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Posts Tagged ‘terreur’

Bien maigre mon viatique (Râbi’a)

Posted by arbrealettres sur 1 août 2018



 

Casey Baugh -   (7)

Bien maigre mon viatique et bien peu fait pour me conduire au terme
Est-ce lui qui provoque mes pleurs ou bien l’interminable route ?

Ultime Objet de mon désir, de Ton feu vas-Tu me brûler ?
Où donc alors mon espérance et, face à Toi, ma pure terreur ?

(Râbi’a)

Illustration: Casey Baugh

 

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SOIR D’AUTOMNE (Robert Campion)

Posted by arbrealettres sur 27 juin 2018



SOIR D’AUTOMNE

Comme la nuit, ce soir, descend perfidement !
Et comme, à son approche, une terreur soudaine
A saisi toute chose en un même moment,
Des voix de la forêt aux rumeurs de la plaine !

Un crépuscule étrange empourpre l’horizon,
Et jette en se mourant des lueurs incertaines.
Est-ce l’effroi du ciel qui glisse le frisson
Sous l’écorce rugueuse et suintante des chênes ?

La peur rôde alentour des échos soucieux ;
Le sol, vieux fossoyeur, lui-même se recueille,
Et des pleurs sont tombés on ne sait de quels yeux
Sur l’humide tombeau de la dernière feuille.

Dans la forêt meurtrie aucun souffle, aucun bruit ;
Mais au travers du bois la lune qui regarde…
Qu’est-ce donc que le ciel complote avec la nuit
Sous l’œil faux et hagard de la lune blafarde ?

(Robert Campion)

 

 

 

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Le fer à repasser (Joël Sadeler)

Posted by arbrealettres sur 24 juin 2018


 


 

Le fer à repasser

Le fer à repasser

Assez assez j’en ai assez
gémit le fer à repasser

j’en ai assez d’aller et venir
sur ma planche sans avenir

j’en ai assez de souffler
toujours le chaud et le mouillé

sur les maillots les pantalons
les corsages et les jupons

les blouses me donnent le blues
quand il faut les presser par douze

et les mouchoirs sont ma terreur
soupire encore le fer-vapeur

Assez assez j’en ai assez
gémit le fer à repasser

(Joël Sadeler)

 

 

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UNE FEMME PARLE (Pierre Jean Jouve)

Posted by arbrealettres sur 15 juin 2018



Alex Alemany
    
UNE FEMME PARLE

obélisque de la douceur
sachez que je ne vous ai
point aimé sans que je perdisse
Le sens et sans qu’un pleur de larme
De terreur eût disjoint en deux
Le mаl joint de mon coeur ouvert

Sachez que je ne vous vis point
sans perdre mon nom et ma trace
Et que ce ruisseau de désir

Dans la fosse de jeune cuisse
Je le sentis comme la mort
Incapable d’avoir un Nom

Et puis ivre de clarté fausse
Écrasée aussi de jeunesse
Qui marche comme l’éléphant
J’ai rendu les armes — gardé
Dans le moule de ma beauté
L’obélisque de la douceur.

(Pierre Jean Jouve)

 

Recueil: Diadème suivi de Mélodrame
Traduction:
Editions: Gallimard

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Le lézard blanc (Jacques Izoard)

Posted by arbrealettres sur 31 mai 2018




    
Le lézard blanc vit quelque part
parmi vides et solitudes
et l’on sent le froid vertige
de sa peau qui capture
nos regards, nos terreurs.

(Jacques Izoard)

 

Recueil: Lieux épars
Traduction:
Editions: De la Différence

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Hésite (Jacques Izoard)

Posted by arbrealettres sur 29 mai 2018




    
Hésite avant d’énumérer
tes tabous, tes transes, tes terreurs…
On te croira malade de la peste
ou lépreux qu’il faut fuir.
Mais langue en bouche est rebelle.
Tu ne peux rien garder pour toi.

(Jacques Izoard)

 

Recueil: Lieux épars
Traduction:
Editions: De la Différence

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Elle a laissé L’empreinte des choses brisées (Paul Eluard)

Posted by arbrealettres sur 28 mai 2018



Elle se refuse toujours à comprendre, à entendre,
Elle rit pour cacher sa terreur d’elle-même.
Elle a toujours marché sous les arches des nuits
Et partout où elle a passé
Elle a laissé
L’empreinte des choses brisées.

(Paul Eluard)

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TERREUR DE T’AIMER… (Sophia de Mello Breyner Andresen)

Posted by arbrealettres sur 23 mai 2018



 

TERREUR DE T’AIMER…

Terreur de t’aimer en ce lieu si fragile qu’est le monde.

Souffrance de t’aimer sur cette terre d’imperfection
Où tout nous casse et tout nous rend muets
Où tout nous ment et nous sépare.

***

TERROR DE TE AMAR…

Terror de te amar num sitio tao frágil como o mundo.

Mal de te amar neste lugar de imperfeição
Onde tudo nos quebra e emudece
Onde tudo nos mente e nos separa.

(Sophia de Mello Breyner Andresen)

Illustration: ArbreaPhotos  

 

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GREGORIEN (Pierre Jean Jouve)

Posted by arbrealettres sur 20 mai 2018



 

Chant-gregorien

GREGORIEN

Des vols fixes d’oiseaux parfaits qui sont sans air
Profondément nus
Ne retombent jamais sur le sein de la terre
Mais se meurent de joie se meurent de lumière

Ces oiseaux sont des mots et sur des lèvres nés
Pur ornement de la voix fraîche entre les vents
Du haut du bas et tout l’imprévisible temps
Ils se tournent pour adorer, et se demandent

S’ils sont toujours du corps ou peut-être de l’âme
A la fin, et s’ils ont gravi les échelons
Qui déplacent le mot de la voix au silence
Et du silence à la terreur de l’âme

Ils se demandent, venus de coeurs emprisonnés
Tous, ils se demandent et ne savent
Vocalises de durable vocation
Ils sont et triomphalement pénitence.

(Pierre Jean Jouve)

 

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J’ai ardemment souhaité partir (Dylan Thomas)

Posted by arbrealettres sur 17 mai 2018



J’ai ardemment souhaité partir
Loin des sifflements du monde usé
Et du cri incessant des vieilles terreurs,
Plus terribles à mesure que le jour
Passe la colline et plonge dans la mer profonde.
J’ai ardemment souhaité partir
Loin de la répétition des saluts
Car il y a des âmes dans l’air
Et des échos d’âme sur ma page
Et le tonnerre des appels et des notes.

J’ai ardemment souhaité partir mais j’ai peur.
Une vie, encore neuve, pourrait fuser
Hors du vieux mensonge en feu sur le sol
Et, crépitant dans l’air, me laisser à demi aveugle.
Et dans la vieille peur de la nuit,
Le couvre-chef que l’on ôte,
Les lèvres pincées devant le récepteur,
Je ne tomberai pas sous la plume de la mort.
Peu importe si je meurs de tout ceci qui est
À moitié convention et à moitié mensonge.

***

I have longed to move away
From the hissing of the spent lie
And the old terror’s continual cry
Growing more terrible as the day
Goes over the hill and into the deep sea;
I have longed to move away
From the repetition of salutes,
For there are ghosts in the air
And ghostly echoes on paper,
And the thunder of calls and notes.

I have longed to move away but am afraid;
Some life, yet unspent, might explode
Out of the old lie burning on the ground,
And, crackling into the air, leave me half-blind.
Neither by night’s ancient fear,
The parting of hat from hair,
Lips pursed at the receiver,
Shall I fall to death’s feather.
By these I would not care to die,
Half convention and half lie.

(Dylan Thomas)

 

 

 

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