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Poésie

Posts Tagged ‘toison’

Tronc versé au fossé de tes hanches (Werner Lambersy)

Posted by arbrealettres sur 28 mars 2019



Tronc
versé au fossé
de tes hanches

Les lierres du ventre
à l’écorce des eaux
Fourreau
comme la chair à l’os
Mes mains
aux ronces de l’approche

Différemment:

Amande amère douce
Etoile aux toiles des toisons
toujours toi
sexe insecte aux élytres d’odeurs
Amanite incertaine amante

(Werner Lambersy)


Illustration: Zhaoming Wu

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Animal (Jacques Chessex)

Posted by arbrealettres sur 26 mars 2019



Illustration: Pascal Renoux
    
Animal

Madame un jour je caressais quelque pelage
D’égaré ou de fantasque au soleil poudreux
C’était un chat soyeux, tigre ou chat des chartreux
Qu’importe si ce chat était tendre ou sauvage

Ou si le nombre des félins par moi flattés
Dépasse le millier par toutes les années
Où j’ai choyé leur patience illimitée
Dans tellement de fourrures et de fumets

Que je les confonds tous, parfum fort et souplesse
Dans le même creuset où leur ardeur se coule
Mais ce jour-là c’est la toison de toi,
Maîtresse

Qui s’est creusée à mes doigts souples sur la fente
Où l’animal cède à la rondeur de la pente
Sûre de sa ferveur et d’humidité soûle

(Jacques Chessex)

 

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BENEDICITE NIVES (Martial de Brives)

Posted by arbrealettres sur 30 janvier 2019



BENEDICITE NIVES

Belle soie au Ciel raffinée,
Neige dont l’air se déchargeant
Comme d’une toison d’argent
Rend la campagne couronnée :
Blanc du Ciel par qui sont couverts
Les lieux qui soulaient être verts,
Tremblant albâtre de nos plaines ;
Bénissez l’auguste Grandeur
Du Juge des grandeurs Humaines,
Qui veut qu’on le bénisse en esprit de Candeur.

(Martial de Brives)

Illustration

 

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La chevelure (Charles Baudelaire)

Posted by arbrealettres sur 19 novembre 2018



 

Aleksey Tyranov girl-with-wet-hair

La chevelure

Ô toison, moutonnant jusque sur l’encolure!
Ô boucles ! Ô parfum chargé de nonchaloir!
Extase ! Pour peupler ce soir l’alcôve obscure
Des souvenirs dormant dans cette chevelure,
Je la veux agiter dans l’air comme un mouchoir!

(Charles Baudelaire)

Illustration: Aleksey Tyranov

 

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La Chevelure (Charles Baudelaire)

Posted by arbrealettres sur 19 novembre 2018



La Chevelure

Ô toison, moutonnant jusque sur l’encolure!
Ô boucles! Ô parfum chargé de nonchaloir!
Extase! Pour peupler ce soir l’alcôve obscure
Des souvenirs dormant dans cette chevelure,
Je la veux agiter dans l’air comme un mouchoir!

La langoureuse Asie et la brûlante Afrique,
Tout un monde lointain, absent, presque défunt,
Vit dans tes profondeurs, forêt aromatique!
Comme d’autres esprits voguent sur la musique,
Le mien, ô mon amour! nage sur ton parfum.

J’irai là-bas où l’arbre et l’homme, pleins de sève,
Se pâment longuement sous l’ardeur des climats;
Fortes tresses, soyez la houle qui m’enlève!
Tu contiens, mer d’ébène, un éblouissant rêve
De voiles, de rameurs, de flammes et de mâts:

Un port retentissant où mon âme peut boire
À grands flots le parfum, le son et la couleur
Où les vaisseaux, glissant dans l’or et dans la moire
Ouvrent leurs vastes bras pour embrasser la gloire
D’un ciel pur où frémit l’éternelle chaleur.

Je plongerai ma tête amoureuse d’ivresse
Dans ce noir océan où l’autre est enfermé;
Et mon esprit subtil que le roulis caresse
Saura vous retrouver, ô féconde paresse,
Infinis bercements du loisir embaumé!

Cheveux bleus, pavillon de ténèbres tendues
Vous me rendez l’azur du ciel immense et rond;
Sur les bords duvetés de vos mèches tordues
Je m’enivre ardemment des senteurs confondues
De l’huile de coco, du musc et du goudron.

Longtemps! toujours! ma main dans ta crinière lourde
Sèmera le rubis, la perle et le saphir,
Afin qu’à mon désir tu ne sois jamais sourde!
N’es-tu pas l’oasis où je rêve, et la gourde
Où je hume à longs traits le vin du souvenir?

(Charles Baudelaire)

Illustration: Alena Klementeva

 

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UN INFINI CHAGRIN (Pierre Jean Jouve)

Posted by arbrealettres sur 14 juin 2018



Illustration: Lawrence Alma-Tadema
    
UN INFINI CHAGRIN sort des passes d’amour
Même riches de coeur, et grandit la méprise
A partir des toisons d’un piédestal sacré
Sur lequel nue on a installé la déesse;

Les charnelles poussées en mourant se déplacent
Et doivent dans le non-charnel avoir accès
Pour finir apaisement tremblant : qu’elles reforment
Dans un beau vers noirci tout l’émoi transmué!

Le vers qui dit le seul Amour sans un objet
La seule effusion dans le sein de mon père
Participant à notre plus triste secret.

(Pierre Jean Jouve)

 

Recueil: Diadème suivi de Mélodrame
Traduction:
Editions: Gallimard

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L’amour ? (Georges Rodenbach)

Posted by arbrealettres sur 2 juin 2018



L’amour ? Frivole jeu! Vain espoir d’être aimé !
Vouloir toujours dans son âme le temps de mai !

Comme on s’acharne après cette folle chimère
De se sentir, avec un autre, congénère,
De ne plus être seul, ni deux, mais un enfin…
Rêve illusoire ! On est deux miroirs face à face
Se renvoyant quelques reflets à leur surface…
Ah ! s’être, fût-ce un jour, réalisé divin !
Avoir enclos l’éternité dans des minutes !
Mais c’était se vouer à d’impossibles luttes,
Car on ne peut pas faire avec deux corps un coeur,
On n’entre pas de force ainsi dans le bonheur !
Vanité que tous ces essais de bucolique,
Ces fièvres, ces baisers, ces brèves pâmoisons,
D’où l’on sort vide et vraiment trop mélancolique.

Quant aux quotidiens conquérants de toisons,
Futile aussi, leur appétit de renommée.
(La gloire ? écrire un peu son nom dans la fumée!)
Ah ! combien vains tous ces ambitieux cabrés
Pour être les chevaux vainqueurs dans la revue
Est-ce la peine aussi ? Vaut-il qu’on s’évertue
Vers des arcs de triomphe aussitôt délabrés ?

L’orgueil, l’amour, autant d’inutiles trophées
Dont se faire un moment des tombes attifées.

(Georges Rodenbach)

Illustration

 

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Je m’éveille et vois (Jean-Pierre Faye)

Posted by arbrealettres sur 31 mars 2018



Illustration: Andrzej Malinowski
    
je m’éveille et vois les lignes du noir
et je les touche en sommeil dans la main
elles se retournent en douceur d’épaules
. et leurs mains me parlent et elles viennent
et me parlent par jambes entrelacées et sommeil
. de toison et de ventre et chaleur
qui se retourne encore et qui vient
s’envelopper de moi-même et de soi
. à perte d’ombre sans vue et sans mot

car vous êtes âme du corps et jouissance
du sommeil et d’éveil et d’enveloppement
et dans le gris de nuit flamme et brûlure
. et joie cri abrupt et geste d’écart
dans les jambes et retour des bras et des bouches
langue contre langue et mot dans le mot
. pour ne pas dire qui flambe
corps à corps en nuit
car vous êtes forme du corps

(Jean-Pierre Faye)

 

Recueil: Eclat Rançon
Traduction:
Editions: De la Différence

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Nuit sur la lande (Gustave Kahn)

Posted by arbrealettres sur 8 mars 2018



Nuit sur la lande

Toi qui m’as désappris la douleur
sirène qui chante à la rade la meilleure
je tresserai pour toi les âmes de mon âme.

Fleur de l’ardent épithalame
temple oisif aspirais du seuil de mes tentes
je te bercerai des légendes de l’attente.

Au portique de ta beauté
je suis venu chargé des toisons d’aurore
brodées loin des yeux, de toutes les flores.

J’en ferai les tapis pour ta sérénité
et si l’heure chagrine attristait votre front
je le caresserai des aubes de ma passion.

(Gustave Kahn)

 

 

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Mémoire (Paul Celan)

Posted by arbrealettres sur 4 février 2018



Illustration: René Magritte
    
Mémoire

De figues se nourrisse le coeur
en qui l’heure se souvient
de l’oeil-amande du mort.
Qu’il se nourisse de figues.

Escarpé,
sous le souffle marin,
le front échoué,
frère des écueils.

Blanche,
augmentée de tes cheveux,
la toison
du nuage paissant.

***

Remembrance

Nourished by figs be the heart
wherein an hour thinks back
on the deadman’s almond eye.
Nourished by figs.

Steep, in the seawind’s breath,
the shipwrecked
forehead,
the cliff-sister.

And full-blown by your white hair
the fleece
of the grazing cloud.

***

Andenken

Feigengenährt sei das Herz,
darin sich die Stunde besinnt
auf das Mandelauge des Toten.
Feigengenährt.

Schroff, im Anhauch des Meers,
die gescheiterte
Stirne,
die Klippenschwester.

Und um dein Weißhaar vermehrt
das Vlies
der sömmernden Wolke.

(Paul Celan)

Découvert ici: https://schabrieres.wordpress.com/

 

 

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