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Entre s’en aller et rester hésite le jour (Octavio Paz)

Posted by arbrealettres sur 8 novembre 2016



 

Entre s’en aller et rester hésite le jour,
amoureux de sa transparence.
Le soir circulaire est déjà une baie:
dans son calme va-et-vient se berce le monde.
Tout est visible et tout est élusif,
tout est proche et tout est intouchable.
Les papiers, le livre, le verre, le crayon
reposent à l’ombre de leurs noms.
Battement du sang qui dans ma tempe répète
la même syllabe têtue de sang.
La lumière fait du mur indifférent
un théâtre spectral de reflets.
Dans le centre d’un œil je me découvre;
il ne me regarde pas, je me regarde dans son regard.
L’instant se dissipe. Sans bouger
je reste et je m’en vais: je suis une pause.

(Octavio Paz)

Illustration: Michael Bridges

 

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(RESPONSABLE) (Jean Tardieu)

Posted by arbrealettres sur 20 octobre 2016




(RESPONSABLE)

Et pendant ce temps-là que faisait le soleil ?
— Il dépensait les biens que je lui ai donnés.

Et que faisait la mer ? — Imbécile, têtue
elle ouvrait et fermait des portes pour personne.

Et les arbres? — Ils n’avaient plus assez de feuilles
pour les oiseaux sans voix qui attendaient le jour.

Et les fleuves? Et les montagnes ? Et les villes?
— Je ne sais plus, je ne sais plus, je ne sais plus.

(Jean Tardieu)

Illustration: Zoran Music

 

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Entre s’en aller et rester (Octavio Paz)

Posted by arbrealettres sur 29 septembre 2015




Entre s’en aller et rester

Entre s’en aller et rester hésite le jour,
amoureux de sa transparence.

Le soir circulaire est déjà une baie :
dans son calme va-et-vient se berce le monde.

Tout est visible et tout est élusif,
tout est proche et tout est intouchable.

Les papiers, le livre, le verre, le crayon
reposent à l’ombre de leurs noms.

Battement du sang qui dans ma tempe répète
la même syllabe têtue de sang.

La lumière fait du mur indifférent
un théâtre spectral de reflets.

Dans le centre d’un oeil je me découvre;
il ne me regarde pas, je me regarde dans son regard.

L’instant se dissipe. Sans bouger
je reste et je m’en vais : je suis une pause.

(Octavio Paz)

 

 

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