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Posts Tagged ‘tonnelle’

Intouchée par les saisons (Aya Cheddadi)

Posted by arbrealettres sur 16 janvier 2018




    
Intouchée par les saisons
quand le coeur s’allume
apparaît dans la brume
une belle maison

Elle est petite et claire
avec des murs de pierre
Elle a quatre balcons
où pousse l’Estragon

Sous la tonnelle une grenouille
chante les jours passés
à la chercher
quand l’espoir avait un goût de rouille

Un oiseau noir se pose
sur la table du jardin
Il semble attendre quelque chose
puis vient picorer dans ma main

(Aya Cheddadi)

 

Recueil: Tunis marine
Traduction:
Editions: Gallimard

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Vous êtes dans le vrai, canotiers, calicots (François Coppée)

Posted by arbrealettres sur 21 octobre 2017



 

Vous êtes dans le vrai, canotiers, calicots !
Pour voir des boutons d’or et des coquelicots,
Vous partez, le dimanche, et remplissez les gares
De femmes, de chansons, de joie et de cigares,
Et, pour être charmants et faire votre cour,
Vous savez imiter les cris de basse-cour.
Vous avez la gaîté peinte sur la figure.
Pour vous, le soir qui vient, c’est la tonnelle obscure
Où, bruyants et grivois, vous prenez le repas ;
Et le soleil couchant ne vous attriste pas.

(François Coppée)


Illustration

 

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LA PERDRIX ET LES COQS (Jean de la Fontaine)

Posted by arbrealettres sur 9 août 2017



 

LA PERDRIX ET LES COQS

Parmi de certains Coqs incivils, peu galants,
Toujours en noise et turbulents,
Une Perdrix était nourrie.
Son sexe et l’hospitalité,
De la part de ces Coqs peuple à l’amour porté
Lui faisaient espérer beaucoup d’honnêteté :
Ils feraient les honneurs de la ménagerie.
Ce peuple cependant, fort souvent en furie,
Pour la Dame étrangère ayant peu de respect,
Lui donnait fort souvent d’horribles coups de bec.
D’abord elle en fut affligée ;
Mais sitôt qu’elle eut vu cette troupe enragée
S’entre-battre elle-même, et se percer les flancs,
Elle se consola : « Ce sont leurs moeurs, dit-elle,
Ne les accusons point ; plaignons plutôt ces gens.
Jupiter sur un seul modèle
N’a pas formé tous les esprits :
Il est des naturels de Coqs et de Perdrix.
S’il dépendait de moi, je passerais ma vie
En plus honnête compagnie.
Le maître de ces lieux en ordonne autrement.
Il nous prend avec des tonnelles,
Nous loge avec des Coqs, et nous coupe les ailes :
C’est de l’homme qu’il faut se plaindre seulement. »

(Jean de la Fontaine)

Illustration: Marc Chagall

 

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LE BONHEUR (Mihály Csokonai Vitéz)

Posted by arbrealettres sur 11 février 2017



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LE BONHEUR

Sous la tonnelle de jasmin
Cette fraîche soirée d’été
Je suis assis avec Lilla ;
Ma Lilla chantonne avec moi,
Elle plaisante en me baisant,
Tandis que dans ses cheveux bruns
Un zéphyr joue en chuchotant.

Sur le vert gazon je posais
Là une bouteille de vin,
Puis, avec une rose tendre
Je lui faisais serrer les lèvres.
Un peu plus loin, dans le panier,
Les poésies d’Anacréon
En compagnie de fraîches fraises.

Qui vit jamais ensemble autant
De délices et de trésors ?
Qui est plus heureux que Vitéz ?

(Mihály Csokonai Vitéz)

Illustration: Ettore Tito

 

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Après trois ans (Paul Verlaine)

Posted by arbrealettres sur 26 janvier 2017



 

Hippolyte Maindron  Velléda [1280x768]

Après trois ans

Ayant poussé la porte étroite qui chancelle,
Je me suis promené dans le petit jardin
Qu’éclairait doucement le soleil du matin,
Pailletant chaque fleur d’une humide étincelle.

Rien n’a changé … J’ai tout revu : l’humble tonnelle
De vigne folle avec les chaises de rotin …
Le jet d’eau fait toujours son murmure argentin
Et le vieux saule tremble sa plainte sempiternelle.

Les roses comme avant palpitent ; comme avant,
Les grands lys orgueilleux se balancent au vent,
Chaque alouette qui va et vient m’est connue.

Même j’ai retrouvé debout la Velléda,
Dont le plâtre s’écaille au bout de l’avenue
– Grêle, parmi l’odeur fade du réséda.

(Paul Verlaine)

Illustration: Hippolyte Maindron

 

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EN CE TEMPS-LA (Sophia de Mello Breyner Andresen)

Posted by arbrealettres sur 17 janvier 2017



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EN CE TEMPS-LA

Sous la tonnelle de glycine mauve
Les abeilles et moi
Ivres de parfum

Là-haut les abeilles
Dorées et petites
Ne s’intéressaient pas à moi
Allaient de fleur en fleur
Et moi ici en bas
Assise sur le banc d’azulejos
Entre pénombre et lumière
Fleur et parfum
Aussi avide que les abeilles

***

NAQUELE TEMPO

Sob o caramanchão de glicínia lilaz
As abelhas e eu
Tontas de perfume

Lá no alto as abelhas
Doiradas e pequenas
Nâo se ocupavam de mim
Iam de flor em flor
E cá em baixo eu
Sentada no banco de azulejos
Entre penumbra e luz
Flor e perfume
Tao ávida como as abelhas

(Sophia de Mello Breyner Andresen)

 

 

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Projets (Odilon-Jean Périer)

Posted by arbrealettres sur 22 août 2016



Projets

Tout contribue au philtre où baigne le poète.
Cette chambre elle-même a des vertus secrètes.
Ne me détrompez pas : tenu par son odeur
je trouve à votre sang une étrange vigueur.

Plions ce jaune corps à des songes pratiques !
Moi ne tolérant pas qu’une maigre logique
ravisse un si beau prêtre au culte de l’erreur,
je vous dis pastorale et pleine de fraîcheur.

A nous deux, cet hiver, indifférente épouse !
Sous la tonnelle morte aux couleurs de vos blouses
je saccage sans goût les appâts désolés
dont votre faux renom nourrit ma vanité.

Puisque l’on m’a lavé dans cette eau corrompue
je vais rester longtemps au tournant d’une rue
pour recevoir de vous avec placidité
le philtre desséché de ma sincérité.

(Odilon-Jean Périer)

Illustration: Edvard Munch

 

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LE JARDIN D’ANTAN (Emile Nelligan)

Posted by arbrealettres sur 23 juin 2016



LE JARDIN D’ANTAN

Rien n’est plus doux aussi que de s’en revenir
Comme après de longs ans d’absence,
Que de s’en revenir
Par le chemin du souvenir
Fleuri de lys d’innocence
Au jardin de l’Enfance.

Au jardin clos, scellé, dans le jardin muet
D’où s’enfuirent les gaîtés franches,
Notre jardin muet,
Et la danse du menuet
Qu’autrefois menaient sous branches
Nos soeurs en robes blanches.

Aux soirs d’Avrils anciens, jetant des cris joyeux
Entremêlés de ritournelles,
Avec des lieds joyeux,
Elles passaient, la gloire aux yeux,
Sous le frisson des tonnelles,
Comme en les villanelles.

Cependant que venaient, du fond de la villa,
Des accords de guitare ancienne,
De la vieille villa,
Et qui faisaient deviner là,
Près d’une obscure persienne,
Quelque musicienne.

Mais rien n’est plus amer que de penser aussi
A tant de choses ruinées!
Ah ! de penser aussi,
Lorsque nous revenons ainsi
Par sentes de fleurs fanées,
À nos jeunes années.

Lorsque nous nous sentons névrosés et vieillis,
Froissés, maltraités et sans armes,
Moroses et vieillis,
Et que, surnageant aux oublis,
S’éternise avec ses charmes
Notre jeunesse en larmes!

(Emile Nelligan)


Illustration: Séraphine Louis de Senlis

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LA MAISON PATERNELLE (Georges Rodenbach)

Posted by arbrealettres sur 23 juin 2016



LA MAISON PATERNELLE

Inoubliable est la demeure
Qui vit fleurir nos premiers jours !
Maison des mères ! C’est toujours
La plus aimée et la meilleure.

Ici c’est le papier fleuri
Dont, les jours de fièvre moroses,
Nous comptions les guirlandes roses
D’un long regard endolori.

Là, vers Noël, à la nuit proche
Nous déposions nos souliers…
Combien de détails familiers
S’éveillent au bruit d’une cloche !

C’est là que la plus jeune soeur
Apprit à marcher en décembre;
Le moindre coin de chaque chambre
A des souvenirs de douceur.

Rien n’a changé; les glaces seules
Sont tristes d’avoir recueilli
Le visage un peu plus vieilli
Des mélancoliques aïeules.

Tout est pareillement rangé
Et, dans la lumière amortie,
S’éternise la sympathie
Du logis qu’on n’a pas changé :

Fauteuils des anciennes années
Où l’on nous couchait endormis,
Fauteuils démodés, vieux amis,
Avec leurs étoffes fanées,

Meubles familiarisés
Par une immuable attitude,
Mettant des charmes d’habitude
Dans les salons tranquillisés.

Jardin en fleur, vigne, tonnelle,
Empreinte vague de nos pieds
Sur les tapis et les sentiers,
0 sainte maison paternelle

Qui donc pourrait vous oublier,
Logis où dort notre âme en cendre,
Surtout quand on a vu descendre
Des cercueils chers dans l’escalier !…

(Georges Rodenbach)

Illustration: Angélique Poirier

 

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Que te dirais-je (René Guy Cadou)

Posted by arbrealettres sur 1 mai 2016


 


Que te dirais-je si tu reviens
Derrière ce treillis de visages
Passé les relais de l’amour?
Je ne sais plus la romance des îles
Que je massacrais le soir
En revenant sous les tonnelles.

Un bruissement de cristal
Aux frontières délicates du repos,
Fait oublier le châtiment le plus juste,
Mais toi, comment pourrai-je t’oublier?

Un jour il faudra te dire
La blessure de la première aube
Au coeur sonore de mon enfance,
Et tu crois que je me souviendrai?

(René Guy Cadou)

Illustration

 

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