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Poésie

Posts Tagged ‘timidement’

Souriant timidement (Richard Wright)

Posted by arbrealettres sur 15 novembre 2016



Souriant timidement,
Les bébés citrouilles se cachent
Sous les feuilles jaunes.

***

With shy yellow smiles,
Baby pumpkins are hiding
Under yellow leaves.

(Richard Wright)

Illustration

 

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Jamais ton regard d’affamé ne me quittera (Robert Mallet)

Posted by arbrealettres sur 7 août 2016




Jamais ton regard d’affamé ne me quittera
petit enfant du temple de Kali à Calcutta
Étais-tu fille ou garçon, je ne sais pas
plus l’homme va vers son squelette
moins on peut définir sa tête
Trop de mains m’avaient rendu pauvre à ton égard
tu me tendais la tienne trop tard
un morceau du gâteau que je mangeais,
timidement je te le donnai
tu le pris comme un petit singe et t’enfuis
Grâce à toi, jamais je n’oublierai
ce qu’est ce que tu es
et ce que je suis.

(Robert Mallet)

 

 

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Le printemps (Marie Nizet)

Posted by arbrealettres sur 14 juin 2016



femme fleur de pêcher 82

Le printemps

La terre est refleurie; elle est verte, elle est blanche.
Mon coeur enamouré vers votre coeur se penche,
Mais si timidement que je n’ose approcher…
Tant je crains de troubler le charme de cette heure
Pour qu’il s’effraye et qu’il s’envole et que je pleure
De n’avoir pas compris qu’il n’y fallait toucher.

Et je songe au pêcher fleuri qui vous ressemble
Ronde comme son fruit, rose comme sa fleur.
Je ne veux même pas l’effleurer d’une lèvre
Tant j’ai peur de ternir, sous mon baiser de fièvre,
Sa fraîcheur délicate et sa tendre couleur.

(Marie Nizet)

 Illustration

 

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«Droit vers la vallée, droit vers la hauteur» (Friedrich Nietsche)

Posted by arbrealettres sur 13 mai 2016




«Droit vers la vallée,
droit vers la hauteur»

Dans la forêt de sapins, à minuit,
Quand la blême clarté de la lune timidement
Traverse les cimes d’un sourire de spectre,
Je te vis debout, solitaire, à part.

Pas un mot; le vent léger glisse furtivement,
Il monte de la vallée avec un bruissement étouffé,
Et dans le murmure des roseaux, effrayante douceur,
Résonnent des voix d’esprits qui sortent du marais.

Main crispée, 1’oeil étincelle
Que fascine la roche escarpée,
Ton coeur est comme sous la houle d’une sauvage marée
Dont les vagues battraient la plage.

Murailles en débris, colonnades orgueilleuses,
Le Burg sous la lumière crue de la lune
Le regarde d’en haut en riant de son oeil vide
Ricane, le salue, s’incline, et dit :

« Droit vers la hauteur, droit vers la vallée :
« Le soleil tue, la lune donne vie,
« Pourquoi regardes-tu, pâle et livide, vers là-haut?
Fais la montée, car toute chose s’efforce vers la lumière ! »

Il se hisse au sommet, l’escalade, guette
Le murmure qui parcourt les roseaux,
Le vent qui bruisse au long de la falaise,
La chouette dont l’aile frôle la hauteur.

Et la rumeur se rapproche, accent magique,
Souffle, frémissement, comme une vibration de harpe,
à présent se plaint doucement, en douloureuse angoisse :
Expirer — s’effacer — se noyer dans le Tout.

Cela lui saisit le coeur — il monte et se penche,
Et ouvre les bras, étreignant le monde.
Se noyer — sombrer — la colonnade s’efface,
Expirer — se perdre — tomber vers la terre en mille morceaux.

(Friedrich Nietsche)

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