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Où es-tu ? (Sergueï Essénine)

Posted by arbrealettres sur 4 avril 2018



Illustration    
    
Où es-tu ? où es-tu, maison du père
qui te chauffais l’échine sous le tertre ?
Et toi, ma fleurette bleue, si bleue
et le sable non foulé…
où es-tu, où es-tu, maison du père ?

Un coq chante sur l’autre rive.
Le berger paît son troupeau.
Trois lointaines étoiles
se sont allumées dans l’eau.
Un coq chante sur l’autre rive.

Le temps, ce moulin à une aile,
derrière le bourg fait descendre
la lune-balancier qui arrose le seigle
de l’invisible pluie des heures.
Le temps, ce moulin à une aile.

Cette petite pluie et sa volée de flèches
a lancé en toupie ma maison dans les nues,
elle a fauché la fleurette bleue
et piétiné le sable d’or.
Cette petite pluie et sa volée de flèches.

(Sergueï Essénine)

***

Recueil: Journal d’un poète
Traduction: Christiane Pighetti
Editions: De la Différence

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LE LINOT DANS LE VAL ROCHEUX (Emily Brontë)

Posted by arbrealettres sur 7 décembre 2017




Illustration

    
LE LINOT DANS LE VAL ROCHEUX

Le linot dans le val rocheux,
L’alouette des landes dans l’air,
L’abeille parmi les bruyères
Qui cachent ma belle maîtresse :

Où gît son sein broute le cerf
Et nourrit l’oiseau sa couvée;
Ceux-là même à qui son amour
Souriait, l’ont abandonnée!

Tout d’abord, quand la noire tombe
Sur sa dépouille se ferma,
Ils crurent que jamais leurs coeurs
Ne reverraient lueur de joie,

Que toujours le flot de la peine
Baignerait les ans à venir;
Leur angoisse amère, où est-elle?
Leurs pleurs déchirants, où sont-ils?

Qu’ils courent donc après l’Honneur
Ou le fantôme du Plaisir,
L’habitante de chez les morts,
Non moins changée, est impassible.

Si leurs yeux veillaient dans les larmes
Jusqu’à tarir leur source vive,
Son sommeil si calme, en retour,
N’exhalerait pas un soupir.

Passe, vent d’ouest, sur ce tertre;
Murmurez, ruisseaux printaniers,
Et les rêves de ma maîtresse
Seront doux : vous y suffirez.

***

THE LINNET IN THE ROCKY DELLS

The linnet in the rocky dells,
The moor-lark in the air,
The bee among the heather-bells
That hide my lady fair:

The wild deer browse above her breast;
The wild birds raise their brood;
And they, her smiles of love caressed,
Have left her solitude!

I ween, that when the grave’s dark wall
Did first her form retain,
They thought their hearts could ne’er recall
The light of joy again.

They thought the tide of grief would flow
Unchecked through future years,
But where is all their anguish now,
And where are all their tears?

Well, let them fight for Honour’s breath,
Or Pleasure’s shade pursue-
The Dweller in the land of Death
Is changed and careless too.

And if their eyes should watch and weep
Till sorrow’s source were dry,
She would not, in her tranquil sleep,
Return a single sigh.

Blow, west wind, by the lonely mound,
And murmur, summer streams,
There is no need of other sound
To soothe my Lady’s dreams.

(Emily Brontë)

 

Recueil: Poèmes
Traduction: Pierre Leyris
Editions: Gallimard

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Souffle (Emily Brontë)

Posted by arbrealettres sur 26 juin 2017



Souffle, vent d’ouest, sur le tertre isolé
Murmurez, ruisseaux de l’été,
Il n’est besoin d’aucun autre bruit
Pour apaiser les rêves de ma Dame —

***

Blow, west wind, by the lonely mound
And murmur, summer streams,
There is no need of other sound
To soothe my Lady’s dreams —

(Emily Brontë)

Illustration: William Bouguereau

 

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Le couchant d’automne (Richard Wright)

Posted by arbrealettres sur 28 novembre 2016



cimetière

Le couchant d’automne
Projette l’ombre des tombes
Tout au long des tertres.

***

An autumn sunset
Casting shadows of tombstones
Over mounds of graves.

(Richard Wright)

Illustration

 

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LA VILLE A DÉTERRER (Jean Tortel)

Posted by arbrealettres sur 20 septembre 2016




LA VILLE A DÉTERRER

Le désert un peu soulevé
On nous a dit pourquoi — mais ce qui fut
Est là-dessous. Le tertre
Est un peu plus herbu que le pâle désert.

Peut-être une respiration
Qui s’est figée.

En grattant le sol, on déchausse
Des pierres qui sont des signes, quelques-unes
Des regards étonnés ou morts
Que des marchands viennent choisir.

Il faudrait savoir lire.

La moindre saillie
Retient le sable et quelque chose
Est enterré sous chaque bosse.
Le vent perpétuel est sec.

(Jean Tortel)

Illustration

 

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LES STEPPES D’AKERMAN (Adam Mickiewicz)

Posted by arbrealettres sur 9 avril 2015



 

Steppe

LES STEPPES D’AKERMAN

Longues vagues d’herbage, espace illimité ;
Dans la steppe, la nuit, notre chariot flotte.
Sur l’océan de fleurs l’essieu glisse et chuchote,
Accrochant des buissons empourprés par l’été.

Ni tertre, ni chemin ; partout l’obscurité ;
Je cherche dans le ciel l’astre cher au pilote ;
Seul, pareil à l’aurore, un phare au loin tremblote.
Et le Dniéster semble un nuage argenté.

Arrêtons ! Quel silence ! Il passe un vol de grues ;
L’oeil chercherait en vain leurs files disparues.
J’entends le serpent fuir, le papillon voler.

Le silence est si grand dans la nuit solennelle
Que je pourrais entendre une voix m’appeler
De Wilno. Bah ! partons ! personne ne m’appelle !

(Adam Mickiewicz)

 

 

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