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Poésie

Posts Tagged ‘tomber’

Entre les deux (Jean-Michel Robert)

Posted by arbrealettres sur 29 mai 2017



    
Son cauchemar
bien-sûr
escalader l’Everest

Son rêve
tomber infiniment
dans la facilité

Entre les deux
la vaisselle sale s’entasse

(Jean-Michel Robert)

 

Recueil: Un poil dans l’âme
Editions: Table Rase

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ANTIBUCOLIQUE (Homero Aridjis)

Posted by arbrealettres sur 28 mai 2017



Illustration: Gustav Klimt   
    
ANTIBUCOLIQUE

Un vautour avec un morceau de viande rouge dans le bec
paraissait manger sa propre poitrine.

Des seins tombaient
sur un ventre comme deux serpents.

Un chien jaune léchait les ombres des pierres,
le chien sans maître affamé d’amour.

Dans la plaine, une machine invisible sifflait.
Passait l’Ange des Mystères quotidiens,

voyageant mystérieux et sans valise
dans le train de midi.

(Homero Aridjis)

 

Recueil: Les poèmes solaires
Traduction: Ivan Alechine
Editions: Mercure de France

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La saveur du temps (Paul Farellier)

Posted by arbrealettres sur 26 mai 2017



Agim Sulaj e33 

La saveur du temps

Cela passait par la mémoire,
venait très doux

comme une main posée sur l’épaule,
une victoire distraite de l’absence.

Le matin seulement,
sur ses premiers pas,

une rouille fugitive
pour surprendre la saison.

Non l’avenir
qui se grime en promesse,

mais ce bord perdu

à rêver la saveur du temps.

Cette voix
tout au fond du monde,

cette voix qui tombe
loin de ta parole et de son temps,

loin de ces désirs de joie
où tu perds ton ombre,

voix hors de propos,
appel dru lacérant ta présence,

griffe du profond labour,
cette voix sans toi,

pour toi, tout au fond

de toi l’inattentif.

(Paul Farellier)

Découvert ici : Les Mots pour Savoir

Illustration: Agim Sulaj

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Quarante ans (Oscar Venceslas de Lubicz-Milosz)

Posted by arbrealettres sur 25 mai 2017



Quarante ans

Je connais peu ma vie. Je ne l’ai jamais vue
S’éclairer dans les yeux d’un enfant né de moi.
Pourtant j’ai pénétré le secret de mon corps. O mon corps !
Toute la joie, toute l’angoisse des bêtes de la solitude
Est en toi, esprit de la terre, ô frère du rocher et de l’ortie.
Comme les blés et les nuages dans le vent.
Comme la pluie et les abeilles dans la lumière,
Quarante ans, quarante ans, mon corps, tu as nourri
De ton être secret le feu divin du Mouvement :
Tu ne passeras pas avant le mouvement de l’univers.
Que le son de ton nom inutile et obscur
Se perde avec le cri du dormeur dans la nuit ;
Rien ne saurait te séparer de ta mère la terre.
De ton ami le vent, de ton épouse la lumière.
Mon corps ! tant que deux cœurs séparés, égarés ,
Se chercheront dans les vapeurs des cascades du matin.
Tant qu’un douzième appel de midi vibrera pour réjouir
La bête qui a soif et l’homme qui a faim ; tant que le loriot.
L’hôte des sources cachées, renversera sa pauvre tête
Pour chanter les louanges du Père des forêts ; tant qu’une touffe
De myrtil noir élèvera ses baies pour leur faire respirer
L’air de ce monde, quand l’eau de soleil est tombée,
errante poussière ! ô mon corps ! tu vivras pour aimer et souffrir.

(Oscar Venceslas de Lubicz-Milosz)

Illustration

 

 

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Rester entière (Rose Ausländer)

Posted by arbrealettres sur 23 mai 2017



    

Rester entière

Étreindre le jardin
Sous une pluie de marrons tombant

Parcourir les bruits du temps
De voix en voix

Aimer
Des lettres chaleureuses

Se heurter à tous les coins
A s’en ouvrir des plaies
Et rester entière

(Rose Ausländer)

 

Recueil: Pays maternel
Traduction: Edmond Verroul
Editions: Héros-Limite

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Le soleil tombe (Marie-Claire Bancquart)

Posted by arbrealettres sur 22 mai 2017



    Illustration
    
Le soleil tombe.
Un jour, il tombera du haut
de son existence

son haut pas très haut
(étoile
de petit rang).

Nous ?

Tombés
avant lui.

En cette fin d’après-midi pourtant
c’est une jacinthe
que dans l’auto arrêtée sur la route, nous recevons en plein dans les yeux

ou la trace brillante d’un escargot sur une feuille

plus fortes
que la fin en marche.

Nous acceptons alors de vivre avec le provisoire.

(Marie-Claire Bancquart)

 

Recueil: Terre Energumène
Editions: Le Castor Astral

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Au jour tombant (Marie-Claire Bancquart)

Posted by arbrealettres sur 22 mai 2017




    
Au jour tombant les choses se relient

fleurs et chat, livre et lampe,
rêvent au magma primordial

vont jusqu’aux abords
de nous qui les admettons si distraitement.

Identifier notre royaume
serait pourtant la vraie urgence de nos soirs.

(Marie-Claire Bancquart)

 

Recueil: Terre Energumène
Editions: Le Castor Astral

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Mon Seigneur (Kabîr)

Posted by arbrealettres sur 22 mai 2017



 
    
Mon Seigneur se cache et merveilleusement
mon Seigneur se révèle.

Mon Seigneur m’a durement enfermé
et mon Seigneur a fait tomber mes chaînes.

Mon Seigneur m’apporte des paroles de tristesse et des paroles de joie;
et c’est Lui-même qui en atténue les contrastes.

J’offrirai à mon Seigneur mon corps et mon esprit.
Je donnerais ma vie plutôt que d’oublier mon Seigneur.

(Kabîr)

 

 

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Sur cet arbre est un oiseau (Kabîr)

Posted by arbrealettres sur 22 mai 2017



Illustration
    
Sur cet arbre est un oiseau;
il danse dans la joie de la vie.

Nul ne sait où il est.
Et qui peut dire quel est le refrain de sa chanson ?
Où l’ombre la plus épaisse tombe des branches, c’est là qu’il a son nid.
Il y vient au soir et s’en vole au matin; je ne le comprends pas.
Nul ne peut me dire quel est cet oiseau qui chante en mon âme.
Ses plumes ne sont ni colorées ni incolores.

— Il n’a ni forme ni contour.
Il se tient dans l’ombre de l’amour.
Il dort au sein de l’Inaccessible, de l’Infini et de l’Éternel
et nul ne sait quand il s’envole et nul ne sait quand il revient.

Kabîr dit : « Ô frère Saint ! profond est ce mystère.
Laisse les sages chercher où habite cet oiseau. »

(Kabîr)

 

 

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Du sud, puis du nord (Richard Wright)

Posted by arbrealettres sur 21 mai 2017



 

épis

Du sud, puis du nord,
Tombe la pluie de printemps —
Luisants épis verts !

***

Spring rain from the south,
And then spring rain from the north, —
How the green corn glistens!

(Richard Wright)

Illustration

 

 

 

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