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Poésie

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Le malheur à ma mesure (Raymond Queneau)

Posted by arbrealettres sur 14 décembre 2017




Le malheur à ma mesure

J’ai mesuré le malheur avec une pelle
puis avec une petite cuiller
je me suis servi d’une louche
d’une écumoire (c’était malin)

j’ai chassé le malheur avec une pelle
avec un balai puis avec un torchon
j’ai essayé l’aspirateur
et même un simple éventail

je me suis imaginé des tas de choses
j’ai vécu comme j’ai pu
et me revoilà – à mon âge –
mesurant le malheur à ma propre mesure

(Raymond Queneau)

Illustration: Valentina Solovyov

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LA POUSSIÈRE – CHANSON DE SERVANTE (André Spire)

Posted by arbrealettres sur 8 novembre 2016




LA POUSSIÈRE
CHANSON DE SERVANTE

Essuie, torchon, mon ami,
Tu n’en auras jamais fini.

Quand je la chasse, elle retombe;
Les cheminées en font pour moi.

Battez mes mains, battez les livres,
Qui l’appellent, l’attirent, l’aspirent.

Et vous, lits, je vous maudis,
Où les minons font leurs nids.

Et vous, rideaux de mousseline,
Qui lui tendez vos pièges fins.

Et vous, manteaux, et vous, les jupes,
Qui m’apportez toute la rue.

Essuie torchon, mon ami,
Tu n’en auras jamais fini.

Tire-la de ma bouche sèche,
Où elle grince entre mes dents;

Ote-la-moi de mes oreilles,
Et de mes yeux qu’elle rougit.

Epoussette-la de mes rêves,
Mes jolis rêves qu’elle salit;

Et de la gerbe de soleil,
Qui s’étale sur mon réveil.

Enlève-la des statues nues,
Et des cadres, et des pots de fleurs;

Et des bibelots et des vases,
Qu’il est défendu de casser;

Des draps brodés, des dentelles,
Des perles fines, des rubis,

De ma méchante patronne
Qui se prélasse dans son lit;

Des grand’routes, du cimetière…

Va, mon torchon, mon pauvre ami,
Nous n’en aurons jamais fini.

(André Spire)

 

 

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Marie-Madeleine (Comptine)

Posted by arbrealettres sur 13 septembre 2016


Marie-Madeleine
Va à la fontaine
Se lave les mains
Se les essuie
N’oublie pas son savon
Son torchon
Fait sa prière
Au nom du père
Et saute en l’air.

(Comptine)

Illustration: Léonard de Vinci

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APRÈS LA PLUIE (Tristan Corbière)

Posted by arbrealettres sur 7 octobre 2015



APRÈS LA PLUIE

J’aime la petite pluie
Qui s’essuie
D’un torchon de bleu troué !
J’aime l’amour et la brise,
Quand ça frise…
Et pas quand c’est secoué.

— Comme un parapluie en flèches,
Tu te sèches,
Ô grand soleil ! grand ouvert…
A bientôt l’ombrelle verte
Grand’ouverte !
Du printemps — été d’hiver. —

La passion c’est l’averse
Qui traverse !
Mais la femme n’est qu’un grain :
Grain de beauté, de folie
Ou de pluie…
Grain d’orage — ou de serein. —

Dans un clair rayon de boue,
Fait la roue,
La roue à grand appareil,
— Plume à queue — une Cocotte
Qui barbote ;
Vrai déjeuner de soleil !

(Tristan Corbière)

Illustration

 

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LA FEMME DE MA VIE (André Frénaud)

Posted by arbrealettres sur 6 juillet 2015



 

Albena Vatcheva    (29) [1280x768]

LA FEMME DE MA VIE

Mon épouse ma loyale étoffe
ma cressonnière mon doux pépin
ma banlieue mon gros gras jardin
mes fesses mes vesses mes paroles
mon chat ou j’enfouis mes besoins
ma gorge de bergeronnette

Ma veuve mon essaim d’helminthes
mes boules de pain pour mes mains
pour ma tripe sur tous mes chemins
mon feu bleu où je cuis ma haine
ma bouteille mon cordial de nuit
mon torchon pour essuyer ma vie
l’eau qui me lave sans se tacher

Ma brune ou blanche ma moitié
nous n’aurions fait qu’une couleur
qu’un soleil lune à tout casser
à tous les deux par tous les temps

si un jour je t’avais connue
si tu avais été.

(André Frénaud)

Illustration: Albena Vatcheva

 

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