couverture qui couvre en dissimulant le fantôme
Cet habit sépulcral et mortuaire
Je pourrais traverser le filet, me transpercer moi-même,
passer dans un autre corps, dans un autre prétexte.
Nuage indéchirable, corps resplendissant.

Si je n’avais un vêtement lourd comme une armure

Lambeaux par lambeaux j’enlèverais la peau
Morceau par morceau je déc ouvrirais la poitrine,
le corps,
Pour dévoiler mon être, pour te contenir dans mon âme

Je me suis dénudé jusqu’au fond jusqu’à mes
ossements ultimes, je suis resté exténué et sans force.

Tu peux maintenant, si tu le veux, me briser
Comme un vase de terre vide
Faire de moi une chose pauvre, une poignée de terre.

(Georges Themelis)

Illustration: Salvador Dali

 

Posted in méditations, poésie | Tagué: , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , | Leave a Comment »

Bonheur, simplement, d’être là (Pierre Gabriel)

Posted by arbrealettres sur 12 août 2018



Bonheur, simplement, d’être là,
Parmi les pluies, les mots visibles,
Sur la terre un instant rassemblée
Dans l’odeur des prodiges,
D’éprouver le sang dru sous l’écorce,
La soif et ses ruisseaux d’épines,
Et de taire la vie pour l’écouter
Parler, d’être là, justement,
Où la lumière tremble et se divise,
D’appartenir à cet essaim de joie
Qui m’assaille et m’enclôt comme un fruit,
Puis me disperse au vent de vérité.

(Pierre Gabriel)

 

 

Posted in poésie | Tagué: , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , | 1 Comment »

Et qui donc pense à ton visage? (Paul Eluard)

Posted by arbrealettres sur 12 août 2018



 

Toutes les larmes sans raison
Toute la nuit dans ton miroir
La vie du plancher au plafond
Tu doutes de la terre et de la tête
Dehors tout est mortel
Pourtant tout est dehors
Tu vivras de la vie d’ici
Et de l’espace misérable
Qui répond à tes gestes
Qui placarde tes mots
Sur un mur incompréhensible

Et qui donc pense à ton visage?

(Paul Eluard)

 

Posted in poésie | Tagué: , , , , , , , , , , , , , , , , , | 1 Comment »

Ce matin (Hala Mohammad)

Posted by arbrealettres sur 8 août 2018




    
Ce matin
Mon souffle est coupé
Par cette même douleur
Qui me serre le coeur.

Du fond de mes pupilles
De mon corps de terre
J’implore
Alors le matin verse
Dans la lumière de ma fenêtre
Ma part quotidienne
D’oxygène.

***

(Hala Mohammad)

 

Recueil: Ce peu de vie
Traduction: Antoine Jockey
Editions: Al Manar

Posted in poésie | Tagué: , , , , , , , , , , , , , , , , , | Leave a Comment »

Cette rue spacieuse (Hala Mohammad)

Posted by arbrealettres sur 8 août 2018



Illustration: Benoit Havard 
    
Cette rue spacieuse
N’est pas la mer
Ces passants
Aux pas lents
Ne sont pas des barques de pêche.
Leurs sourires humides
Ne sont pas des gouttes de pluie.

Seuls
Les objets dans leurs mains
Les séparent de la terre.

***

(Hala Mohammad)

 

Recueil: Ce peu de vie
Traduction: Antoine Jockey
Editions: Al Manar

Posted in poésie | Tagué: , , , , , , , , , , , , , , , , , | Leave a Comment »

Ne sois pas un seul jour loin de moi (Pablo Neruda)

Posted by arbrealettres sur 7 août 2018



Margarita Sikorskaia -  (32)

Ne sois pas un seul jour loin de moi, il est long
si long le jour, je n’arrive pas à le dire.
ou bien je t’attendrai comme on fait dans les gares
lorsque les trains se sont endormis quelque part.
Ne t’en va même pas pour une heure : en elle
alors s’unissent les gouttes de l’insomnie
et toute la fumée qui cherche une maison
pour tuer mon coeur perdu viendra peut-être encore.
Que ne se brise pas ton portrait sur le sable,
que ne s’envolent pas tes paupières sans moi :
ne t’en va pas une minute, bien-aimée,
un instant suffirait, tu t’en irais si loin
que je traverserais la terre en demandant
si tu vas revenir ou me laisser mourant.

***

No estés lejos de mí un solo día, porque cómo,
porque, no sé decirlo, es largo el día,
y te estaré esperando como en las estaciones
cuando en alguna parte se durmieron los trenes.
No te vayas por una hora porque entonces
en esa hora se juntan las gotas del desvelo
y tal vez todo el humo que anda buscando casa
venga a matar aún mi corazón perdido.
Ay que no se quebrante tu silueta en la arena,
ay que no vuelen tus párpados en la ausencia :
no te vayas por un minuto, bienamada,
porque en ese minuto te habrás ido tan lejos
que yo cruzaré toda la tierra preguntando
si volverás o si me dejarás muriendo.

(Pablo Neruda)

Illustration: Margarita Sikorskaia

 

 

Posted in poésie | Tagué: , , , , , , , , , , , , , , , , , | Leave a Comment »

Nous rendons grâces (Chant Iroquois)

Posted by arbrealettres sur 6 août 2018



chef iroquois [800x600]

Nous rendons grâces à notre mère la terre, qui nous soutient.
Nous rendons grâces aux rivières et aux ruisseaux qui nous donnent l’eau.
Nous rendons grâces à toutes les plantes qui nous donnent les remèdes contre nos maladies.
Nous rendons grâces au maïs et à ses soeurs les fèves et les courges, qui nous donnent la vie.
Nous rendons grâces aux haies et aux arbres qui nous donnent leurs fruits.
Nous rendons grâces au vent qui remue l’air et chasse les maladies.
Nous rendons grâces à la lune et aux étoiles qui nous ont donné leur clarté après le départ du Soleil.
Nous rendons grâces à notre grand-père Hé-no, pour avoir protégé ses petits-enfants des sorcières et des reptiles, et nous avoir donné sa pluie.
Nous rendons grâces au Soleil qui a regardé la terre d’un oeil bienfaisant.
Enfin, nous rendons grâces au Grand Esprit en qui s’incarne toute bonté et qui mène toutes choses pour le bien de ses enfants.

(Chant Iroquois)

 

 

Posted in méditations, poésie | Tagué: , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , | Leave a Comment »

L’ENVIE DE DIRE… (Jean Rousselot)

Posted by arbrealettres sur 6 août 2018



L’ENVIE DE DIRE…

L’envie de dire vient aux mâchoires
Comme une salive un peu plus amère ;
L’envie de dire dès qu’on voit ;
C’est une étrange maladie.
C’est une atroce boule d’enfance
Qui remonte la gorge ; on la baptise
Poésie ; et beaucoup en sont morts
Sur ces terres nouvelles que le sang fertilise.

(Jean Rousselot)

Illustration: Brendan Monroe

 

Posted in poésie | Tagué: , , , , , , , , , , , , , , , , , | 1 Comment »

EMAIN LA TERRE DES FEES (Poésie Irlandaise)

Posted by arbrealettres sur 6 août 2018



bran [800x600]

EMAIN LA TERRE DES FEES

Voici une branche pommier d’Emain
que je t’apporte, semblable aux autres ;
elle a des rameaux d’argent blanc
et des sourcils de cristal avec des fleurs.

C’est en une île lointaine,
tout autour brillent les chevaux de mer
dans leur course avec l’écume des vagues ;
quatre piliers supportent cette île,

des piliers de bronze la supportent,
brillant à travers des siècles de beauté,
jolie terre à travers les siècles du monde
où maintes fleurs jaillissent.

Parmi les fleurs est un vieil arbre
où les oiseaux chantent les heures
en grande harmonie car ils savent
chanter ensemble à chaque heure du jour.

Des splendeurs de toute couleur brillent
dans la plaine aux jolies voix,
la joie rayonne et on écoute
des musiques dans la plaine de la Nuée d’Argent.

Inconnues sont la douleur et la traîtrise,
ni chagrin, ni deuil, ni mort,
ni maladie, ni faiblesse,
voilà le signe d’Emain.

Beauté d’une terre merveilleuse
dont tous les aspects sont aimables,
en un étrange pays
où la brume est incomparable.

Il y a trois fois cinquante îles lointaines
dans l’océan vers le couchant,
plus grande qu’Erin deux fois
est chacune d’elles ou trois fois.

C’est la terre de bonté
où pleuvent les cristaux et les pierres de dragon,
la mer jette la vague contre terre,
les cheveux de cristal de sa crinière.

Des chariots d’or dans la plaine de la mer
s’élèvent avec le flot vers le soleil,
il y a des chariots d’argent dans la plaine des Jeux
et des chariots de bronze sans défaut.

Des coursiers d’or jaune sont sur la rive,
d’autres encore de couleur pourpre,
d’autres avec de la laine sur le dos,
de la couleur du ciel tout bleu.

Au lever du soleil viendra
un bel homme illuminant les plaines,
il chevauche l’étendue battue des flots,
il remue la mer jusqu’à ce qu’elle soit de sang.

Une armée viendra par la mer claire,
vers la terre elle navigue,
les rameurs s’élancent vers les rochers
d’où s’élèvent cent refrains.

C’est un jour d’éternel beau temps
qui verse de l’argent sur les terres,
une falaise blanche bordant la mer
qui reçoit la chaleur du soleil.

Là sont le bonheur et la santé
sur la terre où résonnent les rires,
en la très calme terre, en toute saison,
est la joie qui dure toujours.

Emain, étonnante en face de la mer,
qu’elle soit proche, qu’elle soit lointaine,
où sont des milliers de femmes étranges
que la mer claire entoure.

La Navigation de Bran, fils de Febal.

(Poésie Irlandaise)

 Illustration

 

Posted in poésie | Tagué: , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , | Leave a Comment »

 
%d blogueurs aiment cette page :