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Imagination d’enfant (Sri Aurobindo)

Posted by arbrealettres sur 20 mars 2020




    
Imagination d’enfant

Ô toi image d’or,
miniature du bonheur,
au parler tendre et doux !
chaque mot mérite un baiser.

Étrange, distante, splendide
la pure fantaisie de l’enfance
tressaille à des pensées insondables pour nous,
vives et obscures félicités.

Quand les yeux deviennent graves
et que le rire s’éteint,
la Nature se souvient des jeux de titan
de son enfance toute-puissante :

forêts où filtre le soleil,
et habitent les elfes,
assemblées de géants, rencontres de titans,
fantaisies d’un jeune dieu.

Ces images te reviennent
dans le mystère de tes pensées ;
en ton coeur Dieu se souvient
de toutes les merveilles qu’Il a faites.

(Sri Aurobindo)

 

Recueil: Poésie
Traduction: Français Cristof Alward-Pitoëff
Editions: Sri Aurobindo Ashram Trust

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Totaux (Norge)

Posted by arbrealettres sur 10 février 2020




    

Totaux

Ton temps têtu te tatoue.
T’as-ti tout tu de tes doutes ?
T’as-ti tout dû de tes dettes ?
T’as-ti tout dit de tes dates ?
T’a-t-on tant ôté ta teinte ?
T’a-t-on donc dompté ton ton ?
T’as-ti tâté tout téton ?
T’as-ti tenté tout tutu ?
T’es-ti tant ? T’es-ti titan ?
T’es-ti toi dans tes totaux ?

Tatata, tu tus ton tout.

(Norge)

 

Recueil: Les poèmes ont des oreilles
Traduction:
Editions: Rue du Monde

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CHANT DE TUAN MAC CAIRILL (Poésie Irlandaise)

Posted by arbrealettres sur 6 juillet 2016



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CHANT DE TUAN MAC CAIRILL

Cinq invasions furent en Irlande,
personne n’y vint avant le déluge,
après le déluge, personne n’y vint
avant trois cent douze ans.
Partholon, fils de Sera, vint en Irlande,
en exil avec vingt-quatre hommes,
avec chacun leur femme.

Puis vint Nemed, fils d’Agnoman
qui prit la terre d’Irlande.
Son père était frère du mien.
Je le voyais du haut des rochers
mais je ne voulus pas me montrer.
J’avais de grands cheveux, de grands ongles,
j’étais gris, décrépit et nu,
dans la misère et la souffrance.
Un soir je me suis endormi et je me suis réveillé sous la forme d’un cerf.

Je fus jeune et mon esprit se réjouit.
J’ai revêtu encore un autre aspect,
un poil rude et gris.
Quand j’eus pris cette forme animale,
je devins chef des troupeaux d’Irlande.
De grandes troupes de cerfs couraient autour de moi
quelques chemins que j’allasse.
Telle fut ma vie au temps de Nemed.

Or j’étais sur le seuil de mon antre,
le souvenir m’en est resté,
je sais que changea l’aspect de mon corps
et je pris un sanglier.
Alors je fis des vers sur cette merveille :

Aujourd’hui je suis sanglier,
je suis roi, fort et victorieux.
Autrefois dans les assemblées,
mon chant était agréable,
il plaisait aux jeunes et jolies femmes,
mon char était beau et majestueux,
ma voix avait des sons graves et doux,
j’étais rapide dans les combats,
j’avais un visage charmant,
aujourd’hui je suis un noir sanglier.

Puis j’atteignis encore la vieillesse,
j’avais l’esprit triste, je ne pouvais
faire ce que je faisais autrefois.
J’habitais de sombres cavernes,
des rochers perdus, j’étais seul.
Je suis rentré dans ma demeure
me souvenant de mes formes antérieures
et j’ai jeûné pendant trois jours.
Au bout de trois jours je n’avais plus de force.
Je fus changé en un grand vautour,
en un énorme aigle de la mer.
Mon esprit fut de nouveau joyeux,
je fus capable de tout faire,
je devins chercheur et actif,
je parcourus toute l’Irlande
et je sus ce qui s’y passait.
Alors je chantai ces vers :

Vautour aujourd’hui,
j’étais sanglier autrefois.
Je vécus d’abord dans la troupe des cochons,
me voici maintenant dans celle des oiseaux.

J’ai gardé cette forme de vautour
jusqu’à ce que j’allasse en un trou d’arbre
au bord d’une rivière où je jeûnai neuf jours.
Le sommeil m’a alourdi,
j’ai été changé en saumon.
Alors je fus en la rivière.
J’y fus bien, j’y fus actif et heureux.
Je savais bien nager.
et j’échappai longtemps à tous les périls.

Mais un pêcheur me prit et me porta
à la femme de Cairill, roi de ce pays,
je m’en souviens très bien.
L’homme me mit sur le gril,
la femme eut envie de moi
et me dévora en entier.
Et je fus en son ventre.
Je me souviens du temps où j’étais
dans le ventre de la femme de Cairill,
je me souviens aussi qu’après cela
je commençais à parler comme les hommes.
Je savais tout ce qui fut en Irlande,
je fus prophète, on me donna un nom :
on m’appella Tuan fils de Cairill.

Leabhar na hUidhre.

(Poésie Irlandaise)

Illustration

 

 

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