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Poésie

Posts Tagged ‘terrifiant’

Cette nuit, éveillés (Marie Huot)

Posted by arbrealettres sur 6 juin 2018




    
Cette nuit, éveillés, nous avons guetté d’une même oreille
le fracas terrifiant de la proue qui déchirait l’horizon

(Marie Huot)

 

Recueil: Récits librement inspirés de ma vie d’oiseau
Traduction:
Editions: Le temps qu’il fait

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C’est terrifiant de penser (Jean-Louis Giovannoni)

Posted by arbrealettres sur 9 avril 2018



Illustration: Odilon Redon
    
C’est terrifiant de penser que l’on peut
emporter le monde, juste en fermant les
yeux.

(Jean-Louis Giovannoni)

 

Recueil: Les mots sont des vêtements endormis
Traduction:
Editions: Unes

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Parfois (Sarah Kane)

Posted by arbrealettres sur 24 mars 2018



Illustration: Pascal Renoux
    
Parfois je me retourne et retrouve votre odeur
et je ne peux pas continuer je ne peux pas continuer putain
sans exprimer ce terrifiant ah putain cet effrayant
ce blessant putain de besoin physique que j’ai de vous.
Et je ne peux pas croire que je peux ressentir ça pour vous
et que vous, vous ne ressentiez rien. Vous ne ressentez rien ?

Silence.

Vous ne ressentez rien ?

Silence.

(Sarah Kane)

 

Recueil: Psychose

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Mon île chante (Myriam Cazalou)

Posted by arbrealettres sur 15 mars 2018



 

Mon île chante

Mon île chante au vent et à la pluie
La grande voix nostalgique des flots
S’enfle, s’étend quand ruissellent les eaux,
Au flanc des monts, sous le ciel noir de suie,
Immense flot de dentelle d’argent,
En bouillant, descendent les cascades,
Et, au galop, telle une cavalcade,
Avec fracas, dévalent les torrents.
Mon île chante, au vent et à la pluie,
De cris plaintifs, paille en queue, et fouquets,
Remplissent l’air et les cimes qu’ils fuient.
Dans les jardins saccagés, par bouquets,
Feuilles et fleurs, s’envolent, tourbillonnent,
Illuminés d’éclairs, qui les sillonnent,
Les cieux plombés grondent terrifiants.
Mon île chante aux souffles des grands vents.

(Myriam Cazalou)

Illustration

 

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Fontaine (Robert Desnos)

Posted by arbrealettres sur 22 février 2018



 

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Fontaine

La fontaine brisée m’a dit quelle était sa vie
Toujours mouillée toujours pleurant
Et les terrifiantes histoires que raconte l’eau
Quand elle sort de terre
Les poissons monstrueux qu’elle a portés
Et patati et patata
Ce n’est pas une vie rose
Que la vie d’une fontaine brisée.

(Robert Desnos)

Illustration

 

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Aux commencements de l’univers (Amin Maalouf)

Posted by arbrealettres sur 28 août 2017




    
Aux commencements de l’univers, deux mondes existaient,
séparés l’un de l’autre :
le monde de la Lumière et celui des Ténèbres.
Dans les Jardins de Lumières étaient toutes les choses désirables,
dans les Ténèbres résidait le désir,
un désir puissant, impérieux, rugissant.

Et soudain à la frontière des deux mondes un choc se produisit,
le plus violent et le plus terrifiant que l’univers ait connu.
Les particules de Lumières se sont alors mêlées aux ténèbres,
de mille façons différentes,
et c’est ainsi que sont apparus toutes les créatures,
les corps célestes et les eaux, et la nature et l’homme…

(Amin Maalouf)

 

Recueil: Les Jardins de lumière
Editions: LE LIVRE DE POCHE

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Arbres dans la nuit (Brigitte Level)

Posted by arbrealettres sur 19 juillet 2017




    
Arbres dans la nuit

Les grands arbres de la forêt
Semblent s’animer dans la nuit,
Et nous, tout seuls sur le sentier,
Nous frémissons au moindre bruit.

Comme d’énormes bras, les branches
Ont l’air de vouloir nous saisir :
Sur le sentier le vent les penche,
Et nous ne savons comment fuir.

Menaçantes, terrifiantes,
Les voilà qui vont nous frôler !
Horrible pieuvre !… L’épouvante
Nous paralyse tout glacés !

Soudain, bonheur ! Un oiseau chante
Et son chant clair nous rend la paix.
Non la forêt n’est pas méchante :
L’oiseau le dit, l’oiseau le sait.

(Brigitte Level)

 

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Seul ce qui brûle (Christiane Singer)

Posted by arbrealettres sur 2 avril 2017



Seul ce qui brûle

Je ne sais, cher et vénéré ami,
si vous avez eu le terrifiant privilège
de connaître la passion d’amour.
C’est le plus vertigineux des abîmes
dans lequel il est possible à l’homme de descendre.

Un abîme de flammes et de souffrances aiguës.
Mais si quelqu’un se mêlait de vouloir sauver
celui qui y est tombé,
vous l’entendriez hurler comme si on lui arrachait la peau.
La seule délivrance est d’y être consumé sans résidus !

(Christiane Singer)

 

 

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LES REGRETS (Jean Rousselot)

Posted by arbrealettres sur 28 août 2016



LES REGRETS

Bien sûr c’était agaçant
D’avoir chaque matin à réchauffer l’envie
De varapper un jour de plus
A scruter la paroi
A trier les grappins

Bien sûr c’était déprimant
D’avoir à regarder les autres
Grimper les yeux fermés
Comme arbres palissés

Bien sûr c’était humiliant
D’avoir à partager comme un mal nécessaire
Le peu de cas que l’on faisait de nous

Bien sûr c’était terrifiant
D’avoir à être
Sans besoin de paraître

Tout de même c’était excitant
La reverdie
L’odeur des frites

L’invraisemblable manque de clé
A la voûte de l’esprit
Et à la fourche des filles

Qui mourra verra
Qu’il regrettera
Jusqu’à la laisse et la jachère
En lesquelles il fut tenu.

(Jean Rousselot)

Illustration: Latoya Smile

 

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Le jardin sur la place (Cesare Pavese)

Posted by arbrealettres sur 4 janvier 2016



 

Giampaolo Ghisetti -  (19)

Le jardin sur la place, enfoui
dans la fraîcheur et dans l’obscurité.
Dans la nuit, les maisons
qui se perdent dans le noir, gigantesques,
font entrevoir entre leurs masses des lumières.

Un désert terrifiant au fond du ciel
lointain, entre les étoiles.
La grande fièvre splendide
s’assourdit lorsqu’elle atteint ce noir.
Ici c’est le silence,
l’immobilité haute d’un cimetière.

Les bruits et les lumières
parviennent du lointain,
d’au-delà de ces arbres.

De vivantes lumières
jaillissent dans le noir,
les voix les plus joyeuses
hululent frénétiques
dans le triste abandon.

Étouffées elles viennent mourir
dans le noir insondable
comme de pâles suicidés
encore fous d’amour pour la vie.

Écouter dans le cœur
les passions lointaines,
les écouter qui montent dans la nuit,
sur le moite parfum de la terre.

Une flore inconnue
de désir, enfermée dans ce ciel
de noir et de silence.

Une flambée qui perce dans le noir
comme la lueur rouge
qui saigne entre les arbres.

***

Il giardino profondo, sulla piazza,
di oscurità et freschezza.
Nella notte, le case
che si perdono enormi nel buio
mostrano tra le masse qualche luce.

Un deserto pauroso in fondo al cielo
remoto, tra le stelle.
La grande febbre splendida
s’attutisce giungendo in questo buio.
Qui è silenzio,
l’alta immobilità di un cimitero.

I rumori et le luci
giungono di lontano,
di là da queste piante.

Dentre l’oscurità
sgorgano luci vive,
ululano frenetiche
nell’abbandono triste
le vo più gioiose.

Giungono soffocate
a morire nel buio senza fondo
come suicidi pallidi
folli ancora di amore per la vita.

Ascoltare nel cuore
le passioni remote,
ascoltarle salire nella notte
sul profumo umidiccio della terra.

Una vegetazione sconosciuta
di desiderio, chiusa in questo cielo
di buio e di silenzio.

Uno sboccio di fuoco dentro il buio,
come quel lume rosso
che sànguina tra gli alberi

(Cesare Pavese)

Découvert chez Lara ici

Illustration: Giampaolo Ghisetti

 

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