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Poésie

Posts Tagged ‘tombe’

Une pivoine est tombée ivre (Hisahiko Nagamine)

Posted by arbrealettres sur 22 octobre 2017



Pivoine   [800x600]

Une pivoine est tombée
ivre
de son propre parfum

(Hisahiko Nagamine)

Illustration

 

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La fausse mort (Goethe)

Posted by arbrealettres sur 20 octobre 2017


Pleurez, belles, voici la tombe de l’Amour!
Il s’affaissa ici, pour un rien, par hasard.
Mais est-il mort vraiment? Je n’en jurerais pas
Souventes fois un rien, un hasard le réveille.

***

Scheintod.

Weint, Mädchen, hier bei Amors Grabe! hier
Sank er von nichts, von ungefähr danieder.
Doch ist er wirklich tot? Ich schwöre nicht dafür:
Ein Nichts, ein Ungefähr erweckt ihn öfters wieder.

(Goethe)

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Frissons (Marie Dauguet)

Posted by arbrealettres sur 19 octobre 2017




    
Frissons

Pleurez avec mon coeur
Pleurez avec mon coeur, orchestre fantastique;
Que mon rêve évoqua,
Pâles harmonicas
Et clavecins voilés, orgues aux cris mystiques;

Pleurez avec mon coeur tristement éperdu;
Cortèges des voix grises,
Roseaux que le vent brise,
Voix en deuil des baisers à tout jamais perdus;
Pleurez avec mon coeur tristement éperdu.

O pleurez dans le soir, douloureuse musique,
Vous, lyre que fêla
Le temps, violons las,
Et tympanons fanés, et harpes squelettiques;
O pleurez dans le soir, douloureuse musique.

Pleurez avec mon coeur, voix s’exhalant des tombes.
– O quel orchestre las
Gémit sous les lilas
Où parmi les parfums sanglotent des colombes; –
Pleurez avec mon coeur, voix s’exhalant des tombes.

Pleurez avec mon coeur, voix des mortes d’amour
Qui suintez de la terre
Molle des cimetières,
Voix d’ombre et voix de cendre aux imprécis contours;
Pleurez avec mon coeur, voix des mortes d’amour.

(Marie Dauguet)

 

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Le Liseron (Louise Colet)

Posted by arbrealettres sur 15 octobre 2017



Illustration
    
Le Liseron

Aimez le Liseron, cette fleur qui s’attache
Au gazon de la tombe, à l’agreste rocher ;
Triste et modeste fleur qui dans l’ombre se cache
Et frissonne au toucher !

Aimez son teint si pâle et son parfum d’amande ;
Ce parfum, on le cherche, il ne vient pas à vous ;
Mais, à l’humble corolle alors qu’on le demande,
On le sent pur et doux,

Il ne pénètre pas les sens comme la rose,
Il ne jette pas l’âme en de molles langueurs,
Suave et virginal, de l’ivresse il repose,
Et rafraîchit les cœurs.

De l’amour idéal, chaste et touchant emblème,
Il vit et meurt caché sous le regard de Dieu,
S’abreuve de rosée et de soleil, de même
Que l’âme se nourrit de larmes et de feu.

Comme l’amour encore qui, pudique, se voile,
L’homme, sans le sentir, le foule sous ses pas,
Ou parfois à la tige il arrache l’étoile
Et ne l’aspire pas !

Plus d’un cœur fut ainsi brisé dans le silence,
Étouffant un amour, mystère de pudeur,
Désir inexprimé qui vers le ciel s’élance,
Comme du Liseron la balsamique odeur !

(Louise Colet)

 

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Automne (Jacqueline Astégiano)

Posted by arbrealettres sur 15 octobre 2017



Automne

La feuille
qui tombe
effleure
ma joue

La feuille
qui joue
effleure
ma tombe.

(Jacqueline Astégiano)


Illustration

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La musique (Anna Akhmatova)

Posted by arbrealettres sur 11 octobre 2017


Il-y-a-de-la-musique-dans-le

Il est en elle une flamme miraculeuse,
En sa présence le reste s’estompe.
Elle seule parle avec moi
Quand les autres ont peur de m’approcher.
Quand le dernier ami a détourné ses yeux,
Elle a été avec moi dans ma tombe
Et elle a chanté comme le premier orage
Ou comme si toutes les fleurs se mettaient à parler.

(Anna Akhmatova)

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Mélusine (Marie Dauguet)

Posted by arbrealettres sur 5 octobre 2017




    
Mélusine

Le vent sifflait au loin les meutes de la mort
Et la tour frissonnait parmi les ronces sèches
D’où fuyaient des corbeaux dispersant leur essor,
C’est alors qu’apparut, s’avançant sur la brèche,

Un spectre que l’amour jusqu’en la tombe allèche,
Mélusine: serpent, femme, vampire, un corps
Fragile et que cinglaient épars en lourdes mèches
Des cheveux déroulés croulant d’un flot retors.

Dans la nuit qu’une lune écarlate illumine,
La voici qui se noue au fantôme évoqué
D’un chevalier hautain sous l’armure et casqué,

Colle sa bouche au dur métal qui l’embéguine
Et, glapissant ainsi qu’un loup sur un charnier,
Froisse sa lèvre blême à l’impassible acier.

(Marie Dauguet)

 

 

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Avons fait le tour des tombes (Pierre Autin-Grenier)

Posted by arbrealettres sur 25 septembre 2017



Avons fait le tour des tombes.
Tous nos morts se portent bien.

(Pierre Autin-Grenier)

Découvert ici chez Lecture/Ecriture

Illustration: Emile Gaudissard

 

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Camélia (J.J. Grandville)

Posted by arbrealettres sur 25 septembre 2017



Camélia

Il n’était bruit dans Venise que des attraits de la comtesse Impéria.
Sa beauté fière et majestueuse frappait tout le monde d’admiration;
son teint d’un blanc velouté, nuancé d’une légère teinte rose,
était un objet d’envie pour toutes les dames de Venise.
Le glorieux époux de la mer, le Doge lui-même, avait dit, le jour de son couronnement,
que s’il avait été libre de son choix,
ce n’est pas l’Adriatique qui aurait reçu son anneau de fiançailles…

[Et cependent voici les dernières paroles que lui adressa
avant de se suicider Stenio, le jeune Vénitien qu’elle avait
choisi entre tous pour époux:]
« Madame, vous ressemblez à cette fleur qu’on nomme
le camélia et qu’un jésuite nous a récemment apportée de Chine:
elle est charmante à l’oeil, mais elle ne dit rien à l’odorat.
Vous êtes belle madame,
mais vous n’avez pas ce parfum de la beauté qui s’appelle l’amour! »

[Et la comtesse Impéria de s’écrier:]
« Maudit soit le jour, où j’ai voulu vivre sur la terre!
Si la Fée m’avait dit, tu auras un coeur insensible, une âme froide,
tu assisteras impassible au spectacle des maux que tu feras naître,
tu brilleras d’une beauté fatale qui ne reflètera aucun sentiment de tendresse,
je n’aurais pas demandé à changer de sort.
Fleur, on peut vivre sans parfum;
femme, on ne saurait exister sans amour!
O Fée, rends-moi à ma première forme,
fais que je redevienne camélia:
il y a bien assez de femmes sans coeur sur la terre. »

La Fée aux Fleurs ne tarda pas à réaliser ce souhait.
Redevenue fleur, Impéria se ressouvint de Stenio:
on vit fleurir comme par enchantement
un magnifique camélia sur la tombe du jeune homme.

(J.J. Grandville)

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FACE A L’ENJEU (Andrée Chedid)

Posted by arbrealettres sur 20 septembre 2017



 

FACE A L’ENJEU

J’ai défait la solitude.
Il n’y a pas de chevet où je ne puisse m’asseoir,
Reconnaître en chacun le gisant superbe
Qui outrepasse les tombes et confond nos mémoires.

Les ténèbres de l’autre sont nos propres ténèbres,
C’est notre oeil qui rompt la durée.

Nous créons des sentences,
Nous nous livrons aux pièges,
Quand l’épreuve est d’entendre :
Car tout nous est dicté.

(Andrée Chedid)

Illustration

 

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