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Poésie

Posts Tagged ‘topaze’

TOPAZE (Jacques Lacarrière)

Posted by arbrealettres sur 13 septembre 2018



TOPAZE

D’orfroi est ton éclat sur l’étole du jour
(là où l’aube s’unit aux siècles incarnats)
D’orfroi ce lever d’astres, ce demain de nos yeux
où en toi, chaque instant, le soleil recommence.

(Jacques Lacarrière)


Illustration

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La topaze (Pablo Neruda)

Posted by arbrealettres sur 5 juillet 2018



Quand tu la touches, la topaze
te touche aussi :
et le doux feu s’éveille
comme s’éveillerait
le vin dans le grain de raisin.
Même avant sa naissance, le vin clair
dans une pierre
cherche à circuler, i1 demande à parler,
il livre son aliment mystérieux,
ii prend et rend le baiser de la peau de l’homme :
et le contact serein
de la pierre et de l’être humain
allume une brève corolle
qui redevient bientôt ce qu’elle était:
chair et pierre : entités à jamais ennemies.

(Pablo Neruda)


Illustration

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MADRIGAL (Charles Cros)

Posted by arbrealettres sur 14 février 2018



 

Caytano De Arquer-Buigas (51)

MADRIGAL

Mes vers, sur les lames d’ivoire
De votre carnet, font semblant
D’imiter la floraison noire
Des cheveux sur votre cou blanc.

Il faudrait d’immortelles strophes
A votre charme triomphal,
Quand dans un tourbillon d’étoffes
Vous entrez follement au bal.

Le sein palpite sous la gaze
Et, fermés à demi, les yeux
Voilent leurs éclairs de topaze
Sous la frange des cils soyeux.

Willis parisienne, empreinte
D’un charme inquiétant, mais doux,
J’attends, voluptueuse crainte,
La mort, si je valse avec vous.

(Charles Cros)

Illustration: Caytano De Arquer-Buigas

 

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Hölderlin (Julio Cortázar)

Posted by arbrealettres sur 12 février 2018




    
Hölderlin

Les nuages sont des créatures d’eau et d’herbe
Qui montent sans violence par les gradins
De la forêt prodigieuse et évitent, souples,
L’excès redoutable de l’espace
Et sa dure résistance imprévisible.
Une joie légère les lance
Comme des jupons, des anémones ou des geysers,
Ils se poursuivent plus hauts que la topaze
Inébranlable du temps.
Les saules au sol les répètent ;
Des cavalcades d’oiseaux délibèrent
Comme de profondes choses solitaires.

(Julio Cortázar)

 

Recueil: Crépuscule d’automne
Traduction: Silvia Baron Supervielle
Editions: José Corti

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CITÉS DISPARUES (Jaime Labastida)

Posted by arbrealettres sur 29 janvier 2018


 


 

Teotihuacán

CITÉS DISPARUES

Le plus certain : le bruit effrayant
du silence. Où est restée Troie ?
Ensevelie. Où est Teotihuacán ?
Objet de tourisme. Et le Parthénon ?
Et l’Acropole ? Pierres lépreuses,
un peu d’air entre des colonnes gangrenées.
Venise ? Ensevelie sous la vase et le commerce.
Ainsi moururent Thèbes, aux portes
inhospitalières, et Palenque
dans son luxuriant catafalque de verdure.
Les pierres souffrent du cancer. L’ère
du pétrole a succédé enfin
à celle du fer. Et ce Mexique-là,
d’il y a à peine quelques heures,
celui dans lequel on pouvait dormir
et respirer, dans quel puits
de sang et de bitume nous enfonce-t-il ?
Tant de cités mortes,
avalées par des mers de cendre ?
Qui a élevé les murs de Corinthe ?
Ses portes ne s’ouvraient, dit-on,
que pour faire entrer
les épices. Et, au déclin du jour,
les volets se rapprochaient et la clef
enfermait non seulement la cité
mais aussi le temps et le savoir.
Ceux qui arrivaient trop tard ne trouvaient pas
les paroles du repos : le pont
avait divisé les hommes.
L’eau était muraille. L’air durcissait
subitement comme une roche vive. C’était un temps
tranquille celui de la langue qui vibrait
dans sa conversation d’azur, cette voix
qui glissait les mots comme un écho
de l’écho du feu, près du foyer
domestique, attentif, dans la pénombre certaine
des fantasmes. Les questions trouvaient
réponse. On nous l’a raconté: l’eau était cristal.
Les volcans avaient cessé de jeter
leur feu. Seulement neige et douceur, seulement
lumière et silence. Ah ! cités somptueuses,
perroquets solennels ! Maintenant nous marchons
dans leurs os, peut-être
dans leur intestin. Où sont
les esclaves ? Les rameurs,
où sont-ils ? Il y eut un jour ici des lacs.
Maintenant ce sont égouts et pourriture.

Y aura-t-il un autre temps semblable, mensonger ?
Et d’autres cités moins dures?
Mangerons-nous alors autre chose
que le temps cruel
et la cendre? Et comme aujourd’hui,
nos fils lutteront-ils contre les assassins ?
Chichén Itzá éblouira-t-elle,
somnambule, mortelle ?

D’autres viendront creuser pour nous chercher.
On sourira en voyant nos crânes.
La cité se fera rouille.
Et la poussière révérencieuse fera tomber
avec douceur et clarté
sa queue de topaze
dans la colère rouge des heures.

(Jaime Labastida)

Illustration

 

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La Demoiselle (Louise Colet)

Posted by arbrealettres sur 15 octobre 2017




    
La Demoiselle

Dans un jour de printemps, est-il rien de joli
Comme la demoiselle, aux quatre ailes de gaze,
Aux antennes de soie, au corps svelte et poli,
Tour à tour émeraude, ou saphir ou topaze ?

Elle vole dans l’air quand le jour a pâli ;
Elle enlève un parfum à la fleur qu’elle rase ;
Et le regard charmé la contemple en extase
Sur les flots azurés traçant un léger pli.

Comme toi, fleur qui vis et jamais ne te fanes,
Oh ! que n’ai-je reçu des ailes diaphanes !
Je ne planerais pas sur ce globe terni !

Aux régions de l’âme, où nul mortel ne passe,
J’irais, cherchant toujours dans les cieux, dans l’espace,
Le monde que je rêve, éternel, infini !

(Louise Colet)

 

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Solutions d’automne (Jules Laforgue)

Posted by arbrealettres sur 12 juillet 2017



 

Brent Funderburk 3

Solutions d’automne

Tout, paysage affligé de tuberculose,
Bâillonné de glaçons au rire des écluses,
Et la bise soufflant de sa pécore emphase
Sur le soleil qui s’agonise
En fichue braise…

Or, maint vent d’arpéger par bémols et par dièzes,
Tantôt en plainte d’un nerf qui se cicatrise,
Soudain en bafouillement fol à court de phrases,
Et puis en sourdines de ruse
Aux portes closes.

– Yeux de hasard, pleurez-vous ces ciels de turquoise
Ruisselant leurs midis aux nuques des faneuses,
Et le linge séchant en damiers aux pelouses,
Et les stagnantes grêles phrases
Des cornemuses ?

La chatte file son chapelet de recluse,
Voilant les lunes d’or de ses vieilles topazes ;
Que ton Delta de deuil m’emballe en ses ventouses !
Ah ! là, je m’y volatilise
Par les muqueuses !…

Puis cà s’apaise
Et s’apprivoise,
En larmes niaises,
Bien sans cause …

(Jules Laforgue)

Illustration: Brent Funderburk

 

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Ensemble s’attarder (Marie Dauguet)

Posted by arbrealettres sur 30 juin 2017



Illustration: Carolus Duran
    
Ensemble s’attarder

Ensemble s’attarder par les noires charmilles
Que la lune extatique arrose
De clarté, qu’inondent d’un parfum de vanille
Et d’ambre doux les héliotropes et les roses;

Errer en des lueurs de topaze et d’opale,
Trembler d’une ivresse profonde
Et sentir dans son coeur la langueur qui s’étale
Du limpide silence épandu à la ronde;

Avoir l’âme suave autant que la lumière
D’Orion et de Bételgeuse,
Autant que la rosée aux guirlandes du lierre
Suspendant à la nuit sa pâleur nuageuse;

S’aimer si tendrement que tout s’évanouisse:
Boulingrins aux contours fantasques
Où les feuilles d’automne en lents tournoiements glissent,
Balustres descellés, flot s’écoulant des vasques;

Pour un baiser trop lent que tout s’évanouisse
Et que soudain la sombre allée,
Avec son banc moussu, comme nos coeurs s’emplisse
Du reflet frémissant de la nue étoilée!

(Marie Dauguet)

 

 

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Topaze (Pablo Neruda)

Posted by arbrealettres sur 5 juin 2016



Je te convie à la topaze,
à la niche
de la pierre jaune,
ses abeilles,
au miel gelé
de la topaze,
son jour d’or,
la famille
de la tranquillité réverbérante :
Il s’agit d’une église
minuscule, établie dans une fleur,
comme une abeille, comme
la contexture du soleil, feuille d’automne
de la plus jaune profondeur,
de l’arbre incendié
foudre à foudre, éclair à corolle,
insecte, miel, automne
se sont transformés en sel du soleil:
ce miel-là, ce frisson du monde,
ce blé du ciel
ont été travaillés pour se changer enfin
en soleil tranquille, en topaze pâle.

(Pablo Neruda)


Illustration

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La vision (Paul Eluard)

Posted by arbrealettres sur 2 avril 2016



C’est une femme bien étrange
Que celle qui vient, chaque nuit,
Ôter, du rêve, un peu d’ennui.

Est-ce un démon? Est-ce un archange
Qui l’envoie à mon blanc chevet
Montrer son corps que rien ne vêt?

Ses cheveux, qu’un feu roux embrase,
Croulent, en un rythme mouvant,
Sur sa nuque d’ambre vivant.

Sur son front brille une topaze,
Et l’éclat rauque de ses yeux
A parfois des reflets d’or vieux.

Son buste est pur, plein de souplesse…
Entre ses seins – deux althaeas –
Larges et beaux, un abraxas.

En vain, je quête une caresse,
Ou de ses yeux, ou de sa main,
Ou de sa lèvre de carmin.

Son corps est un poème jaune,
Impassible, splendide et fier
Méprisant de toute sa chair.

Jamais, il ne me fait l’aumône
De s’approcher par trop de moi…
Elle se tait, je reste coi…

J’ai l’espérance au soir qui tombe,
De la lassitude au matin,
Et je maudis l’impur destin

Qui me fait désirer la tombe,
Pour rester, éternellement,
Avec mon rêve ensorcelant.

(Paul Eluard)

Illustration: Paul Delvaux

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