Arbrealettres

Poésie

Posts Tagged ‘tombe’

Crucifixion (Anna Akhmatova)

Posted by arbrealettres sur 27 avril 2017



Illustration: Matthias Grünewald

Crucifixion

Ne pleure pas sur moi, Mère,
je suis dans la tombe

1

Le choeur des anges entonna l’heure solennelle,
Et les cieux fondirent dans les flammes.
Il dit à son Père : « Pourquoi m’as-tu abandonné ! »
Et à sa Mère : « Oh, ne pleure pas sur moi… »

2

Madeleine se tordait les bras, pleurait,
Le disciple bien-aimé se figeait,
Mais là où la Mère se tenait en silence,
Personne n’osa même regarder.

(Anna Akhmatova)

 

Titre: L’églantier fleurit et autres poèmes
Traduction: Marion Graf et José-Flore Tappy
Editions: La Dogana

 

Posted in poésie | Tagué: , , , , , , , , , , , , , , , , , , | Leave a Comment »

A l’écoute d’un chant (Anna Akhmatova)

Posted by arbrealettres sur 27 avril 2017



Illustration: Freydoon Rassouli

 

A l’écoute d’un chant

Une voix de femme passe comme le vent,
Noire, dirait-on, humide, nocturne.
Tout ce qu’elle touche au vol, aussitôt
Se transforme.
Elle scintille, diamantine,
Argente ici ou là quelque chose un instant,
Bruisse, costume étrange,
Soies prodigieuses.
Si puissant,
Ce qui aimante la voix, l’ensorcelle :
Comme si devant, là-bas, ce n’était pas la tombe, mais l’envol
D’un escalier vertigineux.

(Anna Akhmatova)

 

 


Titre: L’églantier fleurit et autres poèmes
Traduction: Marion Graf et José-Flore Tappy
Editions: La Dogana

 

 

Posted in poésie | Tagué: , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , | Leave a Comment »

Le soleil est tombé de la cime du ciel (Christiane Barrillon)

Posted by arbrealettres sur 15 avril 2017



Le soleil est tombé
de la cime du ciel
sur la prairie de l’horizon…

Tombé d’un oranger,
or translucide et tiède :
j’en fais voler l’écorce
et le porte à mes lèvres…

O saveur inconnue
qui traverse mon corps,
mes sens dépaysés

Douceur exacerbée
qui se fige et se fond
et me laisse brisée…

(Christiane Barrillon)

Illustration: George Inness

 

Posted in poésie | Tagué: , , , , , , , , , , , , , , , , , , | 2 Comments »

Prière aux étoiles (Wincenty Korab-Brzozowski)

Posted by arbrealettres sur 12 avril 2017



 

Prière aux étoiles

Milliers d’astres cléments, adorables trophées
De triomphe absolu remporté sur la nuit,
Soyez-nous les beaux yeux sages des belles fées,
Maintenant que l’orage ardent a tu son bruit.

Étoiles! Versez-nous de l’azur pacifique
Où tremblent les frissons de vos calices d’or,
Le radieux parfum de votre encens mystique,
Et faites que nos seins vibrent de joie encor!

Inondez de rayons nos corps faits de poussière,
Imprégnez de santé nos membres fatigués, —
Nos mains allumeront la lampe de prière
Au foyer de clarté que vous nous prodiguez.

Étoiles! Faites-nous de longues confidences
Sur les trésors divins dans l’espace enfouis,
Et nos hymnes auront d’indicibles cadences,
Et nos chansons auront des accents inouïs.

Nos cœurs qu’exalteront vos séraphiques flammes,
Banniront à jamais loin d’eux tout amour vil!
Étoiles! visitez les sphères de nos âmes
Où vivent, méconnus, des Anges en exil.

Et lorsque le destin nous dira de descendre
Dans le gouffre profond des tombes pour dormir,
Étoiles du ciel pur! éclairez notre cendre
Et sauvez du néant l’âme du Souvenir!

(Wincenty Korab-Brzozowski)

Découvert ici : poetespolonais

Illustration: Renaud Baltzinger

Posted in poésie | Tagué: , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , | 2 Comments »

Conte de Fée (Renée Vivien)

Posted by arbrealettres sur 8 avril 2017



Conte de Fée

UNE princesse attend, dans un cachot sans jour.
Elle expie on ne sait quel criminel amour.

On sait uniquement qu’elle est prédestinée.
Elle est belle… Elle est jeune… Elle est l’Infortunée.

Cependant le malheur n’a point courbé son front.
La nuit se fait… Bientôt les bourreaux entreront.

Elle n’écoute pas alors que le glas pleure,
Elle sait pourtant qu’ils entreront tout à l’heure.

Elle se voilera de ses profonds cheveux.
Et les bourreaux diront simplement : Je le veux.

Mais elle, détournant ses regards et sa bouche,
Demeurera sous leurs baisers, calme et farouche.

L’amour et les tourments la briseront en vain.
Elle mourra, dans la hauteur de son dédain.

Elle fut la puissante et la très adorée
Et nul ne pleurera sur sa tombe ignorée.

On l’ensevelira dans la nuit. En tremblant,
Une femme mettra sur son coeur un lys blanc.

(Renée Vivien)

Illustration: Alexandru Darida

 

Posted in poésie | Tagué: , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , | Leave a Comment »

Les parfums inapaisés (Denise Desautels)

Posted by arbrealettres sur 6 avril 2017



Les parfums inapaisés
qui émanent des tombes
rendent les fleurs
vulnérables à la caresse.

(Denise Desautels)

 

 

 

Posted in poésie | Tagué: , , , , , , , , | Leave a Comment »

L’aurore printanière (Mong Hao-Jan)

Posted by arbrealettres sur 3 avril 2017



 

L’aurore printanière

Le sommeil de printemps ignore volontiers l’aurore,
Çà et là, on entend partout le chant des oiseaux.
La nuit, au bruit du vent et de la pluie,
Combien de fleurs sont tombées sans qu’on le sache!

(Mong Hao-Jan)

 

 

Posted in méditations, poésie | Tagué: , , , , , , , , , , , , , , , | Leave a Comment »

AU CAFE (Charles Cros)

Posted by arbrealettres sur 26 mars 2017



Jean-Claude Forez  _La_biere

AU CAFE

Le rêve est de ne pas diner,
Mais boire, causer, badiner
Quand la nuit tombe ;
Epuisant les apéritifs,
On rit des cyprès et des ifs
Ombrant la tombe.

Et chacun a toujours raison
De tout, tandis qu’il la maison
La soupe fume,
On oublie, en mots triomphants,
Le rire nouveau des enfants
Qui nous parfume.

On traverse, vague semis,
Les amis et les ennemis
Que l’on évite.
Il vaudrait mieux jouer aux dés,
Car les mots sont des procédés
Dont on meurt vite.

Ces gens du café, qui sont-ils ?
J’ai dans les quarts d’heure subtils
Trouvé des choses
Que jamais ils ne comprendront,
Et, dédaigneux, j’orne mon front
Avec des roses.

(Charles Cros)

Illustration: Jean-Claude Forez

 

Posted in poésie | Tagué: , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , | Leave a Comment »

Je te vois mieux — dans la Nuit — (Emily Dickinson)

Posted by arbrealettres sur 20 mars 2017



Je te vois mieux — dans la Nuit —
Nul besoin de Lumière —
Mon Amour pour Toi — est un Prisme —
Plus vif que le Violet —

Je te vois mieux avec les Ans
Qui dressent leur monticule —
Brille — la Lampe du Mineur —
Et la Mine s’annule —

Mieux que partout je Te vois — dans la Tombe —
Ses Panneaux étroits
S’illuminent — Tout vermeils — de la Lampe
Que je tins si haut, pour Toi —

Qu’ont-ils besoin de Jour —
Ceux dont la Nuit — possède — un Soleil si splendide —
Qu’il s’estime être — Sans cesse –
À son Zénith?

***

I see thee better — in the Dark —
I do not need a Light —
The Love of Thee — a Prism be —
Excelling Violet —

I see thee better for the Years
That hunch themselves between —
The Miner’s Lamp — sufficient be —
To nullify the Mine —

And in the Grave — I see Thee best —
It’s little Panels be
Aglow —All ruddy — with the Light
I held so high, for Thee —

What need of Day —
To Those whose Dark — hath so — surpassing Sun —
It deem it be — Continually —
At the Meridian ?

(Emily Dickinson)

Posted in poésie | Tagué: , , , , , , , , , | Leave a Comment »

Si ton Ame vacille (Emily Dickinson)

Posted by arbrealettres sur 19 mars 2017


ame

« Si ton Nerf, se dérobe –
Surmonte ton Nerf –
Il peut s’appuyer à la Tombe,
S’il craint l’embardée –

Voilà une ferme posture –
Nul ne fléchit jamais
Tenu entre ces bras d’Airin-
Au mieux forgés par des Géants –

Si ton Ame vacille –
Lève la porte de Chair –
La Poltronne a besoin d’Oxygène –
Et de rien d’autre – »

(Emily Dickinson)

Posted in poésie | Tagué: , , , , , , , , , , , | Leave a Comment »

 
%d blogueurs aiment cette page :