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Poésie

Posts Tagged ‘tonnerre’

Ce piano voyage en dedans (César Vallejo)

Posted by arbrealettres sur 25 juillet 2019




    
Ce piano voyage en dedans,
voyage par sauts joyeux.
Ensuite il médite, en repos ferré,
cloué par dix horizons.

Il avance. Il se traîne sous des tunnels,
plus loin, sous des tunnels de douleur,
sous des vertèbres qui fuguent naturellement.

D’autres fois, ses trompes vont,
lents et jaunes désirs de vivre,
vont s’éclipsant
et s’épouillent d’insectiles cauchemars
déjà morts pour le tonnerre, héraut des genèses.

Obscur piano qui guettes-tu
avec ta surdité qui m’entend,
avec ton mutisme qui m’assourdit ?

Oh pouls mystérieux.

(César Vallejo)

 

Recueil: Poésie complète 1919-1937
Traduction: Nicole Réda-Euvremer
Editions: Flammarion

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TEMPÊTE D’ÉTÉ (Liu Ji)

Posted by arbrealettres sur 24 mai 2019



TEMPÊTE D’ÉTÉ

Poussé par le vent vigoureux l’orage s’abat
sur la haute citadelle
Sous le poids des nuages, des coups de tonnerre
tambourinent sur la terre
L’averse apaisée, on ne sait plus où est le dragon
Seules des milliers de grenouilles coassent
dans l’étang vert

(Liu Ji)

Illustration

 

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Un mot m’a échappé (Josée Tripodi)

Posted by arbrealettres sur 8 mai 2019



Illustration: René Magritte
    
Un mot m’a échappé
Il a filé comme un serpent
Dans les taillis
De ma mémoire

Perdu parmi les traces
Et les décombres
Du déjà vu

Rivières qui coulent vers le ciel
Vents d’antan
Tonnerre nommé désir

Rues sans lune
Forêts vidées d’oiseaux

Les souvenirs ne sont plus
Ce qu’ils étaient

Pas de quoi pleurer

(Josée Tripodi)

 

Recueil: Le temps court plus vite que moi
Traduction:
Editions: Le Castor Astral

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ÉPITHÈTES (Jean Tardieu)

Posted by arbrealettres sur 12 avril 2019




    
ÉPITHÈTES

Une source — corrompue
Un secret — divulgué
Une absence — pesante
Une éternité — passagère
Des ténèbres — fidèles
Des tonnerres — captifs
Des flammes — immobiles
La neige — en cendre
La bouche fermée
Les dents serrées
La parole niée
muette
bourdonnante
glorieuse
engloutie.

(Jean Tardieu)

 

Recueil: L’accent grave et l’accent aigu
Traduction:
Editions: Gallimard

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PRÈS D’UNE TOUR SARRASINE, POUR MON FRÈRE DISPARU (Salvatore Quasimodo)

Posted by arbrealettres sur 24 mars 2019




    
PRÈS D’UNE TOUR SARRASINE, POUR MON FRÈRE DISPARU

J’habitais un clair
coquillage de mer
et dans le lointain j’entendais croître les coeurs
de mon âge battant
avec le mien. Coeurs de dieux ou de bêtes, craintives
ou diaboliques : fables contraires à
l’esprit. Les étaux attentifs
des pièges obscurs
pour renards loups et hyènes,
sous la lune au voile lacéré
se déclenchèrent peut-être pour nous,
coeurs de violettes délicates, coeurs
de fleurs hérissées. Oh ! nous ne devions pas naître
et descendre du son : le sombre tonnerre
dans l’arc-en-ciel d’air et de pierre
grondait à l’oreille de la mer une
enfance erronée, héritage de songes
à rebours, à la terre de mesures
abstraites, où chaque chose
est plus forte que l’homme.

(Salvatore Quasimodo)

 

Recueil: Ouvrier de songes
Traduction: Thierry Gillyboeuf
Editions: LA NERTHE

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Création (Anna Akhmatova)

Posted by arbrealettres sur 23 mars 2019



 

Création

Voilà ce que c’est: une lassitude,
L’horloge ne veut pas se taire;
Un tonnerre s’apaise au loin.
Voix inconnues, voix prisonnières,
Je les entends gémir et se plaindre.
Un cercle mystérieux se resserre,
Mais dans cet abîme de bruits et de murmures
Se dresse un son, un seul, qui domine tout.
Autour de lui tout se tait si strictement
Qu’on entend pousser l’herbe dans la forêt,
Et passer le Mal avec sa besace sur la terre.
Mais voici que soudain on distingue des mots
Et les signaux des rimes légères, —
Alors je commence à comprendre,
Et ces strophes simplement dictées
Se rangent dans le cahier blanc comme neige.

*

Je n’ai que faire des odes et de leurs bataillons,
Des subtiles élégies et de leurs séductions;
Pour moi, il faut dans les vers que tout soit à côté,
Pas comme chez les gens.

Si vous saviez avec quelles ordures
On fait pousser les vers, sans la moindre honte,
Comme un pissenlit jaune près de la clôture,
Comme les bardanes et l’arroche.

Un appel irrité, l’odeur du goudron frais,
Une mystérieuse moisissure sur le mur…
Et le vers chante déjà, railleur, tendre,
Pour votre joie et la mienne.

(Anna Akhmatova)

 

 

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Foudre et tonnerre! (Kobayashi Issa)

Posted by arbrealettres sur 2 février 2019



Foudre et tonnerre!
à chaque éclair
le monde guérit

(Kobayashi Issa)

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Enfin j’ai pu entendre son nom (Emily Dickinson)

Posted by arbrealettres sur 22 décembre 2018


amour

« Enfin j’ai pu entendre son nom –
Sans – progrès Enorme –
Cette sensation d’Arrêt – en mon Ame –
Et ce Tonnerre – dans la Chambre –

Enfin j’ai pu franchir
Cet Angle du plancher
Où il a tourné ainsi – et moi – ne sais –
Et tous nos Nerfs se déchiraient –

Enfin j’ai pu remuer le Coffret –
Où ses lettres s’entassaient
Sans cette pression, dans mon souffle –
Comme des Rivets – qu’on enfonce –

Ai pu vaguement me rappeler une Grâce –
Je crois qu’on la nomme « Dieu »,
Connue pour adoucir l’Extrémité –
Quand la Formule, a échoué –

Et joindre mes Mains –
En geste de prière,
Quoique ignorant un mot
Par l’Ordination – prononcé –

Mon Affaire, avec le Nuage,
S’il est derrière, un quelconque Pouvoir
A l’abri du Désespoir –
Qui se soucie, lointainement,
D’un incident aussi mineur
Que le Malheur –
Trop grand, lui-même, pour s’arrêter – plus longtemps –

(Emily Dickinson)

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L’ÉCHO (Alexandre Pouchkine)

Posted by arbrealettres sur 19 décembre 2018



    

L’ÉCHO

Que brame la bête au fond des bois,
sonne le cor, gronde l’orage,
chante la fille derrière la colline,
le moindre son
tout à coup dans l’air désolé
tu le renvoies.

Tant aux grondements de tonnerre
qu’à la voix des flots, des tempêtes
ou l’appel du pâtre au village,
tu répondras.
Mais à toi, nul ne répond… Ainsi
de toi, poète !

***

(Alexandre Pouchkine)

 

Recueil: L’heure de la nuit Poèmes
Traduction: Christiane Pighetti
Editions: De la Différence

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L’Ennemi (Charles Baudelaire)

Posted by arbrealettres sur 19 novembre 2018




L’Ennemi

Ma jeunesse ne fut qu’un ténébreux orage,
Traversé çà et là par de brillants soleils;
Le tonnerre et la pluie ont fait un tel ravage,
Qu’il reste en mon jardin bien peu de fruits vermeils.

Voilà que j’ai touché l’automne des idées,
Et qu’il faut employer la pelle et les râteaux
Pour rassembler à neuf les terres inondées,
Où l’eau creuse des trous grands comme des tombeaux.

Et qui sait si les fleurs nouvelles que je rêve
Trouveront dans ce sol lavé comme une grève
Le mystique aliment qui ferait leur vigueur?

— O douleur! ô douleur! Le Temps mange la vie,
Et l’obscur Ennemi qui nous ronge le coeur
Du sang que nous perdons croît et se fortifie!

(Charles Baudelaire)

Illustration: Francisco Goya

 

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