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Poésie

Posts Tagged ‘terre’

Rien dans les mains (Paul Nougé)

Posted by arbrealettres sur 28 septembre 2022



Rien dans les mains

A la limite des limites, un peu au-delà, à la fin des fins,
au matin des matins, la terre vient de finir, le dernier
visage se ferme sans bruit,
personne ne se retrouve.

(Paul Nougé)

 

 

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L’arbre (Paul Nougé)

Posted by arbrealettres sur 27 septembre 2022



L’arbre

L’arbre de Simone pousse ses branches vers le ciel
et ses racines vers le centre de la terre.
Il y a des années qu’il en est ainsi.
Si bien que les feuilles bruissent au milieu des nuages
et les racines rôtissent au feu qui est sous la terre.
Simone tourne le dos, elle ignore son arbre.
Simone est morte ce matin.

(Paul Nougé)

Illustration: Carmen Meyer

 

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Non plus de quelque architecture aérienne et trop pure (Paul Nougé)

Posted by arbrealettres sur 26 septembre 2022



Gao Xingjian

Non plus de quelque architecture aérienne et trop pure,
quelque complexe et subtil jeu de lignes à travers quoi pour l’éternité joue le vide.
Il s’agit de descendre. Plus bas. Encore plus bas.
Nous sommes au niveau de la terre noire,
au niveau des odeurs humides, de la fraîcheur obscure,
au niveau de la naissance des pensées verdoyantes.
Nous sommes chez nous.

(Paul Nougé)

Illustration: Gao Xingjian

 

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L’adieu (Guillaume Apollinaire)

Posted by arbrealettres sur 23 septembre 2022




J’ai cueilli ce brin de bruyère
L’automne est morte souviens-t’en
Nous ne nous verrons plus sur terre
Odeur du temps brin de bruyère
Et souviens-toi que je t’attends

(Guillaume Apollinaire)

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Terre des songes (Andrée Chedid)

Posted by arbrealettres sur 23 septembre 2022



Terre des songes

J’ai ravi l’enfant-roi qui croyait aux voyages.

Sur les toits blêmes, j’ai jeté notre manteau d’oubli.
Nous nous sommes absentés
Laissant l’ombre déchirée du grand chêne sur les marches.
Le cri des terreurs,
L’angle qui rive nos murailles.
Sur mon épaule droite, j’ai pris l’enfant-roi.
Nos traces, le long des terres déteintes,
Avaient la chaleur des gorges d’oiseaux.

L’oeil de l’enfant est né dans le soleil;
Son jardin, où résident les silences,
N’a plus de solitude autour d’un arbre-mort.

Parce que rien n’est simple, j’ai ravi l’enfant-roi.

Et nous voici ensemble:
Ses printemps
Mes automnes
Nos magies
Et mon pas.

(Andrée Chedid)

Illustration

 

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LE VALLON DE TRÉBOUL (André Theuriet)

Posted by arbrealettres sur 23 septembre 2022



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LE VALLON DE TRÉBOUL

À deux pas de la mer qu’on entend bourdonner,
Je sais un coin perdu de la terre bretonne
Où j’aurais tant aimé, pendant les jours d’automne,
Chère, à vous emmener.

Des chênes faisant cercle autour d’une fontaine,
Quelques hêtres épars, un vieux moulin désert,
Une source dont l’eau vive a le reflet vert
De vos yeux de sirène…

La mésange au matin, sous la feuille jaunie,
Aurait chanter pour nous, et la mer jour et nuit
Aurait accompagné nos caresses d’amour
De sa basse infinie.

(André Theuriet)

 

 

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Tout l’univers (Carl Norac)

Posted by arbrealettres sur 6 septembre 2022



Illustration: Géraldine Alibeu
    
Tout l’univers

Il est une fois le môme qui court et la môme qui danse.
Le môme qui court sait pourquoi.
Pressé, il se prépare
à la vie des grands hasards.
La môme qui danse ne sait pas vraiment
pourquoi elle danse autant.
Mais, en dansant, elle rêve.
Le môme qui court vite rêve moins
jusqu’au jour où il s’arrête enfin.
Quand ils dansent ensemble,
le soleil ralentit sa course
à l’endroit, à l’envers,
la terre et les étoiles aussi.
Il est une fois rien qu’eux deux
et tout l’univers.

(Carl Norac)

Recueil: Petits poèmes pour passer le temps
Traduction:Editions: Didier Jeunesse

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Mon infini (Carl Norac)

Posted by arbrealettres sur 5 septembre 2022




Illustration: Géraldine Alibeu
    
Mon infini

Il y a partout des gens qui font la tête.
Si ça se trouve, un jour, les cosmonautes
en trouveront sur une autre planète.
« Salut les râleurs !
Nous venons de la planète Terre. »
Des gens comme ça, il y en a
dans ma ville, dans ma rue, dans ma classe,
partout je le répète.
Mais il y a toi, ton sourire qui fait du soleil
aussi vite qu’un claquement de doigts,
ton sourire pas si sage
qui trace en moi son paysage.
Râleurs de tous pays ! Boudeurs de l’univers
Entêtez-vous ! Entêtez-vous !
Comme je m’en fous ! Comme je m’en fous !

(Carl Norac)

Recueil: Petits poèmes pour passer le temps
Traduction:Editions: Didier Jeunesse

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PLANÈTES (Marc Alyn)

Posted by arbrealettres sur 27 août 2022



PLANÈTES

Planètes, je secoue le tissu de la nuit
Entre mes mains qui passent par silence
Et vous tombez en fruits, en feuilles, en sable
Dans la bouche inlassable des ruisseaux.

Ici, où tout se joue près de l’arbre et de l’eau,
Sur cette étroite terre inscrite dans le verbe
A jamais au mot vert,
L’univers infini et ses océans d’astres
N’est que l’air qui commence aux branches du verger.

(Marc Alyn)

 

 

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Ça m’est égal (Claude Roy)

Posted by arbrealettres sur 25 août 2022



Claude Roy
    
Ça m’est égal

Ça m’est égal d’être un peu mort escamoté dessous la terre du côté de ceux qui
ont tort d’être plus là pour prendre Pair

Ça m’est égal que plus personne sache comment je m’appelai Tant et tant de
téléphones sonnent dans des appartements déserts

Ça m’est égal de ne plus voir gens qui pleurent ni gens qui rient de rien sentir
de rien savoir d’être un peu de rien dans du gris

Mais je voudrais pourtant savoir
si quelque part quelqu’un quand même
se souviendra de mes souvenirs
Ai-je rien oublié de tous ceux que j’aime

Je veux bien partir et être très mort mais mes souvenirs seront-ils en vain
comme au fond des mers les galions pleins d’or dormant dans le noir de l’eau sans chemins

Mais nos souvenirs seront-ils en vain

(Claude Roy)

 

Recueil: Poèmes de Claude Roy
Traduction:
Editions : Bayard Jeunesse

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