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Poésie

Posts Tagged ‘terreau’

Les liserons mangent des bonbons (Huguette Amundsen)

Posted by arbrealettres sur 21 janvier 2017



Les liserons mangent des bonbons
et boivent de grands verres d’eau au sirop
ils se lèvent très tôt
tombent à la renverse
avalent l’eau du puits
avec maintes courbettes
puis grimpent sur les bancs
avec des lorgnettes pour voir les passants
ils sont très avenants
se pincent les bras
conversent avec les racines volubiles
ils disent des gros mots
à un tas de crottin hautain
qui dit je suis mondain
et rient d’un grand dindon
avec son hoquet qui bat la breloque
le jour ils font la sieste
en se tournant les sangs
avec des airs absents
le soir ils se bercent car ils sont délicats
puis s’endorment à nouveau comme des chats câlins
ils se croient au château
dans du terreau bien gras
où ils jouent du violon
en écossant des pois

(Huguette Amundsen)

Illustration

 

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Pivoines (Jim Harrison)

Posted by arbrealettres sur 9 juin 2016



Pivoines

Les pivoines, accablées de beauté,
s’inclinent vers le sol. J’avais espéré
qu’elles vivraient toujours mais très lentement
de jour en jour elles deviennent le terreau de leur naissance
et dégagent une faible puanteur déliquescente.
En juin prochain elles se souviendront de renaître,
un petit truc que nous avons appris, ou pas.

***

Peonies

The peonies, too heavy with their beauty,
slump to the ground. I had hoped
they would live forever but ever so slowly
day by day they´re becoming the soil of their birth
with a faint tang of deliquescence about them.
Next June they´ll somehow remember to come alive again,
a little trick we have or have not learned.

(Jim Harrison)

 

 

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Presque rien, moins que rien (Lambert Schlechter)

Posted by arbrealettres sur 27 avril 2016



presque rien, moins que rien
grumeau de néant dans le vertige des orbites

univers de minéraux morts
ouragans de feu et de poussière

amoncellement des aïeux décomposés
milliards de cœurs devenus terreau

puis tu te dresses dans le matin nouveau
revendiquant, outrageusement, d’exister

ton âme : petit grain dissout dans la nébuleuse

(Lambert Schlechter)

Découvert ici: https://schabrieres.wordpress.com/

Illustration: Sabine Germanier

 

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La porte de la cave avait double-battant (Jean Follain)

Posted by arbrealettres sur 6 novembre 2015



vieille porte 8

La porte de la cave avait double-battant.
Les mousses, les lichens et de fines végétations
qui vivaient sur elle dans des crevasses, où du terreau,
par l’accumulation des poussières, s’était sourdement formé,
pouvaient laisser penser que cette porte vivait d’une vie d’arbre.

(Jean Follain)

Illustration

 

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Jardins d’été jardins d’oiseaux noyés (Roland Brachetto)

Posted by arbrealettres sur 7 octobre 2015



Jardins d’été jardins d’oiseaux noyés
refaites en nous le difficile clivage
qu’un seul terreau soit vierge
de toutes racines pourries de toutes graines folles
que pourraient y mettre l’ardeur ou le remords
À peine sous le vent se penche l’herbe
être n’est pas plus difficile
que ployer quand le vent vient de la mer
et qu’il pénètre en nous sans heurt
et que flottent les brindilles de la clarté
et que vous êtes chauds comme un mouton couché
ô jardins d’été calcinant oubli

(Roland Brachetto)

Illustration: Céline Decubber

 

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