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Poésie

Posts Tagged ‘tombeau’

Une fumée monte (Anonyme)(maître Meng)

Posted by arbrealettres sur 21 juillet 2018




    
Une fumée monte
À côté du tombeau :
Le coucou se tait

Et soudain le monde
En est plus léger.

(Anonyme)(maître Meng)

 

Recueil: Le livre des vingt et un poèmes
Traduction:
Editions: William Blake
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LA FAUSSE MORTE (Paul Valéry)

Posted by arbrealettres sur 9 juillet 2018



 

Brad Kunkle    Sleeper_web-800x436

LA FAUSSE MORTE

Humblement, tendrement, sur le tombeau charmant,
Sur l’insensible monument,
Que d’ombres, d’abandons, et d’amour prodiguée,
Forme ta grâce fatiguée,
Je meurs, je meurs sur toi, je tombe et je m’abats,

Mais à peine abattu sur le sépulcre bas,
Dont la close étendue aux cendres me convie,
Cette morte apparente, en qui revient la vie,
Frémit, rouvre les yeux, m’illumine et me mord,
Et m’arrache toujours une nouvelle mort
Plus précieuse que la vie.

(Paul Valéry)

Illustration: Brad Kunkle

 

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Il y a bien longtemps que te connaît la terre (Pablo Neruda)

Posted by arbrealettres sur 5 juillet 2018



Il y a bien longtemps que te connaît la terre :
comme le pain, comme le bois, tu es compacte,
tu es corps, tu es grappe assurée de substance,
tu as poids d’acacia et de légume d’or.

Tu existes, c’est sûr, puisque tes yeux d’essor
éclairent le réel comme fenêtre ouverte,
puisque aussi tu es faite et cuite dans la boue
à Chillan, dans un four de brique stupéfaite.

Les êtres s’épandant comme l’air, l’eau, le froid,
sont vagues, effacés par le contact du temps,
avant que de mourir ils semblent broyés fin.

Nous deux nous tomberons comme pierre au tombeau.
Ainsi par notre amour qui ne fut consumé
avec nous deux vivra, vivra toujours la terre.

***

Desde hace mucho tiempo la tierra te conoce
eres compacta como el pan ola madera,
eres cuerpo, racimo de segura substancia,
tienes peso de acacia, de legumbre dorada.

Sé que existes no sólo porque tus ojos vuelan
y dan luz a las cosas como ventana abierta,
sino porque de barro te hicieron y cocieron
en Chillán, en un horno de adobe estupefacto.

Los seres se derraman como aire o agua o frío
y vagos son, se borran al contacto del tiempo,
corno si antes de muertos fueran desmenuzados.

Tú caerás conmigo como piedra en la tumba
y así por nuestro amor que no fue consumido
continuará viviendo con nosotros la tierra.

(Pablo Neruda)

 

 

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SOIR D’AUTOMNE (Robert Campion)

Posted by arbrealettres sur 27 juin 2018



SOIR D’AUTOMNE

Comme la nuit, ce soir, descend perfidement !
Et comme, à son approche, une terreur soudaine
A saisi toute chose en un même moment,
Des voix de la forêt aux rumeurs de la plaine !

Un crépuscule étrange empourpre l’horizon,
Et jette en se mourant des lueurs incertaines.
Est-ce l’effroi du ciel qui glisse le frisson
Sous l’écorce rugueuse et suintante des chênes ?

La peur rôde alentour des échos soucieux ;
Le sol, vieux fossoyeur, lui-même se recueille,
Et des pleurs sont tombés on ne sait de quels yeux
Sur l’humide tombeau de la dernière feuille.

Dans la forêt meurtrie aucun souffle, aucun bruit ;
Mais au travers du bois la lune qui regarde…
Qu’est-ce donc que le ciel complote avec la nuit
Sous l’œil faux et hagard de la lune blafarde ?

(Robert Campion)

 

 

 

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CONTRE TON SEIN… (Attila József)

Posted by arbrealettres sur 12 juin 2018



Illustration
    
CONTRE TON SEIN…

Contre ton sein oublie un jour de me serrer,
Moi qui suis à toi tellement !. . .
Aussitôt les voleurs me viendront enlever
Et toi qui rêvais, l’air content,
Tu t’effondreras en pleurs sur ce canapé.
Songeant au fol orphelin si loin échappé.

Si à chaque instant tu ne me câlines pas,
Criant : être à toi quel bonheur ! …
A ton ombre voûtée un jour tu confieras :
Mе voilà seule avec ma peur.
Alors pour ton amour nul fil ne filera:
Un faux-fil aura fait pour toujours ton malheur.

Si tu ne m’étreins pas, si tu ne me dévores,
Mе battront les arbres, les eaux,
Les montagnes. C’est en enfant que je t’adore.
Comme lui je suis ton bourreau,
Et ce palais où tu te baignes dans l’aurore
Je viendrai l’obscurcir, ce sera mon tombeau…

(Attila József)

 

Recueil: Aimez-moi – L’oeuvre poétique
Traduction: Georges Kassaï
Editions: Phébus

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Je ne savais pas (Attila Jozsef)

Posted by arbrealettres sur 12 juin 2018



Je ne savais pas

J’écoutais tous ces gens disserter du péché,
C’était pour moi autant de fables. Et le pire,
J’en riais: le péché, quelle idée insensée!
En parler, c’est être trop lâche pour agir.
J’ignorais que mon cœur abritait la tanière
De tant de monstruosités! Moi qui croyais
Qu’il battait pour offrir du rêve, à la manière
D’une maman berçant l’enfant qui s’endormait!

La lumineuse vérité m’apprit bientôt
Que la méchanceté, datée du premier temps,
Se dresse noire dans mon cœur, obscur tombeau.

Moi muet, que ma bouche, en un gémissement,
Dise: je suis pécheur, soyez-le tous sur terre!…
Et je ne serai plus tout à fait solitaire.

(Attila Jozsef)


Illustration: Rubens

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Seul (Attila Jozsef)

Posted by arbrealettres sur 12 juin 2018



Seul

Seul je serai, toujours seul en ce monde,
Ne trouverai nulle amie à la ronde

Dont les baisers chasseraient ma douleur.
Je chercherai, vainement, l’âme sœur

Et ses baisers… fidèle et pas méchante,
Fière de moi, m’appréciant, aimante,

La larme à l’œil, veillant sur mon sommeil,
De belle humeur, joyeuse, à mon éveil.

Prête à mourir pour un ami qu’elle aime,
Ressuscitant pour adorer le même.

Nul ne fondra sur moi tout sanglotant,
Sur mon tombeau… muet obstinément.

(Attila Jozsef)


Illustration

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La rose momifiée (Jean Joubert)

Posted by arbrealettres sur 8 juin 2018




    
La rose momifiée

Lorsqu’on ouvrit le tombeau
dans une terre antique et noire
on trouva sur le sein
de la jeune femme embaumée
une rose,

un rose rouge figée,
momie de rose, sans parfum
cueillie jadis dans quel jardin de rêve
parmi ses soeurs fugitives
et devenue immortelle,

compagne d’une immortelle.
La jeune femme nous contemple
de ses yeux d’obsidienne.
Elle sourit de la blancheur des os.

Sa main menue désigne
la fleur miraculée
comme une offrande,
l’esquisse d’un baiser.

(Jean Joubert)

 

Recueil: Longtemps j’ai courtisé la nuit
Traduction:
Editions: Bruno Doucey

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AH, TOURNESOL (William Blake)

Posted by arbrealettres sur 6 juin 2018




AH, TOURNESOL

Ah, tournesol, lassé du temps,
Qui du soleil comptes les pas,
Tâchant d’atteindre au doux pays doré
Où le trajet du voyageur prend fin ;

Où le jouvenceau de désir consumé
Et la pâle vierge au linceul de neige
Se lèvent de leurs tombeaux et aspirent
À ce lieu où mon tournesol souhaite aller.

***

AH, SUNFLOWER

Ah, sunflower, weary of time,
Who countest the steps of the sun,
Seeking after that sweet golden clime
Where the traveller’s journey is done;

Where the youth pined away with desire
And the pale virgin shrouded in snow
Arise from their graves and aspire
Where my sunflower wishes to go.

(William Blake)

Illustration

 

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L’ANGÉLUS DU SOIR (Adolphe Boschot)

Posted by arbrealettres sur 5 juin 2018



L’ANGÉLUS DU SOIR

L’Angélus a sonné dans le soir reposé.
Tout est calme. Voici les moissonneurs qui rentrent ;
Ils sont las, mais heureux, et les plus jeunes chantent.
Les vieux, sur les chevaux, sommeillent, dos brisés.

Les femmes, sur le pas de leurs portes, attendent ;
Les gamins en courant font un bruit de sabots ;
Et, dans le cimetière, une vieille, tremblante,
Regarde, s’appuyant aux pierres des tombeaux,
De ses yeux obscurcis les étoiles naissantes.

(Adolphe Boschot)

Illustration: Paula Modersohn-Becker

 

 

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