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Poésie

Posts Tagged ‘tonneau’

Chaque soir… (Charles Juliet)

Posted by arbrealettres sur 30 octobre 2020




    
Chaque soir…

Chaque soir revenait l’instant fatidique Il
traînait prenait le pot traînait encore Puis
bandant sa volonté dominant sa peur il se
jetait dans la nuit descendait des marches

ouvrait à tâtons la porte qui grinçait
Il descendait encore La lumière éclairait
à peine la cuve et les tonneaux
Du robinet ne coulait qu’un mince filet de vin

À tout instant pouvait surgir le voleur d’enfant
Dans sa main le pot tremblait
Plus tard il lui a fallu descendre dans une autre cave Il
n’en est remonté qu’après de longues années

(Charles Juliet)

S’il fut un premier jour, 2005.

Recueil: Courage Dix variations sur le courage et un chant de résistance
Traduction:
Editions: Bruno Doucey

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À MA DROITE (Anise Koltz)

Posted by arbrealettres sur 7 septembre 2020




    
À MA DROITE

Nous croyons tous
en un Dieu
mais ce qui arrive
n’a pas de nom
Nous sommes comme des ivrognes
devant la nuit –
l’un de nous
fixe trop longtemps son rêve
et devient aveugle
un autre
panse sa vie blessée
un troisième protège
la forme de cire d’une morte contre le matin
qui roule par-dessus les toits
dans un tonneau en feu
C’est un nouveau jour
assourdissant
qui excite la cruauté
Un ange déchu
veille à ma droite
avec des pierres
et des oiseaux morts

Parfois la loi se trompe
la mort tombe dans le piège
dupée comme un gibier
ouvrez le brayon
rendez la liberté
à ce renard enragé
nous avons besoin de ses dents
de la douceur de son pelage
pour aimer

(Anise Koltz)

 

Recueil: Somnambule du jour
Traduction:
Editions: Gallimard

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Les pommes (Jean-Baptiste Besnard)

Posted by arbrealettres sur 24 août 2020



Les pommes

Les pommes sont rouges ou jaunes
Dans le pommier vert
Comme des seins bien ronds
Dans un corsage de verdure
Le gui s’accroche aux branches
En colliers de perles blanches

Le ciel est bleu
Cela dépend des jours
Les pommes sont de reinette
Du Mans ou du Canada
De « gros-gars » ou de « lambeurre »
Dans le pommier vert
Nous les feront tomber dans l’herbe verte
Et nous les croquerons

Au « cul » du tonneau
De la chantepleure
Coule un cidre bien gouleyant
Dont l’odeur imprègne
L’air du cellier
Et nous en buvons
Une délicieuse bolée.

(Jean-Baptiste Besnard)


Illustration

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D’où provient l’idée extravagante (José Saramago)

Posted by arbrealettres sur 30 juillet 2020



Illustration: Leonard Cohen    
    
D’où provient l’idée extravagante que dieu, du seul fait qu’il est dieu,
doive régenter la vie intime de ses fidèles en établissant des règles,
des prohibitions, des interdits et autres fariboles du même tonneau.

(José Saramago)

Recueil: Caïn
Traduction: Geneviève Leibrich
Editions: Seuil

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CHANSON D’AMOUR (Mihai Beniuc)

Posted by arbrealettres sur 15 juin 2020



Illustration: William-Adolphe Bouguereau
    
CHANSON D’AMOUR

Viens, toi, chanson d’amour,
Du coeur des éléments,
Sur l’aile de l’orage,
Dans le hurlement des cyclones.
Viens des abîmes de la nuit,
A cheval sur les tourbillons,
Avec le bouillonnement des eaux profondes,
Que t’amènent les pâtres de l’air
En troupeaux d’étoiles
Aboyées par le tonnerre.
Viens,
Tourbillon de démons,
Chair des nuages
Fouettée par l’éclair,
Brisée sur l’échine des ténèbres.
Viens, taureau du crépuscule
Déchiré par la dent-faucille de la lune

Apparue aux gencives du ciel.
Viens,
Frémissement de l’aube,
Avec, sur la tête, la javelle d’or du soleil,
Réveille
Le nénuphar sur le lac,
La tourterelle dans son nid
La voix de
l’usine dans sa poitrine de métal,
La jeune fille dans les bras du sommeil,
Les ivrognes dans la lie du vin,
L’amoureuse dans
sa chair enlacée,
Les abeilles dans la chaleur de la ruche.
Viens sur mille sentiers,
Neige fondue,
Pluie mêlée au soleil,
Herbe folle écartelant la terre,
Feuille tombée,
Raisins au pressoir,
Balbutiement du moût dans les tonneaux,
Cristallise-toi d’un coup
Dans les mots murmurés par l’homme
A l’oreille de la bien-aimée,
Enveloppés dans un baiser,
A peine compris,
Frêles et chauds :
Je suis près de toi.

(Mihai Beniuc)

 

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Dimanches (Jules Laforgue)

Posted by arbrealettres sur 3 mai 2019



Dimanches

Je m’ennuie, natal! je m’ennuie,
Sans cause bien appréciable,
Que bloqué par les boues, les dimanches, les pluies,
En d’humides tabacs ne valant pas le diable.

Hé là-bas, le prêtre sans messes!…
Ohé, mes petits sens hybrides!…
Et je bats mon rappel! et j’ulule en détresse,
Devant ce Moi, tonneau d’Ixion des Danaïdes.

Oh! m’en aller, me croyant libre,
Désattelé des bibliothèques,
Avec tous ces passants cuvant en équilibre
Leurs cognacs d’Absolu, leurs pâtés d’Intrinsèque!…

Messieurs, que roulerais tranquille,
Si j’avais au moins ma formule,
Ma formule en pilules dorées, par ces villes
Que vont pavant mes jobardises d’incrédule!…

(Comment lui dire : « Je vous aime? »
Je me connais si peu moi-même.)
Ah! quel sort! Ah! pour sûr, la tâche qui m’incombe
M’aura sensiblement rapproché de la tombe.

(Jules Laforgue)

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L’arbre est couvert d’oiseaux (Mario Urbanet)

Posted by arbrealettres sur 29 avril 2019



l’arbre est couvert d’oiseaux
on en cueillera un tonneau
et il y en a d’autres sur le fil
que font ceux-là, sèchent-ils?

(Mario Urbanet)

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LE TRAVAIL (Norge)

Posted by arbrealettres sur 15 octobre 2018



LE TRAVAIL

On répara le tonneau et les Danaïdes furent bien attrapées.
Il leur vint d’ailleurs une mauvaise graisse
et cela fit peine à voir.
Sisyphe n’en revenait pas.
Pourvu que mon rocher continue, pensait-il.
Ah, ceux qui ont la vocation du travail,
ça leur parait tout drôle quand la besogne est faite.

(Norge)


Illustration: John William Waterhouse

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Le Travail (Norge)

Posted by arbrealettres sur 11 août 2018



Le Travail

On répara le tonneau et les Danaïdes furent bien attrapées.
Il leur vint d’ailleurs une mauvaise graisse et cela fit peine à voir.
Sisyphe n’en revenait pas. Pourvu que mon rocher continue, pensait-il.
Ah, ceux qui ont la vocation du travail, ça leur paraît tout drôle quand la besogne est faite.

(Norge)

Poème découvert chez Laboucheaoreille ici

Illustration: Jan Frans Deboever

 

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AGONIE (Max Jacob)

Posted by arbrealettres sur 30 juin 2018



Illustration: John Singer Sargent
    
AGONIE

Mon Dieu ! que je suis las d’être sans espérance,
de rouler le tonneau lourd de ma déchéance
et sans moyens d’en finir avec la terre.
Je transporte Satan comme un intermédiaire,
j’écorne mon blason avec mes haut-le-corps,
je tourne chaque nuit mes visions vers les morts,
je frappe avec mon crâne aux rochers de l’enfer
et les draps de mon lit sont en paille de fer.
Souvent dans mon sommeil la même île électrique
marque en couteau de sang mes noms patronymiques
sur ma peau. Membres, paquet d’anguilles
qu’avec un gai rictus les diables échenillent.

(Max Jacob)

 

Recueil: Derniers poèmes en vers et en prose
Traduction:
Editions: Gallimard

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