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Posts Tagged ‘(Textes chinois)’

UN NAVIRE A L’ABRI DU VENT CONTRAIRE (Textes chinois)

Posted by arbrealettres sur 19 juillet 2018



Illustration: Hokusaï
    
UN NAVIRE A L’ABRI DU VENT CONTRAIRE
Sou-Tong-Po

Les voiles tombent lourdement le long du mât, le vent joue de la flûte avec fureur.
De tous côtés, en écumant, les vagues battent le navire ;
on dirait qu’il est posé au milieu d’une grande fleur blanche.

L’ancre, au bout de sa chaîne, descend dans l’eau et s’accroche aux rochers ;
de mille et mille lieues le vent se lance contre elle, et ils luttent ensemble.
On dirait que la mer veut escalader la montagne, pour atteindre le ciel ;
par moments le ciel et la mer paraissent se rejoindre.

Les marins, oisifs, dorment dans le navire, calmes sur l’océan furieux.
Cependant le cœur aussi a ses vents contraires et ses orages.
Lorsque le temps nous permettra de repartir,
j’écrirai ma pensée sur le flanc de la montagne.

(Textes chinois)

 

Recueil: Le Livre de Jade
Traduction: Judith Gautier
Editions: Plon

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PROMENADE LE SOIR DANS LA PRAIRIE (Textes chinois)

Posted by arbrealettres sur 19 juillet 2018




    
PROMENADE LE SOIR DANS LA PRAIRIE
Thou-Fou

Le soleil d’automne a traversé la prairie, en venant de l’est ;
maintenant, il glisse derrière la grande montagne de l’ouest.

Il reste une lueur dans le ciel ; sans doute, le jour se lève, de l’autre côté de la montagne.
Les arbres sont couverts de rouille, et le vent froid du soir décroche les dernières feuilles.

Une cigogne veuve, regagne son nid solitaire, tristement et lentement,
comme si elle espérait encore voir revenir, celui qui ne reviendra plus.

Et les corbeaux font un grand bruit autour des arbres,
pendant que la lune commence à s’allumer, pour la nuit.

(Textes chinois)

 

Recueil: Le Livre de Jade
Traduction: Judith Gautier
Editions: Plon

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UN POÈTE REGARDE LA LUNE (Textes chinois)

Posted by arbrealettres sur 19 juillet 2018



Illustration: Hiramatsu Reiji
    
UN POÈTE REGARDE LA LUNE
Tchan-Jo-Su

De mon jardin, j’entends chanter une femme,
mais malgré moi je regarde la lune.

Je n’ai jamais pensé à rencontrer la femme, qui chante dans le jardin voisin,
mon regard suit toujours la lune, dans le ciel.

Je crois que la lune me regarde aussi,
car un long rayon d’argent arrive jusqu’à mes yeux.

Les chauves-souris le traversent, de temps en temps,
et me font brusquement baisser les paupières ;

mais lorsque je les relève,
je vois le regard d’argent, toujours dardé sur moi.

La lune se mire dans les yeux des poètes
comme dans les écailles brillantes des dragons, ces poètes de la mer.

(Textes chinois)

 

Recueil: Le Livre de Jade
Traduction: Judith Gautier
Editions: Plon

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PRÈS DE L’EMBOUCHURE DU FLEUVE (Textes chinois)

Posted by arbrealettres sur 19 juillet 2018



    

PRÈS DE L’EMBOUCHURE DU FLEUVE
Li-Taï-Pé

Les petites vagues brillent au clair de lune, qui change en argent le vert limpide de l’eau ;
et l’on croirait voir mille poissons courir vers la mer.

Je suis seul dans mon bateau, qui glisse le long du rivage ;
quelquefois j’effleure l’eau avec mes rames ; la nuit et la solitude me remplissent le cœur de tristesse.

Mais voici une touffe de nénuphars, avec ses fleurs semblables à de grosses perles ;
je les caresse doucement de mes rames.

Le frémissement des feuilles murmure avec tendresse, et les fleurs,
inclinant leurs petites têtes blanches, ont l’air de me parler.

Les nénuphars veulent me consoler,
mais déjà, en les voyant, j’avais oublié ma tristesse.

(Textes chinois)

 

Recueil: Le Livre de Jade
Traduction: Judith Gautier
Editions: Plon

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LA TISSEUSE CÉLESTE (Textes chinois)

Posted by arbrealettres sur 19 juillet 2018



    

LA TISSEUSE CÉLESTE
Inconnu

Pourquoi donc l’homme, enflammé d’amour,
est-il si anxieux et si torturé, loin de l’être qu’il aime ?

L’un à l’ouest, l’autre à l’est du ciel,
nous voyons frémir, entre nous, le Fleuve d’Argent .

Le divin Bouvier , mon amant, ne se plaint pas, lui,
de l’arrêt qui nous condamne à ne nous réunir qu’une seule nuit chaque année.

C’est parce qu’il sait bien
que nous avons à nous toute l’éternité.

(Textes chinois)

 

Recueil: Le Livre de Jade
Traduction: Judith Gautier
Editions: Plon

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LA MER SANS RIVAGES (Textes chinois)

Posted by arbrealettres sur 19 juillet 2018



Illustration: Utagawa Kunisada
    
LA MER SANS RIVAGES
Li-Hun-Chang

O Dragon !
toi qui gouvernes la Mer sans rivages de la Mort,

Quand, dans une ardente rêverie, penché vers ma bien-aimée, je bois son haleine,
Viens, alors, viens voler son souffle adoré ;

emporte l’amante sur ton vaisseau-spectre.
Et prends-moi avec elle, afin que nous naviguions ensemble,
sans relâche, ivres d’amour, éternellement.

(Textes chinois)

 

Recueil: Le Livre de Jade
Traduction: Judith Gautier
Editions: Plon

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FROIDURE PRINTANIÈRE (Textes chinois)

Posted by arbrealettres sur 18 juillet 2018




    
FROIDURE PRINTANIÈRE
Ly-y-Hane

Qui donc soutient et console celui qui se réveille de l’ivresse ?
… de l’ivresse des poètes,
qui est autre que celle du vin ?…

Voici que les cygnes sauvages ont fini de passer.
Ah ! j’ai dans le cœur mille choses douloureuses,
que je voulais confier à ces messagers rapides !…

(Textes chinois)

 

Recueil: Le Livre de Jade
Traduction: Judith Gautier
Editions: Plon

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DÉSESPOIR (Textes chinois)

Posted by arbrealettres sur 18 juillet 2018



 

Illustration
    
DÉSESPOIR
Ly-y-Hane

Appelle ! Appelle ! Implore ! implore ! Stagne ! stagne ! Rêve ! Rêve !
Pleure ! Pleure ! Souffre ! Souffre !… Toujours ! Toujours !
A peine fait-il chaud que la saison du froid revient !
Ah ! qu’il est accablant d’exister !
Deux ou trois tasses de faible vin,
Ne suffisent pas, pour faire supporter l’âpre vent de l’aurore.

Les cygnes sauvages repassent déjà.
Ah ! que mon cœur est cruellement blessé !
Il y a longtemps que je les connais, pour les voir ainsi passer et repasser…
Les chrysanthèmes foisonnent, partout sur la terre, en une exubérance somptueuse.
Mais la fleur qui s’étiole ici,
Qui donc voudrait la cueillir ?

Ne suis-je pas la sempiternelle gardienne de cette fenêtre ?
Quand donc cette journée s’éteindra-t-elle dans l’obscurité ?…
Une pluie fine mouille les larges feuilles des paulownias.
Le crépuscule vient lentement ; l’obscurité tombe, tombe, goutte à goutte.
La voici complète, maintenant, la nuit, et rien n’est changé pour moi…
Oh ! comment pourrait-on détruire, à jamais, le mot : désespoir ?…

(Textes chinois)

 

Recueil: Le Livre de Jade
Traduction: Judith Gautier
Editions: Plon

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« NE M’OUBLIEZ PAS » (Textes chinois)

Posted by arbrealettres sur 18 juillet 2018



    

« NE M’OUBLIEZ PAS »
J. Shuin-Ling

Ces fleurs délicatement bleues, l’an dernier,
Elle-même les attacha au cordonnet de soie qui boutonne ma robe ;

Et elle me dit : « Souvenez-vous du nom de cette fleur, nous l’appelons : Ne m’oubliez pas.
« Il y a un secret entre nous deux, gardons-le bien et n’oublions ni l’un ni l’autre. »

Les Ne m’oubliez pas, cette année,
Refleurissent, aussi charmants que la saison dernière.

Où est celle qui m’a donné ces fleurs ?…
Le parfum léger, dont ma manche est imprégnée,
c’est tout ce qu’il me reste, à présent !..

(Textes chinois)

 

Recueil: Le Livre de Jade
Traduction: Judith Gautier
Editions: Plon

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ANNIVERSAIRE (Textes chinois)

Posted by arbrealettres sur 12 juillet 2018




    
ANNIVERSAIRE
Tsoui-Rou

L’an dernier, aujourd’hui même, m’apparurent dans le cadre de cette porte,
Un délicieux visage de femme et les fleurs du pêcher.
Dans un rayon de soleil, ils se renvoyaient leurs tendres reflets et confondaient leur charme rose.
Où donc est-il, à présent, l’adorable visage ?
Seules les fleurs du pêcher sont là, et rient au vent printanier.

(Dynastie des Thang.)

(Textes chinois)

 

Recueil: Le Livre de Jade
Traduction: Judith Gautier
Editions: Plon

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