Arbrealettres

Poésie

Posts Tagged ‘tesson’

Contemplant notre terre (Marie-Claire Bancquart)

Posted by arbrealettres sur 6 novembre 2016




Contemplant notre terre
comme puits à tessons
où le dieu moins eut permission du dieu un peu moins
pour en finir avec le bris de sa création maladroite
nous attendons le bang inverse
qui nous fera passer vers l’étoile de mer.

Et le plus vrai de notre vie
s’attache au carrelage abîmé de la cuisinière
où nous avons brûlé ce soir nos lettres d’amour.

(Marie-Claire Bancquart)

Illustration

 

Posted in poésie | Tagué: , , , , , , , , , , , , , , , , , | Leave a Comment »

MON SANG (Henri Michaux)

Posted by arbrealettres sur 10 juin 2016



MON SANG

Le bouillon de mon sang dans lequel je patauge
Est mon chantre, ma laine, mes femmes.
Il est sans croûte. Il s’enchante, il s’épand.
Il m’emplit de vitres, de granits, de tessons.
Il me déchire. Je vis dans les éclats.

Dans la toux, dans l’atroce, dans la transe
Il construit mes châteaux
Dans des toiles, dans des trames, dans des taches
Il les illumine.

(Henri Michaux)

Découvert ici: http://revuedepoesie.blog.lemonde.fr/

Illustration: Michel Devillers 

 

Posted in méditations, poésie | Tagué: , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , | Leave a Comment »

La Cour murée (Jean Follain)

Posted by arbrealettres sur 8 janvier 2016


 

Il est seul dans la cour murée
avec un jouet dont bat
le ressort fatigué
une plume s’envole
qui s’en vient retomber
sur la terre où s’affrontent
les forces de l’amour
celles aussi de la peur.
Le mur étincelle
son faîte est recouvert
de ces gros tessons verts
arrêtant les voleurs.

(Jean Follain)

 

Posted in poésie | Tagué: , , , , , , , , , , , , , , , , , | 3 Comments »

La bouteille à la rivière (Robert Desnos)

Posted by arbrealettres sur 26 novembre 2015



Morceaux-de-verre-sur-les-murs

La bouteille à la rivière

Derrière un mur hérissé de tessons de bouteilles,
Deviner la promeneuse est un jeu facile pour les passants.
Mais deviner qui but toutes ces bouteilles
Avant de les briser en multiples tessons,
Mais deviner qui but toutes ces bouteilles, est un jeu plus difficile.

Deviner la promeneuse est un jeu facile pour le passant.
Une ombrelle déforme son ombre, en fait une fleur,
Un bouton de sa robe tombe et se perd dans l’herbe,
Un arbre abandonné entre tous les arbres
Compte les tatouages qui vivent sur son tronc.

Mais deviner qui but toutes ces bouteilles,
Marinier feuillu, que tu jettes au fil des rivières et des canaux
Avec ce mot «je vous aime» et que le courant porte,
A travers les barques des pêcheurs et le péril des barrages et des écluses,
Devant les villas charmantes au pied des coteaux?

Avant de les briser en multiples tessons,
La rivière y vient mirer ses poissons,
Y noue ses plantes homicides,
Et les sirènes d’eau douce, entre toutes traîtresses,
Les font sonner d’un coup de queue.

Mais deviner qui but toutes ces bouteilles est un jeu plus difficile…
Vos bouches, mariniers endormis sur les péniches
Et qui parfois roulez lentement et coulez à pic dans l’eau douce,
A fond de trou de perches et d’anguilles,
Là où les bouteilles à la rivière ne descendent pas.

(Robert Desnos)

Posted in poésie | Tagué: , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , | Leave a Comment »

Bouquet de frissons (Michel Butor)

Posted by arbrealettres sur 28 août 2015


lezard

Une pensée fleurie
dans une fissure
la langue du lézard
devant un tesson

La tache de lumière violette
sur les marches du porche
à côté de la flaque
où le vieux chien vient boire

(Michel Butor)

Posted in poésie | Tagué: , , , , , , , , , , , , , | 2 Comments »

 
%d blogueurs aiment cette page :