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Poésie

Posts Tagged ‘timidement’

Je ne veux pas qu’elle soit morte (Albert Cohen)

Posted by arbrealettres sur 22 octobre 2018



Je ne veux pas qu’elle soit morte.
Je veux un espoir, je demande un espoir.
Dieu de ma mère, mon Dieu que j’aime
malgré mes blasphèmes de désespoir.
Je T’appelle au secours.

Aie pitié de ce mendiant abandonné au coin du monde.
Je n’ai plus de mère, je n’ai plus de maman,
je suis tout seul et sans rien
et j’appelle vers Toi qu’elle a tant prié.

Donne-moi la foi en Toi,
donne-moi la croyance en une vie éternelle.
Cette croyance, je l’achèterais au prix d’un milliard d’années en enfer.
Car après ce milliard d’années en enfer où l’on Te nie,
je pourrai revoir ma mère qui m’accueillera,
sa petite main timidement à la commissure de sa lèvre.

(Albert Cohen)

Illustration

 

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MAGRITTE (Jean-Pierre Lemaire)

Posted by arbrealettres sur 12 juillet 2018



Illustration: René Magritte
    
MAGRITTE
(La Victoire)

Timidement, par la porte entrouverte,
un nuage passe.
Le plafond, les murs
sont devenus ciel pâle,
rivage inconnu
où poussent quelques herbes.
La mer brille au loin.
Les deux moitiés de l’horizon
se rejoindront bientôt
derrière la porte
couleur de ciel, de sable.
Elle seule est debout
dans la maison dissoute
pour t’accueillir,
doux messager,
agneau vainqueur.

(Jean-Pierre Lemaire)

 

Recueil: Figure humaine
Traduction:
Editions: Gallimard

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Le Chat se contenta de sourire (Lewis Carroll)

Posted by arbrealettres sur 22 juin 2018




    
Le Chat se contenta de sourire en voyant Alice.
Elle lui trouva l’air fort aimable ;
néanmoins, il avait des griffes extrêmement longues et un très grand nombre de dents,
c’est pourquoi elle sentit qu’elle devait le traiter avec respect.

« Minet-du-comté-de-Chester », commença-t-elle assez timidement,
car elle ne savait pas trop si ce nom lui plairait.
Le Chat s’étant contenté de sourire plus largement,
Alice pensa : « Allons, jusqu’ici il est satisfait », et elle continua :
« – Voudriez-vous me dire, s’il vous plaît, par où je dois m’en aller d’ici ?»
– Cela dépend beaucoup de l’endroit où tu veux aller.
– Peu m’importe l’endroit…
– En ce cas, peu importe la route que tu prendras.
– … pourvu que j’arrive quelque part » ajouta Alice en guise d’explication.
« Oh, tu ne manqueras pas d’arriver quelque part, si tu marches assez longtemps. »

Alice comprit que c’était indiscutable ;
en conséquence elle essaya une autre question :
« Quelle espèce de gens trouve-t-on dans ces parages ? »
– Dans cette direction-ci  , répondit le Chat, en faisant un geste de sa patte droite,
habite un Chapelier ; et dans cette direction-là  (il fit un geste de sa patte gauche),
« habite un Lièvre de Mars.
Tu peux aller rendre visite à l’un ou à l’autre : ils sont fous tous les deux.»

– Mais je ne veux pas aller parmi les fous !
– Impossible de faire autrement ; nous sommes tous fous ici.
Je suis fou. Tu es folle.
– Comment savez-vous que je suis folle ?
– Si tu n’étais pas folle, tu ne serais pas venue ici »

(Lewis Carroll)

Découvert ici: http://laboucheaoreilles.wordpress.com/

Recueil: Alice au Pays des Merveilles / De l’autre côté du Miroir
Traduction:
Editions: Folio

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Pourquoi me donnes-tu la main timidement (Hannah Arendt)

Posted by arbrealettres sur 5 février 2018



Pourquoi me donnes-tu la main
Timidement et comme en secret ?
Viens-tu d’un pays si lointain,
Que tu ne connais pas notre vin ?

Ne connais-tu pas notre plus beau brasier
— Serait-ce que tu vis si seul ? —
N’être qu’un en l’autre
Avec le coeur, avec le sang ?

Ne sais-tu pas, plaisirs du jour,
Marcher avec l’être le plus cher,
Ne sais-tu pas, la séparation du soir venue,
Marcher tout seul le coeur lourd ?

Viens avec moi et aime-moi,
Ne pense pas à tes effrois,
Ne peux-tu donc te confier à personne,
Viens, prends et donne.

Puis traversons les blés mûrs
– Coquelicot et trèfle de nature —
Plus tard dans le vaste monde,
Nous aurons bien de la peine,

Quand nous sentirons le souvenir
Flotter avec force dans le vent.
Quand dans le doux souffle du rêve
Notre âme sera prise de frissons.

***

Warum gibst Du mir die Hand
Scheu und wie geheim?
Kommst Du aus so fernem Land,
Kennst nicht unsern Wein?

Kennst nicht unsere schönste Glut
— Lebst Du so allein? —
Mit dem Herzen, mit dem Blut
Eins im andern sein?

Weißt Du nicht des Tages Freuden,
Mit dem Liebsten gehen ?
Weißt Du nicht des Abends Scheiden,
Ganz in Schwermut gehen?

Komm mit mir und hab mich lieb,
Denk nicht an Dein Graun,
Kannst Du Dich denn nicht vertraun,
Komm und nimm und gib.

Gehen dann durchs reife Feld
— Mohn und wilder Klee —
Später in der weiten Welt
Tut es uns wohl weh,

Wenn wir spüren, wie im Wind
Stark Erinnerung weht.
Wenn im Schauder traumhaft lind
Unsere Seele weht.

(Hannah Arendt)

Illustration

 

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Ma dame,je vais vous toucher (Edward Estlin Cummings)

Posted by arbrealettres sur 2 février 2018



    

Ma dame,je vais vous toucher de mon esprit.
Vous toucher et toucher et toucher
jusqu’à ce que vous m’accordiez
un soudain sourire,timidement obscène

(ma dame je vais
vous toucher de mon esprit.)Vous
toucher,c’est tout,

légèrement et vous deviendrez tout à fait
avec une infinie facilité

le poème que je n’écris pas.

***

Lady,i will touch you with my mind.
Touch you and touch and touch
until you give
me suddenly a smile,shyly obscene

(lady i will
touch you with my mind.)Touch
you,that is all,

lightly and you utterly will become
with infinite ease

the poem which i do not write.

(Edward Estlin Cummings)

 

Recueil: Erotiques
Traduction: Jacques Demarcq
Editions: Seghers

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Ô ma vraiment peu sage et catégorique dame (Edward Estlin Cummings)

Posted by arbrealettres sur 2 février 2018



Illustration
    
ô ma vraiment peu sage et catégorique
dame aux mains de poupée mélancolique

(dont la nudité est pressée d’entourer
son dernier geste exquisément lubrique
d’un certain décorum acceptable et
petit)ô ma dame entièrement faite
pour l’amour
(et ce qui de moi subsiste
tes seins m’embrassant timidement le compliquent)

seul ton baiser toujours me saisira vraiment.

Toujours mes bras ne serrent complètement
dans la nuit effrayante et radieuse
que ta passionnante nudité affolée

—toujours je ressors seulement de quelque chose

de toi négligé magnifique et sans geste

***

o my wholly unwise and definite
lady of the wistful dollish hands

(whose nudity hurriedly extends
its final gesture lewd and exquisite,
with a certain agreeable and wee
decorum)o my wholly made for loving
lady
(and what is left of me
your kissing breasts timidly complicate)

only always your kiss will grasp me quite.

Always only my arms completely press
through the hideous and bright night
your crazed and interesting nakedness

—from you always i only rise from something

slovenly beautiful gestureless

(Edward Estlin Cummings)

 

Recueil: Erotiques
Traduction: Jacques Demarcq
Editions: Seghers

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L’amour vint à nous un jour qui n’est plus (James Joyce)

Posted by arbrealettres sur 25 septembre 2017



L’amour vint à nous un jour qui n’est plus,
L’un timidement jouait dans le soir.
L’autre était tout près et tremblait de crainte –
Car d’abord l’amour n’est que tremblement.

Nous fûmes de graves amants. L’amour
Est passé qui eut mainte heure si douce.
Et, vois, bienvenus nous semblent enfin
Les nouveaux chemins que nous foulerons.

***

Love came to us in time gone by
When one at twilight shyly played
And one in fear was standing nigh —
For Love at first is all afraid.

We were grave lovers. Love is past
That had his sweet hours many a one,
Welcome to us now at the last
The ways that we shall go upon.

(James Joyce)


Illustration: John Everett Millais

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PREMIER BAISER (Jacques Basse)

Posted by arbrealettres sur 30 juillet 2017



    

PREMIER BAISER

tout doucement,
timidement

après une hésitation
et dans l’émotion

moment de magie
proche de l’embellie

ô … ce premier baiser

pareil à celui qu’Adonis
donna jadis à Astarté
dont le mythe nous dit
qu’il fut bien le premier

depuis
nuit et jour
je pense à ce baiser si doux
dont je garde le goût

(Jacques Basse)

 

Recueil: Le temps des Résonances
Editions: Rafaël de Surtis

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Alors il touche avec ses doigts timidement son bras (Pascal Quignard)

Posted by arbrealettres sur 26 janvier 2017



Alors il touche avec ses doigts timidement son bras.
Elle glisse sa main dans ses mains.
Elle donne sa main toute fraîche à ses mains.
C’est tout.

Il serre sa main.
Leurs mains deviennent chaudes, puis brûlantes.
Ils ne parlent pas.

(Pascal Quignard)

 

 

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Sur la planète du petit prince (Antoine de Saint-Exupéry)

Posted by arbrealettres sur 18 janvier 2017



plante

Sur la planète du petit prince,
il y avait comme sur toutes les planètes,
de bonnes herbes et de mauvaises herbes.
Par conséquent de bonnes graines de bonnes herbes
et de mauvaises graines de mauvaises herbes.
Mais les graines sont invisibles.
Elles dorment dans le secret de la terre
jusqu’à ce qu’il prenne fantaisie à l’une d’elles de se réveiller…

Alors elle s’étire, et pousse d’abord timidement vers le soleil
une ravissante petite brindille inoffensive.

S’il s’agit d’une brindille de radis ou de rosier,
on peut la laisser pousser comme elle veut.

Mais s’il s’agit d’une mauvaise plante,
il faut arracher la plante aussitôt,
dès qu’on a su la reconnaître.

(Antoine de Saint-Exupéry)

 

 

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