Arbrealettres

Poésie

Posts Tagged ‘tissu’

Dans le tissu du poème (René Char)

Posted by arbrealettres sur 22 mai 2019



 

Talon Abraxas 1980 - British Surrealist painter - Tutt'Art@ (31) [1280x768]

Dans le tissu du poème doit se retrouver un nombre égal de tunnels dérobés, de chambres d’harmonie,
en même temps que d’éléments futurs, de havres au soleil, de pistes captieuses et d’existants s’entr’appelant.
Le poète est le passeur de tout cela qui forme un ordre.
Et un ordre insurgé.

(René Char)

Illustration: Talon Abraxas

 

Posted in méditations, poésie | Tagué: , , , , , , , , , , , , , , | Leave a Comment »

Hasard (Patrice Blanc)

Posted by arbrealettres sur 24 avril 2019



Illustration    
    
Hasard

des pluies de sang

au creux de l’oubli
au bout de l’angoisse
le hasard ne brille pas

tu es déshabillée
lumineuse et heureuse
je te prends par le cou
pour mieux sentir tes vaisseaux
ta texture de vie
tes humeurs
tes tissus

des pluies de sang
dans un corps à corps

le hasard est un film …

(Patrice Blanc)

Découvert ici: http://laboucheaoreilles.wordpress.com/

Recueil: De sang, de nerfs et d’os
Traduction:
Editions: du Contentieux

Posted in poésie | Tagué: , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , | Leave a Comment »

LA VIE DES VAGUES (Annie Salager)

Posted by arbrealettres sur 9 février 2019



Illustration: Kupka Frantisek
    
LA VIE DES VAGUES

Vies mêlées par d’impossibles liens
les vies composées de tant d’autres
les présentes, les disparues, les oubliées,
tissu des vies mêlées et moirées d’ombre
que les heures défont refont
analogue à la nostalgie fine de la mer,
elles adhèrent au vent, à la vie neuve en lui,
toujours les mêmes vagues sur le souffle
sans repos de la mer désirent sous nos yeux
une lumière jamais vue, et bercées d’elle
nous bercent sans l’atteindre jamais

(Annie Salager)

 

Recueil: La Mémoire et l’Archet
Traduction:
Editions: La rumeur libre

Posted in poésie | Tagué: , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , | Leave a Comment »

DOULEUR (Jacqueline Risset)

Posted by arbrealettres sur 1 janvier 2019



    
DOULEUR

D’où vient la mystérieuse la folle
douleur d’amour ?
je me réveille ce matin
tout entourée de la douleur de toi

— de toi : comme une irritation
dans la peau du monde où tu es
et si je me demande :
comment la faire cesser

je sais :
il faut que s’éteigne ce point
qu’il cesse de battre comme une dent
quand le reste se tait

Tissu du monde en un point transparent
tout souffre ici
tout regarde ce point
que la douleur éclaire

je rêve l’oubli complet
paroi sourde mur blanc
mais tout est écrit par ici dessiné
tout parsemé de signes

de toi — par moi —
faits pour te voir partout
et maintenant j’étouffe
j’ai mal je voudrais dormir

(Jacqueline Risset)

 

Recueil: L’Amour de loin
Traduction:
Editions: Flammarion

Posted in poésie | Tagué: , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , | Leave a Comment »

CACHÉ (Kathleen Raine)

Posted by arbrealettres sur 4 décembre 2018




CACHÉ

AUJOURD’HUI le rideau est baissé
Le voile jeté sur le visage,
Le monde n’est que son aspect,
Arbre, mur de brique, feuilles poussiéreuses

De lierre, un oiseau
Ayant secoué la poussière
Dont il a la couleur. Rien
N’a de sens ou d’être.

Cependant j’ai vu jadis
Le tissu de lumière dont tous ils sont faits
D’une manière autre que ceci. Avoir vu
Est savoir toujours.

***

HIDDEN

TODAY the curtain is down
The veil drawn over the face,
World only its aspect,
Tree, brick wall, dusty leaves

Of ivy, a bird
Shaken loose from the dust
It is the colour of. Nothing
Means or is.

Yet I saw once
The woven light of which all these are made
Otherwise than this. To have seen
Is to know always.

(Kathleen Raine)

 

 

Posted in méditations, poésie | Tagué: , , , , , , , , , , , , , , , , , , , | Leave a Comment »

Si vous ne vous sentez pas bien (Francis Blanche)

Posted by arbrealettres sur 9 septembre 2018




Si vous ne vous sentez pas bien,
faites-vous sentir par un autre.

Madame: n’achetez plus de tissu écossais.
Ecossez-les vous-même!

Une journée sans canular,
c’est un gruyère sans trou.

Si Christophe Colomb n’avait rien découvert,
Kennedy serait toujours vivant.

Les femmes qui nous aiment pour notre argent
sont bien agréables:
on sait au moins ce qu’il faut faire
pour les garder.

Qui aime bien ses lunettes
ménage sa montre.

(Francis Blanche)

Posted in humour | Tagué: , , , , , , , , , , , , , , , | Leave a Comment »

Si inattendu (Béatrice Bonhomme)

Posted by arbrealettres sur 4 septembre 2018




    
Si inattendu connaître
Tu restes planant
Dans la minceur désirante
D’une ardeur

Tu restes
Dans l’odeur bronzée des lignages
Sur le bois compté
Des arbres pris
Dans la terre

Des choses simples
Ton amour au fil du temps
Et cette sueur imprègne le tissu
À hauteur de ta poitrine
Avec la forme d’un coeur

(Béatrice Bonhomme)

 

Recueil: L’Ardeur ABC poétique du vivre plus
Traduction:
Editions: Bruno Doucey

Posted in poésie | Tagué: , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , | Leave a Comment »

La révélation (Herbert Zbigniew)

Posted by arbrealettres sur 2 août 2018




    
La révélation

deux ou trois
fois
j’ai été sûr

de toucher au fond des choses
de savoir
le tissu de ma formule
fait d’allusions comme le Phédon
avait aussi la précision
d’une équation d’Heisenberg

assis immobile
les yeux embués
je sentais mon épine dorsale
gagnée d’une claire certitude

la terre s’arrêta
et le ciel s’arrêta
mon immobilité
était presque parfaite

le facteur sonna
je dus rincer la théière
préparer du thé

Shiva leva le doigt
les objets célestes et terrestres
reprirent leur course

je revins dans la pièce
fini le calme parfait
l’idée du verre
s’était renversée sur la table

assis immobile
les yeux embués
empli de vide
soit de désir

si cela m’arrive encore
ni la sonnette du facteur
ni la clameur des anges ne me troublera

je serai assis
immobile
contemplant
le coeur des choses

une étoile morte

une goutte noire d’infini

(Herbert Zbigniew)

 

Recueil: Corde de lumières oeuvres poétiques complètes
Traduction: Brigitte Gautier
Editions: LE BRUIT DU TEMPS

Posted in humour, méditations, poésie | Tagué: , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , | Leave a Comment »

Cuisses (Patrick Le Divenah)

Posted by arbrealettres sur 15 juillet 2018




    
Cuisses

leur unique syllabe fait vibrer les lèvres
cuisses ! Je sens jaillir lorsqu’elles se révèlent
du profond de mon corps une impatiente fièvre
pour la calmer éloignons d’abord ces dentelles

ces voiles complices artifices qui sèvrent
l’ardeur de mes désirs attisée par leur zèle
pour que glissent mes mains libres des tissus mièvres
aux pentes du plaisir secret qu’elles recèlent

cuisses qui vous ouvrez comme portes d’un temple
pour initier mes sens à de nouveaux mystères
je laisse ma mémoire au seuil de votre chair

vous qui me saisissez lorsque je vous contemple
ou que je vous saisis, comme je vous vénère !
cuisses, bien plus que celle du grand Jupiter

(Patrick Le Divenah)

 

Recueil: Blasons du corps féminin
Traduction:
Editions: L’Échappée Belle

Posted in poésie | Tagué: , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , | Leave a Comment »

LA GRANDE HUMANITÉ (Nâzim Hikmet)

Posted by arbrealettres sur 6 juillet 2018



 

LA GRANDE HUMANITÉ

La grande humanité voyage sur le pont des navires
Dans les trains en troisième classe
Sur les routes elle marche
La grande humanité

La grande humanité s’en va au travail à huit heures
Elle se marie à vingt ans
Meurt à quarante
La grande humanité

Sauf à la grande humanité le pain suffit à tous
Pour le riz c’est pareil
Pour le sucre c’est pareil
Pour le tissu pareil
Pour le livre pareil
Cela suffit à tous sauf à la grande humanité.

ll n’est pas d’ombre sur la terre de la grande humanité
Pas de lanternes dans ses rues
Pas de vitres à ses fenêtres
Mais elle a son espoir la grande humanité
On ne peut vivre sans espoir.

(Nâzim Hikmet)

Illustration: Tarsila do Amaral

 

Posted in poésie | Tagué: , , , , , , , , , , , , , , , , , , , | Leave a Comment »

 
%d blogueurs aiment cette page :