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Poésie

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Quand les pétales de rose tombent (Grâce Minlibé)

Posted by arbrealettres sur 22 février 2017



 

Quand les pétales de rose tombent
Ne les laisse pas traîner sur le chemin
Recueille-les entre tes mains

(Grâce Minlibé)

Découvert ici: http://www.bulledemanou.com/

Illustration

 

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Le ciel tombait rond (Georges Bonnet)

Posted by arbrealettres sur 22 février 2017



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Le ciel tombait rond
comme une robe
Une photo d’enfant sur le buffet
faisait reprendre pied
La pendule persistait
Les jeux sous les platanes
s’endeuillaient de feuilles mortes
Les choses changeaient de croix
Chacune dans son destin

(Georges Bonnet)

 

 

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COMME PAR MIRACLE (Jacques Prévert)

Posted by arbrealettres sur 16 février 2017


 


 

Comme par miracle
Des oranges aux branches d’un oranger
Comme par miracle
Un homme s’avance
Mettant comme par miracle
Un pied devant l’autre pour marcher
Comme par miracle
Une maison de pierre blanche
Derrière lui sur la terre est posée
Comme par miracle
L’homme s’arrête au pied de l’oranger
Cueille une orange l’épluche et la mange
Jette la peau au loin et crache les pépins
Apaisant comme par miracle
Sa grande soif du matin
Comme par miracle
L’homme sourit
Regardant le soleil qui se lève
Et qui luit
Comme par miracle
Et l’homme ébloui rentre chez lui
Et retrouve comme par miracle
Sa femme endormie
Emerveillé
De la voir si jeune si belle
Et comme par miracle
Nue dans le soleil
Il la regarde
Et comme par miracle elle se réveille
Et lui sourit
Comme par miracle il la caresse
Et comme par miracle elle se laisse caresser
Alors comme par miracle
Des oiseaux de passage passent
Qui passent comme cela
Comme par miracle
Des oiseaux de passage qui s’en vont vers la mer
Volant très haut
Au-dessus de la maison de pierre
Où l’homme et la femme
Comme par miracle
Font l’amour
Des oiseaux de passage au-dessus du jardin
Où comme par miracle l’oranger berce ses oranges
Dans le vent du matin
Jetant comme par miracle son ombre sur la route
Sur la route où un prêtre s’avance
Le nez dans son bréviaire le bréviaire dans les mains
Et le prêtre marchant sur la pelure d’orange jetée par l’homme au loin
Glisse et tombe
Comme un prêtre qui glisse sur une pelure d’orange et qui tombe sur une route
Un beau matin.

(Jacques Prévert)

Illustration

 

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La Vie (Maurice Carême)

Posted by arbrealettres sur 15 février 2017




La Vie

Comme il passait sur le sentier,
Il vit la vie dans un pommier,

La vie qui récoltait les pommes
Tout comme l’aurait fait un homme.

Elle riait, riait si haut
Qu’autour d’elle, tous les oiseaux

Chantaient, chantaient si éperdus
Que nul ne s’y entendait plus.

La mort, assise au pied de l’arbre,
Aussi blanche et froide qu’un marbre,

Tenait à deux mains le panier
Où les pommes venaient tomber.

Et les pommes étaient si belles,
Si pleines de jus, si réelles

Que la mort, lâchant le panier,
S’en fut sur la pointe des pieds.

(Maurice Carême)

Illustration: Gustav klimt

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La neige qui tombait (Georges Bonnet)

Posted by arbrealettres sur 15 février 2017



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La neige qui tombait
ce n’était plus l’enfance

mais il faisait clair dans leurs mots
quand ils entrevoyaient
ce qui à l’aube
refuse de se laisser conduire

ce qui se hausse dans un face à face
ce qui s’étrangle dans un cri

(Georges Bonnet)

 Illustration

 

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Sur la robe elle a un corps (Blaise Cendrars)

Posted by arbrealettres sur 14 février 2017



Sur la robe
elle a un corps

Le corps de la femme est aussi bosselé que mon crâne
Glorieuse
Si tu t’incarnes avec esprit
Les couturiers font un sot métier
Autant que la phrénologie
mes yeux sont des kilos qui pèsent la sensualité des femmes
Tout ce qui fuit, saille avance dans la profondeur
Les étoiles creusent le ciel
Les couleurs déshabillent
« Sur la robe elle a un corps »
Sous les bras des bruyères mains lunules et pistils quand les eaux se déversent
dans le dos avec les omoplates glauques
Le ventre un disque qui bouge
La double coque des seins passe sous le pont des arcs-en-ciel
Ventre
Disque
Soleil
Les cris perpendiculaires des couleurs tombent sur les cuisses

(Blaise Cendrars)

Découvert ici: http://laboucheaoreilles.wordpress.com/

Illustration: Fabienne Contat

 

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Chanson pour une amoureuse secrète (Edmond Jabès)

Posted by arbrealettres sur 12 février 2017



II y avait dans les feuilles
une femme qui riait
si petite qu’on pouvait en faire
une ardoise pour les toits.

Une femme pour chaque rire
si rose
pour couvrir tous les toits.

Je pouvais dans la douleur
la clouer comme un ciel
au sang, au vent
ou à l’ombre de l’arbre
ou encore à ses ailes.

Mais l’amour me surprit
dans ma haute nuit de haine
avec un oiseau mort dans les bras.
Jusqu’où chercherais-je à m’oublier ?

Il y avait une femme
au milieu de la terre,
si rongée de mystère
qu’on la prenait pour un fruit pourri.

Et les hommes la piétinaient
pour lui arracher ses rêves;
tiède jus échappé aux lèvres
que le sol à pleine bouche buvait.

Laisserai-je voguer un fruit pourri
dans sa saison de grande peine
avec ses cris de mort-né?

Il y avait une femme
aux contours de musique,
marguerite au halo d’or
confondue avec la lune.

Au réveil – en aurai-je le cœur net? –
effeuillée pour se distraire
au contact de mille doigts.
Et j’attendais son message
comme aux plus beaux jours de la vie.

Rien ne vint. Nul ne sut que j’étais ivre
de me mirer dans le lac
où l’oiseau abattu reposait.

Comment la nuit fait-elle à suivre
le mal que je nourris au secret?
Elle me livre comme un prisonnier
poings liés au désespoir.

Tant de larmes ont coulé depuis.
La nuit dévore ceux-là seuls qui tombent.

Il y avait une femme
sur le chemin pierreux du soir
qui ne voulut jamais dire son nom
mais qui s’appuyait à mon épaule et parlait d’avenir.

J’ignorais son visage.
Je ne me souviens que de ses lèvres
tant il y avait dans l’air d’étranges insectes lents
qui ressemblaient à des grains légers de riz.

Il y avait une femme qui riait sur mon épaule
et j’étais comme un arbre
emporté par un oiseau.
Je ne sais plus où je vais.
Le temps des fleurs est consommé

(Edmond Jabès)

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A quoi tu penses ? (Luciole)

Posted by arbrealettres sur 12 février 2017



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A quoi tu penses ?

Demande la mère à l’enfant
Qui regarde les nuages
Et joue dans le ciel
Avec les oiseaux

A quoi tu penses
Demande l’amoureux à sa belle
Qui contemple le paysage merveilleux
De ses espoirs

A quoi tu penses
Toi l’arbre
Quand l’enfant joue dans tes branches
Et se réfugie dans tes bras
Comme l’amoureux et sa belle
Quand il monte jusqu’à ta cime
Pour observer le monde à l’entour
Et se rapprocher des nuages
Et des oiseaux

A quoi tu penses
Quand les amoureux
Gravent deux coeurs
Et quatre lettres sur ton écorce
Pour défier le temps des promesses
Et protéger le paysage merveilleux
Dont les couleurs pâlissent déjà
Sous le soleil

A quoi tu penses quand tu vois s’approcher
Les bûcherons avec leur fer
Quand tes branches s’agitent désespérément
Sous la morsure de leurs outils
Et que tombent les nids des oiseaux

A quoi tu penses
Quand tu vois ton corps de géant
Débité en planches
Pour construire les cercueils
Des enfants et des amoureux

A quoi tu penses
Quand on t’appelle
Arbre de vie
Et que tu deviens mât de bateau
Ou mât de cocagne
Pour rejoindre le ciel
Où dansent les oiseaux
Et les amoureux

(Luciole)

Découvert son Blog ici: https://petalesdecapucines.wordpress.com//

 

 

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Jamais jamais (Zéno Bianu)

Posted by arbrealettres sur 11 février 2017



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je descends voir
ce que les autres ne voient pas
tombé abandonné basculé cassé chu
défailli descendu
dévalé effondré
renversé abattu abîmé accompli envolé
éteint déposé succombé trébuché versé

jamais jamais
je ne serai
un objet de plus dans le monde

(Zéno Bianu)

Découvert ici: https://schabrieres.wordpress.com/

 

 

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Le mur est blanc (Eugénio de Andrade)

Posted by arbrealettres sur 6 février 2017



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Le mur est blanc
et brusquement
sur le blanc du mur tombe la nuit.

Il y a un cheval proche du silence,
une pierre froide sur la bouche,
pierre aveuglée de sommeil.

Je t’aimerais si tu venais maintenant,
si tu penchais
ton visage sur le mien tellement pur
et tellement perdu,
ô vie.

(Eugénio de Andrade)

 

 

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