Arbrealettres

Poésie

Posts Tagged ‘thym’

II y a seulement le moment (Thomas Stearns Eliot)

Posted by arbrealettres sur 28 avril 2019



 

Dina Shubin  (3)

II y a seulement le moment auquel nous ne prêtons
pas attention, le moment à l’intérieur et à l’extérieur du temps,
l’accès de distraction, perdu dans un rayon de lumière du soleil,
le thym sauvage non vu, ou l’éclair de l’hiver,
ou la chute d’eau, ou la musique entendue si profondément
qu’elle n’est pas entendue du tout, mais tu es la musique
tant que dure la musique.

(Thomas Stearns Eliot)

Illustration: Dina Shubin

 

Posted in méditations, poésie | Tagué: , , , , , , , , , , , , , , | 1 Comment »

CHANSON ANDALOUSE (Federico Garcia Lorca)

Posted by arbrealettres sur 26 mars 2019



 

Cayetano De Arquer-Buigas b39dd4b8

CHANSON ANDALOUSE

Galant,
beau petit galant,
on brûle chez toi du thym.

Vainement tu vas, tu viens :
Je ferme ma porte à clef.

Avec une clef d’argent
attachée à un ruban;

Sur le ruban est écrit :
« Mon petit coeur est bien loin !

Ne rôde pas dans ma rue,
Laisse-la bien toute au vent.

Galant,
beau petit galant,
on brûle chez toi du thym.

(Federico Garcia Lorca)

Illustration: Cayetano De Arquer-Buigas

 

Posted in poésie | Tagué: , , , , , , , , , , , , | Leave a Comment »

Les éolides (Leconte de Lisle)

Posted by arbrealettres sur 30 janvier 2019



William Holman Hunt _-_Amaryllis [800x600]

Les éolides

O brises flottantes des cieux,
Du beau Printemps douces haleines,
Qui de baisers capricieux
Caressez les monts et les plaines !

Vierges, filles d’Eole, amantes de la paix,
La Nature éternelle à vos chansons s’éveille ;
Et la Dryade assise aux feuillages épais
Verse aux mousses les pleurs de l’Aurore vermeille.

Effleurant le cristal des eaux
Comme un vif essaim d’hirondelles,
De l’Eurotas aux verts roseaux
Revenez-vous, Vierges fidèles ?

Quand les cygnes sacrés y nageaient beaux et blancs,
Et qu’un Dieu palpitait sur les fleurs de la rive,
Vous gonfliez d’amour la neige de ses flancs
Sous le regard charmé de l’Epouse pensive.

L’air où murmure votre essor
S’emplit d’arome et d’harmonie :
Revenez-vous de l’Ionie,
Ou du vert Hymette au miel d’or ?

Eolides, salut ! O fraîches messagères,
C’est bien vous qui chantiez sur le berceau des Dieux ;
Et le clair Ilissos d’un flot mélodieux
A baigné le duvet de vos ailes légères.

Quand Theugénis au col de lait
Dansait le soir auprès de l’onde,
Vous avez sur sa tête blonde
Semé les roses de Milet.

Nymphes aux pieds ailés, loin du fleuve d’Homère,
Plus tard prenant la route où l’Alphée aux flots bleus
Suit Aréthuse au sein de l’étendue amère,
Dans l’Ile nourricière aux épis onduleux,

Sous le platane où l’on s’abrite
Des flèches vermeilles du jour,
Vous avez soupiré d’amour
Sur les lèvres de Théocrite.

Zéphyros, Iapyx, Euros au vol si frais,
Rires des Immortels dont s’embellit la Terre,
C’est vous qui fîtes don au pasteur solitaire
Des loisirs souhaités à l’ombre des forêts.

Au temps où l’abeille murmure
Et vole à la coupe des lys,
Le Mantouan, sous la ramure,
Vous a parlé d’Amaryllis.

Vous avez écouté, dans les feuilles blotties,
Les beaux adolescents de myrtes couronnés,
Enchaînant avec art les molles reparties,
Ouvrir en rougissant les combats alternés,

Tandis que drapés dans la toge,
Debout à l’ombre du hallier,
Les vieillards décernaient l’éloge,
La coupe ornée ou le bélier.

Vous agitiez le saule où sourit Galatée,
Et, des Nymphes baisant les yeux chargés de pleurs,
Vous berçâtes Daphnis, en leur grotte écartée,
Sur le linceul agreste, étincelant de fleurs.

Quand les vierges au corps d’albâtre,
Qu’aimaient les Dieux et les humains,
Portaient des colombes aux mains,
Et d’amour sentaient leurs coeurs battre,

Vous leur chantiez tout bas en un songe charmant
Les hymnes de Vénus, la volupté divine,
Et tendiez leur oreille aux plaintes de l’amant
Qui pleure au seuil nocturne et que le coeur devine.

Oh ! combien vous avez baisé
De bras, d’épaules adorées,
Au bord des fontaines sacrées,
Sur la colline au flanc boisé !

Dans les vallons d’Hellas, dans les champs Italiques,
Dans les Iles d’azur que baigne un flot vermeil,
Ouvrez-vous toujours l’aile, Eolides antiques ?
Souriez-vous toujours au pays du Soleil ?

O vous que le thym et l’égile
Ont parfumés, secrets liens
Des douces flûtes de Virgile
Et des roseaux Siciliens,

Vous qui flottiez jadis aux lèvres du génie,
Brises des mois divins, visitez-nous encor !
Versez-nous en passant, avec vos urnes d’or,
Le repos et l’amour, la grâce et l’harmonie !

(Leconte de Lisle)

Illustration: William Holman Hunt

 

 

Posted in poésie | Tagué: , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , | Leave a Comment »

Bénédicité (Hubert Juin)

Posted by arbrealettres sur 19 janvier 2019



Les oeufs rangés dans les placards,
les pommes en le cellier
l’alcool qui fait justice,
le vin de bonne renommée,
et le thym sur la viande,
un bénédicité…

(Hubert Juin)

Illustration

Posted in poésie | Tagué: , , , , , , , , , | Leave a Comment »

ANTIENNE D’AMOUR (Kathleen Raine)

Posted by arbrealettres sur 2 décembre 2018




ANTIENNE D’AMOUR

Par le vent voyageur
Par les nuages sans trêve
Par l’espace du ciel,

Par l’écume des brisants
Par la courbe de la vague
Par le flux des marées,

Par le sillage du soleil
Par l’éclat de la lumière
Par l’étrave sur la mer,
Vienne mon amour.

Par la voie de l’air
Par le vol de la corneille
Par l’aigle sur le vent,

Par la falaise du cormoran
Par le rocher du phoque
Par le tertre du corbeau,

Par les coquilles sur le rivage
Par les rides sur le sable
Par le sombre varech,
Vienne mon amour.

Par la brume et la pluie
Par la cascade
Par le ruisseau rapide,

Par la source limpide
Par le puits sacré
Par la fougère de l’étang,
Vienne mon amour.

Par les sentiers de moutons
Par les traces du lièvre
Par les pierres du gué,
Vienne mon amour.

Par l’ombre lente
Par la clarté du soir
Par le soleil d’été
Vienne mon amour.

Par le parfum de la rose blanche,
Du trèfle d’eau
Et l’odeur du thym
Vienne mon amour.

Par le chant de l’alouette
Par la note du merle
Par le cri du corbeau
Vienne mon amour.

Par les voix de l’air
Par le chant de l’eau
La chanson d’une femme
Vienne mon amour.

Par les brindilles dans l’âtre
Par la flamme d’une chandelle
Par le feu dans le sang
Vienne mon amour.

Par le toucher des mains
Par la rencontre des lèvres
Par le tourment d’amour
Vienne mon amour.

Par le calme de la nuit
Par la blancheur de mon sein
Par la paix du sommeil
Vienne mon amour.

Par la bénédiction de l’ombre
Par le battement du coeur
Par mon enfant qui n’est pas né,
Vienne mon amour.

***

LOVE SPELL

By the travelling wind
By the restless clouds
By the space of the sky,

By the foam of the surf
By the curve of the wave
By the flowing of the tide,

By the way of the sun,
By the dazzle of light
By the path across the sea,
Bring my lover.

By the way of the air,
By the hoodie crow’s flight
By the eagle on the wind,

By the cormorant’s cliff
By the seal’s rock
By the raven’s crag,

By the shells on the strand
By the ripples on the sand
By the brown sea-wrack,
Bring my lover.

By the mist and the rain
By the waterfall
By the running burn,

By the clear spring
By the holy well
And the fern by the pool
Bring my lover.

By the sheepwalks on the hills
By the rabbit’s tracks
By the stones of the ford,
Bring my lover.

By the long shadow
By the evening light
By the midsummer sun
Bring my lover.

By the scent of the white rose
Of the bog myrtle
And the scent of the thyme
Bring my lover.

By the lark’s song
By the blackbird’s note
By the raven’s croak
Bring my lover.

By the voices of the air
By the water’s song
By the song of a woman
Bring my lover.

By the sticks burning on the hearth
By the candle’s flame
By the fire in the blood
Bring my lover.

By the touch of hands
By the meeting of lips
By love’s unrest
Bring my lover.

By the quiet of the night
By the whiteness of my breast
By the peace of sleep
Bring my lover.

By the blessing of the dark
By the beating of the heart
By my unborn child,
Bring my lover.

(Kathleen Raine)

 

 

Posted in poésie | Tagué: , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , | 4 Comments »

Pas de côté (Damien Gabriels)

Posted by arbrealettres sur 27 septembre 2018



 

garrigue

pas de côté
sur le chemin de garrigue
– une odeur de thym

(Damien Gabriels)

Illustration

 

Posted in haïku, poésie | Tagué: , , , , | Leave a Comment »

L’ARMOIRE AUX ÉPICES (Norge)

Posted by arbrealettres sur 15 août 2018



L’ARMOIRE AUX ÉPICES

Elle est en merisier ;
c’est l’armoire de ma grand-mère.
Le safran, la verveine, le poivre,
la noix de muscade et le clou de girofle y font bon ménage avec la riche cassonade.
Mais le thym, le laurier, le café, la cannelle sont les seigneurs de ce petit royaume ;
vassaux toutefois de la reine Vanille, la longue fée en robe noire
qui les domine tous par la taille, le parfum, la noblesse.

(Norge)

Posted in poésie | Tagué: , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , | 2 Comments »

Paris (Henri-Frédéric Blanc)

Posted by arbrealettres sur 7 mai 2018


embouteillage-paris_446

Gens revenus de tout,
exaltation factice,
voitures triomphantes.
Je tiens le coup en songeant à la joie que j’aurai
de retrouver mon soleil et mes livres.

Enfermé dans un taxi puant,
lui-même pris comme un rat
dans un embouteillage monstre,
je pense à mon chat
qui se promène là-bas
parmi le thym et les herbes folles.

(Henri-Frédéric Blanc)

Posted in poésie | Tagué: , , , , , , , , , , , , | Leave a Comment »

Le jardin musical (Robert Sabatier)

Posted by arbrealettres sur 1 mai 2018



Le jardin musical

Qui entend bien l’amour
Plante fleurs en l’oreille.
Et chante l’alouette
Au plus haut de l’été.

Ce sont là semaisons
De notes de musique
Sur l’étrange portée
Des bordures de thym.

Romarin des abeilles,
Calices des bourdons,
Herbes des sauterelles,
Palais d’ambre et de sucre.

Des couleurs symphoniques,
Des caresses qui voient.
Jusqu’au sommeil des rêves
Qui refuse la nuit.

Je dirai l’odyssée
D’une chaste pervenche,
Je conterai l’histoire
De ce brin d’herbe jaune.

Muguet, mon clavecin.
Lavandin, mon pipeau.
Orange, ma guitare.
Chêne, ma contrebasse.

Je m’enivre des mots
Qui chantent les parfums
Dans ce jardin si jeune
Qu’il est d’éternité.

Ainsi tout un orchestre
Pour éblouir le jour.
Qui entend bien la terre
Ne connaît pas le froid.

(Robert Sabatier)

Illustration: Josephine Wall

 

Posted in poésie | Tagué: , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , | Leave a Comment »

L’EAU VIVE (Guy Béart)

Posted by arbrealettres sur 24 avril 2018



woman-river [1280x768]

L’EAU VIVE

Ma petite est comme l’eau
Elle est comme l’eau vive
Elle court comme un ruisseau
Que des enfants poursuivent

Courez courez
Vite si vous le pouvez
Jamais jamais
Vous ne la rattraperez

Lorsque chantent les pipeaux
Lorsque danse l’eau vive
Elle mène mes troupeaux
Au pays des olives

Venez venez
Mes chevreaux mes agnelets
Dans le laurier
Le thym et le serpolet

Un jour que sous les roseaux
Sommeillait mon eau vive
Vinrent les gars du hameau
Pour la mener captive

Fermez fermez
Votre cage à double clé
Entre vos doigts
L’eau vive s’envolera

Comme les petits bateaux
Emportés par l’eau vive
Dans ses yeux les jouvenceaux
Voguent à la dérive

Voguez voguez
Demain vous accosterez
L’eau vive n’est
Pas encore à marier

Pourtant un matin nouveau
A l’aube mon eau vive
Viendra battre son trousseau
Aux cailloux de la rive

Pleurez pleurez
Si je demeure esseulé
Le ruisselet
Au large s’en est allé

(Guy Béart)

Illustration

 

Posted in poésie | Tagué: , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , | Leave a Comment »

 
%d blogueurs aiment cette page :