Arbrealettres

Poésie

Posts Tagged ‘terrifiante’

Si solitaire (Pablo Neruda)

Posted by arbrealettres sur 29 avril 2018




Entre mes genoux,
sous la racine de mes yeux,
mon âme continue de coudre:
sa terrifiante aiguille travaille.

Je survis au milieu de la mer,
seul et si follement blessé,
subsistant, si solitaire
de douleur et d’abandon.

(Pablo Neruda)

 

 

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La Tour (Jean Joubert)

Posted by arbrealettres sur 15 juin 2017



La Tour

Dans tes rêves tu as longtemps gravi
une muraille à l’intérieur d’une tour,
un escalier de plus en plus étroit
puis rien que des fissures
où s’accrocher des ongles
pour s’élever un peu encore

un peu encore avec une terrifiante lenteur
jusqu’à ces pierres lisses
où, tâtonnant d’abord,
tu te figes
le dos au gouffre.

Que cherchais-tu ?
Nul souvenir là-haut d’une lueur
ni d’un appel, ou bien cela fut oublié.
Il fallait monter, rien de plus,
et rien n’était promis
sinon toujours l’attente et le vertige.

Tu ne rêves plus ce rêve.
A vrai dire, tu ne rêves plus.
Tu n’as pas renoncé pourtant,
même si ta force sans doute s’amenuise,
ou peut-être fallait-il une autre force
qui ne te fut pas accordée.

Cette tour doit bien se situer quelque part,
une très haute tour dans un désert
que ne mentionnent ni les livres ni les cartes.

(Jean Joubert)

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HOMMAGE AUX ANGES (Hilda Doolittle)

Posted by arbrealettres sur 19 avril 2015



Renata Ratajczyk  _Revelations_1
HOMMAGE AUX ANGES

Ceci n’est ni rune ni symbole,
ce que je veux dire est ― c’est si simple

pourtant aucune ruse du stylo ou du pinceau
ne pourrait capter cette impression ;

ce que je voulais indiquer était
une nouvelle phase, une nouvelle distinction de couleur ;

je voulais dire, j’ai dit
qu’il n’y avait ni éclat, ni reflet,

ni ombre ; quand j’ai dit blanc,
je ne voulais pas dire blanc de sculpteur ou de peintre,

ni porcelaine ; blanc pâle ne pourrait pas
en donner l’idée, car quand

la neige fraîchement tombée (ou la neige
au moment où elle tombe) est-elle pâle ?

pourtant maintenant, nous titubons, nous sommes perdus ―
que pouvons-nous dire ?

elle n’était pas impalpable comme un spectre,
elle n’était pas terrifiante comme un Esprit,

elle n’était même pas atterrante
comme un Ange.

***

TRIBUTE TO THE ANGELS

This is no rune nor symbol,
what I mean is — it is so simple

yet no trick of the pen or brush
could capture that impression;

what I wanted to indicate was
a new phase, a new distinction of colour;

I wanted to say, I did say
there was no sheen, no reflection,

no shadow; when I said white,
I did not mean sculptor’s or painter’s white,

nor porcelain; dim-white could
not suggest it, for when

is fresh-fallen snow (or snow
in the act of falling) dim?

yet even now, we stumble, we are lost —
what can we say?

she was not impalpable like a ghost,
she was not awe-inspiring like a Spirit,

she was not even over-whelming
like an Angel.

(Hilda Doolittle)

Illustration: Renata Ratajczyk

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