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Quand j’ai fini d’écrire et collé mon timbre (Tawara Machi)

Posted by arbrealettres sur 24 août 2019


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Quand j’ai fini d’écrire et collé mon timbre
tout aussitôt commence ce temps
où j’attends la réponse

(Tawara Machi)

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TOUT DOUCEMENT (Jacqueline Risset)

Posted by arbrealettres sur 3 janvier 2019




    
TOUT DOUCEMENT

Tout doucement vers le :
Sans Toi
dissolution des phrases
arbres

Toujours se nourrir de bribes
à l’intérieur des lettres
cherchant le mot plus tendre
le mot révélateur
sous les timbres gais

: par où entrer
par où toucher la chair
le coeur

la voix sous la voix
qui appelle
un peu

mot toujours plus petit dans la lettre
encre déjà lointaine
Encre :
ton eau

ne me baigne
plus

(Jacqueline Risset)

 

Recueil: L’Amour de loin
Traduction:
Editions: Flammarion

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L’attente (Jorge Luis Borges)

Posted by arbrealettres sur 16 novembre 2018



 

L’attente

Avant que le timbre impatient ne sonne,
Qu’on n’ouvre la porte et que tu entres, oh !
Anxieusement attendue, l’univers
Doit avoir accompli une série
Infinie d’actes concrets. Nul ne peut
Évaluer ce vertige, le compte
De tout ce que multiplient les miroirs,
Des ombres qui s’étirent et qui reviennent,
De tous les pas qui divergent et convergent.
Le sable ne saurait les dénombrer.
(Dans ma poitrine, l’horloge de sang
Mesure le temps inquiétant de l’attente.)

Avant que tu n’arrives,
Un moine doit avoir rêvé d’une ancre,
Un tigre doit mourir à Sumatra,
Et neuf hommes mourir à Bornéo.

(Jorge Luis Borges)

 

 

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Rencontre (Joseph von Eichendorff)

Posted by arbrealettres sur 21 mars 2018



Illustration: Henri Bruel
    
Rencontre

au printemps j’étais sur les routes
sur l’autre versant cheminait
violons et chants
une noce joyeuse
leurs éclats de voix
fleurissaient le val
joyeux je m’arrête

sur le pré du village
ils dansent la ronde
la fiancée riait
à travers les violons
ce timbre de voix
que m’arrivait-il
elle se retourne

c’est elle
il y a longtemps que je l’aime
elle m’avait promis
elle m’a oublié
les hourras redoublent
j’ai pris à travers champs
depuis ce temps je marche

***

Begegnung

Ich wandert in der Frühlingszeit,
Fern auf den Bergen gingen
Mit Geigenspiel und Singen
Viel lust’ge Hochzeitsleut,
Das war ein Jauchzen und Klingen !
Es blühte rings in Tal und Höhn,
Ich konnt vor Lust nicht weitergehn.

Am Dorfe dann aufgrüner Au
Begannen sie den Reigen,
Und durch den Schall der Geigen
Lacht’ laut die junge Frau,
Ihr Stimmlein klang so eigen,
Ich wußte nicht, wie mir geschehn —
Da wandt sie sich in wildem Drehn.

Es war mein Lieb ! ‘s ist lange her,
Sie blickt’so ohne Scheue,
Verloren ist die Treue,
Sie kannte mich nicht mehr —
Da jauchzt’ und geigt’s aufs neue,
Ich aber wandt mich fort ins Feld,
Nun wandr ich bis ans End der Welt !

(Joseph von Eichendorff)

 

Recueil: Poèmes de l’étrange départ
Traduction: Philippe Marty
Editions: Grèges

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En vous attendant (Aya Cheddadi)

Posted by arbrealettres sur 16 janvier 2018




    

En vous attendant
j’ai confectionné un bijou d’écume
que je porte à mon front comme un diadème arc-en-ciel
reine dans ma solitude
et pourtant je n’avais pas prévu de
vivre en solo près du rien

Étrange timbre du frigo
note ténue dans le silence
où vos voix joyeuses ne font pas tapage
mais le chant des oiseaux et le prélude
du muezzin à la nuit rendent cette idée moins absurde
vivre en solo près du rien

Je joue mon rôle dans votre univers
et vous dans le mien
Ne m’oubliez pas
A chacun sa complétude
même si vous n’aviez pas prévu de
vivre en solo près du rien

(Aya Cheddadi)

 

Recueil: Tunis marine
Traduction:
Editions: Gallimard

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Marco (Paul Verlaine)

Posted by arbrealettres sur 12 décembre 2017



Illustration: Mikhaïl Vroubel
    
Marco

Quand Marco passait, tous les jeunes hommes
Se penchaient pour voir ses yeux, des Sodomes
Où les feux d’Amour brûlaient sans pitié
Ta pauvre cahute, ô froide Amitié ;
Tout autour dansaient des parfums mystiques
Où l’âme, en pleurant, s’anéantissait.
Sur ses cheveux roux un charme glissait ;
Sa robe rendait d’étranges musiques
Quand Marco passait.

Quand Marco chantait, ses mains, sur l’ivoire
Évoquaient souvent la profondeur noire
Des airs primitifs que nul n’a redits,
Et sa voix montait dans les paradis
De la symphonie immense des rêves,
Et l’enthousiasme alors transportait
Vers des cieux connus quiconque écoutait
Ce timbre d’argent qui vibrait sans trêves,
Quand Marco chantait.

Quand Marco pleurait, ses terribles larmes
Défiaient l’éclat des plus belles armes ;
Ses lèvres de sang fonçaient leur carmin
Et son désespoir n’avait rien d’humain ;
Pareil au foyer que l’huile exaspère,
Son courroux croissait, rouge, et l’on aurait
Dit d’une lionne à l’âpre forêt
Communiquant sa terrible colère,
Quand Marco pleurait.

Quand Marco dansait, sa jupe moirée
Allait et venait comme une marée,
Et, tel qu’un bambou flexible, son flanc
Se tordait, faisant saillir son sein blanc ;
Un éclair partait. Sa jambe de marbre,
Emphatiquement cynique, haussait
Ses mates splendeurs, et cela faisait
Le bruit du vent de la nuit dans un arbre,
Quand Marco dansait.

Quand Marco dormait, oh ! quels parfums d’ambre
Et de chair mêlés opprimaient la chambre !
Sous les draps la ligne exquise du dos
Ondulait, et dans l’ombre des rideaux
L’haleine montait, rhythmique et légère ;
Un sommeil heureux et calme fermait
Ses yeux, et ce doux mystère charmait
Les vagues objets parmi l’étagère,
Quand Marco dormait.

Mais quand elle aimait, des flots de luxure
Débordaient, ainsi que d’une blessure
Sort un sang vermeil qui fume et qui bout,
De ce corps cruel que son crime absout :
Le torrent rompait les digues de l’âme,
Noyait la pensée, et bouleversait
Tout sur son passage, et rebondissait
Souple et dévorant comme de la flamme,
Et puis se glaçait.

(Paul Verlaine)

 
Découvert ici: https://marinegiangregorio.wordpress.com/

Recueil: Poèmes saturniens
Traduction:
Editions:

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MOIS APRÈS MOIS, ANNÉE APRÈS ANNÉE (Emily Brontë)

Posted by arbrealettres sur 7 décembre 2017



Illustration
    
MOIS APRÈS MOIS, ANNÉE APRÈS ANNÉE

Mois après mois, année après année,
Ma lyre a fait entendre une note plaintive;
Voici qu’enfin un son plus animé
Va l’accorder, joyeuse, au timbre du plaisir.

Qu’importe que le clair de lune et les étoiles
S’éteignent dans le gris maussade du matin?
Ce ne sont là que signes de la nuit,
Et ceci, mon âme, est le jour.

***

MONTH AFTER MONTH, YEAR AFTER YEAR

Month after month, year after year,
My harp has poured a dreary strain;
At length a livelier note shall cheer,
And pleasure tune its chords again.

What though the stars and fair moonlight
Are quenched in morning dull and grey?
They are but tokens of the night,
And this, my soul, is day.

(Emily Brontë)

 

Recueil: Poèmes
Traduction: Pierre Leyris
Editions: Gallimard

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Je me sentais vivre en elle (Gérard de Nerval)

Posted by arbrealettres sur 8 octobre 2017




    
Je me sentais vivre en elle,
et elle vivait pour moi seul.
Son sourire me remplissait d’une béatitude infinie;
la vibration de sa voix si douce et cependant fortement timbrée
me faisait tressaillir de joie et d’amour.

Elle avait pour moi toutes les perfections,
elle répondait à tous mes enthousiasmes,
à tous mes caprices,

— belle comme le jour aux feux de la rampe
qui l’éclairait d’en bas,
pâle comme la nuit, quand la rampe baissée
la laissait éclairée d’en haut
sous les rayons du lustre
et la montrait plus naturelle,
brillant dans l’ombre de sa seule beauté,
comme les Heures divines qui se découpent,
avec une étoile au front,
sur les fonds bruns des fresques d’Herculanum!

(Gérard de Nerval)

 

Recueil: Quand on n’a que l’amour
Editions: Bruno Doucey

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Que cherches-tu ? (Eve Saint-Prix)

Posted by arbrealettres sur 4 avril 2017



Que cherches-tu ?

Que cherches-tu dans son regard
Sous sa douleur et sous son fard
Quelle blessure encore ouverte
Quelle absence au fond de son être

Crois-tu donc qu’elle te fasse écho
Que dans ta voix au timbre chaud
Elle reconnaisse ton mystère
Qu’elle t’atteigne où tu te terres

Peut-être au fond vivez-vous
Au diapason de l’amour fou
Mais sans jamais vous reconnaître

Peut-être a-t-elle envie de toi
Peut-être veux-tu qu’elle te voie
Et qu’elle apprenne à te connaître

(Eve Saint-Prix)

 Illustration: Kajan: https://dessinrencontre.com/

 

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Romantique (Jean-Claude Faucheux)

Posted by arbrealettres sur 1 mars 2017



 

Le courrier, ça chemine.
Des cachettes du sac
la lettre hoche la tête:
J’ai le timbre fêlé
d’avoir tant voyagé!
Et la dame en liseuse
amoureusement songe:
Le désir qui m’anime
est celui qui le ronge.

(Jean-Claude Faucheux)

 

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